les auditeurs sont surpris car il les avaient jusqu’alors considérés comme des hommes ordinaires : è-kTxvTs $è xai èDxujjcxÇsv X rpvcîç o'jy\ ttxvtsç 5 ytoc siffev o;. X a as 5 v is q ra X c X x to i… c£urrav?5 2è rav tî$ xxi ocr(7:opo3vTO xXXo; xpbç xXXov X^ovreç’ v. ÔIXec touto etvxi. Lorsque Jésus commence à prêcher dans sa patrie, il provoque aussi de l’étonnement chez ses concitoyens; ceux-ci rappellent qu’il (1) La limite méridionale de Japhet est le littoral méditerranéen de l’Europe, puis le littoral de la Mer Noire jusqu'à l’extrémité de la mer d'Azor, et au fond de cette mer l'cmboucbure du Don. On trouve dans Pline les distances de l’itinéraire marin qui joint les points extrêmes de ce littoral, Hist. nal. VI, 206-208; ed. Majhoff, Leipzig, 1906, p. 516; cf. Detlefsen, Die geographischen Bûcher d er N aturalis H istoria des C. Pliniiis Secundus…, Berlin, 1904, p. 173. (2) C'est l'auteur ju if qui a exprimé là son sentiment; les géographes grecs donnaient la palme à l'Europe. n’avait pas jusqu’alors laissé présager une telle science et qu’ils con naissent ses frères et sœurs. Marc vi, 2 Kal ol ixoXXoi àxoùovxîç €$tt:X*|OTovto Xé^ovicç : îxôGev xoùxw xau xa;…. Ou^ouxiçèffTivoxéxTtovô uibç x?}ç Mapi'aç xat àSeXfbç ’laxwSou xai ’IwaïJxo; xai ’loüba xai S i'jjuovoç, xai eux etaiv al âbeX fai aùxcû wce xpoç if;ixaç; La façon dont Marc s ’exprime rappelle incontestablement Actes i, 7. Luc iv, 22 toutefois rapporte égalem ent la même scène. 2. Actes iv, 22. A la fin du récit de la guérison du paralytique, nous trouvons l’indication de l’âge de cet homme, détail qui, m algré le vip ne semble pas motiver des actions de grâces spéciales de la part du peuple; c ’est une parenthèse qui n’a guère de rapport avec le contexte : zavxeç sbiljaÇov xov Oebv etci xü fEYCvixi’ èxwv yàp ^v xXewvwv xeaaapâxsvTa b avGpwzcç è?' ov yeyovsi xb <rr(g£tov xcuxo x?,ç *!a«rewç. lin détail analogue qui parait donné pour lui-m ême, sans relation avec l’ensemble de l ’exposé, se lit égalem ent chez Marc dans le récit de la fille de Jaïre : Marc V, 4-2 xai eùôùç âvéaxvj xb xopaatsv xai zepiE-rcaxei, ?,v yàp sxwv îwbexa. Luc raconte le même miracle et donne égalem ent l ’âge J e la jeune fille, mais la place où il note ce détail est toute différente de celle où nous le trouvons dans Marc; Luc le reporte au début de son récit, si bien que celui-ci est beaucoup mieux ordonné. Marc n ’introduit la mention de l ’âge que lorsqu’une autre circons tance l’y am ène; l ’enfant « peut m archer, écrit-il, puisqu’elle avait douze ans ». Ce procédé d’introduire des parenthèses dans le récit, procédé qui rend l’exposé plus pittoresque mais moins ordonné, se retrouve ailleurs chez Marc (1) et offre une analogie frappante avec celui que nous constatons dans les Actetf, ch. iv, 22. 3. Dans le même récit, Marc v, 40, Jésus entrant dans la cham bre funéraire chasse tous les assistants, ne conservant comme témoins que le père, la mère de l’enfant et les disciples qu’il avait avec lui : aûxbç îè èx6aXù)v irâvxaç rapaXaj/.6âva xbv -naxépa xou ^aiîtou xai xyjv jjLYjxépa *at xcùç |A£x’ aùxoü xai E'azopeüsxat swsu xb raictov. Même précaution de la part de Pierre avant la guérison de Dorcas : Actes, ix, 40 èxÔaXwv Si êcj<i) «dvxaç b Ilécpoç… 4. Le rappel à la vie se fait de part et d’autre dans les mêmes term es. Marc v, 41 xaXiGà xoup.‘ c ècxtv (jisGEpp.Yjvsu5p.Evcv, xb xcpâatcv, cci Xéyt» eyetpe, cfr. Actes IX , 40 TaôstOa, àvâaxrjQi. 5. De plus, Pierre donne la main à Dorcas pour l’aider à se lever, ccùç MÉLANGES. 87 (1) Cf. Lagrahge, o p . e it., p. lxxvii. 88 REVUE BIBLIQUE. Sk aÙTfl ysipcc àvcaxrjaev autiijv, ix, k l ; il en avait agi de même lorsqu’il guérit le paralytique xat xtaaaç aùrbv xf}^ SsÇtaç x£lP®$ ‘fft'etpev aOxcv. ni, 7. Dans Marc, nous retrouvons deux fois le même geste, lors de la résurrection de la fille de Jaïre Mc. v, k l xat xpax^aaç xetP°? xatSfeu et lors de la guérison de l’épileptique Mc. ix, 27 b Zi ’lr^ouç v.pzxrpoiq ~.ïtç X£lP5? «'JtoS ^yeipey auxsv xai àvéfxrr La première fois, le même détail est rapporté par les autres synoptiques, mais dans l’autre cas, Luc et Matthieu, qui relatent cependant la piéme guérison, ne parlent pas de cette circonstance relevée par Marc. 6. Dans les questions de dépendance littéraire, l’argument de loin le plus objectif et le plus convaincant est la similitude de style : vocabulaire et constructions; c ’est celui qu'il faudrait avant tout pouvoir appliquer ici pour décider en toute certitude si Luc s’est inspiré de Marc dans les Actes. Mais il y a un gros obstacle à l’applica tion de ce procédé de critique au cas qui nous occupe. Nous savons, en effet, que Luc retouchait le style des sources qu’il employait; le fait est très facile à établir pour l’Évangile (1), et d’autre part, pour ce qui concerne les Actes, il résulte des. recherches de M. Harnack sdr le style du rédacteur que, du début à la fin du livre, au-dessus des sources qu’il a pu utiliser, Luc a étendu le manteau des particularités de sa langue propre, si bien que partout on a l ’illu sion d’être en face de lui et de l ’entendre parler (2). Cependant les remaniements que Luc fait subir à ses sources sont assez superficiels, ses retouches sont légères et laissent apparaître maint indice propre aux documents M ou Q qu’on n’aurait pas trouvé chez Luc si celui-ci eût rédigé librement : les mains et le vêtement sont d’Esaü, mais la voix reste celle de Jacob (3). Si notre hypothèse est fondée, nous pouvons donc espérer rencon trer dans la première partie des Actes, sinon le vocabulaire de Marc, au moins des modes de parler, des façons d’envisager et de présenter les choses qui nous rappellent le second Évangile. riepc6X£TC£iv. « lin des traits propres à Marc, c’est ce regard que Jésus promène « autour de lui, comme pour sonder les dispositions de ses auditeurs. (1) Harnacil, L u k a t d er A riz, p. 61-69. (2) Ibidem, p. 69 : liegeo doeb Ev. C. I u. 2 und Aposlelgesch. 1-12, 15 sicher achrift- liche Qucllen zugrunde, trolzdem sei aber der Stii dieser Capp. und ihr Worlschatz ganz und gar lukanisch. (3) Ibid., p. 68. Die von Lukas vorgenoramenen Verberserungen haben die Be&onderhei- ten der Quelle dooh nich vermacht. MÉLANGES. « Or cet effet assez saisissant est obtenu presque toujours par le « même verbe *cpi6Xâcopst. ». Le R. P. Lagrange cite quelques exemples (1). Il aurait pu y ajouter les cas où Marc à Yexclusion des au tres évan gélistes emploie d ’autres verbes pour désigner le même geste, soit qu’il s’agisse de Jésus ou d’autres acteurs. Ch. m , 11 xai xà xveyjxaxa xa àxaôapxa oxav aùxbv è0£o>pouv TTpOacKlTCXOV. v, 22 xai £p)jexai £iç xwv àp^urüvaywywv bvôjxaxi ’laEipoç, xaî tbùv aùxbv itùuxet xpbç xoùç rcôbaç aùxoO. v, 31 xat êXfiyov aùx<j> cl jxadïjxat aùxoû* (ÎXérceiç xbv 5*/Xov covÔXl- 6ovxà c£, xai Xéyetç. v, 38 xai £p)jovxat eîç xbv oîxcv xou àp‘/wuvaY<»Yôü> **'• GetopeC 0cpu6cv. V I, 48 xai ibwv aùxoù:; (îaoraviÇoiiivoui; èv xcj> èXayveiv. vi, 50 xavxeç y®P aùxbv eîbav xai ixapa^Or,cav. rx, 14-15 £?bcv 5)jXov zcXùv x£pi aùxoùç………… xai eù8ùç xaç b ôyXoç tbèvxeç. X, 14 tbwv bè 6 ’Lrjacyç f/YaV!*>:r'j(,ev- x , 21 b bè ’lYjaoyç èjASXétyaç aùxw ^Y«XTjffev aùxov. xii, 15 fépexé (xot Btjvapiov ïva tbw. XII, 38 3 Xé*K£x c àicb xtT>v yp^P-^xeiov xwv OsXovxtiJv… Or ces regards dont Marc parle avec tant d’insistance, il en est aussi fait mention avec une fréquence remarquable dans plusieurs scènes des Actes (ch. i-xv). a) I, 9-12 xai xauxa eirctov pXeitôvxidv aox&v, Iv^pOi}…… xai (bç àxev£Çovx£ç ■Jjcav £tç xbv oùpavôv…… x( éax^xaxe '3 X£tcovx£; e:.ç xbv cùpavcv…… cv xpbrrov èÔeaaaaflE aùxbv ^cpeocp.svov £tç xbv oùpaviv. é) m , 3-6 oç tbwv LUxpov xai ’Iwovyjv jxéXXovxaç etatévai… A T E N I2A 2 bè Iléxpoç £tç aùxbv aùv xw Itaàvr, elxev (5Xé<{/ov e!ç ■fjji.aç. m , 12 îbtbv bè b riéxpoç àir£xpivaxo ~po; xbv Xaôv…… ri V)|xlv xtàxevtÇcxe <bç ’tbfa bovi^ei…… iv, 13-14 0£(i)pouvx£ç bè xyjv xou Iléxpou rcappujcrlav…….. xcv xe avSpwxov 3 X£tcovx£ç. c) vi, 15 xai àx£vtcravx£; si? aùxbv T;avx£? d\ xa0£Çcp.svot èv tw auvebpùp £ i b c v xb icpùatùxov aùxoO. vu, 55-56 àx£v(<jaç éiç xbv oùpavbv elbev bci;av Oeou…… xai efasv tboù 6 s (op(7) xoùç oùpavoyç. d) vu, 31 ô bè Moüafjç tbwv £0ayp.aÇ£v xb cpap.a. 89 (1) Op. cit., p. txv et i.xx?. 90 REVUE BIBLIQUE. c) IX, 40 f, 81 IfvoiÇev tou; ôçOaXjjtoù; ayxïpç, xat î$oüsa xbv UUxpcv. f ) X, 4 o 3è àxevi'aa; auxw. XI, 6 s t; r,v axe vfera; xaxevocuv. xiv, 9 OS A TEN I2A S AYTQ xat loùv Sxi lys t xfoxiv. On remarquera la ressemblance frappante des ch. iïi, 6 ; xiv, 9 avec le regard dont Jésus fait précéder ses guérisons. Une autre particularité de Marc, c ’est la façon dont il décrit l’impression produite sur les assistants par un miracle ou un fait surnaturel. Le sentiment provoqué est généralement la stupeur, la crainte et est exprimé par les verbes fcôsîaOai, è^wxaaOai, èxzX^aseaOai et spécialement èxOafxôéîaOai. Cf. ch. i, 27; iv, 4 1 ; v, 1 5 ; v, 4 2 ; vi, 2 ,5 0 ; x, 26, etc. Naturellement le môme sentiment est mainte fois noté par les autres synoptiques, mais dans plusieurs cas, Marc est seul à faire cette remarque, Matth. et Luc, même lorsqu’ils ont un récit parallèle, ne signalent pas cette impression où ils y insistent moins. Par exemple, Mc. v, 33 y; 3è vt; «poSyjôeTcra xat z p i^ ou aa… ^X6sv (Luc vm , 47 V; yuvŸj…… xpljJLOuua *?(X6sv). Mc. VI, 51 xai Xtav ix cspiaacO iv éauxcî; è^iaxavx^. IX, 15 iSsvxs; aùxbv à^eOap.ô^Oyjaav. X, 24 et $è gaOyjxal ÈOapiboîivx©. Ibid. 32 xat èôa^ôouvxo, o\ l ï àxoXouOsOvxcÇ èçoêouvxo. Xt, 18 è^oècOvxo yàp aùxbv, x:a; yàp b èfyXo; è£exX^<jff$TO èxi x?, bioa^ij aùxoD. Dans les deux derniers cas, la « manière » de Marc se trahit bien et s’oppose assez nettement à celle de Lpc; tandis que Marc insiste sur le sentiment de crainte et d’étonnement que provoque Jésus, Luc qui rapporte le même fait à peu près dans les mêmes termes, omet de signaler l’impression produite. Mc. xiv, 33 xat ?,p;axs £xQap.6eîcrÔai. XVI, 8 v.yv* yàp aùxà; xpbp.ô; xat è'xcrxaai;' xaî ojcev't où$èv 6t::av sçoboüvxo y <*p- Ce dernier texte traduit encore le genre spécial de Marc qui n’est pas adopté par les autres synoptiques. Luc, en effet, ne note chez les saintes femmes aucun sentiment xxiv, 8-11, Matthieu les dit partagées entre la crainte et la joie xxvm , 8 ustx ç>ô5cu xai yapa; {X£y<*Xyj; l3pajxov à-xYYsîXai, tandis que Marc ne signale que la crainte et le trouble qu’il exprime par trois termes rassemblés dans un seul verset. Les premiers chapitres des Actes nous présentent également les faits sous le même aspect : les phénomènes surnaturels qui y sont narrés pro voquent assez uniformément chez les assistants le trouble et la crainte. MÉLANGES. Oi a) Effusion du Saint-Esprit. Il, 6-12 ffüvijXOcv xb TKffiÔq xai ©uve'/ü8v; …. èijfaxavx© Bè xai èOâu- paÇov…… èÇiaxavx© Bè i;av?eç xai Bttjxopcijvx©. il, 43 ’Eyfvex© Bè nain; ?^oç. ô) Guérison du paralytique. Ili, 10 xai èi:Xifa0tjsav 8 à(xbcuç xai b .ff:â u îw ; èxt'xw <rjp.6£6Yjx©xi aùx<?>. c) Ànanie et Sapphire. v , 5 xai èyèvsxs ?©6oç jAéya? èïci ravxaç xoù; àx©j©vxa?. v, 11 xai èyèv£x© qô6cç jAtyaç è©’ oàyjv ttJv èxx/or,aiav… d) Simon le magicien. VIH, 13 Oîwpûv xs (njjjLâta xai ouvâ|Ji£tç p.eyaXaç yivcjj.èvaç èçtsxaxc. e) Conversion de Paul. IX, 7 ©i <juv©Beù©vxsç aùxo) £ir:r(x£tijav évcsi. IX, 21 è^CaxavT© Bè iràvxsç c*. àxoùevxEç. / ) Conversion de Corneille. X, 4 © Bè âxsvtaaç auxo> xai l[J.f:6 o q yîvbp.îvoç. X, 45 xat- éséaxYjaav oi èx rsptxc;j.î5ç. Délivrance de Pierre. XII, 16 àvst'ïavxeç Bè EÎBav aùxbv xai z;i<jxt;aav. h) Aveuglement d’Elym as. xiii, 12 xbx£ iBtùv 6 àvSüwaxoç xb yeycvbç szîffXEuuEv sxcXv)a<j©}/.£vo; ird xf, BtBa)$ x©D xup(cu. Une seule fois au cours de ces chapitres l’auteur signale que le sentiment provoqué par des faits surnaturels fut la joie. C’est à l’oc casion des miracles accomplis par Philippe à Samarie : VIH, 8 èyevsx© Bè îroXXv; /ctp'a èv x?j xroXst èxeivr;. Au ch. xn i, 52, il est dit des disciples d’Antioche de Pisidie qu’ils furent remplis de joie ©t xe (/.a8r,xai èxX^pcbvxo */apà? xat irveù|Aax©ç aytou; toutefois le motif de cette joie n ’était ;plus un prodige quelconque, mais plutôt les persécutions dont ils venaient d’ètre l’objet. A titre de contre-épreuve, parcourons la seconde partie des Actes. Dans les ch. xvi- xxviii où plusieurs miracles sont racontés, nous constatons que le sentiment de crainte et de terreur n’est signalé que deux fois. XIX, 17 xai i:rÉXEUEv ç>©6©? èxt iravxx; aùx©vî. De plus, ce qui provoqua cet^e crainte, ce furent les sévices exercés par le démoniaque sur les fils de Scéva plutôt que les guérisons opérées p ar Paul. x x iv , 25 £j/.<j>©6©ç y£v©p.sv©s b Ici l ’occasion est tout autre que 92 REVUE BIBLIQUE. dans les cas précédents, il ne s’agit plus de miracles mais de consi dérations sur la justice et le jugement futur. Le mot Éxorr-wi; revient également .au ch. x x ji, 17 mais plutôt dans le sens de ravissement et non' pas de trouble. ’E^éveto Bè…… xpoaso^onévoü l*00 Tt? Yev^a®ai H15 *v bwrcwet. Les circonstances à propos desquelles ces mots sont employés sont donc difiérentes de celles des ch. i-xv. D’autre part, nous ne les rencontrons pas là où nous nous atten drions à les trouver s’il y avait unité absolue d’auteur. Au ch. xix, Luc fait le récit du baptême des disciples de Jean à Ephèse, à la suite duquel ils reçoivent le Saint-Esprit, parlent en langues et prophétisent, v. 6. Tandis que dans les cas analogues, exposés dans les ch. il et x, l ’impression de crainte et de terreur est notée plusieurs fois, ici, nous ne trouvons rien de pareil. Lorsque Paul ressuscita à Troas le jeune Eutychus, les frères en furent fort consolés, ch. xx, 12 ■i'jyaYcv Bè xbv ^aîBa Çwvta, xai xapexXr,- 6y;aav où jxexpCtoç. Ch x x i i , 9 . La conversion de Paul est exposée que l’on lit déjà au ch. îx, mais ici, nous ne trouvons plus rien qui corresponde à etç- xr.xewav èveoL* | Ch. xxviii, 6-10. Plusieurs miracles sont encore racontés à propos desquels il n’est fait mention d’aucun sentiment de fraveur ou de stupeur chez les assistants. On a aussi signalé l ’absence de recherche dans le style de Marc, notamment des répétitions de propositions énoncées dans les mêmes termes et qui se suivent presque sans intervalle. Cela lui donne un cachet de candeur et de simplicité qui nous rappelle Homère et les productions naïves que l’on trouve au début de toutes les littératures. Le R. P. Lagrange en a donné plusieurs exemples dans son Intro- ductiçn (1). Or nous constatons dans les Actes ch. i-xv le même procédé de rédaction dont nous donnons quelques spécimens. 1, 9 XsicèvTtiiv aùxwv èx^pOnj, I, H àvBpeç FaXtXatot xiéaxr,- xai veÿsXrj &ic&a6ev àuxbv àwb xo>v xaxe jBXéxovxeç tlç xbv oùppvov; èfOaXfjuov aùxwv. ooxoç o ’Itjoouç 6 àvaXtjpiçÔeiç ày’ 10 xai àç àxEvt'Çovxeç :Çoav ctç üjjuÔv eîç xbv oùpavbv ouxwç êXsùaexai xbv oùpavbv ^opeuojxévoü aùxoü ov xpoxov èôeâaaoôeàuxbv xopeu 6- xaltBoù avBpeç… ^apeiox^xetoav [aevov etç xbv oùpavôv. aùxoïç… et xat glrcav. (1) Op. CH., p. LXITII1. MÉLANGES. 9 3 II, 6 aove^ùdr, ©xi ijxouov eîç 7 cù*/i ISou xavxcç cuxot etaiv ot e x a ? toç x?) 18toc StaXéxxw Xa- XaXouvxEç PaXtXaïci ; xai xwç Xoyvrwv aûxüv. àxcùcp.ev è'xasxoç xï) i3(a 3ia- Xéxxw ^wv èv ^ èYevv^ÔY)[A£v. III, 8 xat èÇaXXo- jxêvoç èaxt} xat icepts- iraxsi. IV, 34 OffOt Y»? XTT^- X0f>€Ç ^(i)p£û)V ^ OtXlWV ÜZfJp^OV X(i>XoÜVX£Ç è f e p o v xàç xt(xà; xwv ‘xtrpaaxojxèvtov xai èxt- Ôcuv'xapàxoùçxôbas TWV QCZOffX 6Xu)V. 8 xat «iirijXÔev ©ùv àu- XOÏÇ £IÇ XO Upbv TCEpl- ixaxwv xai àXXbptevoç xai àtv&v xov 0eèv. 36 ’IwffYjç 3è… Oxâp^ovxoç abxw à- Ypoü wwXVjja; I v*y* xev xb )rp?}p.x xai lOtj- ' xev xpbç xobç zbSaç xûv acoaxôXuv. 9 xai et3ev xaç 6 Xabç aùxbv 7cepiraxouvxa xai aivouvxa xbv Oebv. V. 1-2 “Avtjp Zé xtç ’Avavlaç bvbpaxt… èx<bXr,c£v xxfjjjta… xai èvè^xa*; pipoç xt xapàxooç'îcôbaç xûv àxoaxôXü>v lOrjxev. Apparemment il y aurait lieu de signaler ici les coïncidences d’ex pressions que l’on relève entre le ch. n, 43-47 et les ch. iv, 32-37, v, 11-14; ces versets ont depuis longtemps exercé la sagacité des « àourciers ». Pour ma part, je suis plutôt porté à considérer la seconde série de traits (ch. iv et v) comme originale et primitive, ayant plus de chances d’appartenir à la source, tandis que les versets 41-47 du ch. i i seraient une adaptation de Luc intercalée par lui dans le docu ment qu’il avait sous les yeux. La clef de l’explication me parait être au ch. i i , v. 43-44. Ces versets renferment des éléments qui interrompent la suite des idées; pourquoi mentionner la crainte v. 43 alors qu’il n’a été ques tion dans ce qui précède ni de châtiments, ni défaits surnaturels? Pourquoi faire ici allusion au régime de la communauté des biens v. 44? Si nous nous reportons au ch. v, 11 et 12, nous retrouvons la même suite d’idées qu’au ch. i i , 43, mais elle se présente ici de façon très naturelle. En effet l’auteur vient de raconter le châtiment infligé à Ananie et Sapphire, à la suite de quoi il note que la crainte s’est emparée de tous les assistants; puis il insère quelques observations générales v. 12-16 qui clôturent très bien les épisodes particuliers qu’il vient de narrer lesquels avaient débuté par des remarques du même genre îv, 32-35; la première de ces observations générales qui suivent le récit de la mort de Sapphire est la suivante 3tà 3è xwv ^îtptàv xüv âxoaxbXwv èytvexo xai xèpaxa TîcXXà èv xw Xaü. 94 R E V U E B IB L IQ U E . Le récit primitif du ch. u se terminait très naturellement à la fin du v. 4-2 ?(aav os xpocxapTEpouvre; Bt3a)$ twv azcaréXwv xat TiJ y.civto- vta, tf, xXaoet tou àpTou xat Taî; 7tpoaeu*/at;, après quoi il passait à l ’ex posé de la guérison du paralytique opérée par Pierre et Jean en montant au Temple. Ce miracle, que Luc allait raconter dans ses détails, était l’occasion pour lui de rappeler la mention générale des miracles apostoliques qu’il Lisait dans sa source au ch. v, 12, mais cette mention était pré cédée dans son document, d’une remarque sur la crainte inspirée aux fidèles par la mort de Sapphire, ch. v, 11. Luc transcrit également la note sur la crainte non pas parce qu’elle était nécessaire dans le ch. n mais plutôt par la simple raison qu’elle se trouvait précéder dans le ch. v la note générale sur les miracles qu’il y reprenait. Par le fait même, il insistait sur le rôle primordial que jouaient les apôtres dans la première communauté et développait un peu l’idée que l’auteur de la source avait époncéc plus brièvement au v. 42 ^jav cl zpcoxapTspeyvTse t<ov à-ocrToXiov. Le verset 43 du ch. ii ne serait donc qu’une insertion un peu violente des vv. 11 et 12 du ch. v. Un autre élément du v. 42 : xat -f, xotvwvi'a est développé par les vv. 44 et 45 qui sont un double des expressions que nous lisons au ch. îv, v. 32 et 34. Le troisième membre du v. 42 : xXaoet apxou est expliqué par le v. 46 et le quatrième xat 'rat; zpccsu'/at; par le début de 47 atveuvre; -rev 6s6v. On peut voir dans le v. 46 zpooxapTepouvTsç ôp.o6u|/.a3bv sv tw îspo> un rappel de v, 12 xai ^crav cp.o6();xa3cv Travxsç sv ctj <rroa 2joXop.<ov-oç et dans le v. 47 un souvenir de v, 14. En résumé, le ch. n, 43-47 serait donc un développement du v. 42 à l’aide de termes que Luc emprunte aux ch. iv et v; ce procédé d’am plification a déjà été employé par Luc dans son Évangile, il n’est donc pas étonnant que nous le retrouvions ici (1). Voici donc d’où proviendraient les éléments de ch. n, 43-47. Thème: il, 42 -Jjoav os 77pocxapTspouvTsç (1) tyJ :wv «t: c<7t6- Xo)v (2) xat -r^ xotvana (3) xXâoet tou aptou xat (4) T ai; Trpoosu- r / z U . (1) Cfr. Harnack, l u k a s d e r A rtz, p. 66. Sehr Iehrreich ist, und an Dutzenden von Stellen zu bclegen, dass Lukas bei seinen Correcturen und Umformungen des iüMrkustextes den Bibelslil bzw. den S til des Markus zu kopieren sich bemüht. Er setzt nach Kràften einen Lappen ahnlichen Zeugs auf die Risse. MÉLANGES. 95 Développement. 1. u, 43 ’ E y ^veto oè itaarr, o65oç. rcoXXà oè Tépotta x a i aYjjjieTa c tà twv àTirocrToXwv èy tv sT O . 2 . 4 4 n â v ”£ç Sè oî avT £ç èxi xb ayto sTxov «^*v' a xciva. 45 Kai -ri xt^jJiaTa xat Taç ûî:àp^et$ èrcncpaaxov xa't ot£j/i- ptÇûv auTa xa<nv, xaÔGTi àv tiç y ps t a v sî^ev. 3. 46 Ka0’ f,|/.épav t£ 'spoarxapTS- pcuvxÈç 5p.o0up.a3bv èv tù tspw, x X w V T éç T£ XaT* CÏXOV apT O V , pÆ T£- Xapiavcv Tpo:p?}ç èv otYaXXt&m xat oüpfiXè-yjTt xapSîaç. 4. 47 atvouvt£ç tcv 0£bv xai £XCVT£Ç x®Plv oXov fbv Xaov. 'O 3è K uptoç t: poff£Ti0£t toùç awÇwp-évouç xaO’ Yjpifpav èict to ajTÔ. v, 11 Kai E T EN ET O 4 > 0B 02 pivaç i f ’ cXtjv trjv ÈxxXtjat'av xai E ü l I1ANTA2 toùç otxoucvTaç T a l h a . v, 12 AI A AE twv ^Etpwv TQN A Ü 02T 0A Q N EPIN ETO 2H - MEIA KAI TEPA TA IlOAAA èv tw Xaw. iv, 32 ToO cl xXr,8ouç twv 1112- TEV2ANTÜN ?,v xapBta xai 'FTXH MIA, xai oùoè eIç ti TÜN TIIAPXON TQN aùxw £X£Yev ickv £ivai àXX’ HN A Y T 0 I2 HANTA KOINA. iv, ^.34 Oubè fàp èvhE^ç tiç ?(v èv aÙTOîç, baa y*P K T H T 0 P E 2 ’/wptwvTj oixtwv ï TIH PX O N tcwXouv- T£Ç EO^pCV TOtÇ Tlj/.àç TWV IIII1PA 2- KOMENÛN xai ItIôouv irapà toùç xûSaç twv à^offisXwV BieSiSstc 3è éxâffTw K A 0O TI AN T I 2 X PEÎA N E IX E N . v, 12 Kai ^crav OMO0YMA- AON IIA N T E 2 EN TH 2 T 0 A 2 0 A 0 M Q N T 0 2 …… v, 13 àXX’ EM ErA A TN EN A T T 0 Y 2 O A A 02. V, 14 MaXXcv 3è I I P 0 2 - E 0 E N T O III 2 T E Y 0 N T E 2 / TU K TPIQ , TrX^Q-rj àvBpwv te xai fuvaixwv. Il est aussi très vraisemblable que l’un ou l’autre élément des ch. iv et v qui forment doublet avec ch. n, 43-47 émane du rédacteur et non de la source. Cela me semble surtout probable pour iv, 32 qui interrompt manifestement l’exposé. Le point qui paraît le mieux assuré et qu’oublient ceux qui s’ap- 96 KKVUE B IB L IQ U E . puient pour faire la distinction des sources sur le ch. u, 4 3 -i7 , c ’est que ces versets ont beaucoup plus l’aspect d'un remaniement rédac tionnel à attribuer à Luc, que d’un texte primitif. Enfin lorsque l’occasion se présente de revenir sur un événement dont il a déjà parlé, l’auteur ne sc gène pas pour refaire son récit sur le même patron et de se servir de formules quasi stéréotypées; ce schématisme a été aussi constaté chez Marc (1). En voici pour les Actes un exemple indiscutable : X , 10 kyi'mc e- ’ aùtbv è x o ta - ciç. 11 xai Osupst tov oùpavbv àvewy- pivcv y.al xata6atvo v uxsuoç tt 60ôvr,v jasy^aov téooapaiv à p y a tç xaOiép-svov hd tifo 12 èv (p ùzijpysv ^râvta xà t e t p a - ::o3a xat Éprrstà xij; Y*îs x,ai x s - xîiv à xc0 cupavou. 13 xat gvéveTO fwvf; xpoç àutov* à v a c t a ç , r i i x p s , OOaov xai çâ^e- 14 6 3s IHtpoç e t r e V {xr,3ap.w;, xupts, oxic63s-rcx£ è'çaycv x àv x oï- vbv xàt àxiO aptcv . 15 xat ÿwvÿj xaAtv èx Ssuxèpou ~pbç autov* a 6 Osbç èxaOaptoevaù ;xy; Xotvou. 16 toute 3s kyévsxc s z i tp tç, xat sùOù; âvsA^jA^OYj tb axeucç s t ; tcv cùpavov. X I, 5 xat stbov èv sxataasi'épaixa, x a ta c a tv c v axeüô* tt wç oOcvtjv p .S Y «^ > Jv t£o o ap o iv àp y at(;xaO ts- jxs vvj v èx tou oupaveu, xai t/aOev àypt e|aou' 6 sîç r,v àtevtoaç xatsvocuv, xat eiBov tstp a^ o '3a ti jç Y^Jç xai tà Qtjpta xat t à ép“ S t à x a l t à Trststvà tou oùpavou. 1 vjxouaa es xat fwvîjç Xeyouctjç pict* à v a o t à ç , I l s t p s , Gucov xat f à Ys. 8 Stzov 3s' {JLYjbajXWÇ, xupte, OTl xotvov x at àxàOaptcv cùbè^ots stoïjXOsv etç to atôpta p.cu. 9 àzgxpiOrj 3è èx osutépou çwvr, èx tou oùpavou’ à b 0 so^ èxaOâptosv où [X-i; xotvou. 10 touto 3s sYcveto eict tp iç , xai àveoxàaOYj taAtv xravta et$ tov cupavév. Nous ne prétendons pas que chacune des considérations présentées ait en elle-même une valeur apodictique, mais il nous semble que, prises ensemble, elles constituent un faisceau de vraisemblances qui nous permettent de conclure avec probabilité que Luc s’est inspiré d ’un récit de Marc en composant les ch. i-xv des Actes. L. Dieu. Louvain. (1) Cfr. Lackance, op. c il., i.xxm et $v.