IESOUS

Retour sur les origines chrétiennes

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apoc.5mois.1001-1500

Table des matières

Bernard Gineste (2025)

"Cinq mois" (Apoc. 9,5.10)

04. Réception de 1001 à 1500

  • Détail du Beatus de Saint-Sever (v. 1060)

  • Sauterelle d'Albrecht Dürer (1498)

1000-1500

1100 env. Anonyme italien

  • Anonyme italien (fin XIe et début XIIe siècle).
  • Anonyme italien, Expositio in Apocalypsim (RBMA 9061). Il commento all’Apocalisse dei mss. Cremona, biblioteca statale 79 e Parigi, Bibliothèque Nationale de France, lat. 16300. edizione critica a cura di Maddalena Ferri (XII+221 p), Florence (Italie), E-Codicibus S.I.S.M.E.L., 2012, pp. 97-103.
    • Nous reprenons le texte de cette édition princeps, après en avoir cependant normalisé l'orthographe.
latin (v.1100)français (2026)anglais (2026)
[9, 1] Et quintus angelus tuba cecinit: ut superius exponatur, scilicet ideo est in conspectu Dei, quia prius praedicavit et post patientiam servavit quam fuit necessarium sibi servare.[9, 1] Et le cinquième ange sonna de la trompette : comme il a été exposé plus haut, cela est, à savoir, en présence de Dieu, parce qu’il a d’abord prêché et qu’ensuite il a gardé la patience qu’il lui était nécessaire de garder.[9, 1] And the fifth angel sounded the trumpet: as was explained above, this is, namely, in the sight of God, because he first preached and afterward kept the patience it was necessary for him to keep.
Et id est quia audita illius praedicatione vidi, id est spiritualiter intellexi, stellam, id est quosdam prius lucentes fidei ac bonorum operum luce modo factos haereticos, de caelo cecidisse, id est de ecclesia, id est de numero fidelium redactos in terram, id est in terrenas delectationes, sicut Nicolaus, et alii.Et cela veut dire qu’ayant entendu sa prédication, je vis, c’est-à-dire je compris spirituellement, une étoile, c’est-à-dire certains qui auparavant brillaient par la foi et par la lumière des bonnes œuvres, devenus maintenant hérétiques, être tombés du ciel, c’est-à-dire de l’Église, c’est-à-dire ramenés du nombre des fidèles sur la terre, c’est-à-dire dans les délectations terrestres, comme Nicolas et d’autres.And this means that, having heard his preaching, I saw, that is, I understood spiritually, a star, that is, certain persons who had once shone with the faith and the light of good works, but had now become heretics, fallen from heaven, that is, from the Church, that is, brought down from the number of the faithful to the earth, that is, to earthly delights, like Nicholas and others.
[Et data est illi].[Et elle lui fut donnée].[And it was given to him].
Et illi stellae, id est collectioni haereticorum, data est, id est concessa est a Deo Patre, clavis, id est potestas et facundia, putei, id est obscurae doctrinae, ut puteus est obscurus; putei dico abyssi, id est inferi, id est illa obscura doctrina ducens ad inferos.Et à cette étoile, c’est-à-dire à la communauté des hérétiques, fut donnée, c’est-à-dire accordée par Dieu le Père, la clé, c’est-à-dire le pouvoir et l’éloquence, du puits, c’est-à-dire de la doctrine obscure, comme le puits est obscur ; du puits, dis-je, de l’abîme, c’est-à-dire de l’enfer, c’est-à-dire de cette doctrine obscure qui conduit aux enfers.And to that star, that is, to the body of heretics, was given, that is, granted by God the Father, the key, that is, power and eloquence, of the pit, that is, of dark doctrine, just as a pit is dark; the pit, I say, of the abyss, that is, of hell, that is, that dark doctrine leading to hell.
Data est sibi potestas putei, quam ipse non reservavit, [9, 2] sed aperuit puteum abyssi, id est propalavit illam doctrinam ad inferos ducentem.Le pouvoir du puits lui fut donné, et il ne le garda pas en réserve, [9, 2] mais il ouvrit le puits de l’abîme, c’est-à-dire qu’il rendit manifeste cette doctrine qui conduit aux enfers.The power of the pit was given to him, and he did not keep it hidden, [9, 2] but he opened the pit of the abyss, that is, he made manifest that doctrine which leads to hell.
Et illo aperiente ascendit, id est crevit, fumus putei, id est obscuritas illius pravae doctrinae obscuravit mentes fidelium, sicut fumus [fornacis magnae] viciniora loca obscurat.Et lorsqu’il l’ouvrit, monta, c’est-à-dire augmenta, la fumée du puits, c’est-à-dire que l’obscurité de cette doctrine perverse obscurcit les esprits des fidèles, comme la fumée d’une grande fournaise obscurcit les lieux voisins.And when he opened it, there rose up, that is, there increased, the smoke of the pit, that is, the obscurity of that wicked doctrine darkened the minds of the faithful, just as the smoke of a great furnace darkens the places nearest to it.
Et vere ascendit, etenim obscuratus est sol, id est lex ecclesiam irradians sicut sol mundum pro nihilo reputata est ab haereticis; et aer, id est ecclesia aer dicta, quia sicut aer nec in terra est nec in caelo sed in medio, ita ecclesia nec in terra est, quia terrena despicit, nec in caelo corporaliter, sed in medio, scilicet ut a terra elevetur et ad caeli sublimiora erigatur.Et en vérité elle monta, car le soleil fut obscurci, c’est-à-dire que la loi, qui éclaire l’Église comme le soleil éclaire le monde, fut tenue pour rien par les hérétiques ; ainsi que l’air, c’est-à-dire l’Église appelée air, parce que, de même que l’air n’est ni sur la terre ni dans le ciel, mais entre les deux, de même l’Église n’est pas sur la terre, puisqu’elle méprise les choses terrestres, ni dans le ciel corporellement, mais au milieu, à savoir pour être élevée de la terre et dressée vers les hauteurs du ciel.And indeed it rose up, for the sun was darkened, that is, the law, which illumines the Church as the sun illumines the world, was counted as nothing by the heretics; and so was the air, that is, the Church called air, because just as the air is neither on earth nor in heaven but in between, so the Church is not on earth, because it despises earthly things, nor in heaven bodily, but in the middle, namely so that it may be lifted up from the earth and raised to the higher things of heaven.
Obscuratus est dico, et hoc de fumo putei, id est per fumum putei, id est per obscuram doctrinam haereticorum.Il fut obscurci, dis-je, et cela par la fumée du puits, c’est-à-dire par la fumée du puits, c’est-à-dire par la doctrine obscure des hérétiques.It was darkened, I say, and this by the smoke of the pit, that is, through the smoke of the pit, that is, through the dark doctrine of the heretics.
[9, 3] Et de fumo putei, id est de fumosa id est inutili doctrina haereticorum, exierunt locustae, id est orti sunt discipuli haereticorum ab illis scilicet docti; locustae leves scilicet et instabiles et ore laedentes, sicut locusta levis et instabilis et ore messes laedit.[9, 3] Et de la fumée du puits, c’est-à-dire de la doctrine fumeuse, c’est-à-dire inutile, des hérétiques, sortirent des sauterelles, c’est-à-dire que surgirent les disciples des hérétiques, instruits bien sûr par eux ; des sauterelles légères, instables et blessant de leur bouche, comme la sauterelle est légère, instable et blesse de sa bouche les moissons.[9, 3] And from the smoke of the pit, that is, from the smoky, that is, useless doctrine of the heretics, there came forth locusts, that is, there arose the disciples of the heretics, taught by them of course; locusts, namely light, unstable, and wounding with their mouths, just as a locust is light, unstable, and damages crops with its mouth.
Exierunt, inquam, in terram, id est contra ecclesiam.Elles sortirent, dis-je, sur la terre, c’est-à-dire contre l’Église.They came forth, I say, upon the earth, that is, against the Church.
Vel exierunt in terram, id est ad decipienda terrena corda.Ou bien elles sortirent sur la terre, c’est-à-dire pour séduire les cœurs terrestres.Or they came forth upon the earth, that is, to deceive earthly hearts.
Et postquam egressi sunt, data est illis, id est permissa est a Deo, potestas nocendi fidelibus blandis et deceptoriis verbis suis, sicut [habent potestatem] scorpiones terrae, ad differentiam caelesti sideris, habent potestatem nocere; vel terrae, id est stultis nocere.Et après qu’elles furent sorties, leur fut donnée, c’est-à-dire permise par Dieu, la puissance de nuire aux fidèles par leurs paroles flatteuses et trompeuses, comme les scorpions de la terre ont le pouvoir de nuire, à la différence de l’astre céleste ; ou bien de nuire à ceux de la terre, c’est-à-dire aux insensés.And after they had come forth, there was given to them, that is, permitted by God, the power of harming the faithful by their flattering and deceitful words, just as the scorpions of the earth have power to harm, unlike a heavenly star; or else to harm those of the earth, that is, the foolish.
Scorpion enim mitissimus apparet, ut si videas velis eum tangere, sed appropinquantes acerrime laedit; ita et haeretici.Car le scorpion paraît très doux, de sorte que, si tu le vois, tu voudrais le toucher ; mais quand on s’approche, il blesse très cruellement : de même les hérétiques.For a scorpion appears most gentle, so that if you see it you would wish to touch it; but when one comes near, it wounds most sharply: so also the heretics.
[9, 4] Et quamvis data esset illis potestas, tamen praeceptum est illis, id est prohibitum est eis a Deo, ne laederent foenum terrae, id est simplices fidelium qui adhuc sicci sunt ut foenum, id est praedicationis irrigatione carentes, sicut herba sicca est facta foenum, nisi supeveniente pluvia.[9, 4] Et bien que ce pouvoir leur eût été donné, il leur fut néanmoins ordonné, c’est-à-dire interdit par Dieu, de ne pas blesser le foin de la terre, c’est-à-dire les simples parmi les fidèles qui sont encore secs comme du foin, c’est-à-dire privés de l’irrigation de la prédication, comme l’herbe sèche devient du foin, si la pluie ne survient pas.[9, 4] And although that power had been given to them, it was nevertheless commanded to them, that is, forbidden them by God, that they should not harm the hay of the earth, that is, the simple among the faithful who are still dry like hay, that is, lacking the watering of preaching, just as dry grass becomes hay unless rain comes upon it.
Et ut non laederent scilicet ultra modum, id est in anima scilicet, nisi tantum in corpore, omne viride, id est in fidei virore aliquantulum proficiente, neque omnem arborem, id est plantatos in fundamento firmissimo, quod est Christus, et per opera bona Deo fructificantes; non hos laederent; dico nisi homines tantum, id est puros homines, id est omnino terrenos nolentes dii effici sed homines.Et afin qu’elles ne blessent pas, à savoir au-delà de la mesure, c’est-à-dire dans l’âme, mais seulement dans le corps, tout ce qui est vert, c’est-à-dire ceux qui progressent quelque peu dans la verdeur de la foi, ni aucun arbre, c’est-à-dire ceux qui sont plantés sur le fondement très ferme qu’est le Christ et qui portent du fruit pour Dieu par de bonnes œuvres ; qu’elles ne blessent pas ceux-là ; je veux dire, sinon les hommes seulement, c’est-à-dire les simples hommes, c’est-à-dire entièrement terrestres, ne voulant pas devenir des dieux mais rester hommes.And so that they should not harm, namely beyond measure, that is, in the soul, but only in the body, every green thing, that is, those who have advanced somewhat in the greenness of faith, nor every tree, that is, those planted upon the firmest foundation, which is Christ, and bearing fruit to God through good works; they were not to harm these; I mean except men only, that is, mere men, that is, wholly earthly men unwilling to become gods but remaining men.
Possent enim omnes homines filii Dei fieri, unde veritas: ego dixi “Dii estis et filii Excelsi omnes”.Car tous les hommes pourraient devenir fils de Dieu ; d’où cette parole de vérité : « J’ai dit : vous êtes des dieux, et vous tous des fils du Très-Haut. »For all men could become sons of God; hence the saying of Truth: “I said, ‘You are gods, and all of you sons of the Most High.’”
[Qui non habent signum Dei in frontibus suis], homines scilicet illos qui non habent in frontibus, id est in mentibus suis, saltem si in operum exhibitione habere non possunt, signum Dei, id est caritatem.[Ceux qui n’ont pas le signe de Dieu sur leurs fronts], à savoir ces hommes qui n’ont pas sur leurs fronts, c’est-à-dire dans leurs esprits, du moins s’ils ne peuvent l’avoir dans la manifestation des œuvres, le signe de Dieu, c’est-à-dire la charité.[Those who do not have the seal of God on their foreheads], namely those men who do not have on their foreheads, that is, in their minds, at least if they cannot have it in the outward showing of works, the sign of God, that is, charity.
Quod est dictum per simile: quoniam sicut alicuius potentis praepositus hostes Domini sui procuraret nec reciperet in regno illius nisi viso signo, id est inter signo Domini sui, sic caelestis regni clavicularius nulli portas aperit, nisi signum Dei, id est caritatem habeat.Cela est dit par comparaison : de même que l’intendant d’un puissant poursuivrait les ennemis de son seigneur et ne les recevrait pas dans son royaume s’il n’avait pas vu le signe, c’est-à-dire l’insigne de son seigneur, ainsi le portier du royaume céleste n’ouvre les portes à personne s’il n’a le signe de Dieu, c’est-à-dire la charité.This is said by way of likeness: just as the steward of some mighty man would hunt down the enemies of his lord and would not receive them into his kingdom unless he had seen the sign, that is, the badge of his lord, so the doorkeeper of the heavenly kingdom opens the gates to no one unless he has the sign of God, that is, charity.
Vel signum exhibitivum Dei, id est caritatem, per quod signum habentes vocati sunt dii.Ou bien le signe manifestant Dieu, c’est-à-dire la charité, signe par lequel ceux qui le possèdent sont appelés dieux.Or the sign showing forth God, that is, charity, by which sign those who have it are called gods.
Ut illud in psalmo: ego dixi: “Dii estis”, et caetera.Comme cette parole du psaume : « J’ai dit : vous êtes des dieux », etc.As in that passage of the psalm: “I said, ‘You are gods,’” and so forth.
Vel signum Dei oleo atque chrismate factum in baptismo in frontibus suis ad litteram.Ou bien le signe de Dieu fait littéralement par l’huile et le chrême au baptême sur leurs fronts.Or else the sign of God made literally with oil and chrism in baptism upon their foreheads.
[9, 5] Et quoniam superius dixerat: praeceptum est illis ne laederent, ne aliquis putaret ut nullomodo laederet illos, subdit: Et datum est [illis, ne occiderent eos, sed ut cruciarentur mensibus quinque].[9, 5] Et parce qu’il avait dit plus haut : il leur fut ordonné de ne pas les blesser, de peur que quelqu’un ne pense qu’ils ne les blessaient d’aucune manière, il ajoute : Et il leur fut donné [de ne pas les tuer, mais de les tourmenter pendant cinq mois].[9, 5] And because he had said above: it was commanded them not to harm them, lest anyone think that they did not harm them at all, he adds: And it was given [to them, not to kill them, but to torment them for five months].
Ac si diceret: et quamvis prohibitum sit ne laederent eos, tamen datum est a Deo Patre eis ut cruciarentur mensibus quinque corporaliter, id est per omnes menses vitae suae, in quibus deberent uti in quinque sensibus corporis.C’est comme s’il disait : et bien qu’il leur soit interdit de les blesser, il leur est pourtant donné par Dieu le Père de les tourmenter corporellement pendant cinq mois, c’est-à-dire pendant tous les mois de leur vie, durant lesquels ils doivent user des cinq sens du corps.As if he were saying: although it is forbidden them to harm them, yet it is given them by God the Father to torment them bodily for five months, that is, through all the months of their life, during which they must use the five senses of the body.
In mense namque sunt quattuor septimanae, quarum unaquaeque constat septem diebus, quibus septem diebus tota vita ista agitur, in qua oportet nos esse corroboratos septiformi gratia Spiritus Sancti.Car dans un mois il y a quatre semaines, dont chacune se compose de sept jours ; et c’est par ces sept jours que se déroule toute cette vie, dans laquelle il faut que nous soyons fortifiés par la grâce septiforme de l’Esprit Saint.For in a month there are four weeks, each consisting of seven days, and by these seven days this whole life is conducted, in which we must be strengthened by the sevenfold grace of the Holy Spirit.
Vel cum modo possimus uti quinque sensibus corporis.Ou bien, puisque nous pouvons maintenant user des cinq sens du corps.Or since we are now able to use the five senses of the body.
Vel ut cruciarent eos mensibus, id est per omnes menses, per quinque sensus, scilicet mittendo eos in carcerem, ne audiant verbum Dei, et sic cruciabunt per auditum.Ou bien qu’ils les tourmentent pendant des mois, c’est-à-dire pendant tous les mois, par les cinq sens, à savoir en les envoyant en prison afin qu’ils n’entendent pas la parole de Dieu, et ainsi ils les tourmenteront par l’ouïe.Or that they should torment them for months, that is, through all months, by the five senses, namely by sending them into prison so that they do not hear the word of God, and thus they will torment them through hearing.
Per gustum vero, quoniam a corporali cibo esurire faciet eos.Par le goût, en les faisant souffrir de la faim privée de nourriture corporelle.Through taste, because he will make them hunger for bodily food.
Per odoratum, quia in carcere positi foetorem sentient, vel ex mortuo, vel ex alia aliqua re.Par l’odorat, parce qu’enfermés en prison ils sentiront la puanteur, soit d’un mort, soit de quelque autre chose.Through smell, because being placed in prison they will perceive stench, whether from a corpse or from something else.
Per tactum, quoniam gladio illos interficient.Par le toucher, puisqu’ils les tueront par l’épée.Through touch, because they will kill them with the sword.
Vel cruciabunt per quinque sensus, id est quia videbunt illos perseverantes in puritate quinque sensuum.Ou bien ils les tourmenteront par les cinq sens, c’est-à-dire parce qu’ils les verront persévérer dans la pureté des cinq sens.Or they will torment them through the five senses, that is, because they will see them persevering in the purity of the five senses.
Cruciabunt, inquam, et cruciatus eorum erit talis, ut cruciatus scorpii cum percutit hominem.Ils les tourmenteront, dis-je, et leur tourment sera tel que le tourment du scorpion lorsqu’il frappe l’homme.They will torment them, I say, and their torment will be like the torment of a scorpion when it strikes a man.
Sicut homo enim a scorpione percussus non illico moritur, sed cotidie adnihilando post longum temporis moritur.Car l’homme frappé par un scorpion ne meurt pas aussitôt, mais il meurt après un long temps en dépérissant peu à peu.For a man struck by a scorpion does not die immediately, but dies after a long time by gradually wasting away.
Sic fideles in primis sententiis haereticorum de virtutibus expulsi non illico moriuntur.De même les fidèles, expulsés des vertus par les premières opinions des hérétiques, ne meurent pas aussitôt.So the faithful, driven from virtue by the first teachings of heretics, do not die immediately.
Sed paulatim sententias eorum audiendo cadunt et moriuntur in perpetuum.Mais peu à peu, en écoutant leurs opinions, ils tombent et meurent pour toujours.But little by little, by listening to their teachings, they fall and die forever.
[9, 6] Et tanta erit tunc temporis persecutio, quod in diebus illis quaerent homines mortem, et non invenient eam, et desiderabunt mori, et fugiet mors.[9, 6] Et la persécution sera alors si grande qu’en ces jours-là les hommes chercheront la mort et ne la trouveront pas, et ils désireront mourir, et la mort fuira.[9, 6] And the persecution will then be so great that in those days men will seek death and will not find it, and they will desire to die, and death will flee.
Id est rationabiliter viventes pugnabunt contra haereticos, sicut Hilarius et multi alii, quaerent mortem, et non invenient eam.C’est-à-dire que ceux qui vivent raisonnablement combattront contre les hérétiques, comme Hilaire et beaucoup d’autres ; ils chercheront la mort et ne la trouveront pas.That is, those living rationally will fight against the heretics, like Hilary and many others; they will seek death and will not find it.
Et non solum quaerent, sed etiam desiderabunt mortem et tamen fugiet mors, id est ipsi ingerentes mortem ab ipsis, Deo illos servante ad utilitatem ecclesiae.Et non seulement ils la chercheront, mais encore ils désireront la mort, et pourtant la mort fuira, c’est-à-dire qu’en s’exposant eux-mêmes à la mort de leur part, Dieu les conservera pour l’utilité de l’Église.And not only will they seek it, but they will also desire death, and yet death will flee, that is, though they expose themselves to death at their hands, God will preserve them for the benefit of the Church.
Vel homines positi in carceribus quaerent mortem, optantes finire suos labores, sed fugiet.Ou bien les hommes enfermés dans les prisons chercheront la mort, souhaitant mettre fin à leurs peines, mais elle fuira.Or men placed in prisons will seek death, wishing to end their labors, but it will flee.
Illud non mutatur.Cela ne change pas.That point does not change.
Et quia superius dixit: exierunt ab haereticis locustae, ne aliquis prave intelligere, scilicet ad litteram addit, ostendendo non esse accipiendum ad litteram: [9, 7] Et similitudines locustarum.Et parce qu’il a dit plus haut : des sauterelles sont sorties des hérétiques, pour que personne ne comprenne mal, il ajoute, à savoir littéralement, en montrant qu’il ne faut pas l’entendre au sens littéral : [9, 7] Et les ressemblances des sauterelles.And because he said above: locusts came forth from the heretics, lest anyone misunderstand, he adds, namely literally, showing that it is not to be taken literally: [9, 7] And the likenesses of the locusts.
Ac si dicat: exierunt locustae ab haereticis, quod non debetis accipere ad litteram.C’est comme s’il disait : des sauterelles sont sorties des hérétiques, ce que vous ne devez pas prendre à la lettre.As if he were saying: locusts came forth from the heretics, which you must not take literally.
Etenim illi qui sunt similitudines locustarum, id est discipuli haereticorum leves et instabiles et ore laedentes, sunt similes equis paratis ad proelium, id est fortes et superbi.Car ceux qui sont les ressemblances des sauterelles, c’est-à-dire les disciples des hérétiques, légers, instables et blessant de leur bouche, sont semblables à des chevaux préparés pour le combat, c’est-à-dire forts et orgueilleux.For those who are the likenesses of the locusts, that is, the disciples of the heretics, light and unstable and wounding with their mouths, are like horses prepared for battle, that is, strong and proud.
Ut equus est animal superbum et forte ad proelium.Comme le cheval est un animal orgueilleux et fort pour le combat.As a horse is a proud animal and strong for battle.
Vel similes equis, id est veris praedicatoribus, qui Christum ferunt fortes eundo ad spirituale proelium.Ou bien semblables à des chevaux, c’est-à-dire aux vrais prédicateurs, qui portent le Christ, forts en allant au combat spirituel.Or like horses, that is, true preachers, who bear Christ, strong in going to spiritual battle.
Vel ut sint diversae similitudines et locustae.Ou bien afin qu’il y ait diverses ressemblances et diverses sauterelles.Or so that there may be different likenesses and locusts.
Qua si dicat: locustae sunt similes scorpionibus et similitudines, id est imitatores.Comme s’il disait : les sauterelles sont semblables aux scorpions, et les ressemblances sont les imitateurs.As if he were saying: the locusts are like scorpions, and the likenesses are the imitators.
Scilicet discipuli in suis pravis operibus et doctrinis vitam suorum magistrorum ostendentes.À savoir les disciples qui, dans leurs œuvres et doctrines mauvaises, manifestent la vie de leurs maîtres.Namely the disciples showing in their wicked works and teachings the life of their masters.
Scilicet locustarum, id est haereticorum supra dictorum, erant similes equis paratis ad proelium.À savoir des sauterelles, c’est-à-dire des hérétiques susdits, ils étaient semblables à des chevaux préparés pour le combat.Namely of the locusts, that is, of the aforesaid heretics, they were like horses prepared for battle.
Istud non mutatur.Cela ne change pas.This does not change.
Et super capita eorum, id est super principes eorum, erant non coronae, sed tamquam coronae, id est tamquam victoriae, quia victoriam sequitur corona.Et sur leurs têtes, c’est-à-dire sur leurs chefs, il n’y avait pas des couronnes, mais comme des couronnes, c’est-à-dire comme des victoires, parce que la couronne suit la victoire.And upon their heads, that is, upon their leaders, there were not crowns, but as it were crowns, that is, as it were victories, because the crown follows victory.
Et non erant aureae, sed similes auro: habebant enim pro summa victoria si aliquem fidelem decipere poterant, quod maximum detrimentum eorum erat.Et elles n’étaient pas d’or, mais semblables à l’or : car ils tenaient pour victoire suprême de pouvoir tromper quelque fidèle, ce qui était pour eux le plus grand dommage.And they were not golden, but like gold: for they counted it their highest victory if they could deceive some faithful person, which was their greatest loss.
Et ideo tamquam coronae; et non erat sapientia, quod ipsi putabant, sed maxima stultitia.Et c’est pourquoi c’étaient comme des couronnes ; et ce n’était pas de la sagesse, comme ils le pensaient, mais une très grande folie.And therefore they were as it were crowns; and it was not wisdom, as they thought, but the greatest folly.
Et ideo similes auro, quia per aurum notatur sapientia, quia sicut aurum ex cupro magno labore extrahitur, ita sapientia magno labore acquiritur.Et c’est pourquoi elles étaient semblables à l’or, parce que par l’or est signifiée la sagesse ; car de même que l’or est tiré du cuivre à grand-peine, de même la sagesse s’acquiert à grand-peine.And therefore they were like gold, because wisdom is signified by gold; for just as gold is drawn from copper with great labor, so wisdom is acquired with great labor.
Et facies earum erat sicut facies hominum, id est rationabilium, scilicet praetendebant pietatem et cum omnino illa carerent.Et leurs visages étaient comme des visages d’hommes, c’est-à-dire de raisonnables : ils affectaient la piété alors qu’ils en étaient totalement dépourvus.And their faces were like the faces of men, that is, of rational beings: they pretended piety while wholly lacking it.
Quia hominum est pietatem habere, non aliorum animalium.Car il appartient aux hommes d’avoir la piété, et non aux autres animaux.For it belongs to men to have piety, not to other animals.
[9, 8] Et habebant capillos, id est mores pravos et fragiles sicut capillos mulierum.[9, 8] Et elles avaient des cheveux, c’est-à-dire des mœurs mauvaises et fragiles comme les cheveux des femmes.[9, 8] And they had hair, that is, wicked and fragile manners like the hair of women.
Id est sicut capilli corruptarum fragiles sunt.C’est-à-dire comme sont fragiles les cheveux des femmes corrompues.That is, as the hair of corrupt women is fragile.
Corruptarum enim capilli fragiliores sunt virginum capillis.Car les cheveux des femmes corrompues sont plus fragiles que ceux des vierges.For the hair of corrupt women is more fragile than that of virgins.
Vel capillos, id est copiosam multitudinem divitiarum.Ou bien des cheveux, c’est-à-dire une abondante multitude de richesses.Or hair, that is, an abundant multitude of riches.
Mulieres enim magis abundant capillis quam homines, quae divitiae fragiles et molles sunt sicut capilli mulierum.Car les femmes ont plus de cheveux que les hommes ; et ces richesses sont fragiles et molles comme les cheveux des femmes.For women abound more in hair than men; and these riches are fragile and soft like the hair of women.
Vel capillos, id est innumerabiles discipulos molles et lascivos atque omnino corruptos.Ou bien des cheveux, c’est-à-dire d’innombrables disciples mous, lascifs et entièrement corrompus.Or hair, that is, countless disciples soft, wanton, and utterly corrupt.
Sicut capilli mulierum molles et lascivi sunt et mulieres corruptae.Comme les cheveux des femmes sont mous et lascifs, ainsi que les femmes corrompues.As the hair of women is soft and wanton, and so are corrupt women.
Et dentes earum locustarum, id est corrosiones eorum contra Deum et fideles, sicut leonum erant.Et les dents de ces sauterelles, c’est-à-dire leurs morsures contre Dieu et les fidèles, étaient comme celles des lions.And the teeth of those locusts, that is, their gnawings against God and the faithful, were like those of lions.
Sed sicut, id est tales ut id est quales sunt leonum.C’est-à-dire telles que celles des lions.That is, such as those of lions.
Vel dentes eorum, id est ministri vel magistri eorum, illos quos blanditiis suis decipere non poterant crudeliter et bestialiter devorabant.Ou bien leurs dents, c’est-à-dire leurs ministres ou leurs maîtres, dévoraient cruellement et bestialement ceux qu’ils ne pouvaient tromper par leurs flatteries.Or their teeth, that is, their ministers or masters, devoured cruelly and bestially those whom they could not deceive by flattery.
Interficiendo vel tribulando, sicut dentes leonum violenter aliquid devorant.En les tuant ou en les tourmentant, comme les dents des lions dévorent violemment.By killing or afflicting, just as lions’ teeth violently devour.
[9, 9] Et ad fideles decipiendos habebant sicut loricas, id est sententias suas fortes, quibus se muniebant sicut sibi videbatur.[9, 9] Et pour tromper les fidèles, elles avaient comme des cuirasses, c’est-à-dire leurs doctrines fortes, par lesquelles elles se protégeaient, selon ce qu’il leur semblait.[9, 9] And to deceive the faithful they had as it were breastplates, that is, their strong teachings, with which they armed themselves as it seemed to them.
Quae munitio magis erat destructio illorum.Cette protection était plutôt leur destruction.That protection was rather their destruction.
Et vox alarum earum, id est praedicatio ministrorum locustarum, est contentiosa et clamosa.Et le bruit de leurs ailes, c’est-à-dire la prédication des ministres des sauterelles, est querelleur et bruyant.And the sound of their wings, that is, the preaching of the ministers of the locusts, is contentious and loud.
[9, 10] Et habebant caudas similes scorpionibus, id est doctrinas blandas et deceptorias.[9, 10] Et elles avaient des queues semblables à des scorpions, c’est-à-dire des doctrines flatteuses et trompeuses.[9, 10] And they had tails like scorpions, that is, flattering and deceitful doctrines.
Sicut scorpion in anteriori parte blandus videtur esse, sed in posteriori parte nocet.Comme le scorpion paraît doux à l’avant, mais nuit à l’arrière.As a scorpion seems gentle in the front part but harms in the rear.
[9, 11] Habebant super se regem, angelum abyssi.[9, 11] Elles avaient sur elles un roi, l’ange de l’abîme.[9, 11] They had over them a king, the angel of the abyss.
Cui nomen hebraice Abaddon, graece autem Apollyon, latine Exterminans.Dont le nom est en hébreu Abaddon, en grec Apollyon, et en latin Exterminans.Whose name in Hebrew is Abaddon, in Greek Apollyon, and in Latin Exterminator.
[9, 12] Vae unum abiit.[9, 12] Le premier malheur est passé.[9, 12] The first woe has passed.
Et ecce veniunt adhuc duo vae post haec.Et voici que viennent encore deux malheurs après cela.And behold, two woes still come after this.
Vel in tantum erunt duo vae futura graviora, quod ad haec mala praeterita erunt post, id est leviora.Ou bien les deux malheurs à venir seront à ce point plus graves que, par comparaison avec eux, ces maux passés seront ensuite, c’est-à-dire plus légers.Or the two future woes will be so much more grievous that, in comparison with them, these past evils will afterward be, that is, lighter.

1109. Pedro de Silos

  • Le Beatus de Silos dit aussi Apocalypse de Silos est un manuscrit enluminé contenant notamment un commentaire de l'Apocalypse de Beatus de Liébana, écrit et décoré au sein de l'abbaye de Silos, dans l'actuelle Province de Burgos et achevé le 18 avril 1091 pour l'écriture (par les moines Dominicus et Munnio) et le 1er juillet 1109 pour l'enluminure (par le moine Petrus). Il est actuellement conservé à la British Library sous la cote Add. 11695.

  • British Library, Ms. Add. 11695, folio .

Vers 1010. Moines de Reichenau

  • On attribue à un atelier monastique de l'abbaye de Reichenau (Bade-Wurtemberg), qui se trouve en Allemagne sur une île du lac de Constance près de la frontière suisse, la réalisation d'un manuscrit richement enluminé au début du XIe siècle conventionnement appelé l'Apocalypse de Bamberg, et conservé aujourd'hui à la Bibliothèque d'État de Bamberg (Haute Franconie), Haute-Franconie, dans la région métropolitaine de Nuremberg, sous la cote Msc.Bibl.140. On pense qu'il s'agissait d'une commande de l'empereur Otton III, qui n'aurait été achevée que sous son successeur Henri II.

  • Les sauterelles de l'Apocalypse de Bamberg, manuscrit Msc.Bibl.140 de la Bibliothèque d'État de Bamberg, folio 23 recto

1047. Facundus

  • Facundus, Copie et illustration du commentaire de Beatus de Liébana sur l'Apocalypse pour le roi Ferdinand Ier de León, terminé en 1047, conservé à la conservé à la Bibliothèque nationale d'Espagne sous la cote Vit.14-2, folios 169 verso et 171 verso.

1050 env. Beatus de Genèse

  • Ce manuscrit illuminé daté du XIe siècle, qui paraît avoir été composé au XIe siècle en Italie centrale, est conservé à la Biblibliothèque de Genève sous la cote BGE, Ms. lat. 357.

V. 1060. Étienne Garsia

  • Étienne Garsia dirigeait le scriptorium de l'abbaye de Saint-Sever (Landes) sous l'abbé Grégoire de Montaner (1028-1072) et c'est pourquoi, outre son nom hispanique, on tend à lui attribuer au moins la responsabilité éditoriale de cette magnifique copie du commentaire de l'Apocalypse par Beatus de Liebana, aujourd'hui conservé à la BnF, qu'on appelle le Beatus de Saint-Sever et de ses célèbres enluminures.

1086. Martino de San Benito

  • Le Beatus d'Osma est une copie du commentaire de l'Apocalypse de Beatus de Liébana composée en 1086 par un copiste du nom de Pedro (Petrus) et un enlumineur du nom de Martino (Martinus), sans doute au sein du Monastère royal de San Benito de Sahagún (Castille-et-León).
  • Manuscrit 7 des Archives de la Cathédrale de Burgo de Osma, folio 108.

Vers 1100. Peinture murale de Saint-Savin-sur-Gartempe

  • Peinture murale romane du côté nord du narthex de l'église de Saint-Savin-sur-Gartempe, datée de la fin du XIe siècle ou du début du XIIe.

Vers 1100. Anonyme italien

  • Commentaire anonyme de l'Apocalypse dont la composition est datée des environs de 1100, probablement en Italie du Nord, et publié en 2012 par Maddalena Ferri, de l'Université de Cassino et du Latium méridional sur la base de deux manuscrits, l'un conservé à Crémone sous la cote Ms. 79, et l'autre à la Bibliothèque Nationale de France, sous la cote Ms. lat. 16300.
    • Les autorités sur lesquel s'appuie l'auteur anonyme sont: Victorin de Petovio (250-304), Ambroise (339/340-397), Jérôme (347-419/420), Augustin (354-430), Primasius d'Adrumetum (†565), Grégoire le Grand (540-604) , Cassiodore (485-580), Bède le Vénérable (672-735), Alcuin (735-804), Raban Maur (780-856), Aimone d'Auxerre († 855 environ).
  • Maddalena Ferri (éd.), Il commento all’Apocalisse dei mss. Cremona, Biblioteca statale 79 e Parigi, Bibliothèque Nationale de France, lat. 16300. Edizione critica a cura di Maddalena Ferri (fichier PDF, XII+221 p.), Florence (Italie), Edizioni de Galluzi (“E-Codicibus S.I.S.M.E.L.” = “Livres numériques de la Società Internazionale per lo Studio del Medioevo Latino”), 2012, pp. 97-103 (versets 9,1-12).
latin (vers 1100)français (2026)anglais (2026)
Et quintus angelus tuba cecinit: ut superius exponatur, scilicet ideo est in conspectu Dei, quia prius praedicavit et post patientiam servavit quam fuit necessarium sibi servare.Et le cinquième ange sonna de la trompette : comme cela a été expliqué plus haut, il est dit être en présence de Dieu parce qu’il a d’abord prêché et qu’il a ensuite gardé la patience plus longtemps qu’il n’y était tenu.And the fifth angel sounded the trumpet: as explained above, he is said to be before God because he first preached and afterwards preserved patience beyond what was strictly required of him.
Et id est quia audita illius praedicatione vidi, id est spiritualiter intellexi, stellam, id est quosdam prius lucentes fidei ac bonorum operum luce modo factos haereticos, de caelo cecidisse, id est de ecclesia, id est de numero fidelium redactos in terram, id est in terrenas delectationes, sicut Nicolaus (1), et alii.Cela signifie : après avoir entendu sa prédication, j’ai vu — c’est-à-dire compris spirituellement — une étoile, c’est-à-dire certains qui auparavant brillaient par la foi et les bonnes œuvres, devenus maintenant hérétiques, tomber du ciel, c’est-à-dire de l’Église, être retranchés du nombre des fidèles et ramenés à la terre, c’est-à-dire aux plaisirs terrestres, comme Nicolas (1) et d’autres.This means that, having heard his preaching, I saw — that is, I understood spiritually — a star, namely certain persons who formerly shone with the light of faith and good works, now become heretics, fall from heaven, that is, from the Church, removed from the number of the faithful and reduced to the earth, that is, to earthly pleasures, such as Nicholas (1) and others.
(1) Nota (B.G., 2026): Auctor hic, ut videtur, ad diaconum Nicolaum respicit, haeresiarcham Nicolaitarum suppositum (cf. Apoc. 2,6.15).(1) Note de Bernard Gineste (2026) : L’auteur pense ici, à ce qu’il semble, au diacre Nicolas, hérésiarque supposé du nicolaïsme (cf. Apoc. 2,6.15).(1) Note by Bernard Gineste (2026): The author here, it would seem, has in mind the deacon Nicolas, the supposed heresiarch of Nicolaitanism (cf. Rev. 2:6, 15).
Et data est illi. Et illi stellae, id est collectioni haereticorum, data est, id est concessa est a Deo Patre, clavis, id est potestas et facundia, putei, id est obscurae doctrinae, ut puteus est obscurus; putei dico abyssi, id est inferi, id est illa obscura doctrina ducens ad inferos.Et lui fut donnée…. À cette étoile, c’est-à-dire à l’ensemble des hérétiques, fut donnée — c’est-à-dire accordée par Dieu le Père — la clé, c’est-à-dire le pouvoir et l’éloquence, du puits, c’est-à-dire de la doctrine obscure ; du puits, dis-je, de l’abîme, c’est-à-dire de l’enfer, autrement dit cette doctrine obscure qui conduit aux enfers.And to him was given. To that star, that is, to the body of heretics, there was given — that is, granted by God the Father — the key, namely authority and eloquence, of the pit, that is, of obscure doctrine; of the pit, I say, of the abyss, that is, of hell, namely that dark doctrine which leads to the infernal regions.
Sed aperuit puteum abyssi, id est propalavit illam doctrinam ad inferos ducentem.Mais il ouvrit le puits de l’abîme, c’est-à-dire qu’il divulgua cette doctrine qui conduit aux enfers.But he opened the pit of the abyss, that is, he made public that doctrine which leads to hell.
Et illo aperiente ascendit fumus putei, id est obscuritas illius pravae doctrinae obscuravit mentes fidelium, sicut fumus fornacis magnae viciniora loca obscurat.Et lorsqu’il l’ouvrit, monta la fumée du puits : l’obscurité de cette doctrine perverse obscurcit l’esprit des fidèles, comme la fumée d’une grande fournaise obscurcit les lieux voisins.And as he opened it, the smoke of the pit ascended: the darkness of that perverse doctrine darkened the minds of the faithful, just as the smoke of a great furnace darkens nearby places.
Et vere ascendit, etenim obscuratus est sol, id est lex ecclesiam irradians sicut sol mundum, pro nihilo reputata est ab haereticis; et aer, id est ecclesia aer dicta, quia sicut aer nec in terra est nec in caelo sed in medio, ita ecclesia nec in terra est, quia terrena despicit, nec in caelo corporaliter, sed in medio, scilicet ut a terra elevetur et ad caeli sublimiora erigatur.Et elle monta réellement : car le soleil fut obscurci, c’est-à-dire la Loi qui éclaire l’Église comme le soleil éclaire le monde, tenue pour rien par les hérétiques ; et l’air aussi, c’est-à-dire l’Église appelée « air », parce que, comme l’air n’est ni sur la terre ni dans le ciel mais entre les deux, ainsi l’Église n’est ni terrestre — puisqu’elle méprise les choses terrestres — ni céleste corporellement, mais intermédiaire, afin d’être élevée de la terre et dressée vers les hauteurs du ciel.And it truly ascended, for the sun was darkened, that is, the Law which enlightens the Church as the sun enlightens the world, was regarded as nothing by the heretics; and the air also, that is, the Church called “air,” because just as air is neither on earth nor in heaven but in between, so the Church is neither earthly, since it despises earthly things, nor corporally in heaven, but in an intermediate state, so that it may be raised from the earth and lifted toward the heights of heaven.
Obscuratus est dico, et hoc de fumo putei, id est per fumum putei, id est per obscuram doctrinam haereticorum.Il fut obscurci, dis-je, et cela vient de la fumée du puits, c’est-à-dire par la fumée du puits, autrement dit par la doctrine obscure des hérétiques.It was darkened, I say—and this by the smoke of the pit, that is, through the smoke of the pit, namely through the heretics’ obscure doctrine.
Et de fumo putei exierunt locustae, id est de fumosa, id est inutili doctrina haereticorum; exierunt locustae, id est orti sunt discipuli haereticorum ab illis scilicet docti; locustae leves scilicet et instabiles et ore ledentes, sicut locusta levis et instabilis et ore messes ledit.Et de la fumée du puits sortirent des sauterelles, c’est-à-dire de la doctrine enfumée, c’est-à-dire vaine, des hérétiques ; « sortirent des sauterelles », c’est-à-dire que surgirent les disciples des hérétiques, instruits par eux ; des sauterelles légères, instables, et qui blessent par la bouche, comme la sauterelle, légère et instable, ravage les moissons par sa bouche.And from the smoke of the pit came forth locusts, that is, from the smoky, that is, futile doctrine of the heretics; “locusts came forth,” meaning the disciples of the heretics arose, taught by them—locusts that are light, unstable, and that wound with the mouth, just as a locust, light and unstable, damages crops with its mouth.
Exierunt, inquam, in terram, id est contra ecclesiam.Elles sortirent, dis-je, sur la terre, c’est-à-dire contre l’Église.They came out, I say, upon the earth, that is, against the Church.
Vel exierunt in terram, id est ad decipienda terrena corda.Ou bien : elles sortirent sur la terre, c’est-à-dire pour tromper les cœurs terrestres.Or: they came out upon the earth, that is, to deceive earthly hearts.
Et postquam egressi sunt, data est illis, id est permissa est a Deo, potestas nocendi fidelibus blandis et deceptoriis verbis suis, sicut habent potestatem scorpiones terrae, ad differentiam celestis sideris, habent potestatem nocere; vel terrae, id est stultis nocere.Et après leur sortie, il leur fut donnée — c’est-à-dire permise par Dieu — la puissance de nuire aux fidèles par leurs paroles doucereuses et trompeuses, comme les scorpions de la terre ont pouvoir de nuire, à la différence des astres du ciel ; ou bien : « de la terre », c’est-à-dire pour nuire aux sots.And after they went out, there was given to them—i.e., permitted by God—the power to harm the faithful with their flattering and deceitful words, just as the scorpions of the earth have power to harm, unlike the heavenly stars; or “of the earth,” that is, to harm the foolish.
Scorpio enim mitissimus apparet, ut si videas velis eum tangere, sed appropinquantes acerrime ledit; ita et haeretici.Car le scorpion paraît très doux : à le voir, on voudrait le toucher ; mais il blesse cruellement ceux qui s’approchent ; ainsi en va-t-il des hérétiques.For a scorpion appears very gentle—on sees it and would like to touch it—yet it wounds most sharply those who approach; so too the heretics.
Et quamvis data esset illis potestas, tamen praeceptum est illis, id est prohibitum est eis a Deo, ne lederent fenum terrae, id est simplices fidelium qui adhuc sicci sunt ut fenum, id est praedicationis irrigatione carentes, sicut herba sicca est facta fenum, nisi superveniente pluvia.Et bien que le pouvoir leur eût été donné, il leur fut néanmoins ordonné — c’est-à-dire interdit par Dieu — de ne pas nuire à l’herbe de la terre, c’est-à-dire aux simples parmi les fidèles, encore secs comme le foin, privés de l’irrigation de la prédication, de même que l’herbe desséchée devient foin sans la pluie qui survient.And although power had been given to them, it was nevertheless commanded to them—that is, forbidden by God—that they should not harm the grass of the earth, that is, the simple among the faithful, who are still dry like hay, lacking the irrigation of preaching, just as dry grass becomes hay unless rain comes upon it.
Et ut non lederent scilicet ultra modum, id est in anima scilicet, nisi tantum in corpore, omne viride, id est in fidei virore aliquantulum proficiente, neque omnem arborem, id est plantatos in fundamento firmissimo, quod est Christus, et per opera bona Deo fructificantes.Et afin qu’ils ne nuisent pas au-delà de la mesure — c’est-à-dire dans l’âme — mais seulement dans le corps, ni à toute verdure, c’est-à-dire à ceux qui progressent quelque peu dans la verdeur de la foi, ni à tout arbre, c’est-à-dire à ceux qui sont plantés sur le fondement très ferme qu’est le Christ et qui portent du fruit pour Dieu par les bonnes œuvres.And so that they might not harm beyond measure—that is, in the soul—but only in the body, neither all that is green, that is, those who are making some progress in the greenness of faith, nor every tree, that is, those planted upon the most firm foundation, which is Christ, and bearing fruit for God through good works.
Non hos lederent; dico nisi homines tantum, id est puros homines, id est omnino terrenos nolentes dii effici sed homines.Ils ne devaient pas nuire à ceux-là ; mais seulement, dis-je, aux hommes, c’est-à-dire aux hommes purement humains, entièrement terrestres, qui ne veulent pas devenir des dieux mais rester des hommes.They were not to harm these; but only, I say, human beings—that is, merely human persons, wholly earthly, who do not wish to become gods but to remain men.
Possent enim omnes homines filii Dei fieri, unde veritas: ego dixi: Dii estis et filii Excelsi omnes.Car tous les hommes pourraient devenir fils de Dieu ; d’où cette parole de la Vérité : Moi, j’ai dit : vous êtes des dieux et tous des fils du Très-Haut.For all human beings could become children of God; hence the saying of the Truth: I said: you are gods, and all of you sons of the Most High.
Qui non habent signum Dei in frontibus suis, homines scilicet illos qui non habent in frontibus, id est in mentibus suis, saltem si in operum exhibitione habere non possunt, signum Dei, id est caritatem.Ceux qui n’ont pas le sceau de Dieu sur le front, c’est-à-dire les hommes qui n’ont pas sur leur front — c’est-à-dire dans leur esprit —, au moins s’ils ne peuvent l’avoir dans la manifestation des œuvres, le signe de Dieu, à savoir la charité.Those who do not have the seal of God on their foreheads, that is, those persons who do not have on their foreheads—namely, in their minds—at least if they cannot show it in their works, the sign of God, that is, charity.
Quod est dictum per simile: quoniam sicut alicuius potentis praepositus hostes Domini sui prohiberet nec reciperet in regno illius nisi viso signo Domini sui, sic caelestis regni clavicularius nulli portas aperit nisi signum Dei, id est caritatem, habeat.Cela est dit par une comparaison : de même que l’intendant d’un puissant repousserait les ennemis de son maître et n’admettrait personne dans son royaume sans avoir vu le signe de son seigneur, ainsi le portier du royaume céleste n’ouvre les portes à personne s’il n’a le signe de Dieu, c’est-à-dire la charité.This is said by way of comparison: just as the steward of a powerful lord would repel his master’s enemies and admit no one into the kingdom unless the sign of his lord were seen, so the keeper of the heavenly kingdom opens the gates to no one unless he has the sign of God, that is, charity.
Vel signum exhibitivum Dei, id est caritatem, per quod signum habentes vocati sunt dii, ut illud in psalmo: ego dixi: Dii estis.Ou bien le signe manifeste de Dieu, c’est-à-dire la charité, par laquelle ceux qui le possèdent sont appelés dieux, selon ce qui est dit dans le psaume : Moi, j’ai dit : vous êtes des dieux.Or the manifest sign of God, namely charity, by which those who possess it are called gods, as it is said in the psalm: I said: you are gods.
Vel signum Dei oleo atque chrismate factum in baptismo in frontibus suis ad litteram.Ou encore, au sens littéral, le signe de Dieu accompli par l’huile et le chrême au baptême, sur leur front.Or, in the literal sense, the sign of God made by oil and chrism in baptism upon their foreheads.
Et datum est illis, ne occiderent eos, sed ut cruciarentur mensibus quinque.Et il leur fut donné non de les tuer, mais de les tourmenter pendant cinq mois.And it was given to them not to kill them, but to torment them for five months.
Ac si diceret: et quamvis prohibitum sit ne lederent eos, tamen datum est a Deo Patre eis ut cruciarentur mensibus quinque corporaliter, id est per omnes menses vitae suae, in quibus deberent uti quinque sensibus corporis.Comme s’il disait : bien qu’il leur ait été interdit de leur nuire, il leur fut néanmoins donné par Dieu le Père de les tourmenter pendant cinq mois corporellement, c’est-à-dire durant tous les mois de leur vie, au cours desquels ils doivent user des cinq sens du corps.As if he were saying: although it was forbidden that they should harm them, nevertheless it was granted to them by God the Father to torment them for five months bodily, that is, throughout all the months of their life, in which they must make use of the five senses of the body.
In mense namque sunt quattuor septimanae, quarum unaquaeque constat septem diebus, quibus septem diebus tota vita ista agitur, in qua oportet nos esse corroboratos septiformi gratia Spiritus Sancti.En effet, dans un mois il y a quatre semaines, dont chacune compte sept jours ; et dans ces sept jours se déroule toute cette vie, au cours de laquelle il nous faut être affermis par la grâce septiforme de l’Esprit Saint.For in a month there are four weeks, each of which consists of seven days, and within these seven days the whole of this life is carried out, in which we must be strengthened by the sevenfold grace of the Holy Spirit.
Vel cum modo possimus uti quinque sensibus corporis.Ou bien : puisque, dans le temps présent, nous pouvons user des cinq sens du corps.Or, since at present we are able to make use of the five bodily senses.
Vel ut cruciarent eos mensibus, id est per omnes menses, per quinque sensus, scilicet mittendo eos in carcerem, ne audiant verbum Dei, et sic cruciabunt per auditum.Ou bien : afin qu’ils les tourmentent pendant des mois, c’est-à-dire durant tous les mois, par les cinq sens, en les jetant notamment en prison pour qu’ils n’entendent pas la parole de Dieu, et qu’ils les tourmentent ainsi par l’ouïe.Or, that they might torment them by months, that is, throughout all months, by means of the five senses, namely by casting them into prison so that they do not hear the word of God, and thus they torment them through hearing.
Per gustum vero, quoniam a corporali cibo esurire facient eos.Par le goût, en revanche, parce qu’ils les feront souffrir de la faim quant à la nourriture corporelle.Through taste, moreover, because they will cause them to hunger for bodily food.
Per odoratum, quia in carcere positi foetorem sentient, vel ex mortuo, vel ex alia aliqua re.Par l’odorat, parce qu’une fois enfermés dans la prison ils sentiront des puanteurs, provenant soit d’un cadavre, soit d’une autre source.Through smell, because when placed in prison they will perceive a stench, whether from a corpse or from some other source.
Per tactum, quoniam gladio illos interficient.Par le toucher, parce qu’ils les tueront par le glaive.Through touch, because they will kill them with the sword.
Vel cruciabunt per quinque sensus, id est quia videbunt illos perseverantes in puritate quinque sensuum.Ou bien : ils les tourmenteront par les cinq sens, en ce sens qu’ils verront ces fidèles persévérer dans la pureté des cinq sens.Or they will torment them through the five senses, namely because they will see them persevering in the purity of the five senses.
Cruciabunt, inquam, et cruciatus eorum erit talis, ut cruciatus scorpii cum percutit hominem.Ils les tourmenteront, dis-je, et leur tourment sera semblable à celui du scorpion lorsqu’il frappe un homme.They will torment them, I say, and their torment will be like the torment of a scorpion when it strikes a man.
Sicut homo enim a scorpione percussus non illico moritur, sed cotidie adnihilando post longum temporis moritur, sic fideles in primis sententiis haereticorum de virtutibus expulsi non illico moriuntur, sed paulatim sententias eorum audiendo cadunt et moriuntur in perpetuum.Car, de même qu’un homme frappé par un scorpion ne meurt pas aussitôt, mais dépérit peu à peu et meurt après un long temps, ainsi les fidèles, chassés de la vertu par les premières doctrines des hérétiques, ne meurent pas immédiatement, mais, en écoutant peu à peu leurs enseignements, tombent et meurent pour toujours.For just as a man struck by a scorpion does not die immediately, but by gradually wasting away dies after a long time, so the faithful, expelled from virtue by the first teachings of the heretics, do not die at once, but little by little, by listening to their doctrines, they fall and die forever.
Et tanta erit tunc temporis persecutio, quod in diebus illis quaerent homines mortem, et non invenient eam, et desiderabunt mori, et fugiet mors.Et il y aura alors une si grande persécution que, en ces jours-là, les hommes chercheront la mort, et ne la trouveront pas ; ils désireront mourir, et la mort les fuira.And there will be such great persecution at that time that in those days people will seek death and will not find it; they will long to die, and death will flee from them.
Id est rationabiliter viventes pugnabunt contra haereticos, sicut Hilarius et multi alii, quaerent mortem, et non invenient eam.C’est-à-dire que ceux qui vivent selon la raison combattront les hérétiques, comme Hilaire et beaucoup d’autres ; ils chercheront la mort et ne la trouveront pas.That is, those who live rationally will fight against the heretics, such as Hilary and many others; they will seek death and will not find it.
Et non solum quaerent, sed etiam desiderabunt mortem, et tamen fugiet mors, id est ipsi ingerentes mortem ab ipsis, Deo illos servante ad utilitatem ecclesiae.Et non seulement ils chercheront la mort, mais ils la désireront encore ; pourtant la mort fuira, c’est-à-dire que, bien qu’ils s’exposent eux-mêmes à la mort, Dieu les préservera pour l’utilité de l’Église.And not only will they seek death, but they will even desire it; yet death will flee, that is, although they inflict death upon themselves, God preserves them for the benefit of the Church.
Vel homines positi in carceribus quaerent mortem, optantes finire suos labores, sed fugiet; illud non mutatur.Ou bien des hommes enfermés dans des prisons chercheront la mort, désirant mettre fin à leurs peines, mais elle fuira ; cela n’est pas modifié.Or men placed in prisons will seek death, wishing to end their labors, but it will flee; this remains unchanged.
Et quia superius dixit: exierunt ab haereticis locustae, ne aliquis prave intelligat, scilicet ad litteram addit, ostendendo non esse accipiendum ad litteram.Et comme il a dit plus haut que des sauterelles sont sorties des hérétiques, de peur que quelqu’un ne comprenne cela de travers, il ajoute explicitement que cela ne doit pas être pris à la lettre.And because above he said that locusts came forth from the heretics, lest anyone misunderstand this, he adds explicitly, showing that it should not be taken literally.
Et similitudines locustarum.Et voici l’aspect des sauterelles.And the likenesses of the locusts.
Ac si dicat: exierunt locustae ab haereticis, quod non debetis accipere ad litteram.Comme s’il disait : « des sauterelles sont sorties des hérétiques », ce que vous ne devez pas prendre à la lettre.As if he were saying: “locusts came forth from the heretics,” which you must not take literally.
Etenim illi qui sunt similitudines locustarum, id est discipuli haereticorum leves et instabiles et ore laedentes, sunt similes equis paratis ad proelium, id est fortes et superbi, ut equus est animal superbum et forte ad proelium.En effet, ceux qui sont les figures des sauterelles — c’est-à-dire les disciples des hérétiques, légers, instables et blessant par la bouche — sont semblables à des chevaux préparés pour le combat, c’est-à-dire forts et orgueilleux, comme le cheval, animal orgueilleux et puissant pour le combat.For those who are the likenesses of the locusts—that is, the disciples of the heretics, light, unstable, and wounding with the mouth—are like horses prepared for battle, that is, strong and proud, just as the horse is a proud and powerful animal for battle.
Vel similes equis, id est veris praedicatoribus, qui Christum ferunt fortes eundo ad spirituale proelium.Ou bien ils sont semblables à des chevaux, c’est-à-dire à de véritables prédicateurs qui portent le Christ avec force en allant au combat spirituel.Or they are like horses, that is, true preachers who bear Christ, going forth with strength to spiritual battle.
Vel ut sint diversae similitudines et locustae.Ou encore, afin qu’il y ait diverses comparaisons entre les sauterelles.Or again, so that there may be various likenesses and locusts.
Quasi dicat: locustae sunt similes scorpionibus et similitudines, id est imitatores, scilicet discipuli in suis pravis operibus et doctrinis vitam suorum magistrorum ostendentes, scilicet locustarum, id est haereticorum supradictorum, erant similes equis paratis ad proelium.Comme s’il disait : les sauterelles sont semblables aux scorpions, et ces ressemblances désignent des imitateurs — c’est-à-dire des disciples qui, par leurs œuvres et doctrines perverses, manifestent la vie de leurs maîtres, à savoir des sauterelles, c’est-à-dire des hérétiques susmentionnés — et ils étaient semblables à des chevaux préparés pour le combat.As if he were saying: the locusts are like scorpions, and these likenesses indicate imitators—namely disciples who, by their perverse deeds and teachings, display the life of their masters, that is, the locusts, namely the heretics mentioned above—and they were like horses prepared for battle.
Istud non mutatur.Cela n’est pas modifié.This is not altered.
Et super capita eorum, id est super principes eorum, erant non coronae, sed tamquam coronae, id est tamquam victoriae, quia victoriam sequitur corona.Et sur leurs têtes — c’est-à-dire sur leurs chefs — il n’y avait pas des couronnes, mais comme des couronnes, c’est-à-dire comme des signes de victoire, car la victoire est suivie d’une couronne.And upon their heads—that is, upon their leaders—there were not crowns, but as it were crowns, that is, signs of victory, for victory is followed by a crown.
Et non erant aureae, sed similes auro: habebant enim pro summa victoria si aliquem fidelem decipere poterant, quod maximum detrimentum eorum erat, et ideo tamquam coronae.Et elles n’étaient pas d’or, mais semblables à l’or : car ils tenaient pour victoire suprême de pouvoir tromper un fidèle, ce qui était pourtant leur plus grand dommage ; et c’est pourquoi elles étaient seulement comme des couronnes.And they were not golden but like gold, for they regarded it as their greatest victory if they could deceive a faithful person—though this was in fact their greatest loss—and therefore they were only as it were crowns.
Et non erat sapientia, quod ipsi putabant, sed maxima stultitia.Et ce qu’ils prenaient pour sagesse n’était pas sagesse, mais la plus grande des folies.And what they thought to be wisdom was not wisdom, but the greatest folly.
Et ideo similes auro, quia per aurum notatur sapientia, quia sicut aurum ex cupro magno labore extrahitur, ita sapientia magno labore acquiritur.Et c’est pourquoi elles étaient semblables à l’or : car par l’or est signifiée la sagesse, de même que l’or est extrait du cuivre au prix d’un grand labeur, ainsi la sagesse s’acquiert par un grand effort.And therefore they were like gold, for wisdom is signified by gold, just as gold is extracted from copper with great labor, so wisdom is acquired with great effort.
Et facies earum sicut facies hominum, id est rationabilium, scilicet praetendebant pietatem et cum omnino illa carerent, quia hominum est pietatem habere, non aliorum animalium.Et leurs visages étaient comme des visages d’hommes, c’est-à-dire de créatures raisonnables : ils feignaient la piété alors qu’ils en étaient totalement dépourvus, car la piété appartient à l’homme et non aux autres animaux.And their faces were like human faces, that is, rational beings: they pretended to have piety while entirely lacking it, for piety belongs to human beings, not to other animals.
Et habebant capillos sicut capillos mulierum, id est mores pravos et fragiles sicut capillos mulierum, id est sicut capilli corruptarum fragiles sunt.Elles avaient des cheveux comme des cheveux de femmes, c’est-à-dire des mœurs perverses et fragiles, semblables aux cheveux des femmes, comme les cheveux des femmes corrompues sont fragiles.And they had hair like women’s hair, that is, perverse and fragile manners, like women’s hair, just as the hair of corrupted women is fragile.
Corruptarum enim capilli fragiliores sunt virginum capillis.En effet, les cheveux des femmes corrompues sont plus fragiles que ceux des vierges.For the hair of corrupted women is more fragile than that of virgins.
Vel capillos, id est copiosam multitudinem divitiarum.Ou bien les cheveux désignent l’abondante multitude des richesses.Or “hair” means an abundant multitude of riches.
Mulieres enim magis abundant capillis quam homines, quae divitiae fragiles et molles sunt, sicut capilli mulierum.Car les femmes abondent davantage en cheveux que les hommes ; or ces richesses sont fragiles et molles, comme les cheveux des femmes.For women abound more in hair than men; and such riches are fragile and soft, like women’s hair.
Vel capillos, id est innumerabiles discipulos molles et lascivos atque omnino corruptos, sicut capilli mulierum molles et lascivi sunt et mulieres corruptae.Ou encore, les cheveux désignent d’innombrables disciples mous, dissolus et entièrement corrompus, comme les cheveux des femmes sont mous et lascifs, et comme les femmes corrompues.Or again, “hair” means innumerable disciples who are soft, wanton, and wholly corrupt, just as women’s hair is soft and wanton, and as corrupted women are.
Et dentes earum sicut leonum, id est corrosiones eorum contra Deum et fideles.Et leurs dents étaient comme celles des lions, c’est-à-dire leurs ravages contre Dieu et contre les fidèles.And their teeth were like lions’ teeth, that is, their ravages against God and the faithful.
Sed sicut, id est tales ut, id est quales sunt leonum.Mais « comme », c’est-à-dire tels qu’ils sont, semblables à ceux des lions.But “like,” that is, such as they are, namely like those of lions.
Vel dentes eorum, id est ministri vel magistri eorum, illos quos blanditiis suis decipere non poterant crudeliter et bestialiter devorabant, interficiendo vel tribulando, sicut dentes leonum violenter aliquid devorant.Ou bien leurs dents, c’est-à-dire leurs ministres ou docteurs, dévoraient cruellement et bestialement ceux qu’ils ne pouvaient tromper par leurs flatteries, en les tuant ou en les accablant, comme les dents des lions dévorent violemment.Or their teeth, that is, their ministers or teachers, cruelly and bestially devoured those whom they could not deceive by their flatteries, killing or afflicting them, just as lions’ teeth violently devour.
Et habebant loricas sicut loricas ferreas, id est sententias suas fortes, quibus se muniebant sicut sibi videbatur.Elles avaient des cuirasses comme des cuirasses de fer, c’est-à-dire leurs doctrines qu’ils tenaient pour solides et par lesquelles ils se fortifiaient à leurs yeux.And they had breastplates like iron breastplates, that is, their doctrines, which they regarded as strong and by which they thought themselves protected.
Quae munitio magis erat destructio illorum, quod notatur per hoc quod dicit: sicut loricas, non revera loricas.Cette protection était en réalité leur ruine, ce qui est indiqué par l’expression « comme des cuirasses », et non de véritables cuirasses.This protection was rather their destruction, which is indicated by the phrase “like breastplates,” not truly breastplates.
Et ferreas, id est fortes quantum ad aestimationem stultorum, vel ferreas, id est viles fidelibus.Et « de fer », c’est-à-dire fortes selon l’estimation des insensés, ou bien « de fer », c’est-à-dire méprisables aux yeux des fidèles.And “iron,” that is, strong according to the estimation of fools; or “iron,” that is, contemptible in the eyes of the faithful.
Vel ad hoc faciendum, scilicet ad filios Dei devorandos, habebant sicut loricas ferreas, id est corda fortia et infrangibilia.Ou bien, pour accomplir cela, c’est-à-dire dévorer les fils de Dieu, ils avaient comme des cuirasses de fer, c’est-à-dire des cœurs durs et inflexibles.Or else, in order to do this, namely to devour the sons of God, they had as it were iron breastplates, that is, hearts that were hard and unbreakable.
Et vox alarum earum, id est praedicatio ministrorum locustarum designatorum per alas, quia leves sunt et instabiles, currendo per mundum, est contentiosa et vehemens et clamosa atque temeraria, ad proeliandum contra Dei ecclesiam, sicut vox curruum equorum multorum currentium in bellum.Et le bruit de leurs ailes — c’est-à-dire la prédication des ministres des sauterelles, désignés par les ailes parce qu’ils sont légers et instables, courant à travers le monde — est querelleur, violent, bruyant et téméraire, pour combattre contre l’Église de Dieu, comme le fracas des chars de nombreux chevaux courant à la guerre.And the sound of their wings—that is, the preaching of the ministers of the locusts, symbolized by wings because they are light and unstable, running through the world—is contentious, violent, loud, and rash, waging battle against the Church of God, like the noise of chariots of many horses rushing into war.
Contentiosa est, quia contentiose currendo clamorem faciunt, quia multi sunt et currunt; ita illi multi sunt et currunt in facundia, id est contentiosi sunt absque ratione.Elle est querelleuse, car en courant de manière querelleuse ils font du vacarme, parce qu’ils sont nombreux et courent ; de même, ceux-là sont nombreux et courent dans l’éloquence, c’est-à-dire qu’ils sont querelleurs sans raison.It is contentious, because by running contentiously they make a clamor, since they are many and they run; so likewise they are many and run in eloquence, that is, they are contentious without reason.
Quia multi sunt certantes unusquisque socium suum in nequitia superare, sicut equi certant currendo ad proelium unus alium vincere.Car ils sont nombreux à lutter, chacun cherchant à surpasser son compagnon dans la perversité, comme les chevaux rivalisent en courant vers le combat, chacun voulant l’emporter sur l’autre.For many are competing, each striving to surpass his companion in wickedness, just as horses compete when running into battle, each seeking to outdo the other.
Et habebant caudas similes scorpionibus, id est doctrinas blandas et deceptorias.Elles avaient des queues semblables à celles des scorpions, c’est-à-dire des doctrines flatteuses et trompeuses.And they had tails like scorpions’ tails, that is, flattering and deceitful doctrines.
Sicut scorpio in anteriori parte blandus videtur esse, sed in posteriori parte, id est in cauda, nocet, ita doctrina eorum in principio videtur bona, in fine vero omnino deceptoria.De même que le scorpion paraît doux à l’avant, mais blesse à l’arrière, c’est-à-dire par la queue, ainsi leur doctrine paraît bonne au commencement, mais se révèle totalement trompeuse à la fin.Just as a scorpion appears gentle in its front part but harms in the rear, that is, with its tail, so their doctrine seems good at the beginning but proves wholly deceptive in the end.
Et vere caudae similes scorpionibus, etenim aculei, id est verba blasphemiae adversus Deum et adversus fideles, erant in caudis, id est in deceptoriis doctrinis earum similitudinum, a quibus multum est cavendum.Et réellement leurs queues étaient semblables à celles des scorpions, car les aiguillons — c’est-à-dire les paroles de blasphème contre Dieu et contre les fidèles — se trouvaient dans les queues, c’est-à-dire dans les doctrines trompeuses de ces figures, dont il faut beaucoup se garder.And truly their tails were like scorpions’, for the stings—that is, words of blasphemy against God and against the faithful—were in the tails, that is, in the deceitful doctrines of those likenesses, from which one must greatly beware.
Nam potestas earum, id est eorum, erat nocere hominibus, id est humano atque carnali more viventibus, mensibus quinque, id est omnibus diebus istius vitae, in quibus homines utuntur quinque sensibus corporis.Car leur pouvoir — c’est-à-dire celui des hérétiques — consistait à nuire aux hommes, à savoir à ceux qui vivent selon un mode humain et charnel, pendant cinq mois, c’est-à-dire durant tous les jours de cette vie, au cours desquels les hommes usent des cinq sens du corps.For their power—that is, the power of those heretics—was to harm human beings, namely those living in a merely human and carnal way, for five months, that is, throughout all the days of this life, in which people make use of the five bodily senses.
Et habebant super se regem, id est in superiori suo, in mente scilicet, quemdam regem secundum opinionem eorum, qui non erat rex sed deceptor.Elles avaient sur elles un roi, c’est-à-dire, dans ce qu’elles tenaient pour supérieur, à savoir dans leur esprit, un certain roi selon leur propre opinion, qui n’était pas un roi mais un séducteur.And they had a king over them, that is, in what they regarded as higher, namely in their mind, a certain king according to their own opinion, who was not a king but a deceiver.
Angelum abyssi, id est quia secum ducit ad abyssum, scilicet inferos, suos subditos.L’ange de l’abîme, c’est-à-dire parce qu’il entraîne avec lui vers l’abîme, à savoir vers les enfers, ceux qui lui sont soumis.The angel of the abyss, that is, because he leads with himself into the abyss, namely into hell, his subjects.
Cui nomen est Hebraice Abaddon, Graece autem Apollyon, et Latine habet nomen Exterminans, quia extra terminos ecclesiae fideles conatur expellere.Son nom est en hébreu Abaddon, et en grec Apollyon, et en latin il a pour nom « Exterminateur », parce qu’il s’efforce de chasser les fidèles hors des frontières de l’Église.Whose name in Hebrew is Abaddon, and in Greek Apollyon, and in Latin he bears the name “Destroyer,” because he strives to expel the faithful beyond the bounds of the Church.
Ideo Hebraice, Graece et Latine ostenditur nomen eius, quia timendus est ab omnibus gentibus, quia omnes vult exterminare.C’est pourquoi son nom est donné en hébreu, en grec et en latin : parce qu’il doit être redouté par toutes les nations, car il veut tous les exterminer.Therefore his name is shown in Hebrew, Greek, and Latin, because he is to be feared by all nations, since he seeks to destroy all.
Vae unum abiit. Ac si dicat: quamvis illorum potestas sit tanta, tamen non debetis deficere.Un malheur est passé. Comme s’il disait : bien que leur pouvoir soit si grand, vous ne devez pourtant pas faiblir.One woe has passed. As if he were saying: although their power is so great, you must nevertheless not lose heart.
Quia plus persecutionis erit in isto vae, quod abiit, quantum ad narrationem meae visionis.Car il y aura davantage de persécution dans ce malheur qui est passé, selon le récit de ma vision.For there will be greater persecution in this woe that has passed, according to the account of my vision.
Vel abiit quantum ad persecutionem.Ou bien : il est passé quant à la persécution.Or: it has passed with respect to the persecution.
Et ecce veniunt adhuc duo vae post haec: adhuc vae duo, et hoc ecce, id est sine mora, id est cito post haec mala istius prioris vae.Et voici que viennent encore deux malheurs après cela : encore deux malheurs ; et ce « voici » signifie sans délai, c’est-à-dire bientôt après les maux de ce premier malheur.And behold, two more woes are yet to come after these things: still two woes; and this “behold” means without delay, that is, soon after the evils of this former woe.
Vel in tantum erunt duo vae futura graviora, quod ad haec mala praeterita erunt post, id est leviora.Ou bien : les deux malheurs à venir seront à ce point plus graves que, comparés à eux, les maux passés sembleront ultérieurs, c’est-à-dire plus légers.Or else: the two woes to come will be so much more severe that, in comparison with them, these past evils will be considered subsequent, that is, lighter.

Avant 1109. Anselme de Cantorbery (?)

  • Anselme de Cantorbéry (v.1033-1109), en latin Anselmus Cantuariensis, surnommé le Docteur magnifique (Doctor magnificus), moine bénédictin originaire d'Aoste (Italie), d'abord moine bénédictin à l'abbaye Notre-Dame du Bec (Normandie) puis évêque de Cantorbéry (Angleterre), canonisé en 1494 et proclamé Docteur de l'Église en 1720, est l'auteur putatif d'un commentaire sur l'Apocalypse. Mais en réalité il semble que, selon le proverbe qui veut qu'on ne prête qu'aux riches, on ait attribué abusivement attribué à Anselme ce commentaire qui ne diffère en rien de celui d'Haymon d’Auxerre (†v.860), qui a le premier souligné la dimension anthropologique du supplice et la coexistence de lectures textuelles concurrentes (quinque / sex).
  • Divi Anselmi archiepiscopus Cantuariensis [sic] Operum omnium tomus secundus, Cologne, Cholin, 1612, p. 486.
  • Patrologia Latina 162 (1854) col. 1533.
latin (av. 1109)français (2026)anglais (2026)
ut cruciarentur mensibus quinque, id est, secundum corpora, quae quinque sensibus utuntur.« afin qu’ils soient tourmentés pendant cinq mois », c’est-à-dire au regard des corps, lesquels font usage des cinq sens.“that they should be tormented for five months,” that is, with respect to the body, which makes use of the five senses.
Habet alia litera mensibus sex, propter sex aetates, quibus haec vita distinguitur.Une autre leçon porte « six mois », en raison des six âges en lesquels cette vie est divisée.Another textual reading has “six months,” on account of the six ages by which this life is divided.

Avant 1129. Rupert de Deutz

  • Rupert de Deutz (v.1070-1129), en latin Rupertus Tuitiensis, en français Rupert de Tuy, Rupert de Liège ou Rupert de Saint-Laurent et en allemand Rupert von Lüttich, né Liège et mort à Deutz, paroisse aujourd'hui intégrée à la commune de Cologne, religieux bénédictin et théologien liégeois, a fini abbé de Deutz. Son œuvre a influencé Honoré d'Autun et a rayonné à travers le Saint-Empire germanique, dont elle a inspiré notamment l'iconographie.
  • Ruperti abbatis monsterii Tuitensis, e regione Agrippinae Coloniae in Rheni ripa siti, ordinis S. Benedicti, viri et vitae sanctimonia et sacrarum literarum peritia praeclari, Commentariorum in Apocalysi Iohannis libri XII (X+CXCV p.), Cologne, Johannes Soter, 1533, pp. LXXXII.
  • Rupert, Abtes von Duitz, Auslegung der Offenbarung des heiligen Apostel Johannes, aus dem Lateinischen überseßt. Erster Band, Augsbourg, Nicalaus Doll, 1788, pp. 363-364.
  • Rupert de Deutz (Rupertus), “R. D. D. Ruperti abbatis Tuitensis in Apocalypsim Ioannis apostoli Commentariorum”, Patrologia Latina 169 (1854) 825-1214 spéc. 989.
  • Dans le tableau qui suit, on met en caractères gras les passages ou la version allemande de 1788 glose l'original latin.
latin (XIIe siècle)allemand (1788)français (2025)anglais (2025)
Ut cruciarentur, inquit, mensibus quinque. Menses quinque, quibus cruciati sunt, mutationes servitutis fuerunt quinque, quibus hostibus suis sunt traditi, et servierunt illis, quas hoc ordine Scriptura digessit.Was aber? jene fünf Monate lang quälen. Die fünf Monate der Qual waren die fünf verschiedenen Knechtschaften, unter welche die Israeliten verfielen, und die die Schrift (Richt. 3, 4. 6. 10. — 2. B. der K. &c.) [“Juges 3, 4.6.10 — 2e Livre des Règnes (= de Samuel)”] in folgender Ordnung erzählt.Qu’ils tourmentent pendant cinq mois: ces cinq mois représentent cinq périodes d’asservissement durant lesquelles Israël fut livré à ses ennemis, selon l’ordre suivant rapporté dans l’Écriture.“That they should be tormented five months”: these five months symbolize five periods of servitude during which Israel was delivered to its enemies, according to the sequence recorded in Scripture.
Primo tradidit eos Dominus in manus Chusanrasathain regis Mesopotamiae, servieruntque octo annis.Erstens fielen sie in die Hände des Chusanrasathaim Königs von Mesopotamien, und blieben ihm acht Jahre.Premièrement, Dieu les livra à Chusanrasathain, roi de Mésopotamie, et ils le servirent huit ans.First, God delivered them into the hand of Chushan-rishathaim, king of Mesopotamia, and they served him eight years.
Secundo confortavit adversum eos Eglon regem Moab, et copulavit ei filios Аmon, et Amalec, servieruntque decem et octo annis.Zweyntens fütter Gott wider sie Eglon den König der Moabiter, und verband mit ihm die Ammoniter und Amalekiter, und blieben ihnen die achtzehn Jahre.Deuxièmement, il fortifia contre eux Eglon, roi de Moab, uni aux fils d’Ammon et à Amalec: ils les servirent dix-huit ans.Second, he strengthened Eglon, king of Moab, joined with the sons of Ammon and Amalek; they served him eighteen years.
Tertio tradidit eos in manus Iabin regis Chanaan, qui et oppressit eos viginti annis.Drittens fielen sie in die Hand Jabins, Königs von Canaan, der sie zwanzig Jahre lang unterdrückte.Troisièmement, il les livra à Iabin, roi de Canaan, qui les opprima vingt ans.Third, they were handed over to Jabin, king of Canaan, who oppressed them for twenty years.
Quarto tradidit eos in manus Madian septem annis, et oppressi sunt valde ab eis.Viertens kamen sie in die Knechtschaft der Madianiter, und wurden von bis zu sieben Jahre lang geängstiget.Quatrièmement, il les livra aux Madianites, qui les opprimèrent durement pendant sept ans.Fourth, he gave them into the hands of the Midianites, who oppressed them severely for seven years.
Quinto tradidit eos in manus Philisthiim, a quibus et variis sunt afflictionibus contusi, donec ventum est ad David, qui et tulit, inquit Scriptura, de manu Philistinorum frenum tributi.Fünftens fielen sie in die Hand der Philister, von welchen sie auf verschiedene Art gequält wurden, bis endlich David kam, der den Samen Israëls unter der Hand der Philister nach zig Jahre lang unterdrückte.Cinquièmement, ils furent livrés aux Philistins, qui les affligèrent de bien des manières jusqu’à l’avènement de David, dont l’Écriture dit qu’il ôta le joug du tribut des Philistins.Fifth, they were delivered to the Philistines, who afflicted them in many ways until the time of David, of whom Scripture says that he took away the yoke of tribute from the Philistines.
Quae deinde Israel mala propter peccata sua pertulit, a tempore Babyloniae captivitatis, ad cantum pertinet tubae sexti angeli. Quinque ergo mensibus cruciati sunt, quia quinquies in servitutem traditi sunt.Wiewohl ferner wegen ihrer Sünden Uebel gelitten hat von der Zeit der babylonischen Gefangenschaft, oder der Persischen oder Griechischen [“depuis la captivité babylonienne, ou celle des Perses ou des Grecs”], sie wurden alle für fünf Monate gepeinigt, nicht getödtet in die Dienstbarkeit gethan [“sans être tués, mais réduits en servitude”].Les autres maux subis par Israël pour ses péchés, à partir de la captivité babylonienne, relèvent de la sixième trompette. Ils furent donc tourmentés cinq mois parce qu’ils furent livrés cinq fois à la servitude.The other evils suffered by Israel because of its sins, beginning with the Babylonian captivity, belong to the sounding of the sixth trumpet. They were tormented for five months because they were delivered five times into servitude.
Quare autem mensium potius quam annorum nomine vel numero illa servitutis tempora designantur? videlicet quia in mensibus secundum lunam, quos solos Hebraei, de quibus sermo est, noverunt vel computant, mutabilitas crementi vel decrementi est, quae et stultorum mutabilitatem significat dicente Scriptura: Stultus in luna mutatur.Warum aber werden diese Zeiten der Knechtschaft lieber mit dem Namen oder der Zahl der Monate, als der Jahre bezeichnet? Weil in den Monaten nach dem Monde, welche allein die Hebräer kennen oder zählen, eine Veränderung des Wachsthums und Abnehmens ist, welche auch die Veränderlichkeit der Thoren bedeutet, wie die Schrift sagt: der Thor wird im Monde verändert.Mais pourquoi ces périodes sont-elles désignées en mois et non en années ? Parce que les Hébreux — et ce sont bien d’eux qu’il s’agit — ne connaissent et ne comptent que les mois lunaires, marqués par l’accroissement ou le décroissement, symboles de l’inconstance des insensés, selon ce mot de l’Écriture: “L’insensé change comme la lune.”But why are these times of bondage designated by the number of months rather than years? Because the Hebrews—of whom the text speaks—reckon time only by lunar months, which are marked by waxing and waning, a sign of the inconstancy of fools, as Scripture says: “The fool changes like the moon.”
An non illi ut luna mutabantur, ut merito stultitiae arguerentur. Sic enim de illis scriptum est: Cumque Dominus iudices suscitaret in diebus eorum reflectebatur misericordia, et audivit afflictorum gemitus, et liberabat eos de caede vastantium; postquam autem mortuus esset iudex, revertebantur, et multa maiora faciebant quam patres eorum, sequentes deos alienos, et servientes eis, et adorantes eos. Quod ergo dictum est, sed ut cruciarentur mensibus quinque, idem est ас si diceretur; sed ut quinquies in stultitiam mutati, in servitutem redigerentur per vices quinque.Wurden sie nicht wie der Mond verändert, daß sie mit Recht der Thorheit beschuldigt werden konnten? Denn so ist von ihnen geschrieben: Wenn der Herr ihnen Richter erweckte, hatte er Mitleiden, und erhörete das Seufzen derer, die in Noth waren, und erlösete sie aus der Hand derer, die sie verderben wollten [“de la main de ceux qui voulaient les perdre”]; Wenn aber der Richter todt war, fielen sie wiederum ab, und trieben ärger, denn ihre Väter, indem sie fremden Göttern nachgingen, und denselben dienten, und sie anbeteten. Daher, wenn gesagt wird, daß sie fünf Monate gequält wurden, so ist es dasselbe, als wenn gesagt würde: daß sie fünfmal in Thorheit verfielen, und in die Knechtschaft geriethen.Ne furent-ils pas comme la lune, changeants et par là justement condamnés pour leur folie ? Car il est écrit d’eux: “Lorsque le Seigneur suscitait des juges en leurs jours, il se tournait vers eux dans sa miséricorde, entendait les gémissements des affligés, et les délivrait de la main des dévastateurs; mais à la mort du juge, ils revenaient à leurs égarements et agissaient plus mal encore que leurs pères, suivant des dieux étrangers, les servant et les adorant.” Ainsi, quand il est dit qu’ils furent tourmentés cinq mois, cela signifie qu’ils furent livrés cinq fois à la servitude après s’être changés, à chaque fois, dans leur folie.Were they not indeed like the moon, constantly changing, and rightly accused of foolishness? For it is written of them: “When the Lord raised up judges during their days, He turned toward them in mercy, heard the cries of the afflicted, and delivered them from the hand of the ravagers; but after the judge died, they turned back and did even more wickedly than their fathers, following strange gods, serving and worshiping them.” Therefore, when it is said that they were tormented five months, it means they were delivered five times into slavery after repeatedly falling into foolishness.“

XIIe siècle. Glose ordinaire

  • La Glose ordinaire (Glossa ordinaria) est un commentaire biblique médiéval, constitué d’une compilation d’interprétations patristiques et exégétiques autour du texte biblique. Elle fut principalement rassemblée aux XIe–XIIe siècles, probablement à Laon (France), et attribuée notamment à Anselme de Laon et son école. Elle se présente comme un texte biblique entouré de gloses (explications) en marge et entre les lignes, afin d’éclairer le sens littéral et spirituel. La Glose ordinaire a été le principal outil d’enseignement de la Bible dans les écoles médiévales et a exercé une influence considérable jusqu’à la Renaissance.

Avant 1173. Richard de Saint-Victor

  • Richard de Saint-Victor (v.1100-1173), moine d'origine écossaise ou irlandais, prieur de l'abbaye Saint-Victor de Paris de 1162 à sa mort, théologien mystique et exégète. Son commentaire le plus copieux, sur l'Apocalypse, est composé de sept livres traitant chacun d'une vision.
  • Nicolaus de Busco et Petrus Tonsor (éd.), Venerabilis Patris et clari Theologi Ricardi de sancto Victore in beait Ioannis Apocalypsim libri septem, quicquid in ea erat obscurum mira brevitate elucidantes nusqham antehac impraessi (145 folios), Louvain, Dirk Martens (Theodoricus Martinus), 1513, folio CLXXIIII recto-verso.
  • Richard de Saint-Victor (Richardus a Sancto-Victore), “In Apocalypsi Libri septem”, in Patrologia Latina 196 (1855) 683-888 spéc. 784 (Livre 3, chapitre 6).
latin (XIIe siècle) français (2025) anglais (2025)
Sed quia nec haereticorum qui maxime nocent, nec aliorum quorumlibet turba malorum, etiam ipsos qui terrae per amorem terrenorum conglutinantur, et terrae nomine designantur, ad libitum laedere non sinitur, recta additur: Et praeceptum est illis ne occiderent eos, sed ut cruciarent eos mensibus quinque. Praecipitur haereticis, et principalibus diaboli ministris, ne non solum vere bonos non laedant, sed nec terrenis deditos occidant, quia cohibentur, ne libertatem audiendi verbum Dei, vel rectam fidem suscipiendi auferant.Mais comme il n’est pas permis aux hérétiques — bien qu’ils soient les plus nuisibles — ni à la foule des autres méchants, de nuire à leur guise même à ceux qui, par amour des biens terrestres, s’attachent à la terre (et qui sont désignés sous le nom de terre), il est justement ajouté : Et il leur fut ordonné de ne point les tuer, mais de les tourmenter pendant cinq mois. Il est ordonné aux hérétiques, principaux ministres du diable, non seulement de ne pas faire de mal aux véritables justes, mais même de ne pas tuer ceux qui sont livrés aux choses terrestres; car il leur est interdit d’enlever la liberté d’écouter la parole de Dieu ou de recevoir la vraie foi.But because neither the heretics — who are the most harmful — nor the multitude of any other evildoers are permitted to harm at will even those who are glued to the earth through their love of earthly things (and who are designated by the name “earth”), it is rightly added: And it was commanded them that they should not kill them, but that they should be tormented five months. The heretics, principal ministers of the devil, are commanded not only not to harm the truly righteous, but even not to kill those given to worldly things, for they are restrained from taking away the liberty either to hear the word of God or to receive the true faith.
Datur eis licentia, ut quinque mensibus tales per eos crucientur; quia, qui per quinque sensus corporis transitoriis inhaerent, a reprobis per ablationem terrenorum quae diligunt, nonnunquam affligi permittuntur, ut afflicti aliquando ea se dilexisse resipiseant, et ad vera bona quaerenda tandem vel adversitatibus eruditi resurgant.Il leur est seulement concédé la permission de tourmenter pendant cinq mois ceux qui s’attachent aux choses passagères par les cinq sens du corps: en effet, il est parfois permis aux réprouvés de les affliger par la perte des biens terrestres qu’ils aiment, afin qu’affligés, ils reconnaissent un jour avoir aimé à tort ces choses, et qu’ils se relèvent enfin, instruits par l’adversité, pour rechercher les biens véritables.They are merely granted permission to torment such persons for five months, because those who cling to passing things through the five senses of the body are sometimes permitted to be afflicted by the reprobate through the loss of the earthly goods they love, so that, being afflicted, they may one day repent of having loved them, and finally rise again — instructed by adversity — to seek the true goods.

Vers 1199. Joachim de Flore

  • Joachim de Flore (v.1135-1202), moine cistercien et théologien catholique originaire de Calabre. Son exégèse novatrice de l'Apocalypse a exercé une extraordinaire influence sur ses successeurs, d'une manière bien souvent très regrettable.
  • 1. — Original perdu: Joachim de Flore, Expositio in Apocalipsim, œuvre terminée vers 1196–1199.
  • 2. — Copie manuscrite du XIVe siècle accessible en ligne: Joachii, abbatis Florensis Expositio in libro Apocalipsis, manuscrit 173 de la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne (187 folios de parchemin), daté du XIXe siècle, depuis le folio 109 recto jusqu'au folio 111 verso.
    • On trouvera les scans du passage considéré (sur 9,1-12) regroupés commodément à cette page.
  • 3. — Édition princeps, et à ce jour unique: Silvestro Meucci (éd.) (frater Silvester Meuccius de Castilione Aretino, Augustinianae familiae professor eremita), Expositio magni prophetae Abbatis Joachim in Apocalipsim. Opus illud celebre, aurea videlicet ac prae caeteris longe altior et profundior explanatio in Apocalipsim Abbatis Joachim de statu universali reipublicae christianae. Deque ecclesia carnali in proximo reformanda atque in primaevam sui aetatem redigenda, triplici prius tamen percutienda flagello, moxque omnium infidelium (ad Christi fidem conversione) iam multis sepulta saeculis, sed ad implendi tempore instante, ad utilitatem et consolationem fidelium (nutu divino detecta et referata) in lucem primo venit. Cui adiecta sunt: Eiusdem psalterium decem cordarum opus prope divinum. Lectura item perlucida in Apocalipsim Reverendi magistri Philipp de Mantua Augustinianae Eremiticaeque familiae Doctoris clarissimi. Index quoque summarius pulchriora universa deflorans. Cum gratia et privilegio (291 folios), Venise, Francisco Bindoni et Mapheo Pasyni, 1527 (réimpression: Francfort, Minerva, 1964), folios 130 verso à 133 recto.
  • 4. Ici, je donne tout le commentaire de Joachim sur Apocalypse 9,1-12, parce qu'il ne paraît pas autrement disponible en ligne.
latin (v.1190)français (2025)anglais (2025)
De quinto angelo canente.Du cinquième ange sonnant de la trompette.On the fifth angel blowing the trumpet.
Cap. 9. V. 1. Et quintus angelus tuba cecinit, et vidi stellam de caelo cecidisse in terram. Et data est illi clavis putei abyssi, et aperuit puteum abyssi, et ascendit fumus putei, sicut fumus fornacis magnae, et obscuratus est aer de fumo putei, et exierunt locustae in terram.Chap. 9, v. 1. Et le cinquième ange sonna de la trompette, et je vis une étoile tombée du ciel sur la terre. Et il lui fut donné la clef du puits de l'abîme; et il ouvrit le puits de l'abîme, et une fumée monta du puits, comme la fumée d'une grande fournaise; et l'air fut obscurci par la fumée du puits, et des sauterelles sortirent sur la terre.Chapter 9, v. 1. And the fifth angel blew the trumpet, and I saw a star fallen from heaven to the earth. And the key of the pit of the abyss was given to it; and it opened the pit of the abyss, and smoke rose out of the pit, like the smoke of a great furnace; and the air was darkened by the smoke of the pit, and locusts came forth upon the earth.
Quis fuerit miser iste, aut unde surrexit qui clausum quondam abyssi puteum aperuit, nescio, Deus scit, clericum tamen fuisse, et imbutum scientia litterarum, ex huius textu lectionis apparet.Qui fut ce misérable, ou d'où surgit celui qui ouvrit le puits autrefois fermé de l'abîme, je ne le sais — Dieu le sait. Mais qu'il ait été clerc et instruit dans la science des lettres, cela apparaît d'après le texte même de cette lecture.Who this wretch was, or whence he arose, who opened the well of the abyss once shut, I do not know — God knows. Yet that he was a cleric and steeped in the knowledge of letters appears from the very wording of this passage.
Accepit autem quicumque fuit ille, clavem scientiae pravi dogmatis, haud dubium quin a patre mendacii, potestatem scilicet investigandi profunda sapientiae, non Dei, sed mundi huius, quam perdidit, et perdet Deus in manu parvulorum suorum ad evacuandum scandalum crucis: quod positum est in signum et salutem credentibus.Mais qui qu'il fût, il reçut la clef de la science d'un mauvais dogme — sans doute du père du mensonge: c'est-à-dire le pouvoir d'examiner les profondeurs d'une sagesse, non pas celle de Dieu, mais celle de ce monde. Et Dieu la perdra encore dans la main de ses tout-petits, pour abolir le scandale de la croix, qui est donnée pour un signe et un salut à ceux qui croient.But whoever he was, he received the key of the knowledge of a perverse doctrine — without doubt from the father of lies: namely, the power of probing the depths of a wisdom not of God, but of this world. And God will undo it again by the hands of His little ones, to abolish the scandal of the cross, which is set as a sign and salvation for believers.
Aperuit ergo puteum abyssi, et ascendit fumus putei, sicut fumus fornacis magnae, quia nimirum ut de caelo luminaria, ita de abyssi puteo fumus tenebrosus ascendit.Il ouvrit donc le puits de l'abîme, et une fumée monta du puits, comme la fumée d'une grande fournaise, car de même que du ciel proviennent les luminaires, ainsi du puits de l'abîme monte une fumée ténébreuse.He therefore opened the pit of the abyss, and smoke rose from the pit like the smoke of a great furnace; for just as the lights of heaven come from above, so from the pit of the abyss rises a dark smoke.
Si enim (ut iam dixisse me recolo) totius Scripturae sacrae volumen, de quo procedit vera sapientia, quae est lumen humanarum mentium et splendor spiritualium oculorum, designatur in caelo; quod in puteo abyssi, nisi profunditas quaedam humanae sapientiae, si tamen sapientia et non ignorantia dicenda est, utpote de qua procedit fumus erroris, dicente Domino: Erratis, nescientes Scripturas, nec virtutem Dei? (Matth. 22).Car si — comme je me souviens l'avoir déjà dit — tout le volume de l'Écriture sainte, d'où procède la vraie sagesse, qui est la lumière de l'esprit humain et l'éclat des yeux spirituels, est figuré par le ciel, qu'est donc le puits de l'abîme, sinon une certaine profondeur de la sagesse humaine — si toutefois il faut l'appeler sagesse et non ignorance — puisqu'il en sort une fumée d'erreur ? Comme dit le Seigneur: “Vous vous égarez, ne connaissant ni les Écritures ni la puissance de Dieu” (Matth. 22).For if — as I recall having said — the whole book of Holy Scripture, from which true wisdom proceeds, the light of human minds and the brightness of spiritual eyes, is symbolized by heaven, what then is the pit of the abyss except a certain depth of human wisdom — if indeed it should be called wisdom and not ignorance — since from it rises the smoke of error? As the Lord says: “You err, not knowing the Scriptures nor the power of God” (Matt. 22).
Scimus enim conatos fuisse quosdam philosophos, comprehendere omnia ratione, et aliqua de his quae sentiebant, ad memoriam in posterum tradidisse.Nous savons en effet que certains philosophes ont cherché à tout comprendre par la raison, et qu'ils ont transmis pour la postérité certaines des choses qu'ils percevaient.For we know that certain philosophers tried to comprehend everything by reason, and handed down to posterity some of the things they perceived.
Qui cum multa rationabiliter disputasse viderentur, ignorantes tamen benignitatem et mansuetudinem, necnon et omnipotentiam Creatoris, qui potuit facere cuncta de nihilo, et per velle arbitrii sui, aliqua in meliorem statum et feliciorem mutare, in tantum quidam eorum processit disputando de corpore et spiritu, ut diceret omne corpus esse fugiendum.Alors qu'ils paraissaient avoir longuement raisonné de façon cohérente, ils ignoraient cependant la bonté et la mansuétude, ainsi que l'omnipotence du Créateur, qui pouvait faire toutes choses à partir de rien et, par la libre volonté de son dessein, changer certaines réalités en un état meilleur et plus heureux; à tel point que l'un d'eux en vint, en discutant du corps et de l'esprit, à dire que tout corps devait être fui.Although they seemed to have reasoned at length in a rational manner, they were nevertheless ignorant of the goodness and gentleness, and also of the omnipotence of the Creator, who was able to make all things out of nothing and, by the free decision of his will, to change certain realities into a better and more blessed condition; to the point that one of them, in discussing body and spirit, went so far as to say that every body must be avoided.
Huic errori nephandissimo quondam evacuato in Christo, novum quoddam genus haereticorum, nescio quo docente, adhesisse videmus, dicentium omnia corpora esse creata a Dyabolo, ac per hoc nec venisse Christum in carne confitentur, ut aperte se pertinere indicent ad eum qui venturus est Antichristus, dicente Ioanne: Quicunque negat Christum venisse in carne, hic est seductor et Antichristus (1 Joh. 2).À cette erreur très impie, jadis anéantie dans le Christ, nous voyons qu'une nouvelle sorte d'hérétiques — je ne sais sous quel maître — s'est attachée, disant que tous les corps ont été créés par le Diable, et, par conséquent, ne confessant pas que le Christ est venu dans la chair; montrant ainsi ouvertement qu'ils appartiennent à celui qui doit venir, l'Antichrist, selon la parole de Jean: Quiconque nie que le Christ est venu dans la chair, celui-ci est le séducteur et l'Antichrist (1 Jn 2).To this most unspeakable error, once abolished in Christ, we see that a new kind of heretics—taught, I know not by whom—has attached itself, saying that all bodies were created by the Devil, and thereby refusing to confess that Christ came in the flesh; thus openly indicating that they belong to him who is to come, the Antichrist, according to John's saying: Whoever denies that Christ has come in the flesh, he is the deceiver and the Antichrist (1 Jn 2).
Hi sunt illi haeretici qui vulgo dicuntur Patareni, licet apud alios et alios diversis vocabulis nominentur, qui, ut se esse demonstrent quod sunt, filios scilicet tenebrarum, nocturno (ut fertur) tempore, et hoc diebus statutis, conveniunt per provincias in synagogis suis, quatenus, congregati in unum et mutuos sibi aspectus exhibentes, faciant tandem opera patris sui.Ce sont ces hérétiques que l'on appelle vulgairement les Patarins, bien que, chez divers peuples, ils portent d'autres noms; eux qui, pour montrer ce qu'ils sont vraiment — des fils des ténèbres — se réunissent, dit-on, de nuit, à des jours fixés, dans leurs assemblées à travers les provinces, afin que, rassemblés en un seul lieu et échangeant entre eux leurs regards, ils accomplissent enfin les œuvres de leur père.These are the heretics commonly called Patarenes, although among different peoples they bear various names; who, to show themselves for what they are—namely, sons of darkness—gather, it is said, at night and on appointed days, in their synagogues throughout the provinces, so that, assembled together and exchanging glances among themselves, they may at last accomplish the works of their father.
Huiuscemodi ergo homines, si tamen homines et non reptilia, locustae sunt egressae de fumo putei, quia Paulus dicit his qui crediderant per verbum eius: In Christo Iesu per evangelium meum ego vos genui (1 Cor. 4): ita et istos per errorem suum genuit ille qui visus est in specie stellae cecidisse de caelo.Ces hommes de cette sorte — s'ils sont encore des hommes et non des reptiles — sont les sauterelles sorties de la fumée du puits, car Paul dit à ceux qui avaient cru par sa parole: En Christ Jésus, par mon Évangile, je vous ai engendrés (1 Cor 4). De même, ceux-ci ont été engendrés par leur erreur, par celui qui a paru sous l'apparence d'une étoile tombée du ciel.Men of this sort—if indeed they are humans and not reptiles—are the locusts that came forth from the smoke of the pit, for Paul says to those who believed through his word: In Christ Jesus, through my Gospel, I begot you (1 Cor 4). So also these have been begotten, through their own error, by him who appeared in the form of a star fallen from heaven.
Sed quia post peccata filiorum hominum accidunt in humano genere omnia mala ista, quae et qualis sit potestas quae data est eis ad persequendos impios et reos qui non baiulant crucem Christi ad sequendum eum, aperitur cum subditur.Mais puisque, après les péchés des fils des hommes, tous ces maux surviennent dans le genre humain, la nature et la qualité du pouvoir qui leur est donné pour persécuter les impies et les coupables, qui ne portent pas la croix du Christ pour le suivre, sont révélées lorsqu'il est ajouté:But since, after the sins of the sons of men, all these evils befall the human race, the nature and kind of the power that is given to them to persecute the wicked and the guilty, who do not bear the cross of Christ in order to follow him, are disclosed when it is added:
V. 2. Et data est illis potestas sicut habent potestatem scorpiones terrae.V. 2. Et un pouvoir leur fut donné, comme les scorpions de la terre ont le pouvoir de nuire.V. 2. And power was given to them, like the power that the scorpions of the earth possess.
Nonnulli reproborum habent voluntatem nocendi, sed non possunt, quia sine permissione iusti et Dei, nec ipse Dyabolus ausus est tentare Iob (Iob 1), quem etiam accepta potestate, non est (inquantum ipse voluit) flagellare permissus, sed quantum voluit ille qui potestatem dedit.Certains réprouvés ont la volonté de faire du mal, mais ils ne le peuvent pas, car sans la permission du Juste, c'est-à-dire de Dieu, même le Diable lui-même n'osa tenter Job (Job 1). Et, même après avoir reçu le pouvoir, il ne fut pas autorisé à le frapper autant qu'il le voulait, mais seulement autant que le voulut Celui qui lui avait donné ce pouvoir.Some of the reprobate have the will to harm, but they cannot, for without the permission of the Just One – that is, God – not even the Devil himself dared to tempt Job (Job 1). And even after receiving authority, he was not allowed to strike him as much as he wished, but only as much as He who granted the power willed.
Unde et hic subditur:C'est pourquoi il est ajouté ici:Hence it is added here:
V. 3. Et praeceptum est illis ne laederent foenum terrae, neque omnem arborem, sed tantum homines qui non habent signum Dei vivi in frontibus suis.V. 3. Et il leur fut ordonné de ne pas blesser l'herbe de la terre, ni aucun arbre, mais seulement les hommes qui n'ont pas le sceau du Dieu vivant sur leurs fronts.V. 3. And it was commanded them not to harm the grass of the earth, nor any tree, but only the human beings who do not have the seal of the living God on their foreheads.
In foeno terrae, designantur simplices, qui nesciunt ad dexteram nec ad sinistram, praeter Iesum Christum, et hunc crucifixum, quique interrogati ab haereticis, avertunt aures dicentes, non esse suum, sed clericorum disputare de fide.Par l'herbe de la terre sont désignés les simples, qui ne connaissent ni la droite ni la gauche, sinon Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié; et lorsque les hérétiques les interrogent, ils détournent leurs oreilles en disant que ce n'est pas à eux, mais aux clercs, de discuter de la foi.By the grass of the earth are signified the simple folk, who know neither right nor left, except Jesus Christ, and Him crucified; and when questioned by heretics, they turn away their ears, saying that it is not their task, but that of the clergy, to dispute about the faith.
In arboribus autem designantur viri perfecti, qui proferunt fructum in temporibus suis.Par les arbres sont représentés les hommes parfaits, qui portent leur fruit en son temps.By the trees are signified the perfect men, who bring forth fruit in their proper seasons.
In his duobus generibus hominum, non potest in aliquo (ut supra diximus) haeretica pravitas invenire locum in illis, quia simplices sunt, et a semel suscepta fide, nulla ratione discedere possunt, in istis qui sapientes sunt secundum Deum, et sciunt per gratiam sibi datam, vitare iacula inimici.Dans ces deux catégories d'hommes, l'erreur hérétique ne peut aucunement trouver place: chez les simples, parce qu'ils sont simples et ne peuvent, pour aucune raison, s'écarter de la foi qu'ils ont une fois reçue; chez les sages selon Dieu, parce qu'ils savent, par la grâce qui leur a été donnée, éviter les traits de l'ennemi.In these two kinds of people heretical perversity cannot in any way find room: in the simple, because they are simple and cannot for any reason depart from the faith they have once received; and in those who are wise according to God, because they know, through the grace given them, how to avoid the darts of the enemy.
At qui propter carnalitatem suam homines dicti sunt, quique non habent signum Dei vivi scriptum in frontibus suis, justo omnipotentis Dei iudicio, traditi sunt locustis, cruciandi vehementer ab eis propter iniquitates suas, quousque compleatur tempus potestatis eorum.Mais ceux qui, à cause de leur tendance charnelle, sont appelés “hommes”, et qui n'ont pas le signe du Dieu vivant inscrit sur leurs fronts, sont livrés, par le juste jugement du Dieu tout-puissant, aux sauterelles, afin d'être cruellement tourmentés par elles pour leurs iniquités, jusqu'à ce que soit achevé le temps de leur puissance.But those who, on account of their carnality, are called “men,” and who do not have the sign of the living God written on their foreheads, are delivered, by the just judgment of the Almighty God, to the locusts, to be violently tormented by them for their iniquities, until the time of their power is fulfilled.
Signum veri Dei vivi, crucem dominicam esse puto, quam illi veraciter in fronte portant, qui non erubescunt crucifixum, qui dicunt assidue cum Apostolo: Mihi autem absit gloriari, nisi in cruce domini nostri Jesus Christi (Gal. 6).Je pense que le signe du vrai Dieu vivant, c'est la croix du Seigneur, que portent véritablement sur leur front ceux qui n'ont pas honte du Crucifié, et qui disent sans cesse avec l'Apôtre: Pour moi, qu'il ne m'arrive pas de me glorifier sinon dans la croix de notre Seigneur Jésus-Christ (Gal. 6).I consider the sign of the true living God to be the Lord's cross, which those truly bear upon their foreheads who are not ashamed of the Crucified, and who say continually with the Apostle: But far be it from me to boast except in the cross of our Lord Jesus Christ (Gal. 6).
Et qui sunt illi? Hi qui nolunt esse divites, in hoc presenti saeculo nequam.Et qui sont-ils ? Ceux qui ne veulent pas être riches dans ce siècle présent mauvais.And who are these? Those who do not wish to be rich in this present evil age.
Qui enim volunt (iuxta Apostolum) divites fieri, incidunt in tentationem et in laqueum Dyaboli.Car ceux qui veulent, selon l'Apôtre, devenir riches, tombent dans la tentation et dans le piège du Diable.For those who wish, according to the Apostle, to become rich fall into temptation and into the snare of the Devil.
Sed ad esse veniamus.Mais revenons au sujet.But let us return to the matter.
Scimus quia locusta immundum est animal, et alis quas habet supra se ad superiora levatur.Nous savons que la sauterelle est un animal impur, et que, grâce aux ailes qu'elle a au-dessus d'elle, elle s'élève vers les hauteurs.We know that the locust is an unclean animal, and that by the wings it has above itself it rises toward higher places.
Scorpio vero delitescit in abditis, et repente percutit incautos, non ore, sed cauda.Le scorpion, quant à lui, se cache dans les lieux secrets et frappe soudain les imprudents, non de sa bouche mais de sa queue.But the scorpion hides in secret places and suddenly strikes the unsuspecting, not with its mouth but with its tail.
Secundum hoc Pathareni haeretici, mundos se coram populo, et iustitia praeditos esse simulant, et ex occulto circa finem verbi, producunt aculeos erroris sui, quibus tamen non servos Dei permittuntur ferire, sed illos (ut iam diximus) homines qui mundanas delicias concupiscunt.De même, les hérétiques patarins simulent devant le peuple qu'ils sont purs et remplis de justice, et, dans le secret, vers la fin de leurs discours, produisent les aiguillons de leur erreur. Mais ils ne sont pas autorisés à frapper les serviteurs de Dieu: seulement, comme nous l'avons dit, les hommes qui convoitent les délices du monde.In the same way, the Patarene heretics pretend before the people to be pure and endowed with righteousness, and secretly, toward the end of their discourse, they bring forth the stings of their error. But they are not permitted to strike the servants of God: only, as we have said, those men who desire worldly pleasures.
Notum est omnibus et bene notum, quia eorum quidem alii existimantur perfecti, alii autem dicuntur credentes.Il est bien connu de tous que parmi eux, certains sont considérés comme parfaits, d'autres sont appelés croyants.It is well known to all that among them some are considered perfect, and others are called believers.
Perfectos etenim dicunt illos, qui servant per omnia doctrinam suam; credentes, qui non servant sed tamen credunt conservantibus illa.Car ils appellent “parfaits” ceux qui observent en tout leur doctrine; et “croyants” ceux qui ne l'observent pas mais croient toutefois à ceux qui la gardent.For they call “perfect” those who observe in all things their doctrine; and “believers” those who do not observe it but nonetheless believe those who keep it.
Qui ergo perfecti sunt inter eos, hi sunt qui designant locustae; qui autem credentes dicti sunt, hi sunt illi homines quos locustae percutiunt caudis suis.Ceux donc qui sont parfaits parmi eux, ce sont eux que désignent les sauterelles; et ceux qui sont appelés croyants, ce sont ces hommes que les sauterelles frappent de leurs queues.Thus those who are perfect among them are those designated by the locusts; whereas those called believers are the men whom the locusts strike with their tails.
Sed quare cruciantur qui credunt eis?Mais pourquoi ceux qui croient en eux sont-ils tourmentés ?But why are those who believe them tormented?
Quia simulata conscientia accusat eos, scientes quia pro subsidiis temporalibus adhaeserunt eis, sicut ex relatu eorum qui et fuerunt inter eos, et paenituerunt, didicimus.Parce que leur conscience feinte les accuse, sachant qu'ils se sont attachés à eux pour des secours temporels — comme nous l'avons appris du témoignage de ceux qui ont été parmi eux et s'en sont repentis.Because their feigned conscience accuses them, knowing that they adhered to them for temporal gain — as we have learned from the report of those who were once among them and later repented.
Denique convenientes in unum faciunt collectas bonorum suorum, et si quos vident inopes anhelare ad divitias mundi, primo ostendunt eis affectum misericordiae et miserationis, deinde culpant christianos divites, et maxime, sacerdotes et clerum, qui deberent (aiunt) servare apostolicam vitam, et sublevare miserias pauperis et egeni, ut nemo esset egens in religione christiana, sicut non erat aliquis egens in ecclesia primitiva.Enfin, lorsqu'ils se réunissent, ils font des collectes de leurs biens; et s'ils voient des indigents soupirer après les richesses du monde, ils commencent par leur montrer une attitude de miséricorde et de compassion, puis ils blâment les chrétiens riches, et surtout les prêtres et le clergé, qui devraient (disent-ils) observer la vie apostolique et soulager les misères du pauvre et du nécessiteux, afin que nul ne soit indigent dans la religion chrétienne, comme personne n'était indigent dans l'Église primitive.Finally, when they gather together, they make collections of their goods; and if they see needy persons longing after the riches of the world, they first show them signs of mercy and compassion, then blame wealthy Christians, and especially the priests and clergy, who (they say) ought to keep the apostolic life and relieve the misery of the poor and the destitute, so that no one should be needy in the Christian religion, just as no one was needy in the primitive Church.
Deinde dicunt eos excidisse a fide, factos autem persequutores iustorum, sicut sacerdotes judaeorum, qui persequebantur apostolos.Ensuite, ils affirment que ceux-ci ont déchu de la foi et qu'ils sont devenus des persécuteurs des justes, comme les prêtres des Juifs qui persécutaient les apôtres.Then they say that such people have fallen from the faith and have become persecutors of the righteous, like the priests of the Jews who persecuted the apostles.
Ad ultimum fatentur se scire homines qui servent ad integrum apostolicam fidem, ita ut non sit aliquis inops inter eos, et qui pauper venit ad illos, protinus (inquiunt) efficitur dives.Enfin, ils prétendent connaître des hommes qui observent pleinement la foi apostolique, de sorte qu'il n'y a aucun indigent parmi eux, et que celui qui vient à eux pauvre devient aussitôt (disent-ils) riche.Lastly, they claim to know men who keep the apostolic faith in its entirety, so that there is no needy person among them, and that whoever comes to them poor is immediately (so they say) made rich.
Haec et his similia, quasi rationabiliter concinantes, munda animalia se esse fingunt, quousque percutiant homines ex improviso dicentes: “Et tu quoque si vis esse de credentibus in fidem istam, et adhaerere observantibus eam, vel saltem exhibere tutelam, et esse contrarius resistentibus sectae isti, poteris in hoc saeculo esse dives, et delitiis affluens, et in futuro saeculo vitam aeternam possidere.”Ces paroles, et d'autres semblables, qu'ils harmonisent d'un ton quasi raisonnable, leur servent à se donner pour des animaux purs, jusqu'à ce qu'ils frappent les hommes à l'improviste en disant: “Et toi aussi, si tu veux être du nombre des croyants en cette foi, et adhérer à ceux qui l'observent, ou du moins leur offrir ta protection et t'opposer à ceux qui résistent à cette secte, tu pourras dans ce siècle être riche et comblé de délices, et dans le siècle futur obtenir la vie éternelle.”With such words and similar ones, which they weave together with a semblance of reason, they pretend to be clean animals, until they strike people unawares, saying: “You too, if you wish to be among the believers in this faith, and adhere to those who observe it, or at least offer them protection and oppose those who resist this sect, you may in this present age be rich and overflowing with delights, and in the age to come possess eternal life.”
Porro homo cupidus audiens ista, caecatus mentis oculis, trahit amore divitiarum, et efficit sicut equus et mulus, quibus non est intellectus.Mais l'homme cupide, en entendant de telles paroles, aveuglé dans les yeux de son esprit, est entraîné par l'amour des richesses, et devient comme le cheval et le mulet, dépourvus d'intelligence.But the greedy man, hearing such things, blinded in the eyes of his mind, is drawn by the love of riches and becomes like the horse and the mule, which have no understanding.
Sicque corruptus verbis et pecunia, incipit esse pro illis, aut quasi unus ex illis, trepidans tamen et accusans semetipsum in cogitationibus suis, sciens a bono esse non posse, quicquid tali modo pecunia obtinet.Ainsi corrompu par leurs paroles et par l'argent, il commence à être pour eux, ou presque comme l'un d'eux, tremblant toutefois et s'accusant lui-même dans ses pensées, sachant que rien de ce que l'argent obtient de cette manière ne peut venir du bien.Thus, corrupted by their speech and by money, he begins to be on their side, or almost one of them, yet trembling and accusing himself in his thoughts, knowing that nothing obtained by money in such a manner can be of the good.
Hoc ergo modo cruciant multos, quos non occidunt, qui pecunia quidem corrumpunt, sed ex toto a fide Christi eradicare non possunt.De cette manière donc ils torturent beaucoup de personnes sans les tuer: ils les corrompent par l'argent, mais ils ne peuvent les déraciner totalement de la foi du Christ.Thus in this way they torment many without killing them; they corrupt them with money, but cannot entirely uproot them from the faith of Christ.
Et quidem qui signum Dei vivi non habent, nisi illud habere studeant, morituri sunt, sed tamen a locustis cruciantur quidem, sed non occiduntur, qui etsi corruptos pecunia defensores illos habere queunt, ut negent tamen fidem Christi, trahere ad perditionem usquequaque non possunt.Et certes ceux qui n'ont pas le signe du Dieu vivant — à moins qu'ils ne s'efforcent de l'avoir — sont destinés à mourir; cependant ils sont tourmentés par les sauterelles, mais non tués: bien qu'ils puissent, corrompus par l'argent, se faire leurs défenseurs, ils ne peuvent pourtant être entraînés entièrement à la perdition au point de renier la foi du Christ.And indeed those who do not have the seal of the living God—unless they strive to obtain it—are destined to die; yet they are tormented by the locusts but not killed: although they may, corrupted by money, become their defenders, still they cannot be dragged wholly into perdition so as to deny the faith of Christ.
Sed terminus illis constitutus est, qui praeteriri non potest. Nam subditur:Mais un terme leur est fixé, qu'ils ne peuvent dépasser. Car il est ajouté:But a limit has been set for them, which cannot be passed. For it is added:
V. 4. Et dictum est illi ne occiderent eos, sed ut cruciarent mensibus quinque.V. 4. Et il lui fut dit de ne pas les tuer, mais de les torturer pendant cinq mois.V. 4. And it was told him not to kill them, but to torment them for five months.
Non est dictum hoc de morte aeterna, sed de extinctione fidei, qua vivunt plurimumque temporaliter reprobi inter eos qui vere vivunt, qui tamen, quia signum Dei portare negligunt in frontibus, timorem scilicet Dei in cordibus suis, sic vivunt ut moriantur aliquando, si non transeunt ad conversationem eorum qui veraciter vivunt, dicente de huiusmodi Apostolo Paulo: Confitentur se nosse Deum, factis autem negant.Il n'est pas dit ici une mort éternelle, mais l'extinction de la foi: foi par laquelle les réprouvés vivent encore un certain temps parmi ceux qui vivent véritablement. Cependant, parce qu'ils négligent de porter sur leur front le signe du Dieu vivant — c'est-à-dire la crainte de Dieu dans leur cœur — ils vivent de telle manière qu'ils finiront par mourir, s'ils ne passent pas à la manière de vivre de ceux qui vivent vraiment. C'est de tels hommes que l'Apôtre Paul dit: Ils professent connaître Dieu, mais ils le renient par leurs œuvres.This does not speak of eternal death, but of the extinction of faith — the life by which the reprobate still live for a time among those who truly live. Yet because they neglect to bear on their foreheads the sign of the living God — that is, the fear of God in their hearts — they live in such a way that they will eventually die, unless they pass over to the way of life of those who truly live. It is of such people that the Apostle Paul says: They profess to know God, but by their deeds they deny Him.
Sed quare quinque mensibus? Forte qui quinque menses habent dies centum quinquaginta, et solet aliquando dies designare annum.Mais pourquoi cinq mois ? Peut-être parce que cinq mois comptent cent cinquante jours, et qu'il arrive qu'un jour signifie une année.But why five months? Perhaps because five months contain one hundred and fifty days, and a day can sometimes signify a year.
Triginta vero dies, unam annorum generationem.Or trente jours désignent une génération d'années.And thirty days signify a generation of years.
Fortassis ergo quinque menses, quinque significant generationes annorum, annos videlicet centum quinquaginta, quia diu est ex quo consota fuit secta ista, licet nesciamus a quo fuerit inchoata, vel aucta.Ainsi, les cinq mois signifient peut-être cinq générations d'années, c'est-à-dire cent cinquante ans: car il y a longtemps que cette secte s'est formée, bien que nous ne sachions ni par qui elle fut commencée, ni par qui elle fut accrue.Thus the five months may signify five generations of years — namely, one hundred and fifty years — for it is long since this sect arose, though we do not know by whom it began or by whom it was increased.
Quod autem sequitur:Quant à ce qui suit:As for what follows:
V. 5. Et cruciatus eorum sicut cruciatus Scorpii cum percutit hominem.V. 5. Et leur tourment est comme le tourment du scorpion quand il frappe l'homme.v.5 And their torment is like the torment of a scorpion when it strikes a man.
Explicatio sermonis est, ut opus illarum intelligatur.Cette parole signifie qu'il faut comprendre l'action de ces créatures.This saying means that one must understand the work of these creatures.
Ubi et aliquid terribilius subditur, quod magis exprimit causam:Puis quelque chose de plus terrible est ajouté, qui en exprime davantage la cause:And something more dreadful is then added, which expresses the reason more fully:
V. 6. Et in diebus illis, quaerent homines mortem et non invenient, et desiderabunt mori et fugiet mors ab illis.V. 6. En ces jours-là, les hommes chercheront la mort et ne la trouveront pas; ils désireront mourir, et la mort fuira loin d'eux.v.6 And in those days people will seek death and will not find it; they will long to die, but death will flee from them.
Qui homines quaerent mortem? Numquid omnes homines? Non. Sed illi quos locustae percutient.Quels sont les hommes qui chercheront la mort ? Est-ce tous les hommes ? Non. Mais seulement ceux que les sauterelles frapperont.Which people will seek death? Is it all people? No. Only those whom the locusts strike.
Gravis res est, dyabolica tentatio, et difficilis ad portandum.C'est une chose grave: une tentation diabolique, difficile à porter.It is a grave matter: a diabolical temptation, and hard to endure.
Unde et Apostolus dicit: Tentatio vos non apprehendat nisi humana (1 Cor. 10).C'est pourquoi l'Apôtre dit: “Qu'une tentation autre qu'humaine ne vous atteigne pas.” (1 Cor. 10).Hence the Apostle says: “Let no temptation seize you except what is human.” (1 Cor. 10).
Denique et Sanson cum tentaretur a Philisteis, per eam quam diligebat artius meretrices, afflictus est usque ad mortem, eo quia sciret esse illicitum revelare secretum, et tamen, et importunitate illius simul et voluptate devictus, alius agere non valebat.D'ailleurs, Samson, lorsqu'il était tenté par les Philistins, par celle qu'il aimait plus étroitement qu'une prostituée, fut affligé jusqu'à la mort: car il savait qu'il était illicite de révéler le secret, et pourtant, vaincu à la fois par son insistance et par le plaisir, il ne pouvait agir autrement.Indeed, Samson, when he was tempted by the Philistines through the woman whom he loved more intimately than any courtesan, was troubled unto death: for he knew it was unlawful to reveal the secret, yet, overcome both by her insistence and by desire, he could do nothing else.
Sic et homines isti, sicut didicimus per eos qui venientes ad nos in eadem calamitate, se aliquandiu stetisse confessi sunt, videntes quam durum sit separari mente et fide a generalitate ecclesiae, et attendentes verba eorum quae omnino verisimilia esse videntur, incidunt in varias tentationes et quaestiones insolubiles et nocivas, ita ut melius sibi esse arbitrentur mori, quam vivere.Ainsi en va-t-il de ces hommes, comme nous l'avons appris de ceux qui, étant venus à nous dans la même calamité, ont avoué y être demeurés quelque temps: voyant combien il est pénible d'être séparé, par l'esprit et par la foi, de l'ensemble de l'Église, et prêtes attention à leurs discours qui semblent entièrement vraisemblables, ils tombent dans diverses tentations et questions insolubles et nocives, au point de juger qu'il leur vaudrait mieux mourir que vivre.So it is with these people, as we have learned from those who, coming to us in the same calamity, confessed that they had remained in it for some time: seeing how hard it is to be separated in mind and in faith from the generality of the Church, and paying attention to their words, which seem entirely plausible, they fall into various temptations and insoluble and harmful questions, so that they think it would be better for them to die than to live.
Inde est, qui et tristes sunt omni tempore qui eiusmodi sont, sed et facies eorum pallore perpetuo deprimuntur.C'est pourquoi ceux qui sont de cette sorte sont toujours tristes, et leur visage est alourdi d'une pâleur continuelle.Thus it is that such people are sorrowful at all times, and their faces are continually cast down with pallor.
Et hoc quidem de illis qui pro aliqua utilitate temporali sic transeunt animo ad sectam eorum, ut tamen durum arbitrentur relinquere semel susceptam fidem, et recedere a pietate christiana, quam servat sub omni caelo multitudo credentium.Et cela concerne ceux qui, pour quelque avantage temporel, s'orientent ainsi vers leur secte, tout en jugeant dure de quitter la foi une fois reçue et d'abandonner la piété chrétienne, que garde sous tout le ciel la multitude des croyants.And this applies to those who, for some temporal gain, incline themselves toward their sect, yet find it harsh to abandon the faith once received and to depart from Christian piety, which the multitude of believers keeps under all the heavens.
Qui autem ex toto subversi sunt, non considerant ista, sed relicta ratione humana, locustis pariter et scorpionibus similes facti sunt, quaerentes quos feriant et inficiant veneno suo, quaerentes cum quibus inhient commune vel singularite certamen, ut quasi vel praevaleant, hoste prostrato, vel occisi (sicut asserunt) coronentur martyrio.Mais ceux qui sont entièrement renversés ne considèrent plus ces choses; ayant laissé derrière eux la raison humaine, ils sont devenus semblables aux sauterelles et aux scorpions, cherchant qui frapper et infecter de leur venin, cherchant contre qui engager un combat commun ou singulier, afin que, soit ils triomphent en renversant l'adversaire, soit — comme ils le prétendent — morts, ils reçoivent la couronne du martyre.But those who are utterly overthrown pay no heed to such matters; abandoning human reason, they have become like locusts and scorpions, seeking whom they may strike and poison with their venom, seeking with whom they may engage in common or single combat, so that either they may prevail by casting down their foe, or else—so they claim—being slain, they may obtain the crown of martyrdom.
Quod si hic, non de illis malis hominibus, sed magis de fidelibus dictum est, potest de fine quinti temporis, non inconvenienter accipi sermo hic, quoniam durius pare solito incipient praevalere locustae, praeter alia innumerabilia mala, quae futura sunt in terra, siquidem quia nos ipsi qui haec et loquimur, tam de temporis fine, quam de rerum imutatione manifeste colligimus.Mais si ici il ne s'agit pas de ces hommes mauvais, mais plutôt des fidèles, ce passage peut, sans inconvénient, être compris du terme du cinquième temps; car les sauterelles commenceront à prévaloir plus durement qu'à l'accoutumée, en plus d'innombrables autres maux qui doivent advenir sur la terre, puisque nous-mêmes, qui parlons de ces choses, discernons clairement tant la fin des temps que le changement des réalités.But if this refers not to those evil men, but rather to the faithful, the passage may suitably be taken of the end of the fifth time; for the locusts will begin to prevail more harshly than usual, besides countless other evils to come upon the earth, since we ourselves who speak of these matters perceive clearly both the end of the times and the change of things.
Etenim in quibusdam mundi partibus, ita huiuscemodi pestilentes homines invaluisse feruntur, ut quasi equi praeparati ad praelium nihil vereantur adversi, despicientes penitus vitam temporalem, ac si per supplicia adepturi aeternam. Unde et mox subditur.En effet, dans certaines régions du monde, on rapporte que des hommes pestilentiels de ce genre ont tellement pris force qu'ils ne redoutent aucun adversaire, comme des chevaux préparés pour la bataille, méprisant totalement la vie temporelle, comme s'ils allaient obtenir l'éternelle par les supplices. Et aussitôt il est ajouté:Indeed, in certain parts of the world, it is reported that pestilential men of this kind have grown so strong that they fear no adversary, like horses made ready for battle, utterly despising temporal life, as though by suffering they would gain the eternal one. And immediately it is added:
V. 7 Et similitudines locustarum similes equis praeparatis ad praelium. Et super capita eorum tanquam coronae similes auro.V. 7 Et l'apparence des sauterelles était semblable à des chevaux préparés pour la bataille. Et sur leurs têtes comme des couronnes semblables à de l'or.V. 7 And the shapes of the locusts were like horses made ready for battle; and on their heads were, as it were, crowns like gold.
Cohortantur semetipsos adinvicem ut sint fortes in bello, an quam pugnaturi pro fide, promittentes sibi illud Apostoli: Non coronabitur, nisi qui legitime certaverit. (2 Thi. 2.)Ils s'exhortent mutuellement à être forts dans le combat, comme s'ils allaient lutter pour la foi, se promettant cette parole de l'Apôtre: “Il ne sera couronné que celui qui aura combattu légitimement.” (2 Tim. 2.)They encourage one another to be strong in battle, as though they were to fight for the faith, promising themselves the Apostle's saying: “He shall not be crowned unless he has fought lawfully.” (2 Tim. 2.)
Unde et coronae ipsae similes auro esse perhibentur, quia verbis verisimilibus palliant errorem suum, dicentes se esse catholicos, et orthodoxae fidei defensores.C'est pourquoi leurs couronnes sont dites semblables à de l'or: car ils enveloppent leur erreur de paroles vraisemblables, prétendant être catholiques et défenseurs de la foi orthodoxe.Hence their crowns are said to be like gold, because they cloak their error with plausible words, claiming to be Catholics and defenders of the orthodox faith.
Nam et martyres Dei nominant suos, qui forte a catholicis concremati sunt igne, extimantes illos principes sectae suae, gloria et honore coronatos in caelis.Car ils appellent aussi “martyrs de Dieu” ceux des leurs qui ont peut-être été brûlés par les catholiques, pensant que ces hommes, chefs de leur secte, ont été couronnés de gloire et d'honneur dans les cieux.For they even call their own people “martyrs of God,” those who may have been burned by the Catholics, supposing these men, leaders of their sect, to be crowned with glory and honour in heaven.
Et haec quidem de illis, quos quasi Dei martyres venerantur.Et cela concerne ceux qu'ils vénèrent comme des martyrs de Dieu.And this concerns those whom they venerate as God's martyrs.
Ceterum quod sequitur generale est omnium. Nam subditur:Quant à ce qui suit, c'est général pour tous. Car il est ajouté:But what follows is general for all. For it is added:
V. 8. Et facies earum sicut facies hominum, et habebant capillos mulierum, et dentes earum sicut leonum erant.V. 8. Et leurs visages étaient comme des visages d'hommes, et elles avaient des cheveux de femme, et leurs dents étaient comme celles des lions.V. 8. And their faces were like the faces of men, and they had women's hair, and their teeth were like lions' teeth.
In facie cuiuscumque animalis, apparet, vel mansuetudo, vel ferocitas eius.Dans le visage de tout animal apparaît soit sa douceur, soit sa férocité.In the face of any animal either its gentleness or its fierceness appears.
Cognitio ergo hominis qualis sit, in facie designatur.Ainsi, la connaissance de ce qu'est un homme se manifeste dans son visage.Thus the knowledge of what a person is is shown in the face.
Porro in his haereticis, non sic, sed aliud ostendunt in facie, aliud occultant in ore, ut quos facie humana decipiunt, dentibus mordeant leoninis.Mais chez ces hérétiques, il n'en va pas ainsi: ils montrent une chose sur leur visage et en cachent une autre dans leur bouche, de sorte que ceux qu'ils trompent par une apparence humaine, ils les mordent ensuite de dents de lion.But in these heretics it is not so: they show one thing on their faces and hide another in their mouths, so that those whom they deceive by a human face they then bite with lions' teeth.
Ostendunt se humanos, et quasi simplices, ut conterant molaribus quos sibi resistere suspicantur.Ils se montrent humains, presque simples, pour broyer de leurs molaires ceux qu'ils soupçonnent de leur résister.They present themselves as humane and seemingly simple, so that they may crush with their molars those whom they suspect of resisting them.
In facie ergo humana, ficta humanitas, in dentibus leoninis, vera immanitas designatur.Ainsi, dans leur visage humain est figurée une humanité feinte, mais dans leurs dents de lion une véritable cruauté.Therefore in the human face a feigned humanity is signified, and in the lions' teeth true savagery.
Sane, in capillis mulierum qui longiores sunt capillis virorum, designatur assiduitas operandi, qua se quasi de suo labore viventes, religiosos esse iactitant et modestos, abutantes auctoritate illa Apostoli, qua dicitur: Magis autem operentur, quo bonum est, ut habeat unde tribuat necessitatem patientibus (Eph. 4).Quant à leurs cheveux de femme, plus longs que ceux des hommes, ils figurent leur assiduité au travail, par laquelle ils se vantent de vivre de leur propre labeur, d'être religieux et modestes, abusant de cette parole de l'Apôtre: Qu'ils travaillent plutôt, ce qui est bien, afin d'avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin (Éph. 4).As for the women's hair, longer than men's, it signifies their assiduous working, by which they boast of living by their own labour, of being religious and modest, misusing the Apostle's word: Let him labour, working that which is good, that he may have to give to the one in need (Eph. 4).
Non attendentes illud evangelicum: Operamini, non cibum qui perit, sed qui permanet in vitam aeternam (Joh. 6).Sans tenir compte de cette parole évangélique: Travaillez non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui demeure en vie éternelle (Jn 6).Without paying heed to the Gospel word: Work not for the food that perishes, but for that which endures to eternal life (Jn 6).
Nec illud quod dicitur de eo qui dixit: Juga bouem emi quinque, rogo te, habe me excusatum (Luc. 14).Ni à celle-ci: J'ai acheté cinq paires de bœufs, je t'en prie, excuse-moi (Lc 14).Nor to this one: I have bought five yoke of oxen; I pray you, have me excused (Lk 14).
Denique et sacerdotes Domini prohibentur in Ezechiele rader capillos, nec tamen sinuntur nutrire comam, quin magis eam per eundem prophetam attondere jubentur, quia videlicet religiosi quique non sinuntur esse ociosi an operibus manuum, nec tamen supra modum insistere operi permittuntur, quatenus, et sic quod detur in partem Marthae, et non desit quod accipiat in sua parte Maria.D'ailleurs, les prêtres du Seigneur sont interdits par Ézéchiel de se raser la tête, mais ils ne sont pas non plus autorisés à laisser pousser leur chevelure; bien plutôt, par le même prophète, ils sont enjoints de la couper, car les religieux ne doivent ni être oisifs dans les travaux manuels, ni s'y appliquer outre mesure, afin que soit donné quelque chose à la part de Marthe, sans que manque ce que doit recevoir Marie.Moreover, the priests of the Lord are forbidden in Ezekiel to shave their heads, yet they are not allowed to grow long hair either; rather, through the same prophet they are commanded to trim it, since those devoted to religion must neither be idle in manual work nor exceed the proper measure in it, so that something may be given to Martha's part without depriving Mary of what she is to receive.
Sequitur:Il suit:It follows:
V. 9. Et habebant loricas, sicut loricas ferreas.V. 9. Et ils avaient des cuirasses, comme des cuirasses de fer.V. 9. And they had breastplates, like iron breastplates.
Viri justi habent loricam contra tentationes Dyaboli, quia muniti et armati mentis constantia, non timet iacula inimici, quo contra filii Dyaboli habent loricam insuperabilem duritiam cordis sui, ne possint pervenire ad eos spicula verborum Dei, iuxta illud Psalmistae, cuius supra fecimus mentionem: Furor illis secundum similitudinem Serpentis, sicut Aspidis surde, et obturantis aures suas, quae non exaudiet vocem incantantium, et venefici incantantis sapienter. (Ps. 57)Les hommes justes possèdent une cuirasse contre les tentations du Diable: fortifiés et armés par la constance de leur âme, ils ne craignent pas les traits de l'ennemi. Au contraire, les fils du Diable ont pour cuirasse l'insurpassable dureté de leur cœur, en sorte que les dards des paroles de Dieu ne puissent atteindre jusqu'à eux, selon ce verset du Psalmiste que nous avons cité plus haut: Leur fureur est comme celle du serpent, comme de l'aspic sourd qui bouche ses oreilles, qui n'écoute pas la voix des enchanteurs, du magicien qui charme avec art. (Ps. 57).The righteous have a breastplate against the temptations of the Devil; strengthened and armed with constancy of mind, they do not fear the arrows of the enemy. By contrast, the sons of the Devil have as breastplate the unbreakable hardness of their heart, so that the darts of God's words cannot reach them, according to the Psalmist, whom we quoted above: Their wrath is like that of the serpent, like the deaf adder that stops its ear, which does not heed the voice of enchanters, of the sorcerer who charms wisely. (Ps. 57).
Sequitur:Il suit:It follows:
V. 10. Et vox alarum earum, sicut vox curruum equorum multorum currentium in bellum.V. 10. Et le bruit de leurs ailes était comme le bruit de chars traînés par de nombreux chevaux courant au combat.V. 10. And the sound of their wings was like the sound of chariots of many horses running to battle.
Alae sanctorum animalium intelliguntur viri contemplatores, quorum est proprium contemplari caelestia, et paucis modis verbis multa et sublimia intimare.Par les ailes des animaux saints sont entendus les hommes contemplatifs, dont la fonction propre est de contempler les réalités célestes et, par de brèves paroles, d'indiquer des choses nombreuses et sublimes.By the wings of the holy living creatures are understood contemplative men, whose proper task is to contemplate heavenly things and to intimate many sublime matters in few words.
Qui autem designantur in alis locustarum, hi scilicet qui habentur apud eos perfectorum perfecti, si quando veniunt ad conflictum, non sic, sed stridentes et rugientes disseminant verba sua, ut videantur superare verbis quos non possunt vincere ratione.Mais ceux qui sont désignés par les ailes des sauterelles — à savoir ceux qui passent chez eux pour les parfaits des parfaits — lorsqu'ils viennent au conflit, ne procèdent pas ainsi: ils répandent leurs paroles en grinçant et rugissant, de sorte qu'ils semblent l'emporter par les mots ceux qu'ils ne peuvent vaincre par la raison.But those who are meant by the wings of the locusts — namely those regarded among them as the “perfect of the perfect” — when they enter into conflict, do not act thus: they scatter their words with grinding and roaring, so that they seem to overcome by words those whom they cannot defeat by reason.
Unde et in quarta parte libri huius, in specie cuiusdam Bestiae ascendentis de terra, de eidem dicitur: Habebat duo cornua similia agni, et loquebatur sicut Draco.Ainsi, dans la quatrième partie de ce livre, à propos d'une certaine Bête montant de la terre, il est dit: Elle avait deux cornes semblables à celles d'un agneau, et elle parlait comme un dragon.Thus, in the fourth part of this book, concerning a certain Beast rising from the earth, it is said: It had two horns like a lamb, and it spoke like a dragon.
Verum quocumque modo loquantur, utuntur tamen auctoritatibus Scripturarum, immo non utuntur, siquidem abutuntur, qui nequeunt ratione demonstrare quod dicunt, verbis illis sanctarum Scripturarum muniunt partem suam, quae sunt iuxta vocem Petri difficilia intellectu (2 Pet. 5), quatenus adulterantes ea per pravum litterae intellectum, possint ea trahere ad perfidiam suam.Mais, quoi qu'ils disent, ils utilisent — ou plutôt ils abusent — des autorités de l'Écriture. Incapables de démontrer par raison ce qu'ils affirment, ils fortifient leur camp des paroles mêmes des saintes Écritures, lesquelles, selon la parole de Pierre, sont difficiles à comprendre (2 Pierre 5), afin qu'en les corrompant par un sens littéral perverti, ils puissent les tirer à leur propre perfidie.But however they speak, they nevertheless use — or rather misuse — the authorities of Scripture. Unable to demonstrate by reason what they assert, they bolster their side with those words of Holy Scripture which, according to Peter, are hard to understand (2 Pet. 5), so that by corrupting them through a perverted literal sense, they may drag them over to their own unbelief.
Semper tamen in verbis eorum observandus est finis, quod nos debere facere demonstrat Joannes, cum iterum replicat verbum, memoriam repetit Scorpionis.Cependant, il faut toujours observer la fin de leurs discours — ce que Jean nous montre que nous devons faire — lorsqu'il répète le mot et remet en mémoire le Scorpion.Nevertheless, one must always observe the end of their words — as John shows we ought to do — when he repeats the term and recalls the Scorpion.
Nam sequitur:Voici maintenant ce qui suit:Now what follows is this:
V. 11. Et habebant caudas similes scorpionum, et aculei sunt in caudis earum.V. 11. Et ils avaient des queues semblables à celles des scorpions, et il y avait des aiguillons dans leurs queues.V. 11. And they had tails like scorpions, and stings were in their tails.
Hoc est enim illud Apostoli: Et sermo eorum ut cancer serpit. (2 Thi. 2)C'est en effet ce que dit l'Apôtre: Et leur parole ronge comme une gangrène. (2 Tim 2)This is indeed what the Apostle says: Their word spreads like gangrene. (2 Tim 2)
Sed cum tam horrenda reptilia praesto sint hodie super terram, quam oporteat fideles caute redimere dies malos, et esse sapientes ad discerendum inter verum et falsum, inter signa Moysi et Aaron, et signa Ianes et Mambres, videant illi qui nolunt discernere, inter tempus et tempus, inter tranquillum mare, et tempestatis valide agitatam procellis, ut eis liceat adhuc vacare epulis, et ducere in bonis dies suos, sicut in annis saeculi et diebus antiquis.Mais puisque de telles créatures horribles se trouvent aujourd'hui sur la terre, combien les fidèles doivent avec prudence racheter les jours mauvais/ et être sages pour discerner le vrai du faux, les signes de Moïse et d'Aaron de ceux de Jannès et Jambrès. Que ceux qui ne veulent pas discerner voient la différence entre un temps et un autre, entre une mer tranquille et une mer agitée par une violente tempête, afin qu'ils puissent encore se livrer aux festins et passer leurs jours dans les biens, comme aux années du monde et aux jours anciens.But since such dreadful creatures stand ready today upon the earth, how much must the faithful cautiously redeem the evil days and be wise in discerning between true and false, between the signs of Moses and Aaron and the signs of Jannes and Jambres. Let those who refuse to discern behold the difference between one time and another, between a calm sea and one violently shaken by storms, so that they may still indulge in banquets and live out their days in prosperity, as in the years of the world and the days of old.
Si enim omnia temporalia aequalia essent ad salutem, et non deteriora essent tempora novissima primis, non diceret Apostolus: In novissimis diebus instabunt tempora periculosa (2 Thi. 3), nec praetermissis tam multis haereticorum generibus, quorum infestationes sustinuit usque modo ecclesia, eos de quibus sermo est, in spiritu prophetiae demonstrare curaret, sed aut simul loqueretur de omnibus, aut de cunctis taceret.Car si toutes les réalités temporelles étaient égales pour le salut, et si les derniers temps n'étaient pas pires que les premiers, l'Apôtre ne dirait pas: Dans les derniers jours surviendront des temps périlleux (2 Tim 3). Et, après tant de genres d'hérétiques dont l'Église a subi les attaques jusqu'à maintenant, il n'aurait pas pris soin, dans l'esprit de prophétie, de montrer ceux dont il est ici question: ou bien il aurait parlé de tous en même temps, ou bien il serait resté silencieux sur tous.For if all temporal things were equal with respect to salvation, and if the last times were not worse than the first, the Apostle would not say: In the last days perilous times shall come. (2 Tim 3). And after so many kinds of heretics whose assaults the Church has endured until now, he would not have taken care, in the spirit of prophecy, to indicate these of whom he now speaks: he would either have spoken of all at once, or remained silent about all.
Loquutus est autem de istis, tandem de illis haereticis, qui fex sunt omnium haereticorum, nec alius quam quod videmus et audimus.Mais il a parlé de ceux-ci, finalement, de ces hérétiques qui sont la lie de tous les hérétiques, rien d'autre que ce que nous voyons et entendons.But he spoke of these, at last, of those heretics who are the dregs of all heretics, nothing other than what we both see and hear.
Damnant utique matrimonia licita, et cibos quos Deus creavit ad percipiendum cum gratiarum actione fidelibus.Ils condamnent assurément les mariages légitimes, et les aliments que Dieu a créés pour être reçus avec action de grâce par les fidèles.They indeed condemn lawful marriages, and the foods which God created to be received with thanksgiving by the faithful.
Et quia ita esset futurum, praedictum est (ut iam diximus) ab Apostolo Paulo, scribente hoc modo in epistula ad Thimotheum: Spiritus manifeste dicit, quia in novissimis temporibus discedent quidam a fide, attendentes spiritibus erroris, et doctrinis daemonum in hypochrisi, loquentium mendacium, et cauteriatam habentium suam conscentiam, prohibentes nubere et abstinere a cibis quos Deus creavit ad percipiendum cum gratiarum actione fidelibus (1 Thi. 4).Et parce que cela devait arriver ainsi, cela a été prédit (comme nous l'avons déjà dit) par l'Apôtre Paul, écrivant de cette manière dans l'épître à Timothée: L'Esprit dit clairement que, dans les derniers temps, certains s'écarteront de la foi, s'attachant à des esprits d'erreur et à des doctrines de démons, par l'hypocrisie de ceux qui profèrent le mensonge, ayant leur propre conscience cautérisée, interdisant de se marier et de s'abstenir d'aliments que Dieu a créés pour être reçus avec action de grâce par les fidèles (1 Tim. 4).And because it was to be so in the future, it was foretold (as we have said) by the Apostle Paul, writing in this manner in the epistle to Timothy: The Spirit says expressly that in the last times some will depart from the faith, giving heed to spirits of error and doctrines of demons, through the hypocrisy of those who speak lies, having their own conscience seared, forbidding to marry and commanding to abstain from foods which God created to be received with thanksgiving by the faithful (1 Tim. 4).
Haec serenissima verba Pauli, vel potius Spiritus sancti, lecta fuere in ecclesia Dei quasi per mille centum quinquaginta annos, et semper hoc dicitur in eis, cum leguntur a quolibet, quod fuit in eis eo tempore quo scripta fuerunt.Ces très sereines paroles de Paul, ou plutôt de l'Esprit Saint, ont été lues dans l'Église de Dieu pendant environ mille cent cinquante ans, et on y a toujours entendu, lorsqu'elles étaient lues par quiconque, ce qu'elles signifiaient au moment où elles furent écrites.These most serene words of Paul, or rather of the Holy Spirit, have been read in the Church of God for about eleven hundred and fifty years, and whenever anyone has read them, they have always conveyed what they meant at the time they were written.
Non autem quia semper tempus futurum annunciatur in eis, sine fine futurus erit quod dicitur, sed tam diu oportuit esse futurum, quousque veniret tempus in quo accideret, quod dictum est.Ce n'est pas parce que, dans ces paroles, un temps futur est toujours annoncé, que ce qui y est dit devra se réaliser sans fin; mais il fallait que cela demeure à venir jusqu'à ce que survienne le temps où ce qui avait été dit arriverait.But it is not because a future time is always announced in these words that what is said must occur endlessly; rather, it had to remain in the future until the time came when what had been foretold would occur.
Quod si ideo scriptum est a Spiritu suo ut sciretur cum accideret, quod praedixit, licet profecto qui de tempore hoc dicebat, in quo videmus haereticos esse in mundo qui faciunt ea mala quae praescripsit Apostolus, immo quae Spiritus omnipotentis Dei, futura esse praedixit.Et si cela a été écrit par l'Esprit afin qu'on reconnaisse, lorsque cela arriverait, ce qu'il avait prédit, certes celui qui parlait de ce temps-là décrivait bien ce que nous voyons aujourd'hui: qu'il y a dans le monde des hérétiques accomplissant ces maux que l'Apôtre a prescrits, ou plutôt que l'Esprit du Dieu tout-puissant a annoncé devoir survenir.And if this was written by the Spirit so that, when it occurred, one would recognize what he had foretold, indeed the one who spoke of that time was describing precisely what we now see: that there are in the world heretics committing the evils which the Apostle set forth, or rather which the Spirit of Almighty God foretold would come.
Sed et illum notum est quod praedixit in epistula sua de Antichristo, Joannes, cuius est liber iste, sicut nec illud est ignotum quod dicunt isti, adeo ut dum ea legimus esse praedicta, quae in his ex parte magna videmus esse completa, flere magis libeat, quam aliquid dicere.Mais il est également connu ce que Jean a prédit dans son épître au sujet de l'Antichrist — Jean, dont est issu ce livre — et de même ce n'est pas ignoré ce que disent ces gens-là, au point que, lorsque nous lisons que ces choses ont été prédites et que nous voyons qu'elles se sont accomplies en grande partie, nous avons plus envie de pleurer que de dire quoi que ce soit.But it is also well known what John foretold in his epistle concerning the Antichrist—John, from whom this book proceeds—and likewise it is not unknown what these people say, so that when we read that these things were foretold and see that they have been largely fulfilled, we would rather weep than say anything.
Etenim (ut iam de fine datur intelligi) quod confotum est in eis, prope est omnino ut erumpat in regulum.Car en effet (comme il est déjà donné à entendre au sujet de la fin), ce qui s'est renforcé en eux est tout près maintenant d'éclater au grand jour en la personne d'un tyran.For indeed (as already hinted at regarding the end), what has grown stronger within them is now very close to bursting into the open in the person of a tyrant.
Negant enim filium Dei venisse in carne dicentes: Omnem carnem creatam a Dyabolo, ut aperte intelligatur, ipsos praevidisse in spiritu beatus Iohannes, quoniam ait in epistula sua: Qui negat Christum venisse in carne, non est ex Deo, et ipse est Antichristus qui venturus est (2 Ioan. 1).Car ils nient que le Fils de Dieu soit venu dans la chair, disant: “Toute chair a été créée par le Diable”, afin qu'il soit clairement compris que le bienheureux Jean les a prévus dans l'esprit, puisqu'il dit dans son épître: Quiconque nie que le Christ soit venu dans la chair n'est pas de Dieu, et celui-là est l'Antichrist qui doit venir (2 Jn. 1).For they deny that the Son of God came in the flesh, saying: “All flesh was created by the Devil,” so that it may be clearly understood that blessed John foresaw them in the Spirit, since he says in his epistle: Whoever denies that Christ came in the flesh is not of God, and this is the Antichrist who is to come (2 Jn. 1).
Nempe et apostolicum cui omnes obediunt se fatentur habere, de quo in praesenti loco subsequenter adiungitur:Et ils reconnaissent même posséder l'autorité apostolique à laquelle tous obéissent, au sujet de laquelle il est ensuite ajouté dans ce passage:And they even claim to possess the apostolic authority to which all submit, about which it is then added in this passage:
V. 12. Et habebant super se regem Angelum Abyssi, cui haebraice nomen, Abadon, graece autem, Apollion, et latine habet nomen Exterminans.V. 12. Et ils avaient sur eux un roi, l'Ange de l'Abîme, dont le nom en hébreu est Abadon, et en grec Apollyon, et en latin il porte le nom d'Exterminans.V. 12. And they had over them a king, the Angel of the Abyss, whose name in Hebrew is Abaddon, and in Greek Apollyon, and in Latin he has the name Exterminans.
Puto ego quia huiuscemodi pseudo propheta, ita quoque ipse veniat tenere locum Antichristi, quo David et caeteri reges Hierusalem locum Christi.Je pense, quant à moi, qu'un tel faux prophète doit venir occuper la place de l'Antichrist, de même que David et les autres rois de Jérusalem occupaient la place du Christ.I think that such a pseudo-prophet is likewise destined to hold the place of the Antichrist, just as David and the other kings of Jerusalem held the place of Christ.
Unde et ipsimet reges Juda, Christi Domini dicebantur, ita et in secta ista, multi iam forsitan praecesserunt, qui essent pro auctoritate Praesidiae dicendi Antichristi, maxime cum dicat Joannes utens praesenti vel praeterito pro futuro.C'est pourquoi les rois de Juda eux-mêmes étaient appelés “oints du Seigneur”. Ainsi, dans cette secte, beaucoup ont peut-être déjà précédé, qui doivent être appelés Antichrists en raison de l'autorité de leur présidence, surtout puisque Jean emploie parfois le présent ou le passé pour le futur.Hence also the kings of Judah themselves were called “the Lord's anointed.” So too in this sect many have perhaps already preceded as those who should be called Antichrists by virtue of their presiding authority, especially since John uses the present or past tense in place of the future.
Sicut audistis quia Antichristus venit, nunc Antichristi multi facti sunt (2 Ioan. 1). Et quia protinus subinsert: Unde scimus quia novissima hora est.Comme vous avez entendu que l'Antichrist vient, maintenant déjà beaucoup d'Antichrists sont survenus (2 Jn 1). Et comme il ajoute aussitôt: D'où nous savons que c'est la dernière heure.As you have heard that Antichrist is coming, even now many Antichrists have arisen (2 Jn 1). And he immediately adds: By this we know that it is the last hour.
Sequi non longe post ipsum magnum Antichristum demonstrat, quem ego considerans universas facies scripturarum, et introitus et exitus concordiarum, praesentem puto esse in mundo, et si necdum venerit hora revelationis ipsius.Il montre que le grand Antichrist ne doit pas tarder à venir après eux; et moi, considérant toutes les faces des Écritures et l'accord de leurs entrées et sorties, je le crois présent dans le monde, même si l'heure de sa révélation n'est pas encore venue.He shows that the great Antichrist must follow not long after these; and I, considering every aspect of Scripture and the concordance of its beginnings and endings, judge him to be already present in the world, even if the hour of his revelation has not yet arrived.
Oportet enim secundum Hieronymum desolari Romanum Imperium quod resistit ei, antequam reveletur, et tunc (inquit) revelabitur ille iniquus, cuius est adventus secundum operationem Sathanae, in omnibus signis et prodigiis mendacibus (2 Thes. 2).Car, selon Jérôme, il faut que l'Empire romain, qui lui fait obstacle, soit détruit avant qu'il ne soit révélé; et alors, dit-il, sera révélé l'Inique, dont l'avènement se fait selon l'opération de Satan, en tous signes et prodiges mensongers (2 Th 2).For, according to Jerome, the Roman Empire, which restrains him, must be laid waste before he is revealed; and then, he says, that Lawless One shall be revealed, whose coming is according to the working of Satan, in all lying signs and wonders (2 Thess 2).
Qui jure quoque dictus est rex abyssi, qui in corde populi infidelis a principio regnat.He is rightly also called the king of the Abyss, for he has ruled from the beginning in the heart of the unbelieving people.He is rightly also called the king of the abyss, for he has reigned from the beginning in the heart of the unbelieving people.
Vocatur vero hebrayce Abadon, graece autem Appollion, et latine habet nomen Exterminans, quia in diebus eius compleri oportet illud quod scriptum est in libro psalmorum: Vineam de Aegypto transtulisti, eiecisti gentes et plantasti eam, etc. Et infra: Ut quid destruxisti maceriam eius et vindemiant eam omnes qui praetergrediuntur viam? Exterminavit eam aper de silva et singularis ferus depastus est eam. (Ps. 79).Or il est appelé en hébreu Abadon, en grec Apollyôn, et en latin son nom est Exterminans, parce qu'en ses jours doit s'accomplir ce qui est écrit dans le livre des Psaumes: Tu as fait venir une vigne d'Égypte, tu as chassé des nations et tu l'as plantée, etc. Et plus bas: Pourquoi as-tu détruit sa clôture, et tous les passants la vendangent-ils ? Le sanglier de la forêt la ravage, et la bête solitaire la dévore.He is called in Hebrew Abaddon, in Greek Apollyon, and in Latin his name is Exterminans, because in his days must be fulfilled what is written in the book of Psalms: You brought a vine out of Egypt, you drove out the nations and planted it, etc. And below: Why have you broken down its hedge, so that all who pass along the way pluck its fruit? The boar from the forest lays it waste, and the wild beast feeds on it.
Quod tale est, ac si diceretur. Multi quidem haeretici transeuntes et praetergredientes viam, damna multa et opprobria intulerunt ecclesiae, quae ad tempus tolerabantur, qui et si praedabatur fructus, ipsa tamen integra in suo statu manebat.Ce qui revient à dire ceci: bien des hérétiques, passant et s'écartant du chemin, ont infligé à l'Église de nombreux dommages et opprobres, lesquels pouvaient être tolérés pour un temps; et même si l'on pillait son fruit, elle demeurait toutefois intacte dans sa stabilité.Which amounts to saying this: many heretics, passing by and straying from the way, brought much damage and reproach upon the Church; these could be borne for a time, and although her fruit was plundered, she nevertheless remained intact in her condition.
At illi qui dicitur aper de silva, intolerabiliter exterminabit eam, ita ut non videatur esse vinea, sed solitudo deserti.Mais celui qui est appelé le sanglier de la forêt l'exterminera d'une manière intolérable, au point qu'elle ne paraîtra plus être une vigne, mais une solitude désertique.But the one who is called the boar of the forest will utterly destroy it, so that it will no longer appear as a vine but as a desert waste.
Licet autem multa exterminia operetur Dyabolus per membra sua sub angelo quinto, maius tamen et gravius exterminium erit quod sequetur sub sexto, et quam durum et quam angustum subsequetur sub septimo.Bien que le Diable accomplisse déjà beaucoup de ravages par ses membres sous le cinquième ange, un extermination plus grande et plus grave encore suivra sous le sixième, et combien dure et étroite sera celle qui viendra sous le septième.Although the Devil performs many devastations through his members under the fifth angel, a greater and more grievous devastation will follow under the sixth, and how hard and constricting will be the one that comes under the seventh.
Unde et mox subditur:C'est pourquoi il est aussitôt ajouté:Hence it is immediately added:
Vae, unum abiit, et ecce veniunt adhuc duo vae post haec.Malheur ! un est passé; voici que deux autres malheurs viennent après cela.Woe! One is past; behold, two more woes are coming after this.
  • Voir aussi:
    • Johannes Huck (éd.), “Enchiridion in Apocalypsim”, in Joachim von Floris und die joachitische Literatur, Fribourg, Herder, 1938, pp. 287-305.
    • Edward Kilian Burger (éd.), Joachim of Fiore. Enchiridion Super Apocalypsim, Toronto, Brill et Pontifical Institute of Mediaeval Studies (“Studies and Texts” 78), 1986.
    • Andrea Tagliapietra (trad.), Joacchino da Fiore. Sull'Apocalisse. Traduzione e cura di Andrea Tagliapietra, testo originale a fronte, Milan, Universale economica, 1994.

Avant 1202. Martin of León

  • Martin of León (v.1130-1203), en latin Martinus Legionensis, fit ses premières études parmi les chanoines de de Saint-Marcel de León puis voyagea à Rome et Constantinople avant de suivre à Paris les cours Pierre Lombard. Il revint ensuite à León, comme chanoine de Saint-Marcel, puis de Saint-Isidore. Vers 1186 il séjourne et en part avec la troisième croisade avant de s'en revenir à León. On a de lui 54 sermons ainsi que des commentaires sur différentes Épîtres et sur l'Apocalypse. C'est un saint catholique.
  • Cf. Amélie de Las Heras, "L’Apocalypse chez Martin de León (m. 1203), entre commentaire et sermon: une lectio divina tournée vers l’action", Mélanges de la Casa de Velázquez 49/1 (2019) 61-84.
  • Sancti Martini Legionensis presbyteri et canonici regularis ordinis sancti Augustini in regio coenobio Legionensi D. Isidoro Hispalensi Sacro Opera Omnia, Segovie, Antonio Espinosa, 1782-1786, tome IV (1786).
  • Martin of León (Martinus Legionensis), “Sancti Martini Legionensis presbyteri Expositio libri Apocalypsis”, in Patrologia Latina 209 (1855) 299-420, spéc. 350-352.
latin (XIIe siècle)français (2025)anglais (2025)
Vers. 4. — Praeceptum est illis, ne morte animas laederent fenum terrae; rudes videlicet, et ad decipiendum faciles, neque omne viride, homines scilicet jam provectos, neque omnem arborem, jam videlicet bonis operibus fructificantes, nisi tantum homines, id est nullum penitus, nisi illos, qui non habent in veritate signum Dei vivi quod est charitas, per quod signantur filii Dei, in frontibus suis; illi videlicet, qui non audent in aperto confiteri se esse Christianos.Verset 4 — « Il leur fut commandé de ne pas tuer… » : le « foin de la terre » désigne les hommes simples, faciles à tromper ; le « vert » désigne ceux qui ont déjà mûri, et « tout arbre » ceux qui portent déjà des fruits de bonnes œuvres. Ils ne peuvent nuire à personne sinon « aux hommes qui n’ont pas le sceau de Dieu » — ce sceau étant la charité, qui distingue les enfants de Dieu. Cela désigne ceux qui n’osent pas confesser ouvertement leur foi chrétienne.Verse 4 — “It was commanded them not to kill…”: the “grass of the earth” refers to simple people, easily deceived; the “green thing” refers to more mature men, and “every tree” to those who already bear fruits of good works. They may harm no one except “those who do not have the seal of God” — this seal being charity, by which the children of God are marked. This means those who do not dare openly confess they are Christians.
Vers. 5. — Et datum est illis, ne occiderent eos; sed ut cruciarentur mensibus quinque. Ac si diceret: Non dabit illis Deus potestatem, ut aperte corpora interficiant, neque occulte ut animas decipiant; sed ut crucient eos mensibus quinque, id est omni tempore praesentis vitae quo utuntur quinque sensibus corporis. Et cruciatus eorum, sicut cruciatus scorpii cum percutit hominem; quia cum data sit eis potestas cruciandi filios Ecclesiae, non tamen aperte tormenta irrogant, sed apud saeculi principes eos accusant, quia per se non audent.Verset 5 — « Et il leur fut donné non de les tuer, mais de les tourmenter cinq mois » : c’est-à-dire que Dieu ne leur donnera ni le pouvoir de tuer les corps ouvertement, ni celui de tromper les âmes secrètement, mais seulement celui de les tourmenter pendant cinq mois — c’est-à-dire toute la durée de la vie présente, durant laquelle on se sert des cinq sens du corps. « Leur supplice est comme celui du scorpion lorsqu’il frappe l’homme » : en effet, même si ces agents ont le pouvoir de tourmenter les enfants de l’Église, ils ne le font pas ouvertement par des tortures, mais les accusent devant les puissants de ce monde, n’osant agir par eux-mêmes.Verse 5 — “And it was given them not to kill them, but that they should be tormented five months”: that is, God will not grant them the power either to openly destroy bodies or to secretly deceive souls, but only to torment them for five months — that is, for the whole duration of the present life, during which one uses the five senses of the body. “Their torment is as the torment of a scorpion when it strikes a man”: even though they are allowed to torment the children of the Church, they do not directly impose tortures, but accuse them before worldly rulers, because they do not dare to act directly.
Vers. 6. — Et in diebus illis, timentes lapsum, quaerent homines mortem, desiderabunt videlicet martyrium, et non inventent eam, scilicet ut probabiliores reddantur; et desiderabunt mori, et esse cum Christo (Philip. I), et fugiet mors ab eis; quia cura gregis eos astringet labori, ideoque servabuntur ad poenam. Cum ostendisset qualiler nocerent, per dolos videlicet, et per occultam impugnationem, et in utroque Dei refrenationem; nunc ostendit quales ipsi sint, et per quod operati possint. Dicat itaque beatus Joannes in qua similitudine se ostendent, ut melius cognoscantur, et solertius vitentur. (…)Verset 6 — « En ces jours-là, les hommes chercheront la mort » : craignant la chute, ils désireront le martyre, sans le trouver, afin d’être rendus plus dignes. « Ils désireront mourir et être avec le Christ » (Philippiens I), mais la mort s’éloignera d’eux, car le soin du troupeau les retiendra dans le labeur : ainsi seront-ils préservés pour le châtiment. Après avoir montré comment ces agents nuisent — par la ruse et l’attaque cachée — et la manière dont Dieu les restreint dans l’un et l’autre, Jean révèle à présent qui ils sont et par quels moyens ils agissent, pour qu’ils soient mieux reconnus et plus habilement évités.Verse 6 — “In those days, men will seek death”: fearing to fall, they will desire martyrdom, but will not find it, that they may be made more worthy. “They will desire to die and be with Christ” (Philippians I), but death will flee from them, for the care of the flock will bind them to labor, and so they will be preserved for punishment. After showing how they cause harm — by deceit and hidden attacks — and how God restrains them in both ways, John now reveals who they are and through what means they operate, so they may be better recognized and more carefully avoided.
Vers. 10. — (…) Potestas earum nocere hominibus malis mensibus quinque, id est secundum quinque corporis sensus omnibus diebus vitae suae. Sed nihilominus hanc potestatem non habebunt a se, nisi a Deo permittente.Verset 10 — « Leur pouvoir de nuire aux hommes pendant cinq mois » signifie : selon les cinq sens du corps, pendant tous les jours de leur vie terrestre. Mais ce pouvoir ne leur vient pas d’eux-mêmes, seulement de Dieu qui le permet.Verse 10 — “Their power to harm men for five months” means: according to the five bodily senses, throughout all the days of their earthly life. But they will have this power not from themselves, but only by God's permission.

vers 1110. Bruno d'Asti

  • Bruno d'Asti (v.1048-1123), en latin tantôt Bruno Astiensisou Astensis, parce que né à Solero près d'Asti dans le Piémont,et tantôt Bruno Segniensis parce qu'evêque de Segni dans le Latium de 1080 à 1103 puis de 1111 à sa mort. Il a beaucoup écrit. Son commentaire sur l'Apocalypse date de la période où il fut moine puis abbé du mont Cassin entre 1103 et 1111.
  • Mauro Marchesi (éd.), Bruno d'Asti (auteur), “Commentarius in Apocalypsin”, in S. Brunonis Astensis Signiensium episcopi Opera, cum Expositione in Psalmos Oddonis Astensis monachi benedictini eidem sancto Brunoni ab ipso auctore dicta, nunc primum duobus tomis distincta in lucem edita, studio et labore D. Mauri Marchesii Casinensis decani. Tomus primus, additis opportunis scholiis ac indicibus, Venise, 1651, pp. 375-407, spéc. 369-377.
  • Bruno Bruni (ed.), Sancti Brunonis Astensi episcopi Signiensium et abbatis Montis Casini Opera in duos tomos distributa, aucta et adnotationibus illustrata, regiae celsitudini Caroli Emmanuelis Pedemontii principis, etc. (C+634+XXXVII+688+III p.), Rome, Zempel, 1789-1791.
  • Bruno Bruni (ed.), J.-B. Migne (rééd.), “S. Bruno Astensis episcopi Signiensis Expositio in Apocalysim”, Patrologia Latina 165 (1854) 603-736, spéc. 652.
latin (XIIe siècle)français (2025)anglais (2025)
Hoc autem mensibus quinque: quinque namque mensibus haec diaboli membre cruciandi potestatem habere perhibentur, qui numerus, quoniam imperfectus est (siquidem neque annum, neque dimidium complet), brevi tempore Antichristum regnare significat; tribus enim annis, et dimidio suae iniquitatis exercebit: “Nisi enim Dominus abbreviasset dies illos, non fieret salva omnis caro (Matth. XIII, 20).”Et cela pendant cinq mois: les membres du diable ont pouvoir de tourmenter durant ces cinq mois. Ce nombre est imparfait (il ne complète ni une année ni la moitié), et symbolise le court règne de l’Antéchrist, qui exercera son iniquité pendant trois ans et demi: “Si le Seigneur n’avait abrégé ces jours-là, aucune chair n’aurait été sauvée” (Matthieu 13,20).Verse 5 — And this ”for five months: the devil’s members are granted the power to torment during these five months. This number, being imperfect (since it completes neither a full year nor half), signifies the short reign of the Antichrist, who will exercise his iniquity for three and a half years: “Unless the Lord had shortened those days, no flesh would be saved” (Matthew 13:20).
Possumus autem et sic intelligere, ut, quamvis toto in illo tempore homines decipere non posset, quinque tamen illis ultimis mensibus, signis et prodigiis, omnique decipiendi arti operam dabit, ut quadi Deus adoretur, colatur et veneratur, ita ut in templo Dei sedeat, ostendens se tamquam sit Deus. Nam et Salomon ait: “Ante ruinam exaltatur cor (Prov. XVI, 18).”On peut aussi entendre ceci ainsi: bien qu’il ne puisse séduire les hommes tout au long de cette période, il s’efforcera cependant, durant ces cinq derniers mois, par des signes, prodiges et toutes les ruses de séduction, d’être adoré comme un dieu, au point de siéger dans le temple de Dieu et de se donner pour Dieu. Comme dit Salomon: “L’orgueil précède la ruine” (Proverbes 16,18).It can also be understood in this way: though he may not deceive men during the whole period, he will strive in those last five months, through signs, wonders, and all forms of deception, to be worshipped as a god, even to the point of sitting in the temple of God, showing himself as if he were God. As Solomon says: “Pride goes before destruction” (Proverbs 16:18).
Et merito quinque mensibus cruciantur, qui Creatorem suum quinque corporis sensibus offendere non timuerunt.Ils sont justement tourmentés pendant cinq mois, eux qui n’ont pas craint d’offenser leur Créateur par les cinq sens de leur corps.They are justly tormented for five months, they who did not fear to offend their Creator through the five senses of their body.

Vers 1170. Denis Bar Salibi

  • Jacques Bar Salibi (v.1125-1171) plus connu sous son nom épiscopal Denis Bar-Salibi, évêque syriaque orthodoxe de Manbij (Syrie) et d'Amid (Turquie), auteur de nombreux commentaires sur les Ecritures, les Pères de l'Eglise et les philosophes classiques, ainsi que d'ouvrages de controverse avec les juifs, les arméniens, les orthodoxes grecs, les nestoriens et les arabes.
  • Jaroslav Sedláček (éd.), Dionysius Bar Salibi. In Apocalypsim, Actus et Epistulas catholicas. Interpretatus est I. Sedlacek (133+170 p.), Rome, Carlo de Luigi (pour le latin) et Paris, Charles Poussiègue (pour le syriaque) (“Corpus Scriptorum Christianorum Orietalium. Scriptores syri. Series secunda” 101), 1910, t. I pp. 10-11 (pour le texte syriaque), et t. II pp 13-14 (pour la version latine).
syriaque (v.2–11)latin (1910)français (2025)anglais (2025)
ܘܦܬܚ ܓܘܒܐ ܕܬܗܘܡܐ ܘܣܠܩ ܬܢܢܐ ܐܝܟ ܬܢܢܐ ܕܟܘܪܐ ܘܚܫܟ ܫܡܫܐ ܘܐܐܪܐ ܡܢ ܬܢܢܐ. ܘܡܢ ܬܢܢܐ ܢܦܩܘ ܩܡܨܐ ܠܐܪܥܐ ܘܐܬܝܗܒ ܠܗܘܢ ܫܘܠܛܢܐ ܐܝܟ ܕܐܝܬ ܠܥܩܪ̈ܒܐ ܕܐܪܥܐ.Et aperuit puteum abyssi et ascendit fumus sicut fumus fornacis, et obscuratus est sol et aer de fumo. Et de fumo exierunt locustae in terram et data est eis potestas, quae est scorpionibus terrae.Et il ouvrit le puits de l’abîme, et une fumée monta comme la fumée d’une fournaise, et le soleil et l’air furent obscurcis par la fumée. Et de cette fumée sortirent des sauterelles sur la terre ; et il leur fut donné un pouvoir semblable à celui des scorpions de la terre.And he opened the shaft of the abyss, and smoke rose like the smoke of a furnace, and the sun and the air were darkened by the smoke. And out of the smoke came locusts upon the earth, and they were given power like that of the scorpions of the earth.
ܗܢܐ ܗܘ ܕܡܚܐ ܩܝܘܣ ܘܐܡܪ ܕܐܝܟܢܐ ܢܬܡܚܘܢ ܒܝ̈ܫܐ ܒܩܡܨ̈ܐ ܟܕ ܟܬܝܒ ܕܚܛ̈ܝܐ ܡܬܨܠܚܝܢ ܘܙܕ̈ܝܩܐ ܡܬܪ̈ܕܦܝܢ.Hic obiicit Caius: Quomodo scelesti percutientur locustis, cum Scriptura dicat peccatores prosperaturos et iustos persecutioni obnoxios fore?C’est ici que Caïus objecte : Comment les méchants seraient-ils frappés par des sauterelles, puisque l’Écriture dit que les pécheurs prospèrent et que les justes doivent subir la persécution ?Here Caius objects: How shall the wicked be struck by locusts, since Scripture says sinners prosper and the righteous suffer persecution?
ܘܗܝܦܘܠܝܛܘܣ ܦܪܟ ܠܗ ܘܐܡܪ ܕܡܗܝܡܢ̈ܐ ܕܡܬܪ̈ܕܦܝܢ ܒܗܘ ܙܒܢܐ ܢܗܘܘܢ ܒܢܝܚܬܐ ܡܛܠ ܕܐܬܚܬܘܡܘ.Et Hippolytus refutat eum: Fideles qui persecutionem patiuntur requiem habebunt, quia obsignati sunt.Et Hippolyte le réfute : les fidèles persécutés auront du repos, car ils sont scellés.And Hippolytus refutes him: the faithful who suffer persecution will have rest, for they are sealed.
ܥܠ ܒܝ̈ܫܐ ܕܪ̈ܕܦܘ ܠܩܕ̈ܝܫܐ ܬܐܬܐ ܡܚܘܬܐ ܕܩܡܨ̈ܐ.Super sceleratos vero veniet plaga locustarum.Mais sur les méchants viendra la plaie des sauterelles.But upon the wicked will come the plague of the locusts.
ܐܝܟ ܕܡܨܪ̈ܝܐ ܡܬܡܚܝܢ ܘܥܒܪ̈ܝܐ ܡܬܢܛ̈ܪܝܢ.Quemadmodum Aegyptii percutiebantur et Hebraei servabantur.Ainsi les Égyptiens étaient frappés mais les Hébreux étaient préservés.As the Egyptians were struck while the Hebrews were preserved.
ܐܦ ܐܢ ܒܗ̇ ܐܬܪܐ ܥܡ̈ܪܝܢ.Licet in eodem loco habitarent.Bien qu’ils habitassent au même endroit.Even though they lived in the same place.
ܗܟܢܐ ܩܕ̈ܝܫܐ ܢܬܒܕܪܘܢ ܛܒܬܐ.Ita sancti fruentur bonis.Ainsi les saints jouiront du bien.Thus the saints shall enjoy good things.
ܘܐܡܪ ܡܪܢ ܟܕ ܢܫܪܘܢ ܗܠܝܢ ܐܬܚܝܠܘ ܘܐܪܝܡܘ ܪ̈ܝܫܝܟܘܢ.Dominus: Cum incipient haec fieri, erigite capita vestra.Le Seigneur dit : Lorsque ces choses commenceront à arriver, relevez vos têtes.The Lord said: When these things begin to occur, lift up your heads.
ܡܛܠ ܕܩܪܒܬܐ ܗܝ ܦܘܪܩܢܟܘܢ.Quia prope est salus vestra.Car votre délivrance est proche.For your redemption is near.
ܘܠܡܠܐ ܐܢܓܠܘܣ ܕܬܗܘܡܐ ܕܫܡܗ ܥܒܕܘ ܒܥܒܪܝܐ ܘܒܝܘܢܝܐ ܐܦܘܠܘܢ ܗܘ ܕܬܪܓܡܗ ܡܫܪܐ ܐܘ ܡܘܒܕܐ ܐܘ ܡܫܪܝܢܐ.Et angelus abyssi, cui nomen hebraice est Abado; graece Apollon [sic]; hoc est: “dimittens”, aut “perdens”, aut “dissolvens”.Et l’ange de l’abîme, dont le nom en hébreu est Abadon, et en grec Apollon [sic] ; c’est-à-dire : « celui qui relâche », ou « celui qui détruit », ou « celui qui dissout ».And the angel of the abyss, whose name in Hebrew is Abaddon, in Greek Apollon [sic]; that is: “the releaser”, or “the destroyer”, or “the dissolver”.

Vers 1200. Beatus de Manchester

  • Ce manuscrit illuminé espagnol du commentaire de l'Apocalypse par Beatus de Liébana, qui est daté de la fin du XIIe siècle, ou du début du XIIIe, est aujourd'hui conservé par la John Rylands Library de l'université de Manchester (Angleterre), sous la cote Latin MS 8.

1225 env. Scriptum super Apocalypsim (Prague)

  • Scriptum super Apocalypsim cum imaginibus, manuscrit orné de dessins composé en Tchéquie à une date indéterminée entre 1206 et 1245.
    • D'après son édition en fac-simile par Anton Frind (éd.), Scriptum super apocalypsim cum imaginibus. Codex bibliothecae capituli semper fidelis metropolitani Pragensis in solemnem memoriam anni jubilaei ab erecto episcopatu Pragensi nongentesimi editus a S. F. Capitulo metropolitano (XV+301 p.), Prague, Eckert, 1873, p. 92.

  • On voit que ce commentaire identifie le roi des sauterelles au roi vandale Huneric qui passait pour avoir exterminé 300 évêques d'Afrique du Nord après le concile de Carthage de 484.

Vers 1130. Chapiteau de Vézelay

  • Chapiteau de la septième colonne engagée du collatéral gauche de la basilique de la Madeleine de Vézelay (Yonne).
    • Un personnage identifiable à l'Alexandre du roman éponyme, s'approche d'un basilic, armé d'une cloche de verre destinée à le protéger du regard mortel du monstre, et curieusement accompagné d'une sauterelle, qui reste inexpliquée.

1220. Beatus de Morgan

  • Ce manuscrit illuminé espagnol peut-être réalisé à Tolède vers 1220, qui appartient à la tradition iconographique des commentaires de l'Apocalypse par Beatus de Liébana, est aujourd'hui conservé à New York par la Morgan Library and Museum.

  • Morgan Library, ms M.429, folios 90 verso et 92 recto.

Vers 1235. Hugues de Saint-Cher

  • Hugues de Saint-Cher (†1263), religieux dominicain, théologien et exégète et théologien influent et conservateur, créé cardinal en 1244.
  • Hugues de Saint-Cher, Hugonis de Sancto Charo S. Rilanae Ecclesiae Tituli S. Sabinae Cardinalis Primi Ordinis Praedicatorum, Tomus Septimus. In Epistolas omnes D. Pauli, Actus Apost. Epistolas septem Canonicas, Apocalypsim B. Joannis. Opus admirabile, omnibus Concionatoribus, ac Sacrae Theologiae Professoribus pernecessarium. In quo declarantur Sensus omnes, Litteralis scilicet, Allegoricus, Tropologicus, et Anagogicus, maxima cum studientium utilitate. Editio ultima prae caeteris recognita, et innumeris mendis repurgata, pristinoque candori restituta (430 folios), Venise, Nicolas Pezzana, 1703, folio 394 recto (Vers. 5) et 394 verso (Vers. 10).
latin (vers 1235)français (2025)anglais (2025)
(Vers. 9,5) Sed ut cruciarent mensibus quinque,] id est, in corpore quod subjacet quinque sensibus. Et hoc, quia quinque sensibus corporis transitoriis adhæserunt. Vel secundum aliam literam. Sex mensibus, id est, sex aetatibus saeculi in quibus tribulantur etiam Electi, ut in septima sint securi. Iob 5.c: In sex tribulationibus liberabit te, et in septima non tanget te malum.(Vers. 9,5) Mais afin qu’ils les tourmentassent cinq mois, c’est-à-dire dans le corps qui est soumis aux cinq sens. Et cela, parce qu’ils se sont attachés aux cinq sens d’un corps transitoire. Ou bien, selon une autre leçon : six mois, c’est-à-dire six âges du monde, dans lesquels même les Élus sont affligés, afin qu’ils soient en sécurité dans le septième. Job 5 : « Dans six tribulations il te délivrera, et dans la septième le mal ne te touchera pas. »(Verse 9:5) But that they should torment them five months, that is, in the body which is subject to the five senses. And this, because they clung to the five senses of the transitory body. Or, according to another reading: six months, that is, the six ages of the world, in which even the Elect are afflicted, so that in the seventh they may be secure. Job 5: “In six troubles he shall deliver you, and in the seventh no evil shall touch you.”
(Vers. 9,10) Nocere hominibus mensibus quinque.] Hoc expositum est.(Vers. 9,10) Qu’ils nuisent aux hommes pendant cinq mois. Ceci a été expliqué ci-dessus.(Verse 9:10) That they should hurt men five months. This has already been explained.

1245 env. Hennequin de Bruges

  • Hennequin de Bruges et le maître de Sarum, copistes enlumineurs, auteurs vers 1245, peut-être à Salisbury (Angleterre), d'un manuscrit enluminé contenant une copie d'une Apocalypse glosée en français conservée aujourd'hui par la Bibliothèque nationale de France sous la cote Ms. fr. 403.
  • BnF Ms. fr. 403, folios 14 recto et verso.

Vers 1250. Miséricorde d'Exeter

  • Les miséricordes sont des sièges rabattables sur lesquels les membres du clergé peuvent s'appuyer pendant les longs offices. Les sièges rabattables sont ornés de sculptures complexes représentant entre autres choses des scènes de la vie quotidienne, des animaux et des créatures mythiques. Les 49 miséricordes médiévales de la cathédrale d'Exeter ont été sculptées au milieu du XIIIe siècle et constituent l'un des plus anciens ensembles encore existants en Angleterre. L'une d'elle représente une créatures étroitement inspirée des sauterelles de l'Apocalypse (9, 1-12), quoiqu'il lui manque des ailes et que sa queue de serpent (et non de scorpion) soit plutôt inspirée de celle des créatures de la scène suivante de l'Apocalypse (9,13-21).

Vers 1260. Apocalypse glosée

  • Le manuscrit latin 10474 de la Bibliothèque nationale de France est une Apocalypse glosée composée entre 1250 et 1275.

Vers 1260. Apocalypse de Douce

  • Bibliothèque Bodléienne d'Oxford, manuscrit Douce 180 folio 29 (daté de 1250-1275 environ).

Vers 1260. Trinity Apocalypse

  • L'Apocalypse dite du Trinity College est un manuscrit de l'Apocalypse de Jean enluminé, daté du milieu du XIIIe siècle, et qui est conservé à Cambridge par la bibliothèque de Trinity College sous la cote R.16.2. Ce manuscrit contient 75 miniatures.

  • Légendes: Le put de abisme. — Le rei des gresiluns. Si est apelé en fraunceis, dewastaunt. (“Le puits d'abîme. — Le roi des grillons. Il est appelé en français: Dévastant.”)

Av. 1263. Albrecht von Bollstädt

  • Albrecht von Bollstädt (v.1200-1280), dit en latin Albertus Magnus et en français Albert le Grand ou Albert de Cologne, moine dominicain d'origine bavaroise, philosophe, théologien, naturaliste et chimiste allemand, fut trois ans évêque de Ratisbonne (1260-1263) avant de s'en retourner à ses chères études. Le plus célèbre de ses disciples est saint Thomas d'Aquin.
  • Albert le Grand, “D. Alberti Magni, Ratisbonensis Episcopi, ordinis Praedicatorum, in Beati Alberti Magni, Ratisbonensis Episcopi, ordinis praedicatorum, Commentarii in Ioannem, in Apocalypsim. Recogniti per R. A. P. F. Petrum Iammy, sacrae Theologiae Doctorem, Conventus Gratianopolitani, eiusdem Ordinis, nunc primum in lucem prodeunt. Operum Tomus Undecimus (XIV+340+XXXII+156+X p.), Lyon, Claude Prost et Pierre et Claude Rigaud et Jérôme Delagarde et Jean-Antoine Huguetan, 1651, 2e partie (Apocalypse), pp. 1-156 et I-X, spéc. 72-76 (versets 9, 1-12), spéc. 74 (9,5).
  • Borgnet (éd.), “In Apocalypsim B. Joannis Apostoli luculenta expositio”, in D. Alberti Magni Opera omnia, t. 38, Paris, Vivès, 1899, pp. 465-823, spéc. 616.
latin (XIIIe s.)français (2025)anglais (2025)
Sed ut cruciarent mensibus quinque, hoc est, quamdiu vivunt in hac vita, quae quinque sensibus corporis regitur. Vel, mensibus quinque, id est, toto tempore praesenti quod in hoc intelligitur, propter quinque aetates hujus vitae quae sunt infantia, pueritia, adolescentia, juventus, senectus. Et secundum aliam litteram: mensibus sex, id est, sex aetatibus saeculi quibus permissione Dei tribulantur electi, ut in septima requiescant. Job, V, 19: In sex tribulationibus liberabit te, et in septima non tanget te malum.Mais de les tourmenter pendant cinq mois, c'est-à-dire tant qu'ils vivent dans cette vie qui est régie par les cinq sens du corps. Ou bien pendant cinq mois, c'est-à-dire pendant tout le temps présent qui est compris ici, en raison des cinq âges de cette vie qui sont la petite enfance, l'enfance, l'adolescence, la jeunesse et la vieillesse. Et selon une autre leçon, six mois, c'est-à-dire les six âges du siècle pendant lesquels, avec la permission de Dieu, les élus sont éprouvés, afin de reposer dans le septième. Job, V, 19: Il te délivrera de six tribulations, et le mal ne t'atteindra pas dans la septième.But to torment them for five months, that is, as long as they live in this life, which is governed by the five bodily senses. Or, for five months, that is, for the whole present time as understood here, because of the five ages of this life: infancy, childhood, adolescence, youth, and old age. And according to another reading: six months, that is, the six ages of the world during which, by God's permission, the elect are afflicted, so that they may find rest in the seventh. Job 5:19: In six troubles He shall deliver you, and in the seventh no evil shall touch you.

Vers 1280. Miniaturiste du fragment de Beatus du MET

XIIIe siècle. Alexandre de Hales

  • Alexandre de Hales, né vers 1183, surnommé l'enseignant irréfutable (Doctor Irrefragabilis) et le monarque des théologiens (Theologorum Monarcha), est un philosophe et un théologien scolastique anglais. Né entre 1180 et 1186 à Hales, dans le Shropshire, en Angleterre, devint maître ès arts avant 1210, puis maître en théologie. En 1236, il entra dans l'ordre franciscain et devint le premier théologien de l'ordre et mourut à Paris en 1245.
  • Alexandre de Hales (Alexander Hallensis), R. P. Alexandri Hallensis eruditissimi commentarii in Apocalypsim sancti Joannis, Paris, Bertier, 1647, p. 162.
latin (1647)français (2025)anglais (2025)
Sed supple datum est, hoc est, permissum, vel concessum a Deo, ut cruciarent eos mensibus quinque, supple in corporibus ; quae, inquam, corpora quinque mensibus, hoc est, quinque sensibus reguntur, et mensurantur in multis defectibus. Unde Matth. Vigesimo secundo, Uni dedit quinque talenta : perfecti enim quinque sensibus perficiuntur, dum pro Deo cruciantur. Et ideo dedit illis potestatem, ut electos quinque mensibus cruciarent, id est, ut eos in corporibus, quae quinque sensibus, quae quinque mensibus reguntur, flagellarent ; vel ut cruciarent quinque mensibus, id est, toto tempore vitaae suae ; quae, inquam, vita, quinque sensibus gubernatur.Mais (sous-entends: il est donné, c'est-à-dire autorisé par Dieu), de les torturer pendant cinq mois, (sous-entends: dans leur corps) ; car, dis-je, les corps sont gouvernés pendant cinq mois, c'est-à-dire par les cinq sens, et ils sont limités par de nombreux défauts. D'où Matthieu, chapitre 22, verset 22 : « Il donna à chacun cinq talents, car les cinq parfaits se perfectionnent par les cinq sens, lorsqu'ils sont tourmentés pour Dieu. Et c'est pourquoi il leur donna le pouvoir de tourmenter pendant cinq mois ceux qu'ils auraient choisis, c'est-à-dire de les flageller dans leur corps, qui est régi par les cinq sens, qui sont les cinq mois ; ou de les tourmenter pendant cinq mois, c'est-à-dire pendant toute la durée de leur vie, qui est gouvernée par les cinq sens.But (implied: it is given, that is, authorised by God) to torture them for five months (implied: in their bodies); for, I say, bodies are governed for five months, that is, by the five senses, and they are limited by many defects. Hence Matthew, chapter 22, verse 22: “He gave each one five talents, for the five perfect ones are perfected by the five senses when they are tormented for God. And that is why he gave them power to torment for five months those whom they would choose, that is, to scourge them in their bodies, which are governed by the five senses, which are the five months; or to torment them for five months, that is, for the whole duration of their lives, which are governed by the five senses
Alia littera secundum Glossam habet mensibus sex, propter sex aetates, quibus haec vita distinguitur ; unde electi Dei in sex aetatibus tribulantur, ut in septima sint securi, Job quarto, In sex tribulationibus liberabit te, et in septima non tanget te malum. Communior est tarnen prima littera, vi cruciarent mensibus quinque, id est, corporibus, quae quinque sensibus, quasi quinque mensibus reguntur. Unde Glossa, [Cum per dolos nequeunt haeretici convertere volunt circa quos Dei praeceptum est, ut corpora occidant, sed animam non perdant.]Une autre leçon, d'après la Glose ordinaire, porte “six mois”, à cause des six âge netre lesquels la vie est répartie ; donc les élus de Dieu sont soumis à l'épreuve en six âges, afin qu'ils soient en sécurité dans le septième, selon Job chapitre 4, “En six épreuves il te libèrera et lors du septième le mal ne t'atteindra pas”. La première leçon est toutefois plus courante, pour signifier qu'ils souffriront pendant cinq mois, c'est-à-dire dans leur corps, qui est régi par les cinq sens, comme par cinq mois. D'où la glose : « Car par leurs ruses les hérétiques ne peuvent convertir ceux dont Dieu a ordonné qu'ils en tuent le corps sans en corrompre l'âme. »Another lesson, according to the Ordinary Gloss, refers to “six months,” because of the six ages into which life is divided; therefore, God's chosen ones are tested in six ages, so that they may be safe in the seventh, according to Job chapter 4: “In six trials he will deliver you, and in the seventh no evil will touch you.” The first lesson is more common, however, meaning that they will suffer for five months, that is, in their bodies, which are governed by the five senses, as by five months. Hence the gloss: “For by their wiles the heretics cannot convert those whom God has ordained that they should kill in body without corrupting their souls.”

XIIIe siècle. Thomas d'Angleterre (?)

  • Auteur hypothétique et mal connu d'un commentaire de l'Apocalypse qui s'est indument glissé dans le corpus des œuvres de Thomas d'Aquin, conservé dans une double recension, et marqué par l'influence de Joachim de Flore.
  • Lorenzo Torrentino (Laurentius Torrentinus) (éd.), Divi Thomae Aquinatis, in Beati Ioannis Apocalypsim Expositio, nunc primum e tenebris eruta, cum Indice, et duplici Tabula, Locorum sacrae scripturae, et Quaestionum (XIV+654+LXXX p.) Florence, Lorenzo Torrentino, 1549, pp. 267-268 et 273-274.
  • “Expositio divi Thomas Aquinatis in Apocalysim beati Ioan. Apostoli”, in Opuscula omnia divi Thomae Aquinatis doctoris angelici, quae ita magno studio ab innumeris vitiis sunt castigata, atque ita foeliciter suae pristinae integritati restituta, ut nunc primum ab authoris sui manu in lucem emitti videantur. His etiam adiecimus in omnium theologorum gratiam eiusdem divi Thomae Commentaria, in Cantica Canticorum, Job, Ioannem, et Apocalypsim, nunc demum maiori fide, ac studio, quam antehac unquam castigatissima facta (XL+992+XIX p.), Lyon, Héritiers de Jacques Giunta, 1562, pp. 861-993, spéc. 914.
  • Angelici doctoris divi Thomae Aquinatis Commentaria in Apocalysim beati Joannis apostoli, Naples, 1857, p.
latin (XIIIe siècle)français (2025)anglais (2025)
[Vers. 5] Non sine causa positum est nomen mensis, ad signandum vitam hominis. Mensis enim ipso suo nomine defectum sonat, a mene quod est defectus: quia luna semel in mense defectum patitur, similiter et vita humana defectum multiplicem habet.[Verset 5] Ce n’est pas sans raison que le mot “mois” est employé pour désigner la vie humaine. En effet, le mot mensis signifie en lui-même le défaut, du fait de sa racine mene, qui signifie défaut : car la lune, une fois par mois, subit un défaut (ou diminution), de même que la vie humaine est marquée par de multiples défaillances.[Verse 5] It is not without reason that the word “month” is used to signify human life. The word mensis in fact implies defect by its very name, from mene meaning defect: for the moon undergoes a waning once a month, just as human life suffers many shortcomings.
Rursus mensis quatuor septimanas continet et septimana septem dies: unde per mensem signatur vita hominis quae multis defectibus subiacet, quam iusti peragunt cum observantia quatuor Evangeliorum et septiformi gratia spiritus sancti, qua iuvantur ad omnia.De plus, le mois comprend quatre semaines, et chaque semaine sept jours : d’où il résulte que le mois signifie la vie humaine, soumise à de nombreux défauts, mais que les justes accomplissent dans la fidélité aux quatre Évangiles et avec la grâce septiforme du Saint-Esprit, qui les assiste en toute chose.Moreover, the month contains four weeks, and each week seven days: thus the month symbolizes human life, which is subject to many failings, but which the just fulfill through observance of the four Gospels and the sevenfold grace of the Holy Spirit, by which they are helped in all things.
Per quinarium vero signatur quintuplex sensus corporis. Quamdiu enim iusti vivent in corpore mortali sub usu quinque sensuum, permittentur praecursores Antichristi, sicut quidam principes et alii perversi, corporaliter eos affligere: sed post hanc vitam, quando non erit necessitas mortalium sensuum, quae modo est, non poterit eis nocere. Infra 21, et mors ultra non erit, neque clamor, neque luctus, neque dolor erit ultra; quia prima abierunt.Le nombre cinq, pour sa part, représente les cinq sens corporels. Tant que les justes vivront dans un corps mortel, soumis à l’usage des cinq sens, les précurseurs de l’Antéchrist — comme certains princes ou autres hommes pervers — seront autorisés à les affliger corporellement; mais après cette vie, quand il n’y aura plus besoin des sens mortels comme aujourd’hui, ils ne pourront plus leur nuire. Apocalypse 21: “et la mort ne sera plus, ni clameur, ni deuil, ni douleur, car les choses anciennes sont passées.”The number five, in turn, signifies the five bodily senses. As long as the just live in a mortal body under the use of these five senses, the forerunners of Antichrist — like certain princes or other perverse men — will be permitted to afflict them physically; but after this life, when the need for mortal senses will no longer exist as it does now, they will no longer be able to harm them. Revelation 21: “and death shall be no more, neither crying nor mourning nor pain shall be any more, for the former things have passed away.”
Alia litera habet, mensibus sex, propter sex aetates vitae hominis, scilicet infantiam, pueritiam, adolescentiam, iuventutem, senectam, aetatem decrepitam, quia perversi quandoque affligunt etiam infantes et decrepitos, et sic permittentur praecursores Antichristi posse facere.Une autre version lit “six mois”, en raison des six âges de la vie humaine : à savoir le bas-âge, l’enfance, l’adolescence, la jeunesse, la vieillesse, et l’âge décrépit. Car les pervers affligent parfois aussi bien les enfants que les vieillards; et les précurseurs de l’Antéchrist seront ainsi autorisés à faire de même.Another reading has “six months,” due to the six ages of human life: namely infancy, childhood, adolescence, youth, old age, and decrepitude. For the wicked at times afflict both infants and the aged; and thus the forerunners of Antichrist will also be permitted to do so.
[Vers. 10] Nocere hominibus mensibus quinque, idest toto tempore vitae hominis, in qua vivunt sub usu quinque sensuum; expone ut supra. Ultra vero huius vitae tempus nocere non poterunt. [Verset 10] Nuire aux hommes pendant cinq mois, c’est-à-dire pendant toute la durée de la vie humaine, tant qu’ils vivent sous le régime des cinq sens : cela se comprend comme ci-dessus.[Verse 10] To harm men for five months means throughout the whole span of human life, during which they live under the use of the five senses — as explained above. Beyond this life, however, they will no longer be able to cause harm.
Sed ad quid hic repetitur de mora temporis, cum supra eodem, de hoc dictum sit? Respondeo. Potest dici quod supra dicitur de cruciatu bonorum: unde ibi dicitur: sed ut cruciarent mensibus quinque: hic autem agitur de nocumento malorum, idest qui nocet malos, quia bonis non nocetur licet crucientur: malos autem vel per flagella, vel per blandimenta, vel per documenta trahent ad interitum animae, et sic nocebunt; et ideo praemuniuntur hic electi, ut sint fortes contra tentationes et persequutiones haereticorum, ne eis possint nocere quamdiu hic vivunt. Mais après cette vie, ils ne pourront plus nuire. Mais pourquoi est-il à nouveau question de durée, puisque cela a déjà été dit plus haut ? Je réponds : on peut dire que le passage précédent parlait du tourment des justes — là où il était dit : “mais pour les tourmenter pendant cinq mois” — tandis qu’ici il s’agit du mal causé aux impies, c’est-à-dire de celui qui nuit aux méchants; car les justes ne sont pas blessés même s’ils sont tourmentés. Mais les méchants seront entraînés à la perdition de leur âme par des fléaux, ou des flatteries, ou des fausses doctrines, et ainsi seront blessés. C’est pourquoi les élus sont ici prémunis, afin d’être forts face aux tentations et persécutions des hérétiques, pour qu’ils ne puissent leur nuire tant qu’ils vivent ici-bas.But why is the length of time repeated here, when it was already discussed earlier? I reply: it can be said that the earlier passage referred to the torment of the righteous — where it said “but to torment them for five months” — while this one deals with the harm done to the wicked, that is, he who harms the wicked, for the righteous are not harmed though they are tormented. But the wicked, through scourges, flatteries, or false teachings, are led to the ruin of their souls, and thus are harmed. Therefore, the elect are warned here to be strong against the temptations and persecutions of heretics, so that they may not be harmed during their lifetime.
Si tamen velimus intelligere etiam de nocumento bonis; possumus intelligere illud nocumentum corporale esse. Et non inconvenienter repetitur de mora temporis; quia per hoc est consolatio magna iustis, quod non possunt etiam corporibus nocere, nisi quamdiu vivunt, in quinque sensibus corporis, et post mortalem hanc vitam praemium suscipient.Mais si l’on voulait aussi comprendre qu’il s’agit d’un mal subi par les bons, on pourrait dire qu’il s’agit d’un mal corporel. Et il n’est pas inapproprié que la durée soit répétée: car c’est pour les justes une grande consolation de savoir qu’ils ne peuvent souffrir dans leur corps que durant leur vie, tant qu’ils sont dans les cinq sens, et qu’après cette vie mortelle, ils recevront une récompense. However, if we wish to understand this also in relation to harm suffered by the good, we may interpret it as bodily harm. And the repetition of the time period is not unfitting; for it is a great consolation to the just that they can only suffer bodily harm while they live, in the five senses of the body, and after this mortal life they shall receive their reward.

Avant 1298. Pèire Olieu

  • Warren Lewis (éd.), Lectura super Apocalypsim, Saint Bonaventure (New York), Franciscan Institute Publications, 2015.

Vers 1300.

  • Le manuscrit français 375 de la Bibliothèque nationale de France, composé entre 1288 et 1317, est un recueil anonyme de textes divers, commençant par un commentaire de l'Apocalypse en latin et illustré.

1305 env.

  • Manuscrit 815 de la Bibliothèque municipale de Toulouse, daté entre 1300 et 1310 (ou bien, selon une notice de la BnF, entre 1220 et 1270): copie du Commentaire de l'Apocalypse par Beatus de Liebana en latin et français.

1305. Ubertin de Casale

  • Ubertin de Casale (1259-1330), franciscain scandalisé par la richesse et la corruption de l’Église de son temps, et spécialement des ordres religieux, décadence contre laquelle il s’éleva avec une telle obstination qu’il fut un temps excommunié, projette dans le texte, très clairement, ses propres préoccupation de moine franciscain, les sauterelles représentant pour lui les forces de la tentation.
    • Ubertin de Casale, chef de file des Spirituels franciscains, naquit en 1259. À peine âgé de quatorze ans, il entra dans l’ordre franciscain. À l’âge de trente ans, il fut envoyé à l’Université de Paris, où il demeura dix années. Il se laissa d’abord entraîner par les distractions de la vie universitaire, mais son ascétisme précoce refit ensuite surface, et à son retour en Italie, il devint un ardent défenseur des idéaux franciscains primitifs. Impliqué dans de violentes controverses, il fut bientôt convoqué par le pape Benoît XI, qui l’envoya en exil au couvent de La Verna.
    • C’est à La Verna, où il demeura trois ans, qu’Ubertin composa son célèbre Arbre de vie, ouvrage dans lequel se mêlent d’une manière singulière l’amour du Christ et la haine des abus du clergé. L’œuvre, comme l’auteur le précise lui-même, est divisée en cinq parties.”La première, racine de l’arbre, contemple Jésus depuis sa génération éternelle par le Père jusqu’à sa naissance. La deuxième, élevant le tronc de l’arbre, commence à la circoncision du Sauveur et s’achève avec la manifestation publique de sa mission par le témoignage de son précurseur. La troisième étend les branches de l’arbre dans la prédication féconde du Christ et la société de ses disciples: elle traite de la période allant de Jean-Baptiste jusqu’à l’entrée triomphale à Jérusalem. La quatrième poursuit l’histoire de Jésus jusqu’à l’Assomption glorieuse de Marie, Reine des cieux. La cinquième montre les multiples fruits de l’arbre: des foules de fidèles abandonnant l’idolâtrie pour s’attacher à l’arbre de vie, dans l’union éternelle de l’humanité avec le Sauveur.” Cette dernière partie contient l’interprétation de l’Apocalypse par Ubertin. “Le lecteur, écrit-il, ne s’étonnera pas d’y voir exposées toutes les infamies de notre époque, bien que les générations futures auront peine à croire à quel point la vérité de l’Église du Christ fut alors falsifiée, et avec quelle ruse les commandements du Christ sur la pauvreté absolue furent éludés.
    • Après son départ de La Verna, Ubertin défendit avec encore plus d’ardeur l’idéal de pauvreté franciscaine absolue. Convoqué par le pape Clément V, il affirma ses vues avec une intransigeance inflexible. Il gagna l’estime de Clément, et même, un temps, la faveur de son successeur Jean XXII. Il fut l’un des théologiens consultés par le pape en 1322 sur la pauvreté du Christ et des Apôtres. Ubertin répondit que le Christ et les Apôtres avaient personnellement renoncé à toute propriété, mais qu’en tant que ministres du culte, ils faisaient usage de biens et d’argent. Cette opinion satisfit le pape; toutefois, Ubertin continua d’en débattre, jusqu’à ce que Jean XXII perdît patience. Accusé d’hérésie, notamment d’avoir soutenu les erreurs de Pierre-Jean Olivi, Ubertin fut excommunié.
    • On sait peu de chose sur les dernières années de ce frère turbulent. Il semble s’être enfui en Allemagne avant même que sa condamnation ne fût prononcée. En 1328, on rapporte qu’il accompagna Louis, roi de Bavière, sur le chemin de Rome. Il mourut probablement en 1330.
  • Ubertin de Casale (Ubertinus de Casali), Arbor vitae crucifixae Jesu (non paginé), Venise, Andr. de Bonnettiis de Papia, 1485 (248 folios non paginés, ou 499 p.), folio 227 recto-verso.
latin (1305)français (2025)(anglais (2025)
Quinto describit gravitatem doloris praedictam sequentis punctura: unde subdit. Sed ut cruciarent mensibus quintis etc.Cinquièmement, il décrit la gravité du tourment provoqué par la piqûre susmentionnée; c’est pourquoi il ajoute: “Mais afin qu’ils tourmentassent pendant cinq mois”, etc.Fifthly, he describes the severity of the pain caused by the aforementioned sting; wherefore he adds: “That they should torment them five months,” etc.
Secundum Ricardum quinque mensibus cruciantur carnales per ipsos: quia per quinque sensus adhaeret transitoriis. Permittuntur aliquando pro illorum oblatione affligi a reprobis: ut sic ab illorum amore retracti ad vera bona quaerenda assurgant: vel per quinque menses: voluit designare totum tempus quinti status ut quinarius quinario responderet: non quod in toto quinto tempore sic inundaverunt hujusmodi locustae: sed quia ex copia temporalium ecclesiae et monasteriorum quinti temporis data cepit occasio et incensivum praedictorum malorum: et etiam quia in eo semper fuerunt aliqui similes praedictis locustis.Selon Richard [de Saint-Victor], les hommes charnels sont tourmentés pendant cinq mois par ces êtres, car, par les cinq sens, ils s’attachent aux choses transitoires. Il est parfois permis qu’ils soient affligés par les réprouvés en vue de leur propre offrande, afin qu’ainsi détournés de cet amour des choses périssables, ils s’élèvent à la recherche des biens véritables. Ou bien, en parlant de cinq mois, on a voulu désigner toute la durée du cinquième état, afin que le cinq réponde au cinq: non que durant tout ce cinquième temps de telles sauterelles aient déferlé ainsi, mais parce que l’abondance des biens temporels accordés à l’Église et aux monastères à cette époque offrit l’occasion et l’aliment des maux précités, et aussi parce qu’on y trouva toujours des hommes semblables à ces locustes.According to Richard, carnal men are tormented for five months by them, because through the five senses they cleave to transient things. At times, they are permitted to be afflicted by the reprobate as a chastisement for their offering, so that being withdrawn from that love, they might rise to seek the true goods. Or, by “five months”, the intention was to designate the whole duration of the fifth state, that five might correspond to five — not that throughout all that fifth period such locusts raged universally, but because the abundance of temporal goods granted to the Church and monasteries in that age gave rise and fuel to the aforementioned evils, and also because such locust-like men were always found therein.
Alias etiam decursus quinti status jam dictis annis duravit: in cujus fine sine dubio non versamur: sed quia carnales quinti temporis vacant praecipue deliciis et cupiditatibus quinque sensuum in juvenili aetate: quae maxime floret cira aetatem tricenariam. Ideo cruciatum ex hoc tum designat per quinarium et tricenarium: id est per quinque menses XXX dierum.Par ailleurs, le déroulement du cinquième état a déjà duré les années mentionnées; et, sans doute, nous ne sommes pas encore parvenus à sa fin. Mais, comme les hommes charnels de cette époque se livrent surtout, dans leur jeunesse, aux plaisirs et aux convoitises des cinq sens — jeunesse qui s’épanouit principalement autour de l’âge de trente ans —, ce tourment est alors désigné par les nombres cinq et trente, c’est-à-dire par cinq mois de trente jours.Otherwise, the course of the fifth state has already lasted the stated number of years, and doubtless we are not yet come to its end. But because the carnal men of this time devote themselves chiefly, in their youth, to the pleasures and desires of the five senses — and this youth flourishes especially around the age of thirty — the torment is thus signified by the numbers five and thirty, that is, five months of thirty days.
Per cruciatum autem designatur hic pungitivus remorsus conscientiae et timor gehennae: qui fidelibus cum praedictis locustis in gravia praedicta cadentibus non potest discernere de facili. Designat etiam iram et offensam: quam temporalibus damnificati et injuriati habent contra praedictas locustas. Designat etiam maerorem et consternationem quam multi de tantis malis per locustas factis concipiunt: Ita quod propter periculum ruendi in tentationes praedictarum locustarum vivere pertimescunt. Multi etiam per evasione tantorum malorum et tam periculosarum tentationum quibus quasi nesciunt quid credere debeant: peroptarent aperta martyria: et non inveniunt: propter pacem tempori quinto datam: fit eis in pace amaritudo amarissima.Par ce tourment, on désigne ici le douloureux remords de la conscience et la crainte de la géhenne, que les fidèles, tombant dans les graves péchés mentionnés avec les locustes, ne peuvent aisément distinguer. Il désigne aussi la colère et l’indignation éprouvées contre ces locustes par ceux qui ont été lésés et offensés dans leurs biens temporels. Il signifie encore la tristesse et la consternation que beaucoup ressentent devant les maux si grands causés par les locustes, au point qu’ils redoutent de vivre, craignant de succomber aux tentations suscitées par ces locustes. Et plusieurs, cherchant à fuir de si grands maux et de si périlleuses tentations, dans une incertitude telle qu’ils ne savent plus en quoi croire, en viennent à désirer ardemment un martyre manifeste — et ne le trouvent pas — à cause de la paix accordée au cinquième temps. Ainsi, dans la paix même, leur est donnée une amertume des plus amères.By this torment is signified the piercing remorse of conscience and the fear of hell, which the faithful, falling with the locusts into the aforementioned grave sins, can scarcely distinguish. It also signifies the wrath and resentment borne against these locusts by those injured or harmed in temporal matters. Likewise, it designates the sorrow and dismay many conceive because of the great evils wrought by the locusts — so that, for fear of falling into their temptations, they dread even to live. And many, in seeking to escape such evils and so dangerous temptations — being in such uncertainty that they know not what to believe — come to long for open martyrdom, but do not find it, on account of the peace granted to the fifth time. Thus, even in peace, a most bitter bitterness is given them.

Vers 1310. Apocalypse Welles

  • Manuscrit illuminé de l'Apocalypse, conservé par la British Library, Ms. Royal 15 II, daté du premier quart du XIVe siècle.

Vers 1313. Colin Chadewe

  • Le manuscrit enluminé français 13096 de la Bibliothèque nationale de France a été composé sous la direction d'un certain Colin Chadewe. Il est composé de deux parties textuelles, la première renferme l'Apocalypse de saint Jean en français (folios 2 verso à 85 verso), la seconde un commentaire inédit sur l'Apocalypse (folios 87 verso à 166), résultant de la compilation de différentes sources, dont l'Expositio Libri Apocalypsis rédigée vers 1200 par un chanoine de la cathédrale San Isidro de Léon, Martin de Léon. Le commentaire est truffé de traits linguistiques de Picardie et du Nord-Est.
  • Bnf. Ms fr. 13096 folios 25r (puis de l'abîme), 26r (ravages des sauterelles), 124 verso (verso 9,5) et 125 verso (verset 9,10)

français (1313)français moderne (2025)latin (2025)anglais (2025)
(V.9,5) mais ke les cruciroent par cinc mois, ce est en ces tens, et ce solouc lo cors qui est gouvernez par les cinc sens.mais qu’ils les tourmentent pendant cinq mois : c’est-à-dire en ce temps-ci, et cela selon le corps, lequel est gouverné par les cinq sens.sed ut cruciarent eos per quinque menses, id est hoc tempore, et hoc secundum corpus, quod quinque sensibus gubernatur.but that they should torment them for five months, that is, in this present time, and this with respect to the body, which is governed by the five senses.
(v.9,10) Et li juste de ce ne soient espawenteit, car lur postez est nuisir as homes, solement par cinc mois. Ce est solunc les cors qui sunt govreneit par les cinc sens.Et que les justes ne s’en épouvantent pas, car leur pouvoir consiste à nuire aux hommes seulement pendant cinq mois ; c’est-à-dire selon les corps qui sont gouvernés par les cinq sens.Et iusti hac de causa non terreantur, quia potestas eorum est nocere hominibus tantum per quinque menses, hoc est secundum corpora quae quinque sensibus gubernantur.And let the righteous not be dismayed by this, for their power is to harm men only for five months, that is, with respect to bodies which are governed by the five senses.

1300-1325. Queen Mary Apocalypse

  • Le manuscrit illuminé conservé à la British Library sous la cote Royal Ms. 19 B XV, et qu'on appelle ordinairement Queen Mary Apocalypse seulement du fait qu'il a un temps appartenu à la appartenu à la reine Marie Iʳᵉ d’Angleterre; autrement dit à Mary Tudor (1516-1558) est en réalité une Apocalypse anonyme qu'on date sans plus de précision du premier quart du XIVe siècle.
  • British Library, Royal Ms. XV B, folio 15 verso.

Vers 1320. Pierre Auriol

  • Pierre Auriol (1280-1322), théologien et philosophe franciscain français, enseignant à partir de 1314, à Toulouse puis à Paris, nommé archevêque d'Aix en 1321. Au sujet de l'Immaculée Conception, il estime, comme Jean Duns Scot contre l'avis de Bonaventure et Thomas d'Aquin, que Dieu préserva réellement la Vierge Marie du péché originel (Tractatus de conceptione Beatae Mariae Virginis). Dans son De principiis (1312), Pierre Auriol étudie la matière et la forme.
  • Pierre Auriol, Breviarum Bibliorum sive compendium sensus literalis totius S. Scripurae, auctore R.P.F. Petro Aureolo. Editio quarta, Louvain, Van der Heyden, 1647, p. 360. — Pierre Auriol continue pour notre passage la tradition qui interprète les cinq mois comme les règnes successifs de cinq rois vandales persécuteurs des catholiques.
latin (XIVe siècle)français (2025)anglais (2025)
Et cruciatus ille duravit quinque mensibus, hoc est per successiones quinque regum.« Et ce tourment dura cinq mois », c’est-à-dire à travers les successions de cinq rois.“And that torment lasted for five months,” that is, through the successions of five kings.

Vers 1320. Apocalypse Harley

  • Manuscrit illuminé de l'Apocalypse daté de 1320 environ et conservé par la British Library sous la cote Ms Harley 4972, folios 16r (puis de l'abîme) et 16v (sauterelles et leur roi).

Vers 1325. Apocalypse de Saint-Victor de Paris

  • Manuscrit enluminé de l'Apocalypse, daté de 1320 à 1330, autrefois conservé par l'abbaye Saint-Victor de Paris, et aujourd'hui par la Bibliothèque nationale de France sous la cote Ms Lat. 14410.

Vers 1330. Apocalypse dite des Cloîtres

  • Manuscrit enluminé de l'Apocalypse, qui paraît avoir été composé vers 1330 en Normandie, aujourd'hui conservé à New York dans cette dépendance du Metropolitan Museum qu'on appelle le Musée des Cloîtres parce qu'il est composé de quatre cloîtres médiévaux démontés en Europe et reconstruits à New York.

  • The Cloisters Collection, n°68.174, folio 14 verso.

Avant 1349. Nicolas de Lyre

  • Nicolas de Lyre (Nicolas Lyranus), in Bibliorum sacrorum tomus sextus cum Glossa Ordinaria et Nocolai Lyrani expositionibus literali et morali, Lyon, Anthoine Vincent, 1545, folio 135 verso.
latin (XIVe s.)français (2025)anglais (2025)
Mensibus quinque. Per hoc designatur quod regnum Vandalorum duravit temporibus quinque regum, et tunc fuit exterminatum per Helisarium [sic (Belisarium)] patricium a Justiniano imperatore in Aphrica missum.Cinq mois. Par cette expression est désigné le fait que le royaume des Vandales a duré sous cinq rois, puis fut exterminé par Bélisaire, patrice envoyé en Afrique par l’empereur Justinien.Five months. By this is meant that the Vandal kingdom lasted through the reigns of five kings, and was then exterminated by Belisarius, a patrician sent to Africa by Emperor Justinian.

Vers 1350. Apocalypse en images

  • Le manuscrit latin 19 de la bibliothèque John Rylands de Manchester ne présente pas un texte de l'Apocalypse illustrée, mais plutôt une série de 96 illustrations de l'Apocalypse expliquées. On trouve dans ces illustrations le texte de l'Apocalypse, ainsi que des explications empruntées au commentaire de de livre par Bérengaud. Ce manuscrit dont on localise la composition dans le nord de la France peu après 1350, appartient à une famille dont on a deux autres exemples, et dont on date le prototype aujourd'hui perdu des environs de 1250.

  • TranscriptionQuintus angelus defensiones ecclesie catholice designat. — Stella de celo cecidit in terram et data est illi clavis putei abyssi et aperuit eum et ascendit fumus fornacis magne et de fumo putei exierunt locuste in terram similes equis paratis in prelium et data est illis potestas scorpionum terrae. — Stella de celo cadens hereticos ab ecclesia precisos dant liberum arbitrum hereticorum abyssus corda. Puteus autem hora eorum designat. Aperti putei prolationem malicie cordis eorum insinuat. — Locuste. — Puteus abyssi.

  • TranscriptionPer fumum doctrina hereticorum, per locustas multitudo eorum intelligitur. — Angelus abyssi nomine Adaddon, idem exterminans, rex est locustarum et significat Dyabolum.

Vers 1360. Apocalypse de Thuringe

  • Le manuscrit enluminé Add. 15243 de la British Library est une Apocalypse allemande produite en Thuringe entre 1350 et 1370. Le texte commence par ces mots: “Apokalipsis dit ist die offenbarunge ihesu cristi”. Il se termine par les mots: “Hye endit dass buch der hymelichen offenbarunge. Explicit Apocalypsis. Amor vincit omnia”.
  • British Library, Ms. Add. 15243, folio 15 recto.

1378. Giusto de Menabuoi

  • Giusto de Menabuoi

  • Détail d'une fresque du baptistère de la cathédrale de Padoue réalisée entre 1376 et 1378 par Giusto de Menabuoi sur commande de Fina Buzzaccarini, l'épouse de Francesco le Vieux de Carrare, qui souhaitait être enterrée près de son mari.

Vers 1380. Hennequin de Bruges

  • Tenture de l'Apocalypse, conservée au château d'Angers.

Vers 1400. Bertram von Minden

  • Maître Bertram von Minden a travaillé à Hambourg, où il a peint dans diverses églises vers la fin du XIVe siècle. Les retables représentant des scènes de l'Apocalypse sont rares.
  • Bertram von Minden, Détail du Retable de l'Apocalypse (vers 1400), composé de 46 panneau comme celui-ci, ornant autrefois semble-t-il l'église Saint-Jean de Hambourg, aujourd'hui conservé à Londres au Victoria and Albert Museum.

Vers 1400. Apocalypse flamande

  • Manuscrit néerlandais 3 de la Bibliothèque nationale de France, daté des environs de 1390 à 1410, détail du folio 10 verso.

Vers 1405. Bible historiale

  • Copie d'une Bible historiale de Guyart des Moulins datée de 1400 à 1405, manuscrit 5058 de la Bibliothèque de l'Arsenal, folio 560 verso.

1408. John Thornton

  • John Thornton (actif entre 1405 et 1433), maître-verrier britannique qui diffusa le style gothique international dans le nord et les Midlands de l'Angleterre. Les produits de son atelier se reconnaissent à leur prédilection pour le verre blanc et les teintes jaunes sur fond bleu et rubis à motifs “algues”, ainsi qu'à la modélisation très distinctive des visages. Son chef-d'œuvre est le grand vitrail est de la cathédrale de York, le plus grand du bâtiment, qui mesure environ 156 m², commandé en 1405 et terminé trois ans plus tard.

  • L'un des 300 panneaux de cette grande verrière est consacré au Puits de l'abîme, dont jaillissent les sauterelles de l'Apocalypse 9, 1-12.

Vers 1415. Maître de l'Apocalypse de Jean de Berry

  • Commentaire: “L'estoille qui chey du ciel ouvri le puis de l'abisme car les herites (hérétiques) ouvrirent leurs bouches pour magnifester les maulx qui estoient repost en leurs cuers.”

Vers 1420. Heures de Bedford

  • Le manuscrit français enluminé monumental appelé les Heures de Bedford, et aujourd'hui conservé par la British Library sous la cote Add MS 18850, a été réalisé à Paris à Paris à une date controversée qui oscille selon les experts entre 1415 et 1430. Il contient entre autres merveilles un cycle de l'Apocalypse constitué de 155 scènes de l'Apocalypse accompagnées de 155 autres images interprétant les images et les symboles de ce livre des Écritures, le tout réparti entre les folios 170 et 253. Je n'en ai pas trouvé de clichés disponibles, mais seulement une description méthodique opérée par Richard K. Emmerson en 1995 dans la revue Traditio.
  • Richard K. Emmerson, “The Apocalypse Cycle in the Bedford Hours”, Traditio 50 (1995) 173-198 spéc. 189-190.
anglais (1995)latin (2025)français (2025)
Fol. 195r.Fol. 195r.Folio 195 recto
Right: Fifth trumpet (Apoc. 9:1-2). Flying angel blows horn above fiery star falling into pit.Dextra: Quinta tuba (Apoc. 9,1-2). Angelus volans tuba sufflat supra sidus igneum in puteum cadens.À droite : Cinquième trompette (Apoc. 9,1-2). Un ange volant sonne de la trompe au-dessus d’un astre enflammé tombant dans le puits.
Lower: Persecution by Valentinian. Crowned emperor and queen command armed soldiers, “prenez la secte des arriens aisez chr[istiens].”Inferius: Persecutio a Valentiniano. Imperator coronatus et regina milites armatos iubent : “prenez la secte des arriens aisez chr[istiens].”En bas : Persécution par Valentinien. L’empereur couronné et la reine ordonnent à des soldats armés : “prenez la secte des arriens aisez chr[istiens].”
Fol. 195v.Fol. 195v.Folio 195 verso
(For color details of the two roundels on this folio, see Backhouse, Bedford Hours, figs. 44-45.)(De coloribus duorum clipeorum huius folii, cf. Backhouse, Bedford Hours, figg. 44-45.)(Pour les détails colorés des deux médaillons de ce folio, voir Backhouse, Bedford Hours, fig. 44-45.)
Left: Locust beasts from pit (Apoc. 9:3). Six crowned horse-like locusts with faces of men rise from pit.Sinistra: Bestiae locustarum e puteo (Apoc. 9,3). Sex locustae coronatae equinas species habentes et vultus humanos e puteo emergunt.À gauche : Les bêtes-sauterelles sortant du puits (Apoc. 9,3). Six sauterelles couronnées, de forme chevaline et au visage humain, s’élèvent du puits.
Lower: Goths persecute Christians. Several soldiers in armor and carrying weapons ride horses near castle.Inferius: Gothi Christianos persequuntur. Plures milites armati equitant prope castrum.En bas : Les Goths persécutent les chrétiens. Plusieurs soldats en armes chevauchent près d’un château.
Fol. 196r.Fol. 196r.Folio 196 recto
Right: Locust beasts described (Apoc. 9:7-10). Five horse-like armored locusts with wings and serpentine tails stand in group.Dextra: Bestiae locustarum descriptae (Apoc. 9,7-10). Quinque locustae equoformes, loricatae, alis instructae caudis serpentinis, simul stant.À droite : Sauterelles décrites (Apoc. 9,7-10). Cinq sauterelles de forme chevaline, cuirassées, ailées et à queues serpentines, se tiennent groupées.
Lower: Huns and Vandals persecute Christians. Several soldiers attack church and unarmed Christians.Inferius: Huni et Vandali Christianos persequuntur. Plures milites ecclesiam et inermes Christianos oppugnant.En bas : Huns et Vandales persécutent les chrétiens. Plusieurs soldats attaquent une église et des chrétiens sans armes.
Fol. 196v.Fol. 196v.Folio 196 verso
Left: King of locust beasts (Apoc. 9:11). Devil (inscribed “apolion”) leads four locust beasts.Sinistra: Rex bestiarum locustarum (Apoc. 9,11). Diabolus (inscriptus “apolion”) quattuor locustas ducit.À gauche : Roi des sauterelles (Apoc. 9,11). Un démon (inscription “apolion”) conduit quatre sauterelles.
Lower: Satan as king of Vandals. Large demon hovers above crowned king and soldiers riding horses.Inferius: Satanas ut rex Vandalorum. Magnus daemon super regem coronatum militesque equitantes volitat.En bas : Satan comme roi des Vandales. Un grand démon plane au-dessus d’un roi couronné et de soldats à cheval.

Vers 1430. Belbello de Pavie

  • Belbello de Pavie, Bréviaire franciscain, manuscrit 4 de la Médiathèque de Chambéry.

Vers 1430. Matthias Gerung

  • Matthias Gerung (v.1500-v.1569), graveur, enlumineur et peintre allemand, auteur de plusieurs œuvres commanditées par le comte Othon-Henri du Palatinat, et spécialement des illustrations de la Bible dite d'Ottheinrich.

  • La Bible d'Ottheinrich est un manuscrit enluminé du Nouveau Testament en allemand écrit vers 1430, commandé par Louis VII de Bavière mais terminé à l'initiative d'Othon-Henri du Palatinat vers 1530 qui confie la réalisation de l'enluminure à Matthias Gerung. C'est le plus ancien manuscrit enluminé de la Bible en langue allemande, aujourd'hui conservé à Munich par Bibliothèque d'État de Bavière sous la cote Cgm 8010: il est en ligne.

Avant 1444. Bernardin de Sienne

  • Bernardin de Sienne, “In Apocalypsim B. Joannis commentarii”, in Opera omnia, Venise, Poletti, 1745, tome 5, p. 58.
latin (XVe s.)français (2025)anglais (2025)
Et habebunt caudas similes scorpionibus, id est, doctrinam blandam & deceptoriam. Et aculei erunt in caudis eorum, propter punctionem stimulationum, et potestas eorum nocere hominibus carnaliter viventibus a mensibus quinque per quinque sensuum damnationem et praeceptorum dimidiationem .Et ils auront des queues semblables à celles des scorpions, c’est-à-dire une doctrine flatteuse et trompeuse. Et il y aura des aiguillons dans leurs queues, à cause des piqûres des tentations. Et ils auront le pouvoir de nuire aux hommes vivant selon la chair, durant cinq mois — à savoir, par la damnation des cinq sens et la réduction de moitié des commandements.And they will have tails like those of scorpions — that is, a flattering and deceitful doctrine. And there will be stings in their tails, because of the pricking of temptations. And they will have the power to harm men who live carnally for five months — that is, through the damnation of the five senses and the halving of the commandments.

Vers 1450. Apocalypsis figurata

  • Apocalypse en images (Apocalypsis figurata), Bibliothèque municipale de Lyon, manuscrit 439, recto du folio 10.
    • Scène rare de la mort se jouant de ceux qui la recherchent.

Vers 1450. Jean de Namps (?)

  • Enlumineur dont on connaît plusieurs travaux localisés à Arras et Cambrai, et qu'on a proposé d'identifier au copiste-enlumineur artésien Jean de Namps.

  • Manuscrit 439 de la Bibliothèque municipale de Lyon, folio 10 verso.

XVe siècle. Loyset Liedet

  • Miniature due à Loyset Liedet (1420–1484), miniaturiste flamand œuvrant surtout pour les ducs de Bourgogne Philippe le Bon (†1467) et Charles le Téméraire (†1477).

1465 env. Miniaturiste

  • Heures à l'usage (peut-être) de Troyes, manuscrit daté du 3e quart du XVe siècle, manuscrit 112 de la Bibliothèque municipale de Marseille.

Vers 1460. Jean Mansel

  • Jean Mansel, copiste enlumineur, auteur vers 1460 d'une copie du Liber Floridus, ouvrage encyclopédique médiéval manuscrit et enluminé composé dès 1220 par Lambert de Saint-Omer, copie aujourd'hui conservée au musée Condé de Chantilly sous la cote Ms. 724.

Vers 1465. Incunable xylographique

  • Cet Incunable xylographique consacré à l'Apocalypse et appartenant à la collection Este de Parme (Italie) présente deux vignettes concernant l'épisode des sauterelles.
    • Cf. Sergio Samek Ludovici et Cesare Angelini, Apokalypse. Eine Holzschnittfolge der Sammlung Este. Analyse von Sergio Samek Ludovici. Lateinischer Text der kritischen Oxforder Ausgabe von J. Wordsworth und H. White. Anmerkungen von Cesare Angelini (“Une série de gravures sur bois de la collection Este. Analyse de Sergio Samek Ludovici. Texte latin de l'édition critique d'Oxford par J. Wordsworth et H. White. Notes de Cesare Angelini”), Parme, Franco Maria Ricci / Genève, Weber, 1974.

Vers 1475. Apocalypse de Gand

  • New York, Morgan Library, ms M.484 folios 47 recto et 48 verso.

1471. Giovanni Nanni

  • Giovanni Nanni (v.1432-1502), en latin Joannes Annius Viterbiensis, dit Annius de Viterbe, religieux dominicain, érudit et historien italien, auteur prolixe. La prise de Constantinople par Mehmed II lui inspira un Traité de l'empire des Turcs et un autre, De futuris Christianorum Triumphis in Turcos et Saracenos ad Xystum IV et omnes principes Christianos publié à Gènes en 1480, recueil de ses explications ou de ses réflexions sur le livre de l’Apocalypse, d'abord prêchées dans l'Église de St. Dominique, à Gênes, dans le cours de l'année 1471, ouvrage réédité plusieurs fois et divisé en trois parties. La première résume tout ce que les interprètes catholiques avaient jusqu'alors écrit sur les quinze premiers chapitres de l’Apocalypse. La seconde livre les réflexions de Nanni sur les chapitres suivants, où il prouve que Mahomet est le véritable Antéchrist prédit par S. Paul et dont S. Jean décrit tous les caractères. La troisième résume le Traité de l'empire des Turcs.
  • Giovanni Nanni †, Glosa sive Expositio super Apocalypsim Ioannis Viterbiensis ordinis predicatorum Theologie professoris eximii, De statu Ecclesie ab anno salutis .M.CCCC.LXXXI. usque ad finem mundi, et de preclaro et gloriosissimo triumpho christianorum in Thurcos et Mahumethanos: quorum secta et imperium breviter incipiet deficere Ex fundamentis Ioannis in Apocalypsi et ex sensu eiusdem litterali apertissimo cum consonantia ex Judiciis astrorum (in-8°, 96 p. non paginées), Cologne, Martinus de Werdena, 1507.
    • “Glose sur l’Apocalypse concernant l’état de l’Église depuis l’année actuelle du salut, à savoir 1481, jusqu’à la fin du monde. Et sur le très illustre et très glorieux triomphe des chrétiens sur les Turcs et les Mahométans, dont la secte et l’empire commenceront bientôt à s’effondrer depuis leurs fondements, selon l’Apocalypse de Jean et selon le sens littéral très manifeste de celle-ci, en accord avec les jugements des astres.”
    • Rien sur les sauterelles, car il s'agit ici non d'un commentaire mais d'une introduction à l'Apocalypse. Mais il ressort de son texte qu'il identifie les cinq premières trompettes à des hérésies antérieures à l'islam.
latin (1471)français (2025)anglais (2025)
Secundus status Ecclesiae fuit sub clangore septem tubarum, quae fuerunt septem haereses potissimae, quarum ultima fuit haeresis bestiae maumethanae, quae deprivavit tam Vetus quam Novum Testamentum.Le second état de l’Église se déroula sous le retentissement des sept trompettes, lesquelles furent les sept hérésies principales, dont la dernière fut l’hérésie de la bête mahométane, qui a dépouillé aussi bien l’Ancien que le Nouveau Testament.The second state of the Church took place under the sounding of the seven trumpets, which were the seven principal heresies, the last of which was the heresy of the Mohammedan beast, which deprived both the Old and the New Testament.

1479. Hans Memling

  • Hans Memling (v.1438-1494), Le Mariage mystique de sainte Catherine , diptyque commandé en 1474, signé et daté de 1479, et conservé au Musée Memling de Bruges, ancien hôpital Saint-Jean.
    • Détail du volet de droite consacré à Saint-Jean l'Évangéliste représenté à Patmos, et déroulant en arrière-plan différentes scènes de ses visions.

1485 env. Rosace de la Sainte-Chapelle

  • Rose ouest de la Sainte-Chapelle, réalisée vers 1458, sous le règne de Charles VIII.

1490. Apocalypse des ducs de Savoie

  • L'Apocalypse figurée des ducs de Savoie, manuscrit commandé par Amédée VIII de Savoie en 1428, et terminé sous son arrière petit-fils Charles Ier de Savoie en 1490. Ses 97 miniatures sont dues d'abord à Jean Bapteur, assisté par Peronet Lamy à partir de 1433, puis à partir de 1486 jusqu'à 1490, à Jean Colombe, qui vient de terminer Les Très Riches Heures du duc de Berry. Le volume est conservé aujourd'hui en Espagne par la bibliothèque du monastère de l'Escurial sous la cote E. Vit. 5.
  • Cette image sabotée par celui qui l'a mise en ligne a été réparée vaille que vaille. Merci à toute personne qui pourrait le faire de nous en faire parvenir un meilleur scan ou cliché.

1498. Albrecht Dürer

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