IESOUS

Retour sur les origines chrétiennes

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apoc.5mois.501-1000

Bernard Gineste (2025)

"Cinq mois" (Apoc. 9,5.10)

03. Réception de l'an 501 à l'an 1000

500-1000

Début VIe siècle. Césaire d'Arles

  • Césaire d'Arles (v.470-542), moine de Lérins puis évêque d'Arles pendant quarante ans, Césaire raysonne sur la toute Gaule méridionale et l'Espagne. Il protégea son peuple contre les exactions des Barbares et l'enseigna par des sermons simples et vivants. Son Commentaire sur l'Apocalypse est en fait tiré d'une série de ses sermons et il a été composé pour une part à partir de ses brouillons, et pour une autre à partir de notes prises à la volée par un de ses auditeurs.
  • Césaire d'Arles, Joël Courreau et Solange Bouquet (trad.), Ignace De La Potterie (préfacier), L'Apocalypse expliquée par Césaire d'Arles (13,5 cm sur 19,5, 220 p., ISBN 9782220027326), Desclée de Brouwer (“Les Pères Dans La Foi” 12), 1988.
  • Césaire d'Arles (Caesarius Arelatensis), Commentaire de l'Apocalypse de Jean (12, cm sur 19,5, 300 p., ISBN 9782204154895), Paris, Cerf (“Sources chrétiennes” 636“), 2013.
  • Roger Gryson (éd.), Caesarii Arelatensis. Expositio de Apocalypsi Sancti Iohannis, cura et studio Roger Gryson, Turnhout, Brepols (“CCSL” 105), 2019, pp 143-144.
  • Le commentaire de Césaire s'inspire de ceux de ses deux prédécesseurs Tyconius et Victorin de Poetovio. Il traite des deux passages considérés (Apoc. 9, 5.10) mais dans ce qui nous en a été conservé ne dit rien des deux mots “quinque mensibus”, qui ne sont même pas portés dans les lemmes du texte qu'il rappelle avant de les commenter.

Vers 540. Apringius de Béja

  • Apringius de Béja, actif vers 540, en latin Apringius Pacensis, évêque de la cité de Pax Julia, aujourd'hui Béjà au Portugal. De son Commentaire des l'Apocalypse en sept livres, dont on n'a conservé qu'un manuscrit, seul les livres I, II, VI et VII sont originaux, tandis que les livres II, IV et V dépendent du Commentaire de Victorin de Petoevio révisé par saint Jérôme. Roger Gryson pense que cette partie centrale du commentaire a y été insérée par un copiste pour pallier une lacune de sa source. Le commentaire qu'Apringius donnait du chapitre 9 de l'Apocalyse est perdu.
  • Marius Férotin (éd.), Apringius de Beja. Son Commentaire sur l'Apocalypse, écrit sous Theudis, roi des Wisigoths (531-548), publié pour la première fois, d'après le manuscrit unique de l'Université de Copenhague, par Dom Marius Férotin, Bénédictin de la Congrégation de Solesmes, prieuré de Farnborough. Avec deux planches en photogravure (XXIV+90 p.), Paris, Alphonse Picard, 1900.
  • Roger Gryson (éd.), “Apringi Pacensis episcopi Tractatus in Apocalypsin Fragmenta quae supersunt”, in Variorum Auctorum Commentaria Minora in Apocalypsin Iohannis, scilicet Apringi Pacensis Tractatus Fragmenta, Cassiodori senatoris Complexiones, Pauca de Mongramma Excerpta, Incerti auctoris Commemoratorium, de Enigmatibus ex Apocalypsi, Commemoratorium a Theodulpho auctum, quae omina recognovit et commentario critico instruxit Roger Gryson (352 p.), Turnhout, Brepols (“Corpus Christianorum Series Latina” 107), 2003, pp. 11-97.

Vers 545. Cassien de Scythopolis

  • Didyme d'Alexandrie (v.313-398), dit Didyme l'Aveugle-, disciple d'Origène (185-253) et comme lui théologien et exégète dont la plupart des textes ont été détruits, ou au moins cessé d'être copiés, après sa condamnation posthume survenue en 553, dont un commentaire sur l'Apocalypse entièrement perdu.
  • Cassien de Scythopolis (v.470-548), aussi appelé Cassien le Sabaïte parce que sixième abbé du monastère palestinien de Mar Saba aussi appelé Laure de Saint-Sabas. Certaines de ses œuvres ont été longtemps attribuées à tort à Jean Cassien (v.360-435), le fondateur de l'abbaye Saint-Victor de Marseille.
    • cf. Panayiotis Tzamalikos, A Newly Discovered Greek Father: Cassian the Sabaite Eclipsed by John Cassian of Marseilles (XV+716 p.), Leiden, Brill (“Vigilae Christianae. Supplements” 111), 2012; The Real Cassian Revealed: Monastic Life, Greek ‘Paideia’, and Origenism in the Sixth Century (XVIII+550 p.), Leiden, Brill (“Vigilae Christianae. Supplements” 111), 2012.
  • Panayiotis Tzamalikos (né en 1951), professeur de philosophie à l'université Aristote de Thessalonique. Il s'intéresse aux interactions entre l'hellénisme et le christianisme jusqu'au IXe siècle, ainsi qu'à l'influence réelle de d'Origène jusqu'à la fin du VIe siècle. Il propose d'attribuer ces scholies sur l'Apocalypse à Cassien de Scythopolis, et d'y distinguer certaines influences et mêmes de probables citations implicites d'auteurs antérieurs. La brève scholie qui suit la section 7,13-9,19 de l'Apocalypse lui paraît ainsi un emprunt au commentaire perdu de Didyme l'Aveugle (v.313-398), dont la la plupart des textes ont été détruits après sa condamnation posthume survenue en 553.
  • Panayiotis Tzamalikos (éd.), An Ancient Commentary on the Book of Revelation (464 p.), Cambridge, University Press, 2017, pp. 175-176 (scholion XXXIV sur Apoc. 7,13-9,19) et 385-387 (Expanded notes to scholion XXXIV).
grec (v.545)latin (2025)français (2025)anglais (2013)
Ἐπίστησον, εἰ αἱ πλυθεῖσαι καὶ λευκανθεῖσαι στολαὶ τῶν ἐκ μεγάλης θλίψεως ἀναβεβηκότων εἶναι δύναται τὰ σώματα αὐτῶν, ἤδη προτεθεωρημένα ὡς ἀνίστανται ἄφθαρτα καὶ πνευματικά.Considera, utrum stolæ eorum, qui ex tribulatione magna ascenderunt, lotæ ac dealbatæ, possint corpora ipsorum significare, jam antea conspecta qualia resurgant incorrupta atque spiritualia.Examine si les robes lavées et blanchies de ceux qui sont montés de la grande tribulation peuvent représenter leurs corps, déjà vus par avance tels qu’ils se relèveront incorruptibles et spirituels.You should then examine whether it is possible for the robes of those who came out of great tribulation, which were washed and made pure and white, to betoken their bodies being seen in advance [by John] as they are raised up incorrupt and spiritual.
  • Panayiotis Tzamalikos a montré que le but du scholiaste n'est pas d'élucider chaque détail du texte, mais d'y relever tout ce qui y concorde clairement avec le reste des Écritures. Dans ce cadre, concernant la longue section 7,13 à 9,21 qui va de l'explication du sixième des sept sceaux à l'ensemble de la cinquième trompette, il ne relève que l'explication de la vision de la foule lors de l'ouverture du sixième sceau, qui lui paraît conforme avec la doctrine de la résurrection de la chair. La suite à ce qu'il semble et spécialement l'épisode des sauterelles lors de la sonnerie de la cinquième trompette ne présente aucun enjeu du point de vue qui l'intéresse. (Op. cit. p. 65: “À la fin du texte, nous trouvons de longues parties de l'Apocalypse accompagnées de commentaires relativement courts. Cela n'est peut-être pas le résultat d'une décision rationnelle. À mesure que l'auteur avance et progresse dans l'établissement de l'accord canonique du Livre avec le reste des Écritures, il estime qu'il a de moins en moins besoin de faire des commentaires détaillés sur les courts passages de l'Apocalypse. Le livre n'est plus examiné phrase par phrase, ou par petits morceaux, comme au début. Au fur et à mesure qu'il avance, Cassien estime avoir fourni suffisamment d'arguments. Satisfait, il saute de larges parties du livre ou les commente brièvement.”)

Vers 560. Primase d'Hudrumète

  • Primase d'Hadrumète († v. 560), évêque d'Hadrumète (aujourd'hui Sousse en Tunisie), auteur d'un commentaire sur l'Apocalypse qui s'inspire beaucoup de différents écrits d'Augustin (354-430) évêque d'Hippone (aujourd'hui Annaba en Algérie) ainsi que du commentaire de l'Apocalypse d'un autre Africain contemporain d'Augustin, Tyconius (actif de 365 à 395).
  • Euchar Hirschhorn (Eucharius Cervicornus) (éd.), Primasii Afri Episcopi Uticensis … Super apocalysim B. Johannis apostoli, libri 5, iam primum typis excussi (330 p.), Cologne (Köln), 1535 (réimpression: Paris, 1544).
  • Primasii Afri episcopi Uticensis, viri suo tempore clarissimi, super Apocalypsim B. Johannis apostoli, libri quinque, jam primum typis excussi (in-8°, ), Paris, Jean Foucher et Vivant Gaultherot, 1544
  • Iohannes Gagneius (éd.), Primasii Uticensis in Africa Episcopi, in omnes D. Paul epistolas commentatii perbreves ac docti, ante annos mille ab autore editi (258 folios), Paris, Charles Guillard, 1543.
  • Bâle, 1544.
  • Patrologia Latina, t. 68. col. 409-793. 1866, col. 793-940.
  • Arthur White Adams (éd.), Primasius episcopus Hadrumetinus. Commentarius in Apocalypsin, ed. A.W. Adams (XXXVI+366 p.), Turnhout, Brepols (“Corpus Christianorum. Series Latina” 92), 1985, pp. 146-152.
latin (v. 560)français (2025)anglais (2025)
Et quintus angelus tuba cecinit, et vidi stellam de caelo cecidisse in terram, et data est ei clavis putei abyssi.Et le cinquième ange sonna de la trompette, et je vis une étoile tomber du ciel sur la terre, et la clef du puits de l’abîme lui fut donnée.And the fifth angel sounded the trumpet, and I saw a star fall from heaven to the earth, and the key of the pit of the abyss was given to him.
Et aperuit puteum abyssi de quo puteo ascendit fumus tamquam de magna fornace, qui solem et aerem tenebris obscuravit.Et il ouvrit le puits de l’abîme, et de ce puits monta une fumée comme celle d’une grande fournaise, qui obscurcit le soleil et l’air de ténèbres.And he opened the pit of the abyss, and from the pit rose smoke like the smoke of a great furnace, which darkened the sun and the air with darkness.
Et de eo fumo exierunt locustae in terram, et data est eis potestas sicut habent potestatem scorpiones terrae.Et de cette fumée sortirent des sauterelles sur la terre, et un pouvoir leur fut donné, semblable à celui qu’ont les scorpions de la terre.And from that smoke locusts came out upon the earth, and power was given to them, like the power that the scorpions of the earth possess.
Et dictum est illis ne nocerent faenum terrae, nec ullum viride, nec ullam arborem.Et il leur fut dit de ne pas nuire à l’herbe de la terre, ni à aucune verdure, ni à aucun arbre.And it was said to them not to harm the grass of the earth, nor any green thing, nor any tree.
Stella cadens caput et corpus est impiorum, id est diabolus cum societate malorum, similiter peccato cadentium, nam de ipso Esaias dicit: Quomodo cecidit lucifer qui mane oriebatur.L’étoile qui tombe est la tête et le corps des impies, c’est-à-dire le diable avec la compagnie des méchants, eux aussi tombant par le péché ; car à son sujet Isaïe dit : Comment est tombé Lucifer, qui se levait au matin.The falling star is the head and the body of the wicked, that is, the devil together with the company of the evil, likewise falling through sin; for concerning him Isaiah says: How has Lucifer fallen, who rose in the morning.
Et abyssus et puteus homines sunt qui latebras errorum, id est latentes in corde nequitias etiam intra ecclesiam positi, tamdiu videntur temporali fraude contegere, quamdiu occulto quidem, sed iusto dei iudicio potestatem accipiant temporalem.Et l’abîme et le puits désignent des hommes qui, même placés à l’intérieur de l’Église, semblent longtemps couvrir par une ruse temporelle les retraites de l’erreur, c’est-à-dire les malices cachées dans le cœur, tant qu’ils reçoivent un pouvoir temporel par un jugement de Dieu certes caché, mais juste.The abyss and the pit signify men who, even when placed within the Church, appear for a time to conceal by temporal deceit the hiding places of error, that is, the wickednesses hidden in the heart, so long as they receive a temporal power by a judgment of God that is hidden, yet just.
Hanc arbitror clavem putei eos accipere, per quam venena sui cordis aperiant et in apertum manifestati prorumpant.C’est, à mon sens, cette clef du puits qu’ils reçoivent, par laquelle ils ouvrent les poisons de leur cœur et, une fois manifestés au grand jour, font irruption.This, I think, is the key of the pit that they receive, by which they open the poisons of their heart and, once revealed openly, burst forth.
Oportet enim, ait Apostolus, haereses esse inter vos, ut probati manifesti fiant in vobis.Il faut en effet, dit l’Apôtre, qu’il y ait des hérésies parmi vous, afin que ceux qui sont éprouvés soient manifestés au milieu de vous.For it is necessary, says the Apostle, that heresies arise among you, so that those who are approved may be made manifest among you.
Quando enim error nascitur, amplius veritas praedicatur et ut fidei defendatur integritas, latens iamdiu falsitas opportune frustranda detegitur.Car lorsque l’erreur naît, la vérité est prêchée avec plus de force, et, afin que l’intégrité de la foi soit défendue, une fausseté longtemps cachée est opportunément mise au jour pour être réduite à néant.For when error arises, the truth is preached more fully, and so that the integrity of the faith may be defended, a falsehood long hidden is fittingly uncovered in order to be refuted.
De illorum enim cadentium numero schismatici et haeretici frequenter oriuntur, de quibus ecclesia veraciter dicit in Cantico Canticorum : Filii matris meae dimicaverunt adversus me, cum scilicet aut per occasiones scandali aut patrocinia favoremque saecularium potestatum desideratam reppererint facultatem, latentia dudum malae credulitatis venena aliis etiam praedicare, rectaeque fidei veritatem serenitatis luce perspicaciter refulgentem tenebrosis disputationibus obscurare.Car, du nombre de ces déchus, naissent fréquemment des schismatiques et des hérétiques, à propos desquels l’Église dit avec vérité dans le Cantique des Cantiques : Les fils de ma mère ont combattu contre moi, lorsqu’ils trouvent, soit par des occasions de scandale, soit par le patronage et la faveur des pouvoirs séculiers, la possibilité désirée de prêcher aussi aux autres les poisons longtemps cachés d’une mauvaise croyance, et d’obscurcir par des controverses ténébreuses la vérité de la foi droite, qui resplendit clairement d’une lumière sereine.For from the number of those who fall there frequently arise schismatics and heretics, concerning whom the Church truthfully says in the Song of Songs: The sons of my mother have fought against me, when, whether through occasions of scandal or through the patronage and favor of secular powers, they find the desired opportunity to preach to others the poisons of a false belief long hidden, and to obscure with dark disputations the truth of the right faith, which shines clearly with the light of serenity.
Ipsos enim significant locustae de fumo exeuntes, licet enim sicut fumus haeretici alta videantur adpetere, cum in suis affectant principari doctrinis, tamen sicut idem fumus seipsis deficiunt.Car ce sont bien eux que signifient les sauterelles sortant de la fumée : bien que les hérétiques, comme la fumée, semblent aspirer à des hauteurs lorsqu’ils cherchent à dominer par leurs doctrines, pourtant, comme cette même fumée, ils s’évanouissent par eux-mêmes.For it is they whom the locusts coming out of the smoke signify: although heretics, like smoke, seem to strive toward lofty things when they seek to rule by their doctrines, yet, like that same smoke, they fail and dissipate of themselves.
De hoc fumo dictum legimus ex persona malorum fumus afflatus est in naribus nostris, et sermo scintillae ad commovendum cor nostrum, cum adversus sapientiam dominum Iesum Christum impii noxia moliri narrantur, qui etiam contra eius ecclesiam militare hic etiam describuntur, horum malitia ore laedens, faenum viride et arbores laedere cohibetur; in faeno parvulos lacte fidei christianae contentos, in viridi germine virtutum inchoantes vivere significans, non ariditati sed fertilitatis fructibus propinquantes, in arboribus autem illos in ecclesia praefigurans homines quorum iam fructibus spiritaliter gratulatur.À propos de cette fumée, nous lisons, à la place des méchants : Une fumée a été soufflée dans nos narines, et une parole comme une étincelle pour émouvoir notre cœur, lorsque les impies sont décrits comme fomentant des desseins nuisibles contre la sagesse du Seigneur Jésus-Christ, eux qui sont aussi ici présentés comme combattant contre son Église ; leur malice, blessant par la bouche, est cependant empêchée de nuire à l’herbe verte et aux arbres : par l’herbe, il désigne les petits qui se contentent du lait de la foi chrétienne ; par le bourgeon verdoyant, ceux qui commencent à vivre dans les vertus, proches non de la stérilité mais des fruits de la fécondité ; par les arbres enfin, il préfigure ces hommes de l’Église dont il se réjouit déjà spirituellement des fruits.Concerning this smoke, we read, speaking in the person of the wicked: Smoke has been blown into our nostrils, and a word like a spark to stir our heart, when the impious are said to be devising harmful plots against the wisdom of the Lord Jesus Christ, who are also here described as waging war against his Church; their malice, wounding by the mouth, is nevertheless restrained from harming the green grass and the trees: by the grass he signifies the little ones content with the milk of the Christian faith; by the green shoot those beginning to live in the virtues, close not to barrenness but to the fruits of fertility; and by the trees he prefigures those people in the Church whose fruits he already spiritually rejoices in.
De primo parvulorum genere legimus: Qui fundavit terram super aquas, id est baptismi; de secundo: In stillicidiis suis laetabitur cum exorietur; de tertio: Ego autem sicut oliva fructifera in domo domini.Du premier genre, celui des petits, nous lisons : Celui qui a fondé la terre sur les eaux, c’est-à-dire du baptême ; du second : Il se réjouira dans ses gouttes quand il surgira ; du troisième : Mais moi, comme un olivier fécond dans la maison du Seigneur.Of the first group, the little ones, we read: He who founded the earth upon the waters, that is, baptism; of the second: He shall rejoice in his drops when he springs forth; of the third: But I am like a fruitful olive tree in the house of the Lord.
Ex his autem omnibus ille electorum perficitur numerus, quem locustarum morsus nocere cohibetur, nisi homines (inquit) qui non habent signum Dei in frontibus suis.De l’ensemble de ceux-ci se forme le nombre des élus, auxquels la morsure des sauterelles est empêchée de nuire, sauf — dit-il — aux hommes qui n’ont pas le signe de Dieu sur leurs fronts.From all these, the number of the elect is completed, whom the bite of the locusts is restrained from harming, except — he says — those men who do not have the sign of God on their foreheads.
Non enim, ait Apostolus, omnium est fides.Car la foi, dit l’Apôtre, n’est pas donnée à tous.For faith, says the Apostle, does not belong to all.
His etiam solem praedicit obscurari, nec etiam extingui, quoniam licet superabundante iniquitate refrigescat caritas multorum: Firmum tamen fundamentum Dei stat, ut scriptum est, habens signaculum hoc, novit Dominus qui sunt eius, et discedant ab iniquitate omnes qui invocant nomen Domini.À ceux-là aussi il annonce que le soleil sera obscurci, mais non éteint, car bien que, l’iniquité surabondant, la charité de beaucoup se refroidisse, le solide fondement de Dieu demeure, comme il est écrit : portant ce sceau : le Seigneur connaît ceux qui sont à lui, et que s’éloignent de l’iniquité tous ceux qui invoquent le nom du Seigneur.To these he also foretells that the sun will be darkened, yet not extinguished, for although, as iniquity abounds, the charity of many grows cold, the firm foundation of God stands, as it is written: having this seal: the Lord knows those who are his, and let all who invoke the name of the Lord depart from iniquity.
Iste porro fumus quibusdam faciens caecitatem, ideo fornacis magnae dicitur quia novissimae probationis tribulationem praeire cognoscitur.Cette fumée, provoquant chez certains l’aveuglement, est appelée celle d’une grande fournaise, parce qu’elle est reconnue comme précédant la tribulation de l’épreuve ultime.This smoke, causing blindness in some, is therefore called that of a great furnace, because it is known to precede the tribulation of the final testing.
Nisi tantum homines qui non habent signum Dei in frontibus eius.Sauf seulement les hommes qui n’ont pas le signe de Dieu sur leurs fronts.Except only the men who do not have the sign of God on their foreheads.
Illo hic locutionis genere uti voluit quod multis locis divina scriptura frequentat, quo dicit: Qui edit carnem meam et bibit sanguinem meum in me manet, et ego in eo, pro eo ac si diceret qui sic edent ut edenda est et sic bibent ut bibendus est sanguis meus.Il a voulu employer ici ce mode de langage que l’Écriture divine utilise fréquemment en de nombreux passages, lorsqu’elle dit : Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui, comme si elle disait : ceux qui mangeront comme il faut manger et boiront comme il faut boire mon sang.He wished here to use that manner of speech which Sacred Scripture frequently employs in many places, when it says: He who eats my flesh and drinks my blood abides in me, and I in him, as if it were saying: those who eat as one must eat and drink as one must drink my blood.
Multi enim cum hoc videantur accipere in Deo non manent, nec Deus in ipsis, quia iudicium sibi manducare et bibere perhibentur.Car beaucoup, bien qu’ils paraissent recevoir cela, ne demeurent pas en Dieu, ni Dieu en eux, parce qu’on dit qu’ils mangent et boivent leur propre jugement.For many, although they seem to receive this, do not abide in God, nor does God abide in them, because they are said to eat and drink judgment upon themselves.
Sic etiam signum Dei in frontibus illi habere dicuntur, a quibus ut oportet habetur, sicut illud est: Nemo dicit dominum Iesum nisi in Spiritu sancto.Ainsi de même, sont dits avoir le signe de Dieu sur leurs fronts ceux qui le portent comme il convient, de même qu’il est dit : Nul ne peut dire “Seigneur Jésus” sinon dans l’Esprit Saint.Thus likewise, those are said to have the sign of God on their foreheads who possess it as they ought, just as it is said: No one can say “Lord Jesus” except in the Holy Spirit.
Cum norimus multos eum haereticos falsosque Christianos superficietenus nominare corde fucato non recto, sanctus autem Spiritus disciplinae effugiet fictum.Puisque nous savons que beaucoup d’hérétiques et de faux chrétiens le nomment seulement en surface, avec un cœur fardé et non droit, mais l’Esprit Saint de discipline fuit ce qui est feint.Since we know that many heretics and false Christians name him only superficially, with a heart that is disguised and not upright, but the Holy Spirit of discipline flees what is false.
Et dictum est illis ne occiderent eos sed ut cruciarentur mensibus sex: et cruciatus eorum ut cruciatus scorpionum cum percusserint hominem.Et il leur fut ordonné de ne pas les tuer, mais de les tourmenter pendant six mois ; et leur tourment est comme le tourment du scorpion lorsqu’il frappe un homme.And it was said to them not to kill them, but that they should be tormented for six months; and their torment is like the torment of a scorpion when it strikes a man.
Gemino modo hic locus intellegi potest, aut eos ipsos signum Dei habentes in frontibus occidere non sinuntur, quos tamen cruciare temporaliter permittuntur, sicut de Iob Deus praeceperat dicens: Animam tantum eius ne tetigeris.Ce passage peut être compris de deux manières : soit ils ne sont pas autorisés à tuer ceux-là mêmes qui portent le signe de Dieu sur le front, mais seulement à les tourmenter temporairement, comme Dieu l’ordonna à propos de Job en disant : Ne touche pas à son âme.This passage can be understood in two ways: either they are not allowed to kill those who bear the sign of God on their foreheads, but only to torment them temporarily, just as God commanded concerning Job, saying: Only do not touch his soul.
Sic etiam hic superius praemissum est ne laederent faenum et cetera, iamque subiecit nisi tantum homines qui non habent signum Dei in frontibus suis, tamquam de his adhuc loquens et dictum est, inquit, illis ne occiderent eos, id est in anima, eo quod exercendi tantum non occidendi essent.Ainsi, de même ici, il avait été dit plus haut qu’ils ne devaient pas nuire au foin, etc., puis il a ajouté : sinon seulement les hommes qui n’ont pas le signe de Dieu sur leurs fronts ; comme s’il parlait encore d’eux, il est dit qu’il leur fut ordonné de ne pas les tuer, c’est-à-dire quant à l’âme, puisqu’ils devaient être éprouvés, non exterminés.Likewise here it was previously stated that they should not harm the grass and so forth, and then it was added: except only the men who do not have the sign of God on their foreheads; as though still speaking of these, it is said that they were commanded not to kill them, that is, as regards the soul, since they were to be tested, not destroyed.
Sed ut cruciarentur mensibus sex, id est in hac tantummodo vita, quae sex aetatum articulis distincta peragitur, ut pro aetatibus menses intellegas positos.Mais afin qu’ils soient tourmentés pendant six mois, c’est-à-dire uniquement dans cette vie, qui se déroule selon six âges distincts, de sorte que les mois soient compris comme représentant les âges.But that they should be tormented for six months, that is, only in this life, which is carried out in six distinct ages, so that the months are understood as representing the ages.
Hic enim tantum impii in bonos grassari temporaliter permittuntur, sicut legimus Iob dicente: Tradita est terra in manus impii, id est corpus.Car ici les impies ne sont autorisés à s’acharner contre les justes que temporairement, comme nous le lisons chez Job : La terre a été livrée aux mains de l’impie, c’est-à-dire le corps.For here the wicked are permitted to rage against the righteous only temporarily, as we read Job saying: The earth has been delivered into the hands of the wicked, that is, the body.
Et cruciatus eorum ut cruciatus scorpionum cum percutit hominem, ut cum isti signati posteriora contempserint, in anteriora extenti sequantur ad palmam supernae vocationis, inde cruciari ab aliis videantur, quod ipsi per contemptum saeculi respuerunt, id est aut potestatem saecularem, aut malae credulitatis errorem.Et leur tourment est comme le tourment du scorpion lorsqu’il frappe un homme : afin que, lorsque ceux qui sont marqués ont méprisé les choses de derrière, ils s’élancent vers celles de devant pour poursuivre la récompense de l’appel céleste, et paraissent dès lors être tourmentés par les autres pour ce qu’ils ont rejeté par mépris du siècle, à savoir soit le pouvoir séculier, soit l’erreur d’une croyance perverse.And their torment is like the torment of a scorpion when it strikes a man: so that when those who are sealed have despised what lies behind, they stretch forward to what lies ahead in pursuit of the prize of the heavenly calling, and thus seem to be tormented by others for what they themselves rejected through contempt for the world, namely either secular power or the error of false belief.
Sicut enim scorpius a posterioribus venena diffundit, sic omnis vel impietas saecularium potestatum vel malarum pravitas doctrinarum a posterioribus nocet, cum anterioribus (id est aeternis bonis) posteriora (id est temporalia bona) praeponit, aut minis frangens aut commodis blandiens, dummodo spem melioris vitae percutere studeat.De même que le scorpion diffuse son venin par l’arrière, ainsi toute impiété des puissances séculières ou toute perversité des doctrines mauvaises nuit par ce qui est derrière, lorsqu’elle préfère les choses postérieures (les biens temporels) aux choses antérieures (les biens éternels), soit en brisant par les menaces, soit en flattant par les avantages, pourvu qu’elle cherche à frapper l’espérance d’une vie meilleure.For just as a scorpion spreads its venom from behind, so every impiety of secular powers or perversity of evil doctrines harms from behind, when it prefers what is posterior (temporal goods) to what is anterior (eternal goods), either by breaking through threats or by enticing through advantages, provided it seeks to strike at the hope of a better life.
Inde ovo scorpionem e contrario Dominus in Evangelio futurae vitae posuit, tamquam in novam vitam nascituro spem praeripiat.C’est pourquoi, à l’inverse, le Seigneur, dans l’Évangile, a opposé le scorpion à l’œuf, symbole de la vie future, comme si l’on arrachait l’espérance à celui qui doit naître à une vie nouvelle.Hence the Lord in the Gospel set the scorpion in opposition to the egg, a symbol of future life, as though hope were being snatched away from one who is to be born into a new life.
Si autem aliter intellegi potest, ut non ipsos signatos dixerit cruciari sed alteros, ut quasi iste videatur ordo verborum: nisi tantum homines qui non habent signum Dei in frontibus.Mais on peut aussi comprendre autrement, en ce sens qu’il n’aurait pas dit que les marqués eux-mêmes sont tourmentés, mais les autres, de sorte que l’ordre des mots serait comme suit : sinon seulement les hommes qui n’ont pas le signe de Dieu sur leurs fronts.But it can also be understood otherwise, namely that he did not say that the sealed themselves are tormented, but the others, so that the order of the words would seem to be: except only the men who do not have the sign of God on their foreheads.
Et quia de praepositis hereticorum dicturus erat, debuit illos etiam hic nominare qui ab eis seducti postea meruere converti.Et puisqu’il allait parler des chefs des hérétiques, il devait aussi mentionner ici ceux qui, séduits par eux, ont ensuite mérité de se convertir.And since he was about to speak of the leaders of the heretics, he also had to mention here those who, having been seduced by them, later deserved to be converted.
Et dictum est illis, inquit, ne occiderent eos et cetera.Et il leur fut dit, dit-il, de ne pas les tuer, et ainsi de suite.And it was said to them, he says, not to kill them, and so forth.
Ut illi hic intellegantur qui licet falsis doctrinis fuerant irretiti, circa finem tamen vitae compuncti divinam recipiant veritatem.Afin que l’on comprenne ici ceux qui, bien qu’ils aient été pris dans de fausses doctrines, reçoivent cependant la vérité divine, touchés au cœur vers la fin de leur vie.So that those may be understood here who, although they had been ensnared by false doctrines, nevertheless receive the divine truth when pierced with compunction near the end of their life.
Ita ut posterioribus quibus decepti fuerant congrua dicantur paenitentia cruciari, cum resipiscentes a diaboli laqueis cognita firmiter veritate, non eos iam vivere libeat sed mori delectet qui tantum dudum iniquitatem in excelso locuti sunt.De sorte que l’on dise qu’ils sont tourmentés par une pénitence appropriée à l’égard des choses postérieures par lesquelles ils avaient été trompés, lorsque, revenus à eux-mêmes hors des pièges du diable, ayant fermement reconnu la vérité, ils ne prennent plus plaisir à vivre, mais trouvent leur joie à mourir, eux qui naguère encore proféraient l’iniquité avec arrogance.So that they are said to be tormented by a fitting repentance for those later things by which they had been deceived, when, having come to their senses from the snares of the devil and firmly recognized the truth, they no longer delight in living but take pleasure in dying, they who not long ago spoke iniquity with arrogance.
Utrisque autem expositionibus concinunt quae sequuntur cum dicit: Et in diebus illis quaerent homines mortem et non invenient eam, et desiderabunt mori et fugiet mors ab eis.À l’une et l’autre de ces interprétations s’accordent ce qui suit, lorsqu’il est dit : En ces jours-là, les hommes chercheront la mort et ne la trouveront pas, ils désireront mourir et la mort fuira loin d’eux.Both interpretations harmonize with what follows, when it is said: In those days men will seek death and will not find it; they will desire to die, and death will flee from them.
Sive enim illi signati sint qui sic mori affectant mundo ut vivant Deo, sive isti sint qui variis pridem erroribus implicati, sera saltem nobis sint compunctione reddendi, quaerent mortem et non invenient eam.Que ce soient en effet les marqués, qui aspirent ainsi à mourir au monde afin de vivre pour Dieu, ou bien ceux-là mêmes qui, depuis longtemps engagés dans divers égarements, doivent au moins tardivement nous être rendus par la componction, ils chercheront la mort et ne la trouveront pas.For whether they are the sealed ones who thus desire to die to the world in order to live to God, or those who were long entangled in various errors and must at least be restored to us through late compunction, they will seek death and will not find it.
Et desiderabunt mori et mors ab eis.Et ils désireront mourir, et la mort les fuira.And they will desire to die, and death will flee from them.
Potest enim in bono dici mortificati vivunt aut mortui vivunt, sicut Apostolus: Mortui enim estis et vita vestra abscondita est, quemadmodum e contrario de vidua dixit vivens mortua est.On peut en effet dire en un bon sens que les mortifiés vivent, ou que les morts vivent, comme le dit l’Apôtre : Vous êtes morts, et votre vie est cachée ; de même qu’à l’inverse il a dit de la veuve qu’elle est morte tout en vivant.For it can indeed be said in a good sense that the mortified live, or that the dead live, as the Apostle says: For you have died, and your life is hidden; just as, on the contrary, he said of the widow that she is dead while she lives.
Ita ut posterioribus quibus decepti fuerant congrua dicantur paenitentia cruciari, cum resipiscentes a diaboli laqueis cognita firmiter veritate, non eos iam vivere libeat sed mori delectet qui tantum dudum iniquitatem in excelso locuti sunt.De sorte que l’on dise qu’ils sont tourmentés par une pénitence appropriée à l’égard des choses postérieures par lesquelles ils avaient été trompés, lorsque, revenus à eux-mêmes hors des pièges du diable, ayant fermement reconnu la vérité, ils ne prennent plus plaisir à vivre, mais trouvent leur joie à mourir, eux qui naguère encore proféraient l’iniquité avec arrogance.So that they are said to be tormented by a fitting repentance for those later things by which they had been deceived, when, having come to their senses from the snares of the devil and firmly recognized the truth, they no longer delight in living but take pleasure in dying, they who not long ago spoke iniquity with arrogance.
Utrisque autem expositionibus concinunt quae sequuntur cum dicit: Et in diebus illis quaerent homines mortem et non invenient eam, et desiderabunt mori et fugiet mors ab eis.À l’une et l’autre de ces interprétations s’accordent ce qui suit, lorsqu’il est dit : En ces jours-là, les hommes chercheront la mort et ne la trouveront pas, ils désireront mourir et la mort fuira loin d’eux.Both interpretations harmonize with what follows, when it is said: In those days men will seek death and will not find it; they will desire to die, and death will flee from them.
Sive enim illi signati sint qui sic mori affectant mundo ut vivant Deo, sive isti sint qui variis pridem erroribus implicati, sera saltem nobis sint compunctione reddendi, quaerent mortem et non invenient eam.Que ce soient en effet les marqués, qui aspirent ainsi à mourir au monde afin de vivre pour Dieu, ou bien ceux-là mêmes qui, depuis longtemps engagés dans divers égarements, doivent au moins tardivement nous être rendus par la componction, ils chercheront la mort et ne la trouveront pas.For whether they are the sealed ones who thus desire to die to the world in order to live to God, or those who were long entangled in various errors and must at least be restored to us through late compunction, they will seek death and will not find it.
Et desiderabunt mori et mors ab eis.Et ils désireront mourir, et la mort les fuira.And they will desire to die, and death will flee from them.
Potest enim in bono dici mortificati vivunt aut mortui vivunt, sicut Apostolus: Mortui enim estis et vita vestra abscondita est, quemadmodum e contrario de vidua dixit vivens mortua est.On peut en effet dire en un bon sens que les mortifiés vivent, ou que les morts vivent, comme le dit l’Apôtre : Vous êtes morts, et votre vie est cachée ; de même qu’à l’inverse il a dit de la veuve qu’elle est morte tout en vivant.For it can indeed be said in a good sense that the mortified live, or that the dead live, as the Apostle says: For you have died, and your life is hidden; just as, on the contrary, he said of the widow that she is dead while she lives.
Quod vero aliae translationes quinque mensibus continent, ad quinquepartitum sensum quod in hac vita utimur arbitror redigendum, ut utroque numero sive quinario sive senario praesentis vitae significaverit tempora.Quant au fait que d’autres traductions parlent de cinq mois, je pense qu’il faut le ramener au sens quintuplé dont nous usons dans cette vie, de sorte que, par l’un ou l’autre nombre, cinq ou six, soient signifiés les temps de la vie présente.But as to the fact that other translations contain five months, I think this should be referred to the fivefold sense which we use in this life, so that by either number, whether five or six, the times of the present life are signified.
Exuta quippe anima corpore instrumentis talibus non egebit, sed etiam cum mortale hoc induerit immortalitatem, nulli sanctorum erunt sensus isti nocivi, ubi non erit lex carnis repugnans legi mentis.Car lorsque l’âme aura été dépouillée du corps, elle n’aura plus besoin de tels instruments ; et même lorsque ce corps mortel aura revêtu l’immortalité, ces sens ne seront nuisibles à aucun des saints, là où il n’y aura plus de loi de la chair opposée à la loi de l’esprit.For once the soul has been stripped of the body, it will no longer need such instruments; and even when this mortal body has put on immortality, these senses will be harmful to none of the saints, where there will be no law of the flesh resisting the law of the mind.
Et similitudines locustarum similes equis paratis ad proelium et super capita earum tamquam coronae similes auro.Et les figures des sauterelles étaient semblables à des chevaux préparés pour le combat, et sur leurs têtes il y avait comme des couronnes semblables à de l’or.And the likenesses of the locusts were like horses prepared for battle, and upon their heads were as it were crowns like gold.
Locustas et equos paratos ad proelium malarum doctrinarum ponit auctores, quia et sicut locusta quae ore nocet, ita suis et illi praedicationibus lacerant sicut legimus: Lupos graves non parcentes gregi, et sicut equi anfractibus vagis excurrunt, ut plures tali bello perimant quos seducunt.Il présente les sauterelles et les chevaux prêts au combat comme les auteurs de doctrines mauvaises : car, de même que la sauterelle nuit par sa bouche, eux aussi déchirent par leurs prédications, comme nous le lisons : Des loups redoutables qui n’épargnent pas le troupeau ; et comme des chevaux, ils s’élancent par des détours errants afin de faire périr davantage de personnes par ce combat, ceux qu’ils séduisent.He sets forth the locusts and the horses prepared for battle as the authors of evil doctrines: for just as the locust harms by its mouth, so they also tear apart by their preachings, as we read: Grievous wolves not sparing the flock; and like horses they rush about in winding courses, in order to destroy more people in such warfare, those whom they deceive.
Horum autem victoria, qualibus sit coronis significata, considerare debemus, neque enim dixit sicut antea de bonis loquens super capita eorum coronae aureae, sed tamquam coronae similes auro, ac si diceret non tamen ex auro.Mais il nous faut considérer de quelles couronnes est signifiée leur victoire : car il n’a pas dit, comme plus haut en parlant des bons, sur leurs têtes des couronnes d’or, mais « comme des couronnes semblables à de l’or », comme s’il disait qu’elles ne sont pourtant pas d’or.But we must consider by what kind of crowns their victory is signified: for he did not say, as earlier when speaking of the good, upon their heads crowns of gold, but rather “as it were crowns like gold,” as if to say that they are not truly of gold.
Licet enim omnis falsitas principari affectans similitudinem veritatis usurpet, differt tamen dignitas sapientiae a simulatione doctrinae.Car bien que toute fausseté, cherchant à dominer, s’approprie la ressemblance de la vérité, la dignité de la sagesse diffère pourtant de la simple imitation de la doctrine.For although every falsehood that seeks to rule appropriates the likeness of truth, nevertheless the dignity of wisdom differs from the mere imitation of doctrine.
Hinc et diabolus iure ponitur, quod ea sibi exhiberi velit quae Deo novit soli competere, sic et haeretici habentes formam pietatis virtutem autem eius abnegantes.De là vient aussi que le diable est justement décrit comme voulant se faire attribuer ce qu’il sait n’appartenir qu’à Dieu seul ; de même les hérétiques, ayant l’apparence de la piété, mais en reniant la force.Hence the devil too is rightly described as wishing to have attributed to himself what he knows belongs to God alone; likewise the heretics, having the form of godliness but denying its power.
Et facies earum sicut facies hominum, habebant capillos ut capillos mulierum.Et leurs visages étaient comme des visages d’hommes, et elles avaient des cheveux comme des cheveux de femmes.And their faces were like the faces of men, and they had hair like the hair of women.
Si in ore falsa doctrina designatur, iuste in capillis mulierum effeminatos mores habere descripsit et animos seductibiles expressit.Si la fausse doctrine est désignée par la bouche, il a justement décrit, par les cheveux de femmes, des mœurs efféminées et a exprimé des esprits faciles à séduire.If false doctrine is signified by the mouth, he rightly described effeminate morals through the hair of women and expressed minds that are easily led astray.
Hinc Apostolus: Hi sunt inquit qui penetrant domos et captivas ducunt mulierculas oneratas peccatis, quae ducuntur variis desideriis et cetera, quibus et praepositos explicat et seductos, ut non solum credulitate fallaces sed etiam moribus reprobos demonstraret, nam et historica veritate utrumque sexum videtur ostendere.De là l’Apôtre : Ce sont eux, dit-il, qui s’introduisent dans les maisons et emmènent captives des femmelettes chargées de péchés, entraînées par toutes sortes de désirs, etc. Par ces paroles, il explique à la fois les chefs et les séduits, afin de montrer qu’ils sont trompeurs non seulement par leur croyance, mais aussi réprouvés dans leurs mœurs ; et, selon la vérité historique, il semble aussi désigner les deux sexes.Hence the Apostle says: These are they, he says, who creep into houses and lead captive little women burdened with sins, led by various desires, and so forth; by this he explains both the leaders and the seduced, in order to show that they are deceitful not only in belief but also reprobate in morals, and according to historical truth he seems also to indicate both sexes.
Multis enim haereticis favorem praebuere mulieres, ut Priscilla et Maximilla Montano et Lucilla Donato.Car de nombreuses femmes ont accordé leur faveur à des hérétiques, comme Priscilla et Maximilla à Montan, et Lucilla à Donat.For many women granted favor to heretics, such as Priscilla and Maximilla to Montanus, and Lucilla to Donatus.
Et dentes earum sicut leonum erant, et habebant pectora sicut loricas ferreas.Et leurs dents étaient comme des dents de lions, et elles avaient des poitrines comme des cuirasses de fer.And their teeth were like the teeth of lions, and they had breastplates like iron breastplates.
Dentes leonum non solum laniare sed etiam naturalem solent affere foetorem, et quoniam ad hoc circumquaque sicut equi discurrunt ut sibi et temporaliter famam praedicatorum adquirant, recte intellegitur eorum foetor opinio, in bono namque apostolus dicit quia Christi bonus odor sumus.Les dents des lions servent non seulement à déchirer, mais elles dégagent aussi une puanteur naturelle ; et puisque, pour cela, ils courent de tous côtés comme des chevaux afin de s’acquérir même temporairement une réputation de prédicateurs, leur puanteur est justement comprise comme une réputation mauvaise, car l’Apôtre dit en un sens positif : nous sommes la bonne odeur du Christ.The teeth of lions not only tear, but are also accustomed to produce a natural stench; and since for this purpose they run about everywhere like horses in order to acquire even a temporal reputation as preachers, their stench is rightly understood as a bad reputation, for in a good sense the Apostle says: we are the good odor of Christ.
Iste ergo malus odor ex mala doctrina ad odorem oris leonum per similitudinem redigendus.Ce mauvais parfum doit donc être rapporté, par analogie, à l’odeur de la bouche des lions, en tant qu’il provient d’une mauvaise doctrine.Therefore this evil odor, arising from bad doctrine, is to be referred by analogy to the odor of the mouths of lions.
Ferreis porro loricis contra veritatem obfirmata notat duraque praecordia; sic enim retinent pro veritate mendacium, ut pro fide putent defendendam omnino perfidiam, quo circa tales et corde perfidos et ore blasphemos et moribus reprobos cicumscripsit.Par les cuirasses de fer, il désigne des cœurs endurcis et durcis contre la vérité ; car ils retiennent le mensonge à la place de la vérité, au point de croire devoir défendre entièrement la perfidie comme s’il s’agissait de la foi ; c’est pourquoi il les a décrits comme perfides de cœur, blasphématoires de bouche et réprouvés dans leurs mœurs.By the iron breastplates he marks hearts hardened and fortified against the truth; for they hold fast to falsehood instead of truth, so that they think perfidy must be defended as if it were faith itself; therefore he has described such people as faithless in heart, blasphemous in speech, and reprobate in morals.
Et vox alarum earum sicut vox curruum equorum multorum currentium in bellum.Et le bruit de leurs ailes était comme le bruit de nombreux chars de chevaux courant au combat.And the sound of their wings was like the sound of many chariots of horses rushing into battle.
Opsos significans multiplicatos in curribus, quos adhuc paucos praemisit in equis, sive novarum diversitate sententiarum auctos, sive numero seductorum multiplicatos insinuans.Il signifie par là que ceux qui étaient d’abord peu nombreux, figurés par les chevaux, sont maintenant multipliés et figurés par les chars, soit par la diversité accrue de nouvelles opinions, soit par la multiplication du nombre de ceux qu’ils séduisent.By this he signifies that those who were previously few, figured by horses, are now multiplied and figured by chariots, either increased by the diversity of new opinions or multiplied by the number of those they deceive.
In bellum porro current quia praedicatores errorum veritati rebellant, unitati repugnant, quos simili Apostolus forma describit dicens: Sicut Iamnes et Mambres restiterunt Moysi ita et hi resistunt veritati, homines corrupti mente, reprobi circa fidem et caetera.Ils courent en effet au combat, parce que les prédicateurs de l’erreur se rebellent contre la vérité et s’opposent à l’unité ; l’Apôtre les décrit sous une forme semblable en disant : De même que Jannès et Jambrès résistèrent à Moïse, de même ceux-ci résistent à la vérité, hommes corrompus d’esprit, réprouvés quant à la foi, etc.They indeed run into battle because the preachers of error rebel against the truth and oppose unity; the Apostle describes them in a similar way, saying: Just as Jannes and Jambres resisted Moses, so these also resist the truth, men corrupted in mind, reprobate concerning the faith, and so forth.
Et habebant caudas similes scorpionum et aculeis, et omnis potestas in caudis earum erat laedendi homines mensibus quinque.Et elles avaient des queues semblables à celles des scorpions, avec des aiguillons, et tout leur pouvoir de nuire aux hommes était dans leurs queues pendant cinq mois.And they had tails like scorpions, with stings, and all their power to harm men was in their tails for five months.
Scriptum meminimus in Esaia: Longaevus et honorabilis ipse est caput, et propheta docens mendacium ipse cauda est, et erunt qui beatificant populum meum seducentes, et qui beatificantur praecipitati.Nous nous souvenons de ce qui est écrit dans Isaïe : « Le vieillard et l’homme honorable, c’est la tête ; le prophète qui enseigne le mensonge, c’est la queue ; et ceux qui bénissent mon peuple le séduisent, et ceux qui sont bénis sont précipités ».We recall what is written in Isaiah: “The elder and the honorable man, he is the head; and the prophet who teaches lies, he is the tail; and those who bless my people lead them astray, and those who are blessed are cast down.”
Unde claret istos ex ea parte dominari velle quam omnes sancti veritatisque doctores student magnopere praecavere, id est gloriam saecularem et noxiae praedicationis errorem.Il est donc clair qu’ils veulent dominer précisément par ce moyen que tous les saints et les docteurs de la vérité s’efforcent soigneusement d’éviter, à savoir la gloire mondaine et l’erreur d’une prédication nuisible.Hence it is clear that they wish to rule precisely by that means which all saints and teachers of truth strive greatly to avoid, namely worldly glory and the error of harmful preaching.
Ideo in caudis earum potestas earum quinque mensibus hanc vitam rursus insinuat, ubi potest valere mendacium vel ad capiendum inutiles vel ad cruciandum temporaliter spiritales.C’est pourquoi la puissance qui est dans leurs queues, pendant cinq mois, désigne de nouveau cette vie présente, où le mensonge peut avoir force soit pour capturer les inutiles, soit pour tourmenter temporairement les spirituels.Therefore the power in their tails for five months again signifies this present life, in which falsehood can prevail either to ensnare the useless or to torment the spiritual for a time.
Hinc legimus: Vidi insipientes et tabescebam, et taedium detenuit me a peccatoribus.De là nous lisons : J’ai vu les insensés et je dépérissais, et le dégoût m’a retenu loin des pécheurs.Hence we read: I saw the foolish and I wasted away, and weariness kept me from sinners.
Et habebant super se regem angelum abyssi, cui nomen hebraice Armageddon, graeca autem lingua Apollion et latina lingua nomen habens Exterminans.Et elles avaient sur elles un roi, l’ange de l’abîme, dont le nom en hébreu est Armageddon, en grec Apollyon, et en latin Exterminans.And they had over them a king, the angel of the abyss, whose name in Hebrew is Armageddon, but in Greek Apollyon, and in Latin he has the name Exterminator.
Deus summe bonus, licet occultis, iustis tamen iudiciis, congruum talibus angelum praeesse permisit, a quo enim quis devictus est huic et servus addictus est.Dieu, souverainement bon, bien que par des jugements cachés mais justes, a permis qu’un ange approprié préside à de tels hommes ; car celui par qui quelqu’un est vaincu, c’est à lui qu’il est asservi comme esclave.God, supremely good, though by hidden yet just judgments, permitted a fitting angel to preside over such people; for by whomever one is conquered, to him he is also enslaved as a servant.
Idcirco Apostolus dicit tradi eos in omni seductione iniquitatis, eo quod caritatem veritatis non receperunt, ut salvi fierent; ut ideo mittet illis Deus operationem erroris ut credant mendacio et iudicentur omnes qui non crediderunt veritati, sed consenserunt iniquitati.C’est pourquoi l’Apôtre dit qu’ils sont livrés à toute séduction de l’iniquité, parce qu’ils n’ont pas accueilli l’amour de la vérité pour être sauvés ; c’est pourquoi Dieu leur enverra une puissance d’égarement afin qu’ils croient au mensonge et que soient jugés tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité mais ont consenti à l’iniquité.Therefore the Apostle says that they are handed over to every deception of iniquity, because they did not receive the love of the truth so as to be saved; for this reason God will send them a working of error, so that they may believe the lie and that all may be judged who did not believe the truth but consented to iniquity.
Convenit autem in eo actionis qualitas et nominis expressa proprietas; id est Exterminans.Et en lui se rejoignent la nature de l’action et la propriété explicite du nom, à savoir « Exterminateur ».In him the quality of the action and the explicit property of the name agree, namely “Exterminator.”
Vae unum abiit, et ecce alia duo vae sequuntur.Un malheur est passé ; voici que deux autres malheurs suivent.One woe has passed; behold, two other woes follow.

Fin VIe siècle. Œcumenius

  • John N. Suggit (trad.), Oecumenius. Commentary on the Apocalypse, The Catholic University of America Press, 2006, p. 89-90 (chapitre 4, §§ 18 et 19).
grec (VIe s.)latin (2025)français (2025)anglais (2025)
καὶ ἐδόθη αὐτοῖς, φησιν, ἵνα μὴ ἀποκτείνωσιν αὐτούς, ἀλλ᾽ ἵνα βασανισθήσονται μῆνας πέντε· καὶ ὁ βασανισμὸς αὐτῶν ὡς βασανισμὸς σκορπίων, ὅταν παίσῃ ἄνθρωπον·Et datum est illis, inquit, ut non occiderent eos, sed ut cruciarentur mensibus quinque; et cruciatus eorum sicut cruciatus scorpionum, cum percutit hominem.5.18. (1) Il dit : « Ils avaient le droit non de les tuer, mais de les torturer pendant cinq mois, et leur torture était semblable à celle des scorpions lorsqu'ils piquent quelqu'un. 5.18. (1) He says, They were allowed not to kill them, but to torture them for five months, and their torture was like the torture of scorpions, when they sting someone.
καὶ ἐν ταῖς ἡμέραις ἐκείναις ζητήσουσιν οἱ ἄνθρωποι τὸν θάνατον, καὶ οὐ μὴ εὕρωσιν αὐτόν, καὶ ἐπιθυμήσουσιν ἀποθανεῖν καὶ φεύγει ὁ θάνατος ἀπ᾽ αὐτῶν.Et in diebus illis quaerent homines mortem, et non invenient eam; et desiderabunt mori, et fugiet mors ab eis.(2) Et en ces jours-là, les gens chercheront la mort et ne la trouveront pas ; ils désireront mourir, et la mort s'enfuira loin d'eux (Ap 9, 5-6).(2) And in those days people will seek death and not find it; they will long to die, and death flies from them (Rv 9.5–6).
ἄρα μὴ ἐντεῦθέν τινες τῶν πατέρων τὴν ἀποκατάστασιν παρεδέξαντο, τὸ ἄχρι μὲν τοῦδε κολάζεσθαι τοὺς ἁμαρτωλοὺς λέγοντες, μετὰ τοῦτο δὲ οὐκέτι, ὡς καθαρισθέντας τῇ τιμωρία; ἀλλὰ τί ποιητέον, ἄλλων πλειόνων τοῦτο μὲν πατέρων, τοῦτο δὲ ἐγκρίτων γραφῶν αἰωνίας λεγόντων τὰς τιμωρίας τῶν τότε κολαζομένων; τί οὖν ἄν τις εἴποι, ἢ πῶς διαιτήσοι τοῖς μέρεσι; κεράσαι δεῖ τὰς ἀμφοτέρων δόξας.Numquid ergo ex hoc quidam Patrum restitutionem admiserunt, dicentes peccatores usque ad hunc modum quidem puniri, postea vero non amplius, quasi per poenam purgatos? Sed quid faciendum est, cum plerique alii Patres, et praeterea scripturae probatae, poenas eorum, qui tunc puniuntur, aeternas esse affirment? Quid ergo quis dixerit, aut quomodo inter partes decernat? Oportet opiniones utriusque partis miscere.5.19. (1) Est-ce pour cela que certains pères ont accepté la restauration des pécheurs, en disant qu'ils devaient être châtiés jusqu'à un certain point, mais pas plus, car ils avaient été purifiés par leur punition ? Mais que faire, alors que la plupart des pères disent cela, alors que les Écritures acceptées disent que le châtiment de ceux qui étaient alors châtiés est éternel ? Que faut-il donc dire, ou comment concilier ces points de vue ? Il faut combiner les opinions des deux. 5.19. (1) Is this why some of the fathers accepted the restoration of sinners, saying that they were to be chastised so far, but no further, as they had been cleansed by their punishment? But what is to be done, when most of the fathers say this, while the accepted Scriptures say that the punishment of those who were then being chastised is everlasting? What, therefore, should one say, or how should one reconcile these views? One must combine the opinions of both.
λέγω δὲ τοῦτο ως ἐν γυμνασίᾳ τινὶ Καλ οδύ ὡς ἐν καταφάσει· ἐγὼ γὰρ τῷ δόγματι τῆς ἐκκλησίας προστίθεμαι τῷ βουλομένῳ αἰωνίας εἶναι τὰς ἐν τῷ μέλλοντι κολάσεις, ἐπεὶ καὶ τοῦτο ὅτε Κύριος εἴρηκεν ἐν τῷ κατα Ματθαῖον εὐαγγελίῳ, εἰπὼν καὶ ἀπελεύσονται οὗτοι εἰς κόλασιν αἰώνιον· καὶ ὁ Ἡσαΐας ὁ σκώληξ αὐτῶν οὐ τελευτήσει, καὶ τὸ πῦρ αὐτῶν οὐ σβεσθήσεται.Hoc autem dico, quasi in quodam gymnasio (velut in exercitatione), non tamquam definitive asseverando. Ego enim dogmati Ecclesiae adhaereo, quae vult poenas futuras aeternas esse, quippe cum hoc ipse Dominus dixerit in Evangelio secundum Matthaeum: Et ibunt hi in supplicium aeternum. Et Isaias ait: Vermis eorum non morietur, et ignis eorum non extinguetur.(2) Je dis cela à titre de suggestion et non d'affirmation ; car je m'associe à l'enseignement de l'Église en ce sens que les châtiments futurs seront éternels, puisque c'est aussi ce que le Seigneur a dit dans l'Évangile selon Matthieu : « Et ceux-ci s'en iront au châtiment éternel »37, et Isaïe : « Leur ver ne mourra point, et leur feu ne s'éteindra point »38.(2) I say this as a suggestion and not as an affirmation; for I associate myself with the teaching of the church in meaning that the future punishments will be everlasting, since this is also what the Lord said in the gospel according to Matthew, “And these will go away into everlasting punishment,”37 and Isaiah, “Their worm shall not die, and their fire shall not be quenched.”
ὡς ἐν γυμνασίᾳ οὖν τοῦτο λεκτεέον, μέσην τινὰ μέρους ἑκάστου διάττον τὴν τρίβον, ὅτι ἄχρι μέν τινος χρόνου ὃν πέντε μῆνας εἶπεν ἡ ἀποκάλυψισις ἡ παροῦσα μυστικῷ τινι χρησαμένη τῷ ἀριθμῷ, ́ σφοδρότατα κολασθήσονται οἱ ἁμαρτωλοὶ ὡς σκορπίου παίσαντος” αὐτούς· μετὰ δὲ τοῦτο ὑφειμένως, οὐ μὴν παντελῶς ἔξω κολάσεως ἐσόμεθα, καὶ τοσοῦτον ὡς ζητεῖν τὸν θάνατον καὶ μὴ τυγχάνειν αὐτοῦ. Τίς γάρ ἢν ἀνάγκη ζητεῖν θάνατον τοῖς παντελῶς μὴ κολαζομένοις;Quasi in gymnasio igitur hoc dicendum est, viam quandam mediam inter utramque partem incedentes, quod usque ad aliquod tempus — quod haec Apocalypsis, numero quodam mystico utens, quinque menses appellavit — peccatores atrocissime punientur, sicut si a scorpione percussi essent. Post hoc autem mitius, non tamen prorsus sine poena erimus, adeo ut etiam mortem quaeramus nec eam assequamur. Quid enim opus esset mortem quaerere iis qui prorsus non puniuntur?(3) Il faut donc considérer cela comme une suggestion, qui se situe à mi-chemin entre les deux points de vue, car jusqu'à un certain moment, que la révélation actuelle fixe à cinq mois, en utilisant ce chiffre de manière mystique, les pécheurs seront punis très sévèrement, comme s'ils étaient piqués par un scorpion ; mais après cela, nous serons punis plus doucement, même si nous ne serons certainement pas totalement impunis, au point que nous pourrons rechercher la mort sans la trouver. Car pourquoi ceux qui ne sont pas punis du tout auraient-ils besoin de rechercher la mort ?(3) So this is to be taken as a suggestion, taking a middle path between each view, because up to a certain time, which the present Revelation said is five months, using the number in a kind of mystical way, sinners will be most severely punished as if stung by a scorpion; but after this we shall be punished more gently, though we shall certainly not be entirely unpunished, to such an extent that we may seek death and not find it. For why would those who were not being punished at all need to seek death?
φεύγει δέ φησιν ὁ θάνατος ἀπ́ αὐτῶν, συνδιαιωνίζουσι γάρ τῇ κολάσει.Et mors, inquit, fugit ab eis, una enim cum poena aeternitate permanet.(4) Il dit : « La mort s'enfuit loin d'eux », car ils passent toute leur vie dans le châtiment.(4) He says, Death flies from them, for they pass all their life in punishment.

Fin du VIe siècle ou début du VIIe. André de Césarée

  • André de Césarée, archevêque de Césarée de Cappadoce à la fin du VIe ou au début du VIIe siècle, est l'auteur d'un commentaire de l'Apocalypse considéré comme le plus important qui nous soit parvenu en langue grecque.
  • Friedrich Sylburg, (édition princeps d'après un seul manuscrit), Heidelberg, 1596.
  • Théodore Peltan (Peltanus), (version latine d'après deux manuscrits grecs), à Ingolstadt en 1584.
  • Josef Schmid (éd.), Der Apocalypse-Kommentar des Andreas von Kaisareia. Vol. I: Text, Munich, Karl Zink “Studien zur Geschichte des griechischen Apocalypse-Textes” 1), 1955-1956.
  • ou bien: J. Schmid, Studien zur Geschichte des griechischen Apocalypse-Textes. I. Der Apocalypse-Kommentar des Andreas von Kaisareia (Münchener theologische Studien; Munich: Karl Zink, 1955), p. 7.
  • Patrologia Graeca 106, colonnes 215–458 et 1387–1394
  • Eugenia Scarvelis Contantinou, Guiding to a blessed end: Andrew of Caesarea and his Apocalypse commentary in the ancient church (24 cm, XV+350 p.), Washington, Catholic University of America, 2013.
    • Résumé
      • « Une ferveur apocalyptique s'empara de l'Empire romain d'Orient à la fin de l'Antiquité. L'empire fut confronté à la peste bubonique, à la guerre civile, à la famine et aux invasions perses catastrophiques. Pendant ce temps, André, archevêque de Césarée, fut chargé de rédiger ce qui allait devenir le premier commentaire patristique grec sur l'Apocalypse et le commentaire le plus influent sur un livre biblique. André préserva l'interprétation orientale existante de l'Apocalypse et mit à profit ses propres compétences exégétiques pour créer un commentaire qui reste aujourd'hui encore d'une grande actualité. André mit l'accent sur la valeur spirituelle de l'Apocalypse, transformant la conception populaire de l'Apocalypse d'un scénario apocalyptique en un livre « utile, inspiré par Dieu » qui « guiderait ceux qui le liraient vers une fin bénie ». À l'époque, l'Apocalypse était largement rejetée du canon en Orient, mais l'explication d'André allait changer son destin et influencer à jamais l'eschatologie orientale. Son œuvre est devenue le commentaire patristique prédominant et standard pour l'Orient grec ainsi que pour les Églises slave, arménienne et géorgienne. Si hautement considéré, il fut directement responsable de l'acceptation finale de l'Apocalypse dans le canon des Églises orientales et orthodoxes orientales. Dans cet ouvrage intéressant et perspicace, Eugenia Scarvelis Constantinou, grande spécialiste d'André de Césarée et première à avoir traduit son commentaire de l'Apocalypse dans une langue moderne, identifie la date exacte du commentaire et son destinataire probable. Son ouvrage révolutionnaire, le premier jamais écrit sur André, analyse son milieu historique, son éducation, son style, sa méthodologie, sa théologie, son eschatologie et son influence omniprésente et durable. Elle explique la corrélation directe entre André de Césarée et le statut fluctuant du Livre de l'Apocalypse dans le christianisme oriental au fil des siècles. – Comprend des références bibliographiques et un index. La trajectoire des premiers commentaires sur l'Apocalypse – L'Apocalypse dans l'Orient ancien : de l'acceptation au rejet – Les développements ultérieurs en Orient : du rejet à l'acceptation – Datation d'André de Césarée et d'Oikoumenios – Le destinataire d'André : « Makarios » et le contexte historique – Pourquoi le commentaire d'Oikoumenios a échoué – Le commentaire d'André : objectif et motivation – Orientation, structure et caractéristiques – Formation et compétences exégétiques d'André – Technique et sources d'André – Théologie dogmatique d'André – Les afflictions et l'amour de Dieu – Eschatologie d'André – Mort, jugement, châtiment et récompense – André et le texte grec de l'Apocalypse – Postérité et contributions d'André.
  • Josef Schmid (éd.), Der Apokalypse-Kommentar des Andréas von Kaisareia, München, Karl Zink (“Studien zur Geschichte des griechischen Apokalypse-Textes” 1), 1955-1956.
  • Eugenia Scarvelis Constantinou, Andrew of Caesarea and the Apocalypse in the Ancient Church of the East. Studies and Translation. Thèse présentée à la Faculté des études supérieures de l'Université Laval dans le cadre du programme de doctorat en théologie pour l'obtention du grade de Philosophiae Doctor (Ph.D) (271+242 p.), Québec, Université Laval, 2008, tome 2 (“Translation of the Apocalypse Commentary of Andrew of Caesarea”), p. 109.
    • Extrait
      • The five months of their torture, we believe to mean either the shortness of time — if those days were not shortened, no flesh would have been saved, according to the statement of the Lord (519) — or (it means) some five-fold (period of) time on account of the five senses (520), through which sin goes into people, or it means a defined (period of) time known only to God.
        • (519) Matt. 24:22, Mark 13:20.
        • (520) It was not uncommon for patristic writers to interpret anything with the number five as an allegory of the five senses. Andrew provides three alternative explanations for the five months, but Oikoumenios' interprétation is not one of them.
grec (vers 611)latin (2025)français (2025)anglais (2025)
Ἀστέρα τινὲς ἔφασαν καταβάντα ἐν τῇ γῇ, ἤγουν ἐν τῇ κρίσει τῇ ὑποληφθείσῃ κοιλάδι Ἰωσαφάτ, ἄγγελον θεῖον εἶναι ἐπὶ τῶν κολάσεων.Quidam stellam in terram descendentem, id est in iudicio, quod valle Iosaphat intellegitur, angelum divinum poenarum esse dixerunt.Certains ont dit que l’astre descendu sur la terre — c’est-à-dire dans le jugement, entendu comme la vallée de Josaphat — est un ange divin chargé des châtiments.Some have said that the star descending upon the earth—that is, into the judgment understood as the Valley of Jehoshaphat—is a divine angel appointed over punishments.
φρέαρ δὲ τῆς ἀβύσσου τὴν γέενναν, καὶ ἐξ αὐτῆς τὸν καπνὸν ἐξιόντα ἀθέατον τοῖς κολαζομένοις τὸν ἧλιον καὶ τὸν ἀέρα ἀπεργάζεσθαι,puteum autem abyssi gehennam esse, et fumum inde exeuntem solem et aerem poenaliter invisibiles efficere.Que le puits de l’abîme désigne la géhenne, et que la fumée qui en sort rend invisibles pour ceux qui sont châtiés le soleil et l’air.That the pit of the abyss signifies Gehenna, and that the smoke rising from it renders the sun and the air invisible to those being punished.
ἀκρίδας δὲ τοὺς σκώληκας, περὶ ὧν φησιν ὁ προφήτης· «ὁ σκώληξ αὐτῶν οὐ τελευτήσει».locustas autem vermes esse, de quibus propheta dicit: “Vermis eorum non morietur”.Que les sauterelles sont les vers, dont le prophète dit : « leur ver ne mourra pas ».That the locusts are the worms of which the prophet says: “Their worm shall not die.”
τὸ δὲ μὴ τὴν γῆν ἢ τὸν χόρτον, ἀλλὰ τοὺς ἀνθρώπους βασανίζεσθαι, διὰ τὸ ἀπαλλάττεσθαι ταῦτα τῆς φθορᾶς, ᾗ δι’ ἡμᾶς δουλεύει σήμερον·quod vero non terra aut herba, sed homines crucientur, eo fit quod illa a corruptione liberentur, cui propter nos nunc serviunt.Si ce n’est pas la terre ni l’herbe, mais les hommes qui sont tourmentés, c’est parce que celles-ci sont délivrées de la corruption à laquelle elles sont aujourd’hui asservies à cause de nous.That it is not the earth or the grass but human beings who are tormented is because these are freed from the corruption to which they are now subjected on our account.
μῆνας δὲ πέντε τούτους βασανίζεσθαι, χρόνον τινὰ ὡρισμένον ἐπιτεταμένως τούτους κολάζεσθαι,quinque autem mensibus eos cruciari, certo quodam tempore definito eos diutius puniri.Le fait qu’ils soient tourmentés pendant cinq mois signifie qu’ils sont châtiés durant un temps déterminé, de manière prolongée.That they are tormented for five months signifies that they are punished for a fixed and extended period.
μετὰ δὲ τοῦτον ὑφειμένως μέν, ἀλλ’ αἰωνίως.post hunc autem mitigata quidem, sed aeterna poena.Puis, après cela, le châtiment est atténué quant à l’intensité, mais éternel quant à la durée.After this, the punishment continues—mitigated in intensity, yet eternal in duration.
ἐγὼ δὲ τὸν μὲν ἀστέρα συνομολογῶ εἶναι θεῖον ἄγγελον·Ego autem stellam divinum angelum esse concedo.Pour ma part, je reconnais que l’astre est un ange divin.For my part, I acknowledge that the star is a divine angel.
τοῦτον δὲ κατὰ θείαν συγχώρησιν τοὺς καταδεδικασμένους ἐν τῇ ἀβύσσῳ πονηροὺς ἀνάγειν δαίμονας,hunc vero divina permissione daemones malos in abysso damnatos educere.Que celui-ci, par permission divine, fait monter les démons mauvais condamnés dans l’abîme.That by divine permission he brings up the evil demons condemned in the abyss.
οὓς ὁ Χριστὸς ἑνανθρωπήσας ἔδησεν,quos Christus incarnatus ligavit.Ceux que le Christ, en s’incarnant, a liés.Whom Christ, by becoming incarnate, bound.
ὅπως πρὸ τῆς συντελείας τὰ οἰκεῖα ἐνεργήσαντες ἀτελευτήτου τύχωσι κολάσεως,ut ante consummationem propria agentes poena interminabili afficiantur.Afin qu’avant la consommation finale, après avoir accompli leurs propres œuvres, ils subissent un châtiment sans fin.So that before the final consummation, after performing their own deeds, they may incur endless punishment.
καπνὸν δὲ τὸν προηγούμενον τῶν πονηρῶν ἔργων ἐκ τῶν προσβολῶν αὐτῶν ζόφον,fumum autem tenebram ex aggressionibus malorum operum procedentem.Que la fumée désigne l’obscurité provenant des attaques antérieures des œuvres mauvaises.That the smoke signifies the darkness arising from the assaults of evil deeds.
ὧν παραδεχθεισῶν ἐξουσία τούτοις βασανίζειν τοὺς ἀνθρώπους δίδοται.quibus admissis potestas eis homines cruciandi datur.Lorsqu’elles sont admises, il leur est donné le pouvoir de tourmenter les hommes.When these are admitted, power is given to them to torment human beings.
ἡ δὲ τοῦ ἡλίου καὶ τοῦ ἀέρος σκότωσις τὴν τῶν ἀπολαυόντων ἀνθρώπων τοῦ φωτὸς αὐτῶν δηλοῖ ψυχικὴν τύφλωσιν ἢ τὴν ἐπὶ τοῖς δυσχερέσι διάθεσιν·solis autem et aeris obscuratio psychicam caecitatem vel animi dispositionem in adversis significat.L’obscurcissement du soleil et de l’air signifie l’aveuglement psychique de ceux qui jouissent de leur lumière, ou bien une disposition éprouvée dans les situations pénibles.The darkening of the sun and the air signifies the psychic blindness of those who enjoy their light, or a disposition of soul in times of distress.
σκότος γὰρ τοῖς ἐν ὀδύναις τὸ φῶς νενόμισται.nam lumen iis qui in doloribus sunt tenebrae existimatur.Car pour ceux qui sont dans la douleur, la lumière est tenue pour ténèbres.For to those who are in pain, light is considered darkness.
τὸ δὲ τὰς νοητὰς ἀκρίδας πλήττειν τοὺς ἀνθρώπους κατὰ τὴν τῶν σκορπίων ὁμοιότητα δηλοῖ τὸ ἐν τῷ τέλει τῶν πονηρῶν πράξεων τὸν βλαπτικὸν τῆς ψυχῆς ἐγκεκρῦφθαι θάνατον,locustas vero intelligibiles homines ferire ad similitudinem scorpionum significat mortem animae nocivam in fine malorum operum latentem.Le fait que les sauterelles intelligibles frappent les hommes à la manière des scorpions signifie qu’à l’issue des œuvres mauvaises est dissimulée une mort nuisible à l’âme.That the intelligible locusts strike humans like scorpions signifies that at the end of evil deeds a harmful death of the soul lies hidden.
ὃν ὑφίστανται οἱ μὴ σεσημειωμένοι τῇ θείᾳ σφραγῖδι τὰ μέτωπα καὶ τῷ φωτισμῷ τοῦ ζῳοποιοῦ σταυροῦ διὰ πνεύματος ἁγίου περιλαμπόμενοι, ὥστε κατὰ τὸν δεσποτικὸν λόγον «λάμπειν καὶ ἔμπροσθεν τῶν ἀνθρώπων τὸ φῶς αὐτῶν πρὸς δόξαν τοῦ θείου ὀνόματος».quam patiuntur qui divina fronte non signati neque illuminatione vivificae crucis per Spiritum Sanctum collustrantur, ut secundum dominicam vocem “luceat coram hominibus lux eorum ad gloriam divini nominis”.Cette mort est subie par ceux qui n’ont pas le front marqué du sceau divin et qui ne sont pas illuminés par la lumière vivifiante de la croix, par l’Esprit Saint, afin que, selon la parole du Seigneur, « leur lumière brille devant les hommes pour la gloire du nom divin ».This death is suffered by those who are not marked on the forehead with the divine seal and are not illuminated by the life-giving cross through the Holy Spirit, so that, according to the Lord’s word, “their light may shine before human beings to the glory of the divine name.”
τοὺς δὲ πέντε μῆνας τοῦ βασανισμοῦ αὐτῶν σημαίνειν ἡγούμεθα ἢ τὸ τοῦ χρόνου μικρόν — «εἰ γὰρ μὴ ἐκολοβώθησαν αἱ ἡμέραι ἐκεῖναι, οὐκ ἄν ἐσώθη πᾶσα σὰρξ» —quinque autem menses tormenti aut temporis brevitatem significare putamus — “nisi abbreviati essent dies illi, non salvaretur omnis caro” —Quant aux cinq mois de leur tourment, nous estimons qu’ils signifient soit la brièveté du temps — « si ces jours n’avaient pas été abrégés, aucune chair n’aurait été sauvée » —As for the five months of their torment, we consider them to signify either the shortness of time—“unless those days had been shortened, no flesh would have been saved”—
ἢ χρόνον τινὰ πεμπταῖον διὰ τὰς πέντε αἰσθήσεις, δι’ ὧν ἡ ἁμαρτία τοῖς ἀνθρώποις εἰσέρπει,vel tempus quiddam quinarium propter quinque sensus per quos peccatum hominibus subrepit,soit une durée de cinq temps en rapport avec les cinq sens, par lesquels le péché s’insinue chez les hommes,or a fivefold period on account of the five senses through which sin creeps into human beings,
ἢ καιρὸν ὡρισμένον, θεῷ δὲ μόνῳ γνώρισμον.vel tempus definitum, soli Deo notum.soit encore un temps fixé d’avance, connu de Dieu seul.or else a fixed time known only to God.

Vers 675 (±25). Anonyme irlandais

  • Auteur anonyme probablement irlandais, identifié erronément par la tradition manuscrite à saint Jérôme, actif selon Roger Gryson dans la seconde moitié du VIIe siècle. Le même Gryson suppose qu'il s'agissait originellement d'une sorte de glose cursive de l'Apocalypse.
  • Roger Gryson, éd.), “Incerti auctoris Commemoratorium de Apocalypi Iohannis apostoli” in Variorum Auctorum Commentaria Minora in Apocalypsin Iohannis, scilicet Apringi Pacensis Tractatus Fragmenta, Cassiodori senatoris Complexiones, Pauca de Mongramma Excerpta, Incerti auctoris Commemoratorium, de Enigmatibus ex Apocalypsi, Commemoratorium a Theodulpho auctum, quae omina recognovit et commentario crotico instruxit Roger Gryson (352 p.), Turnhout, Brepols (“Corpus Christianorum Series Latina” 107), 2003, pp. 159-229 spéc. 215.
  • Francis X. Gumerlock (éd.), “Pseudo Jerome: Handbook on the Apocalypse of the Apostle John”, in Early Latin Commentaries on the Apocalypse. Edited by Francis X. Gumerlock (110 p.), Kalamazoo (Michigan), Western Institute University, 216, pp. 1-6 et 21-43 spéc 29.
latin (vers 540)français (2025)anglais (2025)
5 quinque mensibus: qui dediti sunt in voluptatibus saeculi per quinque sensus corporis.5 cinq mois : ceux qui se sont livrés aux plaisirs du siècle par les cinq sens du corps.5 five months: those who have given themselves over to worldly pleasures through the five senses of the body.

Début VIIIe siècle. Bède le Vénérable

  • Bède le Vénérable (v.672-735), moine et lettré anglo-saxon, tenu pour le Père de l'histoire anglaise, linguiste et traducteur, proclamé docteur de l'Église en 1899.
  • Bède (Beda Venerabilis), “Explanatio Apocalypsis”, in Patrologia Latina 93 (1862) col. 129-206 spéc. 158.
  • Faith Wallis (éd.), Bede. Commentary on Revelation. Translated with introduction and notes by Faith Wallis (343 p.), Liverpool, University Press (“Translated Texts for Historians” 58), 2013, pp. 169 (verset 9,5) et 171 (verset 9,10).
  • Roger Gryson (éd.), Bedae Opera. Pars II,5. Bedae Presbyteri Expositio Apocalypseos, ad fidem codicum manuscriptorum eddidit, adnotationibus criticis instruxit, prolegomenis munivit Roger Gryson (606 p.), Turnhout, Brepols (“Corpus Christianorum. Series Latina” CXXI.A), 2001, pp. 349 (verset 9,5) et 353 (verset 9,10).
latin (VIIIe siècle)français (2025)anglais (2013)
Et dictum est illis ne occiderent eos, etc. Quamlibet haeretici saeculari potestate fulti temporaliter in bonos grassari permittantur, animam tamen, ut Dominus ait, occidere non possunt.Et il leur fut dit de ne pas les tuer, etc. Bien que les hérétiques, appuyés par le pouvoir séculier, soient temporairement autorisés à s'en prendre aux bons, ils ne peuvent cependant pas tuer l'âme, comme le dit le Seigneur.And it was allowed to them that they should not kill them; but that they should torture them for five months;[416] Though the heretics may be permitted temporarily to harass good men with the support of the secular powers, nonetheless, as the Lord says, they are not able to kill the soul.[417]
Tempus quippe saeculi quinque mensibus, propter quinque partitum sensum quo in hac vita utimur, significat.Le temps du siècle est figuré par cinq mois, à cause des cinq sens dont nous faisons usage dans cette vie.By five months he signifies the time of this age, because of the five senses which we use in this life.[418]
Quod vero alia translatio sex menses continet, eidem sensui propter sex aetates saeculi congruit.Mais le fait qu’une autre traduction indique six mois s’accorde au même sens, en raison des six âges du monde.The other version reads six months,[419] which is congruent with the same meaning, because of the six ages of the world.
(…)(…)(…)
Potestas eorum nocere hominibus mensibus sex.Leur pouvoir de faire du mal aux hommes pendant six mois.And their power was to hurt men for six[432] months.
Hanc vitam rursus insinuat, ubi potest valere mendacium, vel ad capiendum inutiles vel ad cruciandum temporaliter spiritales.Il désigne de nouveau cette vie, où le mensonge peut l’emporter, soit pour prendre au piège les inutiles, soit pour tourmenter temporairement les spirituels.Again, he alludes to this life, where falsehood can prevail either to snare worthless people, or to torment, for a time, spiritual people.[433]

Notes de Faith Willis (2017)

anglais (2013)latin (2025)français (2025)
[416] Matt. 10:28. Note again Bede’s preoccupation with heretics.[416] Matth. 10,28. Nota denuo sollicitudinem Bedae de haereticis.[416] Matthieu 10,28. Notons encore une fois la préoccupation de Bède à l'égard des hérétiques.
[417] Cf. Primasius 9.114. The allusion to the five senses also appears in (ps.-)Jerome, Commemoratorium 215.7-8. Tyconius 3.25 (158; cf. Tur. fr. 201), following his principle of interchangeable temporal units, says that the five months are actually five years. It is interesting that Bede, normally so interested in the Tyconian approach to interpreting time-references in the Bible, did not follow him here. This may have been deliberate, given his policy against attempts to pin down a precise time-table for the future. Hence he generalizes the five months into ‘the time of this age’, symbolized by the number five, which denotes the five senses.[417] Cf. Primasius 9,114. Allusio ad quinque sensus etiam apud (ps.-)Hieronymum, Commemoratorium 215,7-8 reperitur. Tyconius 3,25 (158; cf. Tur. fr. 201), rationem suam de vicissitudine temporum servans, quinque menses pro quinque annis accipit. Notabile est quod Beda, qui solet tyconiana ratione in temporalibus interpretationibus uti, hic eam non secutus est. Fortasse hoc ex consilio provenit, ne futurae rerum dispositiones exacte definiantur. Quapropter quinque menses generaliter accipit pro tempore huius saeculi, quod numero quinque, scilicet quinque sensibus, designatur.[417] Cf. Primasius 9,114. L’allusion aux cinq sens se retrouve aussi dans le (pseudo-)Jérôme, Commemoratorium 215,7-8. Tyconius 3,25 (158 ; cf. Tur. fr. 201), fidèle à son principe d’interchangeabilité des unités de temps, interprète les cinq mois comme cinq années. Il est intéressant de noter que Bède, d’ordinaire très attaché à la méthode tyconienne d’interprétation des durées dans la Bible, ne l’a pas suivie ici. Cela semble délibéré, compte tenu de sa réserve à l’égard de toute tentative de fixer un calendrier précis des événements à venir. Il généralise donc les cinq mois comme symbolisant le « temps de ce siècle », représenté par le chiffre cinq, qui désigne les cinq sens.
[418] Primasius does not quote this section of Rev. 9:5 in his lemma, but he does state that the ‘other translations’ read ‘five months’, and that whether one reads ‘five months’ or ‘six months’, the meaning is substantially ‘this present life’ (9.113-116). Unlike Bede, Primasius identifies the ‘six ages’ with the six ages of human life, not the ages of the world. Bede possibly found this alternative reading appealing because of the symbolic link to the sixth age of the world as the age of the martyrs: cf. the interpretation he offers of the stone carnelian in the exegesis of 21:19-20, below.[418] Primasius hunc locum Apoc. 9,5 in lemmatibus suis non refert, sed dicit alias translationes legere « quinque menses », et sive quinque sive sex menses legantur, sensum idem esse, id est vitam praesentem (9,113–116). Discrepat a Beda, quia sex aetates apud Primasius sunt aetates vitae humanae, non mundi. Beda vero potuit hanc lectionem aliam amplecti propter significationem sextae aetatis mundi, quae est aetas martyrum: cf. quod infra dicit de lapide sardio in explicatione Apoc. 21,19-20.[418] Primasius ne cite pas ce passage d’Apocalypse 9,5 dans son lemme, mais il affirme que « d’autres traductions » lisent « cinq mois », et que, qu’on lise cinq ou six mois, le sens demeure essentiellement celui de « la vie présente » (9,113–116). Contrairement à Bède, Primasius identifie les « six âges » aux étapes de la vie humaine, et non aux époques du monde. Il se peut que Bède ait trouvé cette autre lecture séduisante en raison du lien symbolique qu’il établit entre le sixième âge du monde et l’âge des martyrs : cf. l’interprétation qu’il offre de la pierre sardoine dans l’exégèse d’Apocalypse 21,19-20.
[432] The Vulgate reads ““five months””, but this is the reading found in MSS; cf. Sparks p. 484, Gryson, Bede ed. Introduction, p. 183, and Bede's exegesis of Rev. 9:5.[432] Vulgata legit « quinque menses »; haec tamen lectio in codicibus invenitur: cf. Sparks, p. 484, Gryson, éd. Bedae, Introductio, p. 183, et exegesim Bedae ad Apoc. 9,5.[432] La Vulgate lit « cinq mois », mais c’est la leçon que l’on trouve dans les manuscrits ; cf. Sparks, p. 484, Gryson, éd. de Bède, Introduction, p. 183, ainsi que l’exégèse de Bède sur Apocalypse 9,5.
[433] Primasius 9.172-174.[433] Primasius 9,172-174.[433] Primasius 9,172-174.

Vers 765. Ambroise Autpert

  • Ambroise Autpert (v.730-784), en latin Ambrosius Autpertus, d'origine provençale, prit l'habit de saint Benoît vers 740 en Campagnie, au monastère Saint-Vincent du Volturne, dont il fut brièvement abbé en 777-778. On a gardé de lui plusieurs sermons et ouvrages, dont un volumineux commentaire de l'Apocalypse, qui ne lui a été restitué que récemment et qui ne se trouve pas dans la Patrologie Latine de Migne.
    • Cf. Robert Weber, “Édition princeps et tradition manuscrite du d'Ambroise Autpert sur l'Apocalypse”, Revue bénédictine 70 (1960) 526-539.
    • Cf. Claudio Leonardi, “Spiritualità di Ambrogio Autperto”, Studi medievali (3e sér.) 9 (1968) 1-131.
    • Cf. Gregorio Penco, Dictionnaire de spiritualité 7 (1971) 2169-2172.
    • Cf. Pierre Petitmengin, Revue des études latines 55 (1977) 470-472.
    • Cf. Eugenio Romero, dans Gregorianum 58 (1977) 768-770.
    • Yves Christe, “Traditions et iconographiques dans l'interprétation des images apocalyptiques”, in L'Apocalypse de Jean. Traditions exégétiques et iconographiques. IIIe- XIIIe siècles, Genève, 1979, pp. 109-134.
    • Cf. Hubert Silvestre, "À propos de la récente édition des //Opera omnia// d'Ambroise Autpert", Scriptorium 36/2 (1982) 304-313.
  • Godfried Hittorp (Godefridus Hittorpius) (éd.), Ambrosii Ansberti Galla presbyteri, viri facundissimi, in sancti Iohannis apostoli et evangelistae Apocalypsin libri decem, ad sanctissimum in Christo patrem et dominum, D. Stephanum divina gratia papam, post sexcentos et viginti a prima ipsorum descriptione annos, nunc primum typis excusi, cum indice rerum et verborum in opus totum locupletissimo, opera et impensa M. Godefridi Hittorpii (XXIV-442 p.), Cologne, Euchar Hintzhorn (Eucharius Cervicornus), 1536, pp. 169-170 et 174-175.
  • Marguerin de La Bigne (Margarinus de la Bigne) (éd.), “D. Ambrosii Ansberti prebyteri in Apocalypsim Iohannis Apostoli”, in Magna Bibliotheca Veterum Patrum et Antiquorum Scriptorum Ecclesiasticorum, primo quidem a Margarino de la Bigne Sorbonico in Academia Parisiensi Theologo collecta, et tertio in lucem edita. Nunc vero plus quam centum Authoribus, et opusculis plurimis locupletata, historica methodo per singula saecula, quibus Scriptores quique vixerunt, disposita, et in XIV Tomos distributa, opera et studio doctissimorum in alma universitate Colon. Agripp. theologorum ac profess. Tomi sive Saeculi noni Pars II (= Bibliothecae Veterum Patrum et Scriptorum Ecclesiasticorum Saeculi Noni Pars Altera = Bibliothecae Veterum Patrum Tomi 9 Pars 2) (1258 p.), Cologne, Anton Hierat, 1618, pp. 305-540 spéc. 398 et 400.
  • Marguerin de La Bigne (Margarinus de la Bigne) (éd.), “D. Ambrosii Ansberti prebyteri in Apocalypsim Iohannis Apostoli”, in Maxima Bibliotheca Veterum Patrum et Antiquorum Scriptorum Ecclesiasticorum, primo quidem a Margarino de la Bigne in Academia Parisiensi Doctore Sorbonico, in lucem edita. Deinde celeberrimorum in Universitate Coloniensi Doctorum studio, plurimis Authoribus et opusculis aucta, ac historica methodo per singula saecula quibus Scriptores quique vixerunt, disposita. Hac tandem editione Lugdunensi, ad eandem Coloniensem exacta, novis supra centum Authoribus et Opusculis hactenus desideratis, locupletata, et in Tomos XXVII distributa. Huic etiam Editioni accesserunt Indices quattuor praeclari, in hac tam multiplicium Scriptorum vastissima collectione vere faces, et ut quis ad ipsorum lectionem introducatur, utilissimi, imo omnono necessarii. I. Authorum Alphabeticus, ipsorum aetates et scrita indicans. II. Classicus. Authores per materias de quibus egerunt, exacte distribuans. III. Synopsis. appellatus, operum omnium Authorum analysim continens, et argumenta exhibens. IV. Generalis, materiarum amplissimus. Tomus decimus tertius, continens Scriptores ad anno Christi 700 a annum 800. (), Lyon, Anisson, 1677, pp. 403-657, spéc. .
  • Robert Weber (éd.), Ambrosii Autperti Opera. Pars I. Expositionis in Apocalypsin Libri I-V, cura et studio Roberti Weber O.S.B., Turnhout, Brepols (“Corpus Christianorum. Continuatio Mediaevalis” 27), pp. 502 et 504.
latin (v.765)français (2025)anglais (2025)
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Et datum est illis ne occiderent eos, sed ut cruciarentur mensibus quinque, et cruciatus eorum ut cruciatus scorpii, cum percutit hominem.Et il leur fut donné, non de les tuer, mais de les tourmenter durant cinq mois, et leur tourment est comme le tourment du scorpion lorsqu’il frappe l’homme.And it was given to them not to kill them, but to torment them for five months, and their torment was as the torment of a scorpion when it strikes a man.
In quibus verbis paene insolubilis oritur quaestio.Ces paroles soulèvent une question presque insoluble.These words raise an almost insoluble question.
Si enim, ut verum est, hi qui signum Dei non habent in frontibus suis, reprobi sunt, quomodo ab eorum interfectione lucustae prohibentur?Car si, comme il est vrai, ceux qui ne portent pas le signe de Dieu sur le front sont des réprouvés, pourquoi les sauterelles sont-elles empêchées de les tuer?For if, as is true, those who do not have the sign of God on their foreheads are reprobates, how is it that the locusts are forbidden to kill them?
Et certe de eisdem lucustis paulo inferius dicitur: Potestas earum nocere hominibus mensibus quinque.D’ailleurs, il est dit un peu plus bas des mêmes sauterelles: Leur pouvoir est de nuire aux hommes durant cinq mois.And indeed, of the same locusts, it is said a little further: Their power is to harm men for five months.
Aut numquid in eo quo nocent, non occidunt?Est-ce donc qu’en les blessant, elles ne les tuent pas?Does this mean that, in harming them, they do not kill?
An forte vivere probantur, qui signum Dei vivi habere non videntur?Ou bien faut-il considérer comme vivants ceux qui ne semblent pas porter le signe du Dieu vivant?Or are those who do not seem to have the sign of the living God somehow still considered to be alive?
Quapropter sciendum nobis est, quia ad superiorem sententiam subauditio sit, quae laedere faenum terrae, omneque viride, vel omnem arborem, quibus electi signum Dei habentes figurantur, lucustarum morsus prohibentur.C’est pourquoi il faut comprendre qu’il faut sous-entendre ici ce qui a été dit plus haut: que le mal ne doit pas porter atteinte au foin de la terre, à tout ce qui est vert ou à tout arbre — autant de figures des élus qui portent le signe de Dieu — et que les morsures des sauterelles leur sont interdites.We must therefore understand that there is an implied reference to the earlier statement: that the locusts were forbidden to harm the grass of the earth, all that is green, or any tree — which symbolize the elect bearing the sign of God — and thus the bites of the locusts are prohibited to them.
Dicatur ergo de nequissimis lucustis: Datum est illis ne occiderent eos, sed ut cruciarentur mensibus quinque.Disons donc des très mauvaises sauterelles: Il leur fut donné non de les tuer, mais de les tourmenter cinq mois.So let us say of the most wicked locusts: It was given to them not to kill them, but to torment them for five months.
Ac si diceretur: Divina virtus haereticorum fraudem cohibuit, ne electorum animas signum eius habentes spiritaliter interimant, quas et in faeno inchoantes, et in omni viridi proficientes, atque in arboribus perfectas ostenderat, sed temporaliter, quod significant menses quinque, ad probationem adfligant.Comme si l’on disait : La puissance divine a contenu la fraude des hérétiques pour qu’ils ne tuent pas spirituellement les âmes des élus qui portent son signe — ces âmes qu’il a montrées naissantes dans le foin, croissant dans tout ce qui est vert, et parvenues à perfection dans les arbres — mais seulement qu’ils les affligent temporellement, pour les mettre à l’épreuve, ce que désignent les cinq mois.As if it were said: The divine power has restrained the deceit of the heretics so that they may not spiritually kill the souls of the elect bearing His sign — souls shown to be beginning in the grass, growing in all that is green, and perfected in the trees — but only afflict them temporally, for trial, as signified by the five months.
Mensibus enim quinque cruciantur, subaudis quamdiu in hac uita subsistunt, quae quinque corporis sensibus regitur.Ils sont tourmentés durant cinq mois, c’est-à-dire tant qu’ils subsistent en cette vie, laquelle est gouvernée par les cinq sens du corps. They are tormented for five months, that is, for as long as they live in this life, which is governed by the five senses of the body.
Possunt autem per hanc sententiam illi etiam figurari, qui dudum mendacio haereticorum seducti, gratuita Dei clementia circa finem vitae conpuncti, fidei recipiunt veritatem, ut videlicet a toto pars intellegatur, quae ex hominibus vulneratis seram recipit sanitatem quaeque etsi in conspectu hominum iam perempta fuisse videbatur, in conspectu tamen Dei viva remansisse credatur.Mais on peut aussi voir dans cette interprétation une figure de ceux qui, jadis séduits par le mensonge des hérétiques, sont touchés par la miséricorde gratuite de Dieu à la fin de leur vie, et reçoivent la vérité de la foi — si bien qu’on comprenne qu’une partie soit désignée par le tout: celle qui, parmi les hommes blessés, reçoit tardivement la guérison, et qui, bien qu’elle ait semblé morte aux yeux des hommes, est pourtant restée vivante aux yeux de Dieu. But this interpretation may also prefigure those who, once seduced by the lies of the heretics, are moved by the gratuitous mercy of God near the end of life and receive the truth of the faith — so that a part may be understood by the whole: that which, though wounded, receives healing late, and though appearing already dead in the eyes of men, is believed to have remained alive in the sight of God.
De quorum profecto numero, in tantum plerumque ad defendendam veritatem fortiores vel inventi sunt, uel invenientur, in quantum pridem obstinatiores fuerant ad tuendum mendacium, sicut Apostolus Paulus, qui dudum Ecclesiam persequens, hanc postmodum usque ad sanguinem defendit, et in tantum durius adflictus, in quantum ab his qui sui esse videbantur zelatus. Quod nimirum passiones eiusdem Apostoli, quas per totum orbem a Iudaeis pertulit, satis indicant.Et de ce nombre, beaucoup se révèlent — ou se révéleront — d’autant plus forts à défendre la vérité qu’ils avaient été auparavant obstinés à soutenir le mensonge : tel l’Apôtre Paul, qui persécutait autrefois l’Église et la défendit ensuite jusqu’au sang, souffrant d’autant plus durement qu’il était l’objet du zèle de ceux qui semblaient être des siens. Les souffrances de cet Apôtre, qu’il endura dans tout l’univers de la part des Juifs, le montrent bien.And among these, many have been — or will be — found stronger in defending the truth, in proportion to how obstinate they once were in upholding falsehood: like the Apostle Paul, who once persecuted the Church but later defended it unto blood, and suffered all the more harshly because he was zealously attacked by those who seemed to be his own. The sufferings of this Apostle, which he endured throughout the world from the Jews, clearly show this.
(…)(…)(…)
Potestas earum nocere hominibus mensibus quinque. (…) Mensibus autem quinque, praesens uita iterato exprimitur.Leur pouvoir est de nuire aux hommes pendant cinq mois. (…) Par ces cinq mois, c’est de nouveau la vie présente qui est exprimée.Their power was to harm men for five months. (…) The five months again represent the present life.
Et supra quidem potestatem lucustae accepisse referuntur, ut mensibus quinque homines cruciarent, nec eos occiderent, hic uero eorundem mensium numero nocere hominibus facultatem habere perhibentur. Plus haut, il est dit que la sauterelle a reçu le pouvoir de tourmenter les hommes durant cinq mois sans les tuer; ici, on affirme qu’elles ont la faculté de nuire aux hommes pour le même nombre de mois.Previously, the locust was said to have received power to torment men for five months without killing them; here, it is stated that they are granted the ability to harm men for that same number of months.

vers 780. Beatus de Liébana

  • Beatus de Liébana, né vers 730–735, moine en Cantabrie au monastère de San Martín de Turieno (aujourd’hui Santo Toribio de Liébana, mort vers 798–800 probablement au monastère de Valcavado, a composé son Commentaire de l'Apocalypse entre entre 776 et 786, avec des révisions probables jusqu'à sa mort. Il y s'y oppose à l'hérésie doptianiste, tout en interprétant l'Apocalypse de manière typologique et eschatologique.
  • Enrique Flórez, Sancti Beati presbyteri Hispani Liebanensis, In Apocalypsin ac plurimas utriusque foederis paginas Commentaria, ex veteribus nonnullisque desideratis Patribus, mille retro annis collecta, nunc primum edita, opera et studio R. P. Doct. Henrici Florez, in Academia Complutensi Cathedrae Divi Thomae quondam moderatoris, et in suo Augustiniano Ordine Hipaniarum et novi Orbis Exassistentis (XLVIII+584 p.),Madrid, Joachim Ibarra, 1770, spéc. pp. 371-377 (Apoc. 9,1-12).
    • Édition princeps usant de deux manuscrits du Xe siècle.
  • Henry A. Sanders, Beatus of Liébana: Commentary on the Apocalypse (in-8°, VIII+657 p, édition basée sur un manuscrit du Xe siècle conservé à Ann Arbor), Rome, American Academy (“Papers of the American Academy in Rome” 7), 1930.
  • Beati in Apocalypsin libri duodecim edited by Sanders (Henry A). Rome, 1930. p. . (, vol. VII).
  • Oroz Reta et Barrera, Comentario al Apocalipsis. Edición crítica (édition fondée sur une vingtaine de manuscrits), Salamanque, Universidad Pontificia, 1966–1967.
latin (v. 780)français (2025)anglais (2025)
Et quintus Angelus tuba cecinit: et vidi stellam de caelo cecidisse in terram.Et le cinquième Ange sonna de la trompette, et je vis une étoile tomber du ciel sur la terre.And the fifth Angel sounded the trumpet, and I saw a star fall from heaven to the earth.
Una stella corpus est multorum cadentium per peccata.Cette étoile unique est le corps de nombreux hommes qui tombent par le péché.This single star is the body of many who fall through sin.
Sicut per Iob dicitur: Obscurentur stellae caligine eius (Iob 3, 9).Comme il est dit par Job : « Que les étoiles soient obscurcies par sa ténèbre. » (Job 3, 9)As it is said in Job: Let the stars be darkened by its gloom (Job 3:9).
Stellae quippe huius noctis caligine tenebrantur, quando et hi qui magnis iam virtutibus splendent, adhuc de obscuritate culpae aliquid retinentes sustinent.Les étoiles de cette nuit sont obscurcies par sa noirceur lorsque même ceux qui brillent déjà par de grandes vertus conservent encore quelque chose de l’obscurité de la faute.For the stars of this night are darkened by its gloom, when even those who already shine with great virtues still retain something of the darkness of guilt.
Sic namque sunt nonnulli, qui ante humanos oculos velut magnis operibus lucent.Ainsi en est-il de certains qui, aux yeux des hommes, semblent briller par de grandes œuvres.So indeed there are some who, before human eyes, seem to shine by great works.
Sed quia nec ipsa opera a mundo corde prodeunt, captivi in occultis cogitationibus noctis huius tenebris obscurantur.Mais comme ces œuvres mêmes ne procèdent pas d’un cœur purifié du monde, ils sont faits captifs et obscurcis dans les ténèbres de cette nuit, au fond de leurs pensées cachées.But because those very works do not proceed from a heart cleansed from the world, they are taken captive and darkened in the shadows of this night, within their hidden thoughts.
Quia saepe ea quae mundo corde non faciunt, etiam opera amittunt quae bona intentione faciunt.Car souvent, ce qu’ils ne font pas avec un cœur pur, ils perdent même les œuvres qu’ils accomplissaient avec une bonne intention.For often, what they do not do with a pure heart, they even lose the works they performed with good intention.
Et per hoc magis caecantur opere, per quod inluminari potuerunt.Et par là même, ils deviennent plus aveugles par l’œuvre même par laquelle ils auraient pu être éclairés.And thus they are made more blind by the very work through which they might have been enlightened.
Quia ergo nox praevalere permittitur, quando et inter bona opera cordis intentio minime mundatur.Puisqu’il est donc permis à la nuit de l’emporter, lorsque même au milieu des bonnes œuvres l’intention du cœur n’est pas purifiée.Therefore, since the night is allowed to prevail when even amid good works the intention of the heart is not purified.
Dicatur recte: Obscurentur stellae caligine eius.Il est dit à juste titre : « Que les étoiles soient obscurcies par sa ténèbre. »It is rightly said: Let the stars be darkened by its gloom.
Id est, contra eos qui ante humanos oculos, quasi bonis operibus splendent, malitia antiqui hostis obscura praevaleat.C’est-à-dire que, contre ceux qui brillent devant les yeux des hommes comme par de bonnes œuvres, la malice obscure de l’antique ennemi l’emporte.That is, against those who shine before human eyes as if by good works, the dark malice of the ancient enemy prevails.
Et hoc, quod ante humana iudicia suberant, lumen laudis deponant.Et ils perdent la lumière de la gloire, parce qu’auparavant les jugements humains lui étaient asservis.And they lay down the light of praise, because previously human judgments were subject to it.
Caligine quippe noctis obscurantur, cum eorum vita aperto errore confunditur.Ils sont en effet obscurcis par la ténèbre de la nuit lorsque leur vie est confondue par une erreur manifeste.For they are darkened by the gloom of night when their life is confounded by open error.
Ut nimirum tales etiam foras in actione appareant, quales apud semetipsos intus divino parere iudicio non formidant.De sorte qu’ils apparaissent extérieurement dans leurs actes tels qu’ils n’ont pas craint d’être intérieurement, en eux-mêmes, en refusant d’obéir au jugement divin.So that they appear outwardly in action as they inwardly dare to be, not fearing to obey divine judgment within themselves.
Et data est ei clavis putei abyssi.« Et il lui fut donné la clef du puits de l’abîme. »And the key of the pit of the abyss was given to him.
Stella, abyssus, puteus, hi quos supra diximus sunt.L’étoile, l’abîme et le puits sont ceux dont nous avons parlé plus haut.The star, the abyss, and the pit are those we mentioned above.
Abyssum dicimus esse secretam altitudinem cordis humani.Nous appelons abîme la profondeur secrète du cœur humain.We call the abyss the hidden depth of the human heart.
Ut quid intus lateat minime cognoscatur, nisi per ianuam linguae manifestetur.Afin que ce qui s’y cache ne soit pas connu, sinon lorsqu’il se manifeste par la porte de la langue.So that what lies hidden within may not be known unless it is revealed through the gate of the tongue.
Sic David cum ab inimicis ne comprimeretur, oravit: Ne contineat super me puteus os suum (Psal. 68, 17).Ainsi David, pour ne pas être écrasé par ses ennemis, pria : « Que le puits ne referme pas sa bouche sur moi. » (Ps 68, 17)Thus David prayed, lest he be crushed by enemies: Let not the pit close its mouth over me (Ps 68:17).
Ergo stella cecidit de caelo in terra, et accepit clavem putei abyssi, id est, potestatem cordis sui.Ainsi l’étoile est tombée du ciel sur la terre et a reçu la clef du puits de l’abîme, c’est-à-dire le pouvoir sur son propre cœur.Therefore the star fell from heaven to earth and received the key of the pit of the abyss, that is, power over its own heart.
Ut aperiat cor suum, in quo diabolus deligatus compescitur, et faciet voluntatem suam, et diaboli.Afin d’ouvrir son cœur, dans lequel le diable, bien que lié, est contenu, et d’accomplir sa propre volonté et celle du diable.So that it may open its heart, in which the devil, though bound, is restrained, and thus carry out its own will and the will of the devil.
Et aperuit puteum abyssi.« Et il ouvrit le puits de l’abîme. »And he opened the pit of the abyss.
Id est, manifestavit cor suum sine ulla verecundia vel timore peccandi.C’est-à-dire qu’il a manifesté son cœur sans aucune honte ni crainte de pécher.That is, he revealed his heart without any shame or fear of sin.
Et ascendit fumus de puteo quasi fumus magnae fornacis.« Et une fumée monta du puits comme la fumée d’une grande fournaise. »And smoke rose from the pit like the smoke of a great furnace.
Id est, de populo ascendit qui iam aperte contra Ecclesiam in superbia surgit.C’est-à-dire qu’une fumée s’élève du peuple qui désormais se dresse ouvertement contre l’Église dans son orgueil.That is, smoke rises from the people who now openly rise up in pride against the Church.
Ut praedicationem eius contemnat et obscuret, ita ut dicatur non esse.Au point de mépriser et d’obscurcir sa prédication, comme si elle n’existait pas.So as to despise and obscure its preaching, so that it is said not to exist.
Sicut dicit: Et obscuratus est sol, et aer de fumo putei.Comme il est dit : « Le soleil et l’air furent obscurcis par la fumée du puits. »As it is said: And the sun and the air were darkened by the smoke of the pit.
Peccata enim multa, quae per orbem committuntur, obscurant praedicationem Ecclesiae.Car les nombreux péchés commis à travers le monde obscurcissent la prédication de l’Église.For the many sins committed throughout the world darken the preaching of the Church.
Per quam sol oritur in corde credentium et faciunt quibusdam caecitatem.Par laquelle le soleil se lève dans le cœur des croyants, tandis qu’ils provoquent chez certains l’aveuglement.Through which the sun rises in the hearts of believers, yet they cause blindness in some.
Sicut fumus magnae fornacis.« Comme la fumée d’une grande fournaise. »Like the smoke of a great furnace.
Fumus enim ignem praeit.Car la fumée précède le feu.For smoke precedes fire.
Et quid ignis, nisi homo peccati, filius perditionis, Antichristus?Et qu’est-ce que le feu, sinon l’homme du péché, le fils de la perdition, l’Antichrist ?And what is the fire, if not the man of sin, the son of perdition, the Antichrist?
Et quid fumus, nisi suos esse ministros?Et qu’est-ce que la fumée, sinon ses ministres ?And what is the smoke, if not his ministers?
Quia antequam ignis appareat, fumus tenebrarum eius oculos superborum caecat.Car avant que le feu n’apparaisse, la fumée de ses ténèbres aveugle les yeux des orgueilleux.For before the fire appears, the smoke of its darkness blinds the eyes of the proud.
Iste enim fumus ignem praeit fornacis, id est, novissimae probationis.Car cette fumée précède le feu de la fournaise, c’est-à-dire de l’épreuve ultime.For this smoke precedes the fire of the furnace, that is, the final trial.
Ex ista generalitate transit ad partem terrae.À partir de cette considération générale, il passe à une partie de la terre.From this general statement he moves to a particular part of the earth.
Ubi ad ostendendum futurae revelationis modum, ex ipsorum operibus aliquid iam foras exiit.Là où, pour montrer le mode de la révélation future, quelque chose est déjà sorti au dehors à partir de leurs propres œuvres.Where, in order to show the manner of the future revelation, something has already come forth outwardly from their own deeds.
Dicens: Et ex fumo putei exierunt locustae in terram, et data est eis potestas, sicut habent potestatem scorpii terrae.En disant : « De la fumée du puits sortirent des sauterelles sur la terre, et il leur fut donné un pouvoir semblable à celui des scorpions de la terre. »Saying: And out of the smoke of the pit came locusts upon the earth, and power was given to them, as the scorpions of the earth have power.
Locustae pro mobilitate levitatis accipiendae sunt, tamquam vagae et salientes animae in saeculi voluptates.Les sauterelles doivent être comprises, en raison de leur mobilité et de leur légèreté, comme des âmes errantes et bondissantes vers les voluptés du siècle.The locusts are to be understood, because of their mobile lightness, as wandering and leaping souls rushing into worldly pleasures.
Scorpio enim palpando incedit, sed cauda ferit; nec mordet a facie, sed a posterioribus.Car le scorpion avance en tâtant, mais frappe de la queue ; il ne mord pas de face, mais par derrière.For the scorpion walks cautiously, yet strikes with its tail; it does not bite from the front, but from behind.
Scorpiones ergo sunt homines blandi et malitiosi, qui bonis quidem in faciem non resistunt.Les scorpions sont donc des hommes flatteurs et malveillants, qui ne s’opposent pas ouvertement aux bons.Scorpions therefore are flattering and malicious men, who do not oppose the good openly.
Sed mox ut recesserint, detrahunt, alios infamant, et quaeque possunt noxia immittunt.Mais dès que ceux-ci se sont retirés, ils dénigrent, calomnient les autres et répandent tout le mal qu’ils peuvent.But as soon as they have withdrawn, they slander, defame others, and inflict whatever harm they can.
Mortifera inferre occulte non cessant.Ils ne cessent pas d’infliger secrètement des coups mortels.They do not cease to inflict deadly harm in secret.
Scorpiones ergo sunt, qui blandi et sine nocibilitate in faciem videntur.Ce sont donc des scorpions, ceux qui paraissent aimables et inoffensifs en face.They are therefore scorpions, those who appear pleasant and harmless to the face.
Sed post dorsum portant unde venenum fundant.Mais ils portent derrière eux ce par quoi ils répandent le venin.But behind their backs they carry that from which they pour out poison.
Qui enim in occulto feriunt, quasi mortem absconse trahunt.Car ceux qui frappent en secret entraînent pour ainsi dire la mort en cachette.For those who strike in secret draw death as it were in concealment.
Unde etiam per Psalmistam dicitur: Circumdederunt me sicut apes favum, et exarserunt sicut ignis in spinis (Ps. 117.).C’est pourquoi le Psalmiste dit : « Ils m’ont entouré comme des abeilles autour du rayon, et ils ont flambé comme un feu dans les épines » (Ps 117).Hence the Psalmist says: They surrounded me like bees around the honeycomb, and they burned like fire among thorns (Ps. 117).
Apes enim in ore mel habent, in aculeo autem vulnus.Car les abeilles ont du miel dans la bouche, mais une blessure dans l’aiguillon.For bees have honey in the mouth, but a wound in the sting.
Et omnes qui lingua blandiuntur, sed absconse ex malitia feriunt, apes sunt.Et tous ceux qui flattent par la langue mais frappent secrètement par malice sont des abeilles.And all who flatter with the tongue but strike secretly out of malice are bees.
Quia loquendo dulcedinem melis ponunt, sed occulte feriendo vulnus inferunt.Car en parlant ils offrent la douceur du miel, mais en frappant en secret ils infligent une blessure.For by speaking they offer the sweetness of honey, but by striking secretly they inflict a wound.
Ista vero facientes exardescunt, sicut ignis in spinis.En agissant ainsi, ils s’embrasent comme un feu dans les épines.By doing these things they blaze like fire among thorns.
Quia per flammas detrahentium vita non iustorum comburitur.Car par les flammes des calomniateurs, la vie des injustes est consumée.For by the flames of slanderers, the life of the unjust is burned away.
Sed si quid in eis peccatorum vel vitiorum fuerit, ut spinae, concrematur.Mais s’il y a en eux quelque péché ou vice, cela est consumé comme des épines.But if there is any sin or vice in them, it is burned up like thorns.
Et dictum est eis, ne laedant faenum terrae, neque omne viride.« Et il leur fut dit de ne pas nuire à l’herbe de la terre ni à aucune verdure. »And it was said to them not to harm the grass of the earth nor any green thing.
Ostendit locustas homines esse.Il montre par là que les sauterelles sont des hommes.He thereby shows that the locusts are human beings.
Et dictum est eis, ne occiderent eos.« Et il leur fut dit de ne pas les tuer. »And it was said to them not to kill them.
Unum est quidem omnibus vocabulum non habentibus signum Dei in fronte, sed duplex persona.Le terme est unique pour tous ceux qui n’ont pas le signe de Dieu sur le front, mais la réalité est double.There is indeed one designation for all who do not have the sign of God on their forehead, but there is a twofold identity.
Duae partes sunt in Ecclesia.Il y a deux parts dans l’Église.There are two parts in the Church.
Una pars diaboli, quae more locustarum saltibus evolat, et se inanis gloriae exaltat.L’une est la part du diable, qui s’élève par bonds comme les sauterelles et s’exalte dans une vaine gloire.One part belongs to the devil, which leaps like locusts and exalts itself in empty glory.
Altera pars Christi, quae est Ecclesia, in humiliatione tradita ad cognitionem iustitiae Dei.L’autre est la part du Christ, qui est l’Église, livrée à l’humiliation pour parvenir à la connaissance de la justice de Dieu.The other part belongs to Christ, which is the Church, handed over to humiliation for the knowledge of God’s righteousness.
Et commemorationem poenitentiae, sicut scriptum est: Bonum mihi est quod humiliasti me, Domine, ut discam iustificationes tuas (Ps. 118, 71).Et au souvenir de la pénitence, comme il est écrit : « Il m’est bon que tu m’aies humilié, Seigneur, afin que j’apprenne tes justifications » (Ps 118,71).And to the remembrance of repentance, as it is written: It is good for me that you humbled me, O Lord, that I may learn your justifications (Ps. 118:71).
Sic in omnibus scripturis generale invenitur esse vocabulum, et sententiae qualitatem specie designare.Ainsi, dans toute l’Écriture, on constate qu’un terme peut être général tout en désignant, par la distinction, la qualité du sens.Thus throughout Scripture a term is found to be general, yet to designate the quality of meaning by distinction.
Sicut Dominus ait: Non veni vocare iustos, sed peccatores (Matth. 9, 13).Comme le Seigneur le dit : « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs » (Mt 9,13).As the Lord says: I did not come to call the righteous, but sinners (Matt. 9:13).
Et propter peccatores mysteriose loquitur, ne conversi curentur.Et il parle de manière mystérieuse à cause des pécheurs, afin qu’ils ne soient pas guéris en se convertissant.And he speaks mysteriously because of sinners, lest they be healed by converting.
Iterum scriptum est: Ego dixi: dii estis, et filii excelsi omnes: vos autem ut homines moriemini (Psal. 81, 6).Il est encore écrit : « J’ai dit : vous êtes des dieux, et tous des fils du Très-Haut ; mais vous mourrez comme des hommes » (Ps 81,6).Again it is written: I said: you are gods, and all of you sons of the Most High; but you shall die like men (Ps. 81:6).
Nonne subaudimus veluti omnes?Ne sous-entendons-nous pas ici « tous » ?Do we not implicitly understand “all”?
Sed absit, ut omnes quidem dicantur dii.Mais loin de là : tous ne sont pas appelés dieux.But far be it that all are truly called gods.
Sed non omnes dixit morituros.Et il n’a pas dit que tous mourraient.Nor did he say that all would die.
Sic et hoc loco, qui non habent signum Dei in frontibus suis, generaliter omnibus dictum est.De même ici, « ceux qui n’ont pas le signe de Dieu sur le front » est dit de manière générale.So also here, those who do not have the sign of God on their foreheads is said in a general sense.
Et datum est eis, ne occiderent eos.« Et il leur fut donné de ne pas les tuer. »And it was given to them not to kill them.
Hoc specialiter dictum est.Cela est dit de manière particulière.This is said in a specific sense.
Id est, recordantium pars quae ad poenitentiam redit.C’est-à-dire la part de ceux qui se souviennent et reviennent à la pénitence.That is, the portion of those who remember and return to repentance.
Et non interficitur a malis, neque laeditur spiritualiter.Elle n’est ni mise à mort par les méchants, ni atteinte spirituellement.It is neither killed by the wicked nor harmed spiritually.
Sed tantum in carnis dolore, lapsus et captivitatis, excruciatur.Mais elle est seulement tourmentée dans la douleur de la chair, de la chute et de la captivité.But it is only afflicted in the pain of the flesh, of downfall and captivity.
Datum est eis ne occiderent eos: sed ut cruciarent mensibus quinque.Il leur est donné de ne pas les tuer, mais de les tourmenter pendant cinq mois.It was given to them not to kill them, but to torment them for five months.
Menses annos dixit.Par « mois », il a dit « années ».By “months” he meant “years”.
Et aliquando pro eloquendi modo quinque sensus corporis accipimus.Et parfois, selon le mode d’expression, on comprend les cinq sens du corps.And sometimes, according to the manner of speaking, we understand the five bodily senses.
Qui omnes in his periculis cruciantur, cum inde caute circumspiciuntur.Tous sont tourmentés dans ces dangers, lorsqu’ils sont surveillés avec prudence.All of which are tormented in these dangers, when they are cautiously watched.
Et cruciatus eorum sicut cruciatus scorpii, cum percutit hominem.« Et leur tourment est comme le tourment du scorpion lorsqu’il frappe un homme. »And their torment is like the torment of a scorpion when it strikes a man.
Id est, in vitiis venena propinare.C’est-à-dire administrer des poisons par les vices.That is, to administer poisons through vices.
Et quaerent homines mortem, et non invenient eam.« Et les hommes chercheront la mort, et ils ne la trouveront pas. »And men will seek death and will not find it.
Revera mori concupiscunt, ut vivant Deo.En vérité, ils désirent mourir afin de vivre pour Dieu.Indeed they desire to die, in order to live for God.
Sicut morimur saeculo, ut vivamus Deo.Comme nous mourons au monde afin de vivre pour Dieu.Just as we die to the world in order to live for God.
Hanc quaerent mortem.C’est cette mort qu’ils recherchent.This is the death they seek.
Sed differendo in crastinum, non inveniunt eam.Mais en la remettant au lendemain, ils ne la trouvent pas.But by postponing it until tomorrow, they do not find it.
Et concupiscent mori, et mors fugiet ab eis.« Ils désireront mourir, et la mort fuira loin d’eux. »And they will desire to die, and death will flee from them.
Ostendit iteratum tempus huius calamitatis.Il montre que cette calamité s’étend sur une durée répétée.He shows that this calamity extends over a repeated period.
Quod est enim quaerent, hoc et concupiscent.Ce qu’ils chercheront, ils le désireront aussi.What they seek, that they will also desire.
Quaerent quaerendo, et minime inveniendo.Ils chercheront en cherchant, mais sans jamais trouver.They will seek by seeking, yet never finding.
Explicit puteus abyssi.« Ici s’achève [l’explication du] puits de l’abîme. »Here ends the pit of the abyss.
Et similitudines locustarum, similes equorum paratorum ad bellum.« Et les figures des sauterelles étaient semblables à des chevaux préparés pour le combat. »And the shapes of the locusts were like horses prepared for battle.
Id est, similes novissimorum persecutorum.C’est-à-dire semblables aux persécuteurs des derniers temps.That is, like the final persecutors.
In novissimo enim bello, quod descripturus est in sexta tuba, equos dicit pugnare.Car dans le combat final, qu’il décrira à la sixième trompette, il dit que ce sont des chevaux qui combattent.For in the final battle, which he will describe at the sixth trumpet, he says that horses fight.
Ipsis equis dixit similes has locustas.Il a déclaré ces sauterelles semblables à ces chevaux mêmes.He declared these locusts to be like those very horses.
Ceterum quid simile in equis paratis ad bellum?Mais en quoi y a-t-il ressemblance avec des chevaux préparés au combat ?But what resemblance is there in horses prepared for battle?
Quis umquam tales equos in bellum paratos esse dixerit?Qui donc a jamais dit que de tels chevaux étaient préparés pour la guerre ?Who has ever said that such horses were prepared for war?
Nisi spiritualia sunt haec quae in Ecclesia geruntur.À moins que ces choses ne soient spirituelles et qu’elles ne se déroulent dans l’Église.Unless these things are spiritual and take place within the Church.
Et nisi a catholicis, ab imperitis non videntur.Et si l’on n’est pas catholique, les ignorants ne les perçoivent pas.And unless one is catholic, the unlearned do not perceive them.
In his locustis ostendit quales adhuc futuri sunt equi.Par ces sauterelles, il montre quels seront encore les chevaux à venir.By these locusts he shows what the horses to come will be like.
Qui pugnabunt solutis quatuor angelis in quatuor angulis terrae.Ceux qui combattront lorsque les quatre anges auront été déliés aux quatre coins de la terre.Who will fight when the four angels are released at the four corners of the earth.
Sicut in sexto angelo inveniemus.Comme nous le verrons au sixième ange.As we shall find at the sixth angel.
Super capita earum coronae similes auro.« Sur leurs têtes, comme des couronnes semblables à de l’or. »On their heads were crowns like gold.
Quid in has coronas aureas intelligere debemus, nisi simulationem Christianitatis?Que devons-nous comprendre par ces couronnes d’or, sinon une imitation de la christianité ?What are we to understand by these golden crowns, if not a simulation of Christianity?
Legimus seniores viginti quatuor, qui sunt Ecclesia, coronas habere aureas.Nous lisons que les vingt-quatre anciens, qui sont l’Église, ont des couronnes d’or.We read that the twenty-four elders, who are the Church, have golden crowns.
Istas autem dicit similes auro.Mais celles-ci, il les dit seulement semblables à l’or.But these he calls only like gold.
Similes dicit, quia non aureas.Il dit « semblables », parce qu’elles ne sont pas réellement d’or.He says “like”, because they are not truly golden.
Imitationem Ecclesiae ostendunt, sed Ecclesia non sunt.Ils manifestent une imitation de l’Église, mais ils ne sont pas l’Église.They display an imitation of the Church, but they are not the Church.
Et facies earum sicut facies hominum.« Et leurs visages étaient comme des visages d’hommes. »And their faces were like the faces of men.
In facie cognitio intelligitur.Dans le visage, on comprend la connaissance.In the face, knowledge is understood.
Facies hominum simulant, quia quasi uno ore nobiscum Christum laudant.Ils simulent des visages humains, car ils louent le Christ avec nous comme d’une seule voix.They simulate human faces, because with one mouth they seem to praise Christ with us.
Nam homines dicuntur ratione capaces.Car les hommes sont dits capables de raison.For men are said to be capable of reason.
Tales enim homines non sunt.Or ceux-là ne sont pas vraiment des hommes.Yet such are not truly men.
Imo, hos si requiras, equi sunt, id est, ad discurrendum ad malum parati.Bien plutôt, si tu les examines, ce sont des chevaux, c’est-à-dire prêts à courir vers le mal.Rather, if you examine them, they are horses, that is, ready to rush toward evil.
Si vis, locustae sunt.Si tu veux, ce sont des sauterelles.If you wish, they are locusts.
Id est, in elevatione huius saeculi et vanae gloriae levitate elevati.C’est-à-dire élevés par l’orgueil de ce siècle et la légèreté de la vaine gloire.That is, lifted up by the pride of this age and the lightness of vain glory.
Si quaeris, homines sunt: quia ore profitentur se nosse Deum, factis autem negant.Si tu les examines, ce sont des hommes, car de bouche ils professent connaître Dieu, mais par leurs actes ils le renient.If you examine them, they are men, for with their mouth they profess to know God, but by their deeds they deny him.
Si pensas, mulieres sunt: quia fluxam et effeminatam fortitudinem ostendunt.Si tu les juges, ce sont des femmes, car ils montrent une vigueur instable et efféminée.If you weigh them, they are women, because they display a weak and effeminate strength.
Si consideras, leones sunt: quia ad devorandum innocentes fortes sunt.Si tu les considères, ce sont des lions, car ils sont puissants pour dévorer les innocents.If you consider them, they are lions, because they are strong to devour the innocent.
Si post tergum requiras, scorpiones sunt.Si tu regardes derrière eux, ce sont des scorpions.If you look behind them, they are scorpions.
Quia in facie quasi homines blandiuntur, post tergum vero per suos pseudoprophetas Ecclesiae vulnus infigunt.Car en face ils flattent comme des hommes aimables, mais par derrière, par leurs pseudo-prophètes, ils infligent une blessure à l’Église.For to the face they flatter like pleasant men, but behind, through their false prophets, they inflict a wound upon the Church.
Et hoc ex se non faciunt.Et ils ne font pas cela par eux-mêmes.And they do not do this of themselves.
Quia diabolum caput habent, a quo reguntur.Car ils ont pour tête le diable, par lequel ils sont gouvernés.For they have the devil as their head, by whom they are ruled.
Quia sicut Christus caput est bonorum, ita diabolus caput est omnium iniquorum.Car de même que le Christ est la tête des bons, ainsi le diable est la tête de tous les méchants.For just as Christ is the head of the good, so the devil is the head of all the wicked.
Et habebant capillos sicut capillos mulierum.« Et ils avaient des cheveux comme des cheveux de femmes. »And they had hair like the hair of women.
In capillis mulierum non solum fluxos et effeminatos, sed etiam utrumque sexum voluit ostendere.Par les cheveux des femmes, il a voulu montrer non seulement la mollesse et l’effémination, mais aussi les deux sexes.By the hair of women he wished to show not only softness and effeminacy, but also both sexes.
Et dentes earum sicut leonum erant.« Et leurs dents étaient comme celles des lions. »And their teeth were like those of lions.
Id est, ad devorandum fortes.C’est-à-dire puissants pour dévorer.That is, strong for devouring.
Et habebant pectora sicut loricas ferreas.« Et ils avaient des poitrines comme des cuirasses de fer. »And they had breastplates like iron breastplates.
Id est, pectora velut fortia et munita.C’est-à-dire des cœurs durs et fortifiés.That is, hearts as if strong and fortified.
Et ad serpentem, qui diabolus dicitur, dictum est: Super pectus et ventrem tuum gradieris (Gen. 3, 14).Et au serpent, qui est appelé le diable, il a été dit : « Tu marcheras sur ta poitrine et sur ton ventre » (Gn 3,14).And to the serpent, who is called the devil, it was said: On your breast and belly you shall go (Gen. 3:14).
In pectore superbia, in ventre luxuria vel voracitatis ingluvies.Dans la poitrine, l’orgueil ; dans le ventre, la luxure ou la gloutonnerie vorace.In the breast, pride; in the belly, lust or ravenous gluttony.
Et vox pennarum illarum sicut vox curruum multorum currentium in bellum.« Et le bruit de leurs ailes était comme le bruit de nombreux chars courant au combat. »And the sound of their wings was like the sound of many chariots rushing to battle.
Id est, strepitus discursionum illarum.C’est-à-dire le fracas de leurs courses effrénées.That is, the clamor of their frantic rushes.
Ut currentium in bellum, quod est discurrentium ad malum.Comme ceux qui courent au combat, c’est-à-dire qui se précipitent vers le mal.Like those running to battle, that is, rushing toward evil.
Et habebant caudas similes scorpiis, et aculeos in caudis earum. Potestas earum laedendi homines mensibus quinque.« Et elles avaient des queues semblables à celles des scorpions, avec des aiguillons dans leurs queues ; et leur pouvoir était de nuire aux hommes pendant cinq mois. »And they had tails like scorpions, and stings in their tails; and their power to hurt men was for five months.
Caudas praepositos malos dicit, id est, Episcopos.Par les queues, il désigne des chefs mauvais, c’est-à-dire des évêques.By the tails he means evil leaders, that is, bishops.
Sic enim Deus per Isaiam definire dignatus est, dicens: Senior, et quem admirantur personae, hic est caput: et Propheta docens iniqua, hic est cauda (Isai. 9. v. 15.).Car Dieu a daigné définir cela par Isaïe, en disant : « L’ancien et celui que l’on honore est la tête ; le prophète qui enseigne le mensonge, voilà la queue » (Is 9,15).For God deigned to define this through Isaiah, saying: The elder and the honored man is the head, and the prophet who teaches lies is the tail (Isa. 9:15).
Sed illic intestinos dixit quos describit, id est, intra Ecclesiam; sed iam in ipsa parte est, quae foris est.Mais là il parlait de ceux de l’intérieur, c’est-à-dire au sein de l’Église ; ici, en revanche, il s’agit déjà de la partie qui est au dehors.But there he spoke of those within, that is, inside the Church; here, however, it already concerns the part that is outside.
Potestas enim locustarum in pseudoprophetis est externis apud nos, id est, foras a nobis.Car le pouvoir des sauterelles réside chez les faux prophètes extérieurs à nous, c’est-à-dire hors de notre communauté.For the power of the locusts lies in false prophets who are external to us, that is, outside our community.
Et intra Ecclesiam per malos, qui regali amicitia sanctitatem simulant intra Ecclesiam, et a malis Christianis freti sine verecundia securitatem eis procurant.Et aussi à l’intérieur de l’Église, par les mauvais, qui feignent la sainteté sous couvert d’une faveur royale, et qui, soutenus par de mauvais chrétiens, leur procurent sans honte un sentiment de sécurité.And also within the Church, through the wicked, who feign holiness under royal favor, and who, supported by bad Christians, shamelessly grant them a sense of security.
Et habebant super se Regem Angelum abyssi.« Et elles avaient sur elles un roi, l’ange de l’abîme. »And they had over them a king, the angel of the abyss.
Id est, diabolum, vel regem huius saeculi.C’est-à-dire le diable, ou le prince de ce monde.That is, the devil, or the ruler of this world.
Abyssus enim populus est, in quo diabolus in occulto cordis eorum ligatus tenetur.Car l’abîme est le peuple, dans lequel le diable est tenu lié dans le secret de leurs cœurs.For the abyss is the people, in whom the devil is held bound in the hidden depths of their hearts.
Et rex huius saeculi perspicue principatur.Et le prince de ce monde y exerce manifestement sa domination.And the ruler of this world clearly exercises his dominion.
Nomen habet hebraice Abaddon, graece Apollyon, latine perdens.Son nom est en hébreu Abaddon, en grec Apollyon, en latin perdens.His name in Hebrew is Abaddon, in Greek Apollyon, in Latin the Destroyer.
Vae unum abiit: Ecce veniunt adbuc duo vae postea.« Le premier malheur est passé ; voici que viennent encore deux malheurs après cela. »The first woe has passed; behold, two woes are still to come after this.
Expliciunt locustae.Fin des sauterelles.Here ends the account of the locusts.

Vers 800. Apocalypse dite de Trèves

  • L'Apocalypse dite de Trèves. Parmi les cycles picturaux consacrés à l'Apocalypse conservés depuis l'époque carolingienne, l'Apocalypse de Trèves est l'illustration la plus ancienne et la plus complète. Le Codex 31 de la bibliothèque municipale de Trèves, réalisé dans un scriptorium du nord de la France, comprend 74 miniatures pleine page encadrées de rouge. Les motifs sont de pures illustrations du texte. Un principe de composition essentiel réside dans la division du champ pictural en deux ou trois zones superposées qui délimitent les différents niveaux spatiaux ou temporels les uns par rapport aux autres. Le style artistique renvoie à des modèles plus anciens provenant d'Italie au VIe siècle.
    • Cf. Die Trierer Apokalypse, Codex 31 der Stadtbibliothek Trier, Kommentar von Peter K. Klein, mit Beiträgen von Richard Laufner und Gunther Franz (“L'Apocalypse de Trèves, Codex 31 de la bibliothèque municipale de Trèves, commentaire de Peter K. Klein, avec des contributions de Richard Laufner et Gunther Franz”), Graz (Autriche), Presse de l'Université, 2001

IXe siècle. Bérengaud

  • Bérengaud (840–892), en latin Berengaudus, était un moine bénédictin de l'abbaye de Ferrières (aujourd'hui en Seine-et-Marne). Son commentaire de l'Apocalypse, Expositio super septem visiones libri Apocalypsis, a connu une grande diffusion au XIIe siècle, période à partir de laquelle on en a des copies, de sorte qu'on a douté de son attribution, cependant sans raisons convaincantes.
latin (IXᵉ siècle)français (2025)anglais (2025)
Unde et sequitur: Sed ut cruciarentur mensibus quinque. Per menses quinque omne tempus vitae praesentis, quod in quinque aetatibus consistit, possumus intelligere. Prima namque aetas est infantia, secunda pueritia, tertia adolescentia, quarta juventus, quinta senectus; quamvis beatus Gregorius, ut cum sex aetatibus mundi aetates hominum conformaret, senectutem in duas partes diviserit.D'où il est dit : Mais afin qu’ils soient tourmentés pendant cinq mois. Par ces cinq mois, on peut entendre tout le temps de la vie présente, laquelle se divise en cinq âges. Le premier âge est l’enfance, le second la puérilité, le troisième l’adolescence, le quatrième la jeunesse, le cinquième la vieillesse ; bien que saint Grégoire, pour faire correspondre les âges de l’homme aux six âges du monde, ait divisé la vieillesse en deux.Hence it follows: But that they should be tormented for five months. By these five months we may understand the entire time of this present life, which is composed of five ages. The first age is infancy, the second childhood, the third adolescence, the fourth youth, and the fifth old age; although blessed Gregory, wishing to align the ages of man with the six ages of the world, divided old age into two parts.
In quinque ergo mensibus, id est, in omni tempore vitae praesentis non solum haeretici, sed et omnes impii cruciantur. Nam velint nolint, cum ad memoriam mortem poenamque quae mortem sequitur, reducunt; quamvis de prosperitatibus intrinsecus saeculi, eo videantur quod sciant exsultare se pro, cruciantur sceleribus tamen suis aeternaliter esse cruciandos. E contrario justi, quamvis extrinsecus diversis modis affligantur; intrinsecus tamen de spe caelestis gloriae, ad quam se perventuros credunt, exsultant.Dans ces cinq mois, c’est-à-dire durant tout le temps de la vie présente, ce ne sont pas seulement les hérétiques, mais tous les impies qui sont tourmentés. Car, qu’ils le veuillent ou non, ils sont ramenés par la mémoire à la mort, et au châtiment qui suit la mort ; et bien qu’intérieurement ils semblent se réjouir des prospérités du siècle, parce qu’ils savent qu’elles leur profitent, ils sont cependant tourmentés par leurs crimes, en tant que destinés à être tourmentés éternellement. À l’inverse, les justes, bien qu’extérieurement affligés de diverses manières, exultent cependant intérieurement dans l’espérance de la gloire céleste, à laquelle ils croient parvenir.In these five months—that is, throughout the entire time of this present life—not only heretics but all the ungodly are tormented. For whether they will it or not, they are brought back in memory to death and to the punishment that follows death; and although they may seem to rejoice inwardly in the world’s prosperity, knowing it favors them, they are tormented by their sins, as those who are destined to be eternally tormented. On the contrary, the righteous, though outwardly afflicted in many ways, nevertheless rejoice inwardly in the hope of heavenly glory, to which they believe they shall attain.
Possumus etiam per quinque menses omne tempus huius mundi intelligere; primus namque mensis est ab origine mundi usque ad diluvium, secundus a diluvio usque ad Moysen, tertius a Moyse usque ad David, quartus a David usque ad Christum, quintus a Christo usque ad consummationem saeculi. In iis ergo quinque mensibus omnes fabricatores errorum cruciantur, sive eo modo quo superius diximus, sive quod falsas adinventiones suas vident a veritate superari.On peut aussi entendre par ces cinq mois toute la durée du monde : le premier mois va de l’origine du monde jusqu’au Déluge ; le second, du Déluge jusqu’à Moïse ; le troisième, de Moïse à David ; le quatrième, de David jusqu’au Christ ; le cinquième, du Christ jusqu’à la consommation du siècle. En ces cinq mois donc, tous les fauteurs d’erreurs sont tourmentés, soit selon ce que nous avons dit plus haut, soit parce qu’ils voient leurs inventions mensongères vaincues par la vérité.We may also understand by these five months the whole span of this world’s history: the first month runs from the world’s origin to the Flood; the second, from the Flood to Moses; the third, from Moses to David; the fourth, from David to Christ; the fifth, from Christ to the end of the age. In these five months, then, all fabricators of falsehoods are tormented, whether in the way we have previously described, or because they see their deceitful inventions overcome by the truth.

Vers 865. Haymon d'Auxerre

  • Haymon d'Auxerre (+ v.870), alias Haimon, en latin Haimo Autissiodorensis (longtemps confondu à tort avec son homonyme Haymon d'Halbertstadt, Haymo Halbertstattensis), moine bénédictin, second maître de l'école d'Auxerre (Yonne) de 840 environ à 865, avant de finir ses jours abbé de Saint-Baudèle, à Cessy-les-Bois (Nièvre). Son commentaire de l'Apocalypse a été édité pour la première fois en 1535 par Jean Bignon, puis en 1852 par Migne au tome 117 de sa Patrologie Latine.
  • Jean Bignon (éd.), Haymon d'Auxerre (et non d'Halbertstadt), Haymonis episcopi Halberstattensis commentariorum in Apocalypsim beati Ioannis libri septem, iamprimum in lucem editi et ad multorum scriptorum codicum fidem castigati (207 folios), Paris, Jean Petit et André Berthelin, 1535, folio 85r-88v (Apoc. 9, 1-12).
  • Jacques-Paul Migne (éd.), “Haimonis Autissiodorensis Expositio in Apocalypsim”, in Patrologiae Latinae tomus CXVII, Paris, Migne, 1852, col. 1016-1019.
latin (vers 1865)français (2025)anglais (2025)
Caput IX.Chapitre IX.Chapter IX.
Et quintus angelus tuba cecinit, et vidi stellam de caelo cecidisse in terram.Et le cinquième ange sonna de la trompette, et je vis une étoile tomber du ciel sur la terre.And the fifth angel sounded the trumpet, and I saw a star fall from heaven to the earth.
Haec stella ut supra dictum est, diabolum significat qui se transfigurat in angelum lucis verum quibusdam apparens dixit se esse Christum, sicut beato Martino.Cette étoile, comme il a été dit plus haut, signifie le diable, qui se transforme en ange de lumière, et qui, apparaissant à certains, a dit être le Christ, comme il le fit à saint Martin.This star, as has been said above, signifies the devil, who transforms himself into an angel of light and, appearing to certain persons, said that he was Christ, as he did to Saint Martin.
De hoc caelo cecidit, hoc est, de numero angelorum.Il est tombé de ce ciel, c’est-à-dire du nombre des anges.He fell from this heaven, that is, from the number of the angels.
Vel de caelo, hoc est, de ecclesia cadit quotidie quando ex gentilitate quidam conuertuntur ad fidem, sive ex parentibus Christianis nati, fonte baptismatis regenerantur, et diabolo renuntiant, et omnibus operibus et pompis eius.Ou bien il tombe du ciel, c’est-à-dire de l’Église, chaque jour, lorsque certains issus de la gentilité se convertissent à la foi, ou lorsque ceux qui sont nés de parents chrétiens sont régénérés à la fontaine du baptême, et renoncent au diable et à toutes ses œuvres et à ses pompes.Or else he falls from heaven, that is, from the Church, every day, when some from among the Gentiles are converted to the faith, or when those born of Christian parents are regenerated at the font of baptism and renounce the devil and all his works and pomps.
In terram cadit, hoc est in eos qui terreni sunt.Il tombe sur la terre, c’est-à-dire sur ceux qui sont terrestres.He falls upon the earth, that is, upon those who are earthly.
Non enim in caelo (id est, in sanctis) potestatem habet.Car il n’a pas de pouvoir dans le ciel (c’est-à-dire parmi les saints).For he has no power in heaven (that is, among the saints).
Et data est ei clavis putei abyssi.Et il lui fut donnée la clef du puits de l’abîme.And to him was given the key of the pit of the abyss.
Quid per abyssum, nisi, prava designantur corda reproborum peccatis tenebrosa?Que désigne l’abîme, sinon les cœurs pervers des réprouvés, obscurcis par les péchés ?What is signified by the abyss, if not the perverse hearts of the reprobate, darkened by sins?
De hac abysso dicitur in Genesi: Tenebrae erant super faciem abyssi.À propos de cet abîme, il est dit dans la Genèse : « Les ténèbres étaient sur la face de l’abîme. »Of this abyss it is said in Genesis: “Darkness was upon the face of the abyss.”
Per puteum autem haeretici intelliguntur, qui sua prava doctrina et profunda homines in ima terrae demergunt.Par le puits, on entend les hérétiques, qui, par leur doctrine perverse et profonde, entraînent les hommes jusque dans les profondeurs de la terre.By the pit, however, are understood the heretics, who by their perverse and deep doctrine plunge men into the depths of the earth.
Clavis vero putei abyssi, potestas intelligitur diaboli, qui dominatur haereticis, paganis, et caeteris infidelibus.La clef du puits de l’abîme désigne la puissance du diable, qui domine sur les hérétiques, les païens et les autres infidèles.But the key of the pit of the abyss is understood as the power of the devil, who rules over heretics, pagans, and the other unbelievers.
Legimus enim quia Petro datae sunt claves, id est, potestas ligandi et solvendi.Car nous lisons que les clefs ont été données à Pierre, c’est-à-dire le pouvoir de lier et de délier.For we read that the keys were given to Peter, that is, the power of binding and loosing.
Ita ergo in hoc loco clavis, quae data est diabolo, potentia intelligitur quam exercet in reprobos.Ainsi donc, en ce lieu, la clef qui est donnée au diable est comprise comme la puissance qu’il exerce sur les réprouvés.Thus, therefore, in this place the key which is given to the devil is understood as the power which he exercises over the reprobate.
Quae illi data esse dicitur propter hoc, quod non est ablata, sicut induratum est cor pharaonis, id est, non emollitum.Cette puissance est dite lui avoir été donnée en ce sens qu’elle ne lui a pas été retirée, de même que le cœur de Pharaon a été endurci, c’est-à-dire non adouci.This power is said to have been given to him because it has not been taken away, just as the heart of Pharaoh was hardened, that is, not softened.
Et aperuit puteum abyssi.Et il ouvrit le puits de l’abîme.And he opened the pit of the abyss.
Quia ipse inspirat haereticis, ut tenebras suae doctrinae proferant ad decipiendum quos possunt.Car c’est lui qui inspire les hérétiques afin qu’ils produisent les ténèbres de leur doctrine pour tromper ceux qu’ils peuvent.For he himself inspires the heretics, so that they may bring forth the darkness of their doctrine in order to deceive those whom they can.
Ipse hoc facit, quia eo instigante fit.Il accomplit cela lui-même, parce que cela se fait sous son instigation.He himself does this, because it is done at his instigation.
Sive per clavem possum intelligere potentiam carnalem, id est, reges et principes huius saeculi quos sibi coniungebant haeretici: quia non auderent tanta et talia loqui, nisi temporali essent potentia fulti.Ou bien, par la clef, je puis entendre la puissance charnelle, c’est-à-dire les rois et les princes de ce siècle, que les hérétiques s’adjoignaient : car ils n’oseraient pas dire de telles choses s’ils n’étaient soutenus par une puissance temporelle.Or by the key I can also understand carnal power, that is, the kings and princes of this world whom the heretics joined to themselves; for they would not dare to speak such great and such things unless they were supported by temporal power.
Et ascendit fumus putei, id est, pravorum haereticorum doctrina manifestata est.Et la fumée du puits monta, c’est-à-dire que la doctrine des hérétiques pervers fut manifestée.And the smoke of the pit ascended, that is, the doctrine of the perverse heretics was made manifest.
Quae bene fumo comparatur quia lumine veritatis caret, et quod sanctis in scriptura sacra lumen praebet, hoc haereticis caecitatem infundit, qui etiam aliis fidei lumen obscurare non cessant.Cette doctrine est à bon droit comparée à la fumée, car elle est privée de la lumière de la vérité, et ce qui, dans l’Écriture sainte, procure la lumière aux saints, cela même répand l’aveuglement chez les hérétiques, qui ne cessent aussi d’obscurcir la lumière de la foi chez les autres.This doctrine is rightly compared to smoke, because it lacks the light of truth; and what in Sacred Scripture provides light to the saints, that same thing pours blindness into the heretics, who also do not cease to obscure the light of faith for others.
Sicut fumus fornacis magnae.Comme la fumée d’une grande fournaise.Like the smoke of a great furnace.
Fornax autem magna novissima est vexatio tempore antichristi futura, de qua videlicet fumus egredietur. i. e. adversa doctrina, quae mentes pereuntium in caliginem vertat, cui fumus putei comparatur, quia sicut nunc et eo amplius error, ita tunc seminabitur ab impiis, unde dicit: Erit tribulatio qualis non fuit neque fiet.La grande fournaise est la dernière persécution à venir au temps de l’Antichrist, de laquelle sortira assurément une fumée, c’est-à-dire une doctrine perverse, qui plongera les esprits des perdants dans l’obscurité ; c’est à elle que la fumée du puits est comparée, car de même que l’erreur est maintenant semée, et même de plus en plus, ainsi alors elle sera semée par les impies ; d’où cette parole : « Il y aura une tribulation telle qu’il n’y en a pas eu et qu’il n’y en aura plus. »The great furnace is the final persecution that is to come in the time of the Antichrist, from which smoke will indeed go forth, that is, a hostile doctrine, which will turn the minds of the perishing into darkness; to this the smoke of the pit is compared, because just as error is now sown, and even more so, so then it will be sown by the impious; hence it is said: “There will be tribulation such as has not been, nor shall be.”
Quo in loco quaestio oritur, quare dicatur fumus putei similis fumo fornacis magnae: si enim tunc tribulatio erit, qualis non fuit, quomodo nunc similis est doctrina haereticorum doctrinae antichristi?En ce lieu se pose la question de savoir pourquoi la fumée du puits est dite semblable à la fumée de la grande fournaise : car si alors la tribulation sera telle qu’elle n’a jamais été, comment la doctrine des hérétiques est-elle maintenant semblable à la doctrine de l’Antichrist ?At this point a question arises as to why the smoke of the pit is said to be like the smoke of the great furnace: for if then the tribulation will be such as has not been, how is the doctrine of the heretics now similar to the doctrine of the Antichrist?
Sed sciendum quia illa persecutio et falsa doctrina antichristi et caeterorum ex parte similis erit ex parte dissimilis.Mais il faut savoir que cette persécution et la fausse doctrine de l’Antichrist et des autres seront en partie semblables, en partie dissemblables.But it must be known that this persecution and the false doctrine of the Antichrist and of the others will be in part similar and in part dissimilar.
Similis erit in persecutione sanctorum, in errore mendacii: dissimilis vero in hoc quod tunc illi miracula facturi sunt, cum sint falsi doctores quod isti facere non possunt, ideo immanior erit illa, qua per utraque decipiet.Elle sera semblable dans la persécution des saints et dans l’erreur du mensonge ; mais dissemblable en ceci que, alors, ceux-là feront des miracles, bien qu’ils soient de faux docteurs, ce que ceux-ci ne peuvent pas faire ; c’est pourquoi cette persécution sera plus terrible, puisqu’elle trompera par l’un et l’autre moyen.It will be similar in the persecution of the saints and in the error of falsehood; but dissimilar in this, that then those men will perform miracles, although they are false teachers, which these cannot do; therefore that persecution will be more dreadful, since it will deceive by both means.
et obscuratus est sol et aer. Id est ecclesia, quia quod per solem, hoc significatur per aera, et hoc in tertia parte sui, id est, in omnibus reprobis est intelligendum ut supra.Et le soleil et l’air furent obscurcis. C’est-à-dire l’Église, car ce qui est signifié par le soleil l’est aussi par l’air ; et cela doit être compris dans sa troisième partie, c’est-à-dire en tous les réprouvés, comme il a été dit plus haut.And the sun and the air were darkened. That is, the Church; for what is signified by the sun is also signified by the air, and this is to be understood in its third part, that is, in all the reprobate, as above.
De fumo putei, id est, de haereticorum doctrina.De la fumée du puits, c’est-à-dire de la doctrine des hérétiques.From the smoke of the pit, that is, from the doctrine of the heretics.
Exierunt locustae in terram. Discipuli scilicet erroris nati sunt, qui terrena corda hominum deciperent.Des sauterelles sortirent sur la terre. Il s’agit des disciples de l’erreur, qui sont engendrés pour tromper les cœurs terrestres des hommes.Locusts went forth upon the earth. That is, the disciples of error were born, who would deceive the earthly hearts of men.
Nam locustae neque rectos gressus habent, ut quaedam animalia, neque volatum ut aves, quia discipuli haereticorum vel ipsi haeretici neque rectam habent fidem, ut volent, et caelestia cum sanctis petant, de quibus Isaias dicit: Qui sunt isti qui ut nubes volant, neque rectos gressus operationis, ut cum psalmista dicere possint: Statuit supra petram pedes meos, et direxit gressus meos (Psal. 39).Car les sauterelles n’ont ni une marche droite comme certains animaux, ni le vol comme les oiseaux, parce que les disciples des hérétiques, ou les hérétiques eux-mêmes, n’ont pas une foi droite, de sorte qu’ils puissent voler et rechercher les réalités célestes avec les saints — à leur sujet Isaïe dit : « Qui sont ceux-là qui volent comme des nuées ? » — ni des pas droits dans l’action, de sorte qu’ils puissent dire avec le psalmiste : « Il a posé mes pieds sur le rocher et a dirigé mes pas » (Ps. 39).For locusts have neither straight steps like certain animals, nor flight like birds, because the disciples of heretics, or the heretics themselves, do not have a right faith, so that they might fly and seek heavenly things with the saints — concerning whom Isaiah says, “Who are these who fly like clouds?” — nor do they have straight steps in their conduct, so that they might be able to say with the psalmist, “He set my feet upon a rock and directed my steps” (Ps. 39).
Saltus dant locustae, et virentia quaeque corrodunt, quia illi per iactantiam elevantur, et animas quas possunt quae virorem fidei habent necant.Les sauterelles font des bonds et dévorent toute verdure, parce que ceux-là s’élèvent par l’arrogance et détruisent, autant qu’ils le peuvent, les âmes qui possèdent la verdeur de la foi.Locusts make leaps and gnaw away every green thing, because such men are lifted up by arrogance and destroy, as far as they can, the souls that possess the greenness of faith.
et data illi potestas, sicut habent scorpiones potestatem terrae.Et il leur fut donné un pouvoir, comme les scorpions ont pouvoir sur la terre.And power was given to them, as scorpions have power over the earth.
Potestas nocendi scorpionis in cauda est.Le pouvoir de nuire du scorpion se trouve dans sa queue.The power of harming in a scorpion is in its tail.
Per haec enim percutit et venena diffundit.Car c’est par celle-ci qu’il frappe et répand des poisons.For by this it strikes and spreads its venom.
Scorpio quoque in facie est blandus, sed occulte cauda percutit.Le scorpion est aussi doux d’apparence, mais il frappe en secret par sa queue.The scorpion is also gentle in appearance, but it strikes secretly with its tail.
Tales sunt haeretici, qui falsis vera permiscent, ut facilius auditores decipiant, sicque veneno malae doctrinae decipiunt simplices, de quibus psalmista ait: Sepulchrum patens, etc. (Psal. 5.)Tels sont les hérétiques, qui mêlent le vrai au faux afin de tromper plus aisément leurs auditeurs, et qui, par le venin de leur mauvaise doctrine, séduisent les simples, au sujet desquels le psalmiste dit : « Un sépulcre ouvert… » (Ps. 5).Such are the heretics, who mix truth with falsehood in order more easily to deceive their hearers, and thus by the venom of evil doctrine deceive the simple, of whom the psalmist says: “An open sepulchre…” (Ps. 5).
Et sacra scriptura testatur, quia propheta docens mendacium, ipse est cauda.Et l’Écriture sainte atteste que le prophète qui enseigne le mensonge est lui-même la queue.And Sacred Scripture bears witness that the prophet who teaches falsehood is himself the tail.
Et praeceptum est illis ne laederent foenum terrae nec omne viride, neque omnem arborem, nisi tantum homines qui non habent signum Dei in frontibus suis.Et il leur fut ordonné de ne pas nuire à l’herbe de la terre, ni à toute verdure, ni à aucun arbre, mais seulement aux hommes qui n’ont pas le sceau de Dieu sur leur front.And it was commanded them not to harm the grass of the earth, nor any green thing, nor any tree, but only the men who do not have the seal of God on their foreheads.
Superius dictum est, omne faenum viride combustum est, quia in sui tertia parte intelligitur.Il a été dit plus haut que toute herbe verte a été consumée, parce que cela s’entend de sa troisième partie.It was said above that all green grass was burned, because it is understood in its third part.
Ergo hic foenum in bonam partem ponitur.Ainsi, ici, l’herbe est prise en bonne part.Therefore, here the grass is taken in a good sense.
Significat enim lactentes, qui non possunt capere solidum cibum, sed veluti animalia, literae superficie delectantur, quibus Apostolus ait: Non potui vobis loqui quasi spiritualibus sed quasi carnalibus, tanquam parvulis in Christo lac potum vobis dedi, non escam (1. Cor. 4.).Elle signifie en effet les enfants encore nourris de lait, qui ne peuvent recevoir une nourriture solide, mais qui, comme des êtres sans maturité, se plaisent à la surface de la lettre ; à leur sujet l’Apôtre dit : « Je n’ai pu vous parler comme à des spirituels, mais comme à des charnels, comme à de petits enfants en Christ ; je vous ai donné à boire du lait, non une nourriture solide » (1 Cor. 4).For it signifies those who are still being fed with milk, who cannot receive solid food, but who, like immature creatures, delight in the surface of the letter; of them the Apostle says: “I could not speak to you as to spiritual men, but as to carnal, as to little children in Christ; I gave you milk to drink, not solid food” (1 Cor. 4).
Omne autem viride, intelliguntur proficientes, qui iam possunt intelligere et capere quod Ioannes dicit: In principio erat verbum (Io. 1).Toute verdure, en revanche, désigne ceux qui progressent, qui peuvent déjà comprendre et saisir ce que Jean dit : « Au commencement était le Verbe » (Jn 1).But all that is green is understood as those who are making progress, who are now able to understand and grasp what John says: “In the beginning was the Word” (John 1).
Porro arbores perfecti quia et fortes atque in fide robusti sunt, enim hi tales tentationum ventos perferre possunt, et firma stabilitate perdurant de quibus psal. Plantati in domo domini, in atriis domus dei nostri florebunt (ps. 91.).Quant aux arbres, ils représentent les parfaits, parce qu’ils sont forts et solides dans la foi ; ceux-là peuvent supporter les vents des tentations et persévérer avec une stabilité ferme ; à leur sujet le psaume dit : « Plantés dans la maison du Seigneur, ils fleuriront dans les parvis de la maison de notre Dieu » (Ps. 91).Moreover, the trees signify the perfect, because they are strong and steadfast in faith; such men are able to endure the winds of temptations and remain firm with stable perseverance; concerning them the psalm says: “Planted in the house of the Lord, they shall flourish in the courts of the house of our God” (Ps. 91).
Sed et hic a toto pars intelligenda est, ut supra, duabus scilicet partibus permanentibus in ecclesia, a quarum laesione prohibentur locustae, tertia pereat.Mais ici encore, comme plus haut, une partie doit être comprise pour le tout : deux parties demeurent dans l’Église et sont protégées de l’atteinte des sauterelles, tandis que la troisième périt.But here also, as above, a part is to be understood for the whole: namely, two parts remain in the Church and are protected from being harmed by the locusts, while the third perishes.
Unde et statim subiungitur: nisi tantum homines, qui non habent signum in frontibus suis, subaudi digne, quia non solum excluduntur illi qui extra ecclesia sunt, scilicet pagani et Iudaei, sed etiam falsi Christiani, qui signum portant in corpore, qui baptizati sunt, et in ecclesia consistunt, sed tamen fidem suam habere videntur operibus maculant, ideoque laeduntur.C’est pourquoi il est aussitôt ajouté : « sauf seulement les hommes qui n’ont pas le signe sur leur front » — entends-le à juste titre : car sont exclus non seulement ceux qui sont hors de l’Église, à savoir les païens et les Juifs, mais aussi les faux chrétiens, qui portent le signe dans leur corps, qui sont baptisés et demeurent dans l’Église, mais qui semblent avoir la foi tout en la souillant par leurs œuvres ; c’est pourquoi ils sont atteints.Hence it is immediately added: “except only the men who do not have the sign on their foreheads” — understand this rightly: for not only are those excluded who are outside the Church, namely pagans and Jews, but also false Christians, who bear the sign in their body, who are baptized and remain in the Church, yet who seem to have faith while defiling it by their works; therefore they are harmed.
Tale est illud: Qui manducant carnem meam et bibunt sanguinem meum, in me manet, et ego in eis (Io.6.).Il en est de même de cette parole : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui » (Jn 6).Such is that saying: “He who eats my flesh and drinks my blood abides in me, and I in him” (John 6).
Cum multi eadem sacramenta percipiant, in quibus non habitat Christus, quia non ad salutem, sed ad iudicium suum manducant et bibunt ideo rei sunt corporis et sanguinis Christi.Bien que beaucoup reçoivent les mêmes sacrements, le Christ n’habite pas en eux, parce qu’ils mangent et boivent non pour leur salut, mais pour leur propre jugement ; c’est pourquoi ils sont coupables du corps et du sang du Christ.Although many receive the same sacraments, Christ does not dwell in them, because they eat and drink not for their salvation but for their own judgment; therefore they are guilty of the body and blood of Christ.
Et alibi dicitur sub eodem sensu, Nemo dicit dominum Iesum, nisi in spiritu sancto, cum utique multi eum tantum verbis fateantur, sed habentes formam pietatis, virtute eius abnegant, qui consitentur se nosse Deum, factis autem negant.Et ailleurs il est dit dans le même sens : « Nul ne dit : Seigneur Jésus, sinon dans l’Esprit Saint », alors même que beaucoup le confessent seulement en paroles ; mais, ayant l’apparence de la piété, ils en renient la force : ils professent connaître Dieu, mais le renient par leurs œuvres.And elsewhere it is said in the same sense: “No one says ‘Lord Jesus’ except in the Holy Spirit,” although many confess him only with words; but having the form of godliness, they deny its power: they profess to know God, but deny him by their deeds.
et datum est illis ne occiderent eos. Ad superiora respiciunt ista, id est ad foenum, ad omne viride, ad arbores quae in bonum intelleximus, et a quorum morte et laesione prohibitae sunt locustae.Et il leur fut donné de ne pas les tuer. Ces paroles se rapportent à ce qui précède, c’est-à-dire à l’herbe, à toute verdure et aux arbres que nous avons compris en bonne part, et dont les sauterelles sont empêchées de causer la mort ou le dommage.And it was given to them not to kill them. These words refer to what precedes, that is, to the grass, to all green things, and to the trees which we have understood in a good sense, and from whose death and injury the locusts were restrained.
sed ut cruciarentur mensibus quinque.Mais afin qu’ils fussent tourmentés pendant cinq mois.But that they should be tormented for five months.
Per quinque menses intelligitur omne praesens tempus, a domini scilicet ascensione usque ad finem saeculi, in quo haeretici et caeteri infideles et impii adversus ecclesiam grassantur.Par les cinq mois est compris tout le temps présent, depuis l’ascension du Seigneur jusqu’à la fin du siècle, durant lequel les hérétiques, les autres infidèles et les impies sévissent contre l’Église.By the five months is understood the whole present time, namely from the Lord’s ascension until the end of the age, during which heretics and the other unbelievers and impious men rage against the Church.
Nam quia quinarius numerus ad quinque sensus corporis pertinet, recte per quinque menses omne presens tempus intelligitur, quia tandiu impiis sanctis nocere possunt, diu quinque sensibus corporis subsistunt.Car, puisque le nombre cinq se rapporte aux cinq sens du corps, c’est à juste titre que, par cinq mois, est compris tout le temps présent : en effet, tant qu’ils subsistent par les cinq sens du corps, les impies peuvent nuire aux saints.For since the number five pertains to the five senses of the body, it is rightly that by five months the whole present time is understood; for as long as they subsist by the five bodily senses, the impious are able to harm the saints.
et cruciatus eorum ut cruciatus scorpii cum percutit hominem.Et leur tourment est comme le tourment du scorpion lorsqu’il frappe un homme.And their torment is like the torment of a scorpion when it strikes a man.
Sicut enim scorpio a posterioribus venena diffundit, ita illi reprobi iis quae cito transeunt, et praesenti relinquuntur, atque ideo posteriora nuncupantur nocent, et hoc in cauda, id est in potestate huius saeculi, vel minis quoslibet confringentes, vel commodis blandientes.Car, de même que le scorpion répand son venin par l’arrière, ainsi ces réprouvés nuisent par des choses qui passent rapidement et qui sont laissées dans le présent ; c’est pourquoi on les appelle « choses postérieures », et cela par la queue, c’est-à-dire par la puissance de ce siècle, soit en brisant les hommes par des menaces, soit en les flattant par des avantages.For just as the scorpion spreads its venom from behind, so those reprobates harm by means of things that quickly pass away and are left in the present; therefore they are called “posterior things,” and this through the tail, that is, through the power of this age, either crushing men by threats or enticing them by advantages.
Et in diebus illis quaeret homines mortem, et non invenient eam.Et en ces jours-là les hommes chercheront la mort et ne la trouveront pas.And in those days men will seek death and will not find it.
Dies isti quibus electi quaerent morte, intelliguntur ab ascensione domini usque ad finem saeculi.Ces jours durant lesquels les élus chercheront la mort s’entendent depuis l’ascension du Seigneur jusqu’à la fin du siècle.Those days during which the elect will seek death are understood as extending from the Lord’s ascension until the end of the age.
Specialiter autem fiet hoc temporibus Antichristi.Cela se produira cependant de manière particulière aux temps de l’Antichrist.This will occur in a special way in the times of the Antichrist.
Homines in hoc loco accipimus sacerdotes et ecclesiarum praepositos, qui cum viderint tempore illo tantum pravitatis dogma consurgere, sicut ex parte iam factum est temporibus haereticorum, quaerent mortem, quia scilicet optabunt in Dei contemplatione consistere, ut sint mundo mortui, et omnibus saeculi actionibus, et vivant Deo.Par « hommes », en ce lieu, nous entendons les prêtres et les chefs des Églises, qui, lorsqu’ils verront en ce temps-là surgir une doctrine d’une telle perversité — comme cela s’est déjà produit en partie aux temps des hérétiques — chercheront la mort, c’est-à-dire qu’ils désireront demeurer dans la contemplation de Dieu, afin d’être morts au monde et à toutes les actions du siècle, et de vivre pour Dieu.By “men” in this place we understand the priests and the leaders of the churches, who, when they see at that time such a doctrine of perversity arise—just as it has already happened in part in the times of the heretics—will seek death, namely, they will desire to remain in the contemplation of God, so as to be dead to the world and to all the actions of this age, and to live for God.
Sed ista quaerentibus fugiet mors ab eis, quia insolubile vinculum regiminis abstringet illos nec poterunt gregem sibi commissum relinquere in ora luporum, ne forte damna gregum super eos reuertantur, et illis in peccatum reputetur, si eos errare aut perire pro sui quiete permiserit.Mais pour ceux qui cherchent ainsi la mort, celle-ci les fuira, parce que le lien indissoluble de la charge pastorale les enchaînera : ils ne pourront pas abandonner le troupeau qui leur est confié à la gueule des loups, de peur que les pertes des troupeaux ne retombent sur eux et que cela ne leur soit imputé comme péché, s’ils permettaient que ceux-ci errent ou périssent pour leur propre tranquillité.But for those who seek death in this way, death will flee from them, because the indissoluble bond of governance will bind them fast; they will not be able to abandon the flock entrusted to them to the mouths of wolves, lest the losses of the flocks fall back upon them and it be imputed to them as sin if, for their own rest, they were to allow them to stray or perish.
Et cupient mori, et fugiet mors ab eis, quia sancti viri, ut dictum est, inter scandala huius saeculi secreta conversatione Deo per contemplationem inhaerere cupiunt, sed propter aliorum lucra quibusdam occupationibus in certamine desudant.Et ils désireront mourir, et la mort fuira loin d’eux, car les hommes saints, comme il a été dit, au milieu des scandales de ce siècle, désirent s’attacher à Dieu par une vie retirée de contemplation, mais, à cause de l’utilité d’autrui, ils peinent dans certaines occupations au cœur du combat.And they will desire to die, and death will flee from them, because holy men, as has been said, amid the scandals of this age, desire to cling to God through a hidden life of contemplation, but for the benefit of others they labor in certain occupations in the midst of the struggle.
Nolentes ita vivunt, sed dilatam mortem propter aliorum salutem aequanimiter ferunt, attendentes illud Apostoli: Non quae sua sunt singuli quaerentes, sed quae aliorum.Ils vivent ainsi contre leur gré, mais supportent avec égalité d’âme le retard de la mort pour le salut des autres, se souvenant de cette parole de l’Apôtre : « Ne cherchant pas chacun ce qui est à soi, mais ce qui est aux autres ».They live thus unwillingly, yet bear with equanimity the delay of death for the salvation of others, mindful of that saying of the Apostle: “Not each seeking what is his own, but what is another’s.”
Et similitudines locustarum, similes equis paratis in praelium.Et les apparences des sauterelles étaient semblables à des chevaux préparés pour le combat.And the likenesses of the locusts were like horses prepared for battle.
Equis assimilantur omnes haeretici propter velocem ubique discursum, quia totum subito replebunt mundum.Tous les hérétiques sont comparés à des chevaux en raison de leur course rapide en tous lieux, car ils rempliront soudainement le monde entier.All heretics are likened to horses because of their swift movement everywhere, since they will suddenly fill the whole world.
Locusti vero propter vacuitatem in praelium vadunt, quia contra fidem rectam electorum pugnant, et sicut Iamnes et Mambres restiterunt Moysi, ita et isti resistent veritati: et quisquis iuxta rationem subsistere adversus praedicatores nequeant, semper tamen irrationabiliter veritati resistunt.Ils sont appelés sauterelles en raison de leur vacuité lorsqu’ils vont au combat, car ils luttent contre la foi droite des élus ; et de même que Jannès et Mambrès résistèrent à Moïse, ainsi ceux-ci résisteront à la vérité ; et, bien qu’ils ne puissent tenir tête aux prédicateurs par un raisonnement droit, ils résistent néanmoins toujours à la vérité de manière irrationnelle.They are called locusts because of their emptiness when they go into battle, since they fight against the right faith of the elect; and just as Jannes and Jambres resisted Moses, so these men will resist the truth; and although they are unable to stand against the preachers by sound reasoning, they nevertheless always resist the truth irrationally.
Et super capita eorum tanquam coronae similes auro.Et sur leurs têtes il y avait comme des couronnes semblables à de l’or.And upon their heads were as it were crowns like gold.
Superius dictum est de senioribus, habebat coronas aureas in capitibus suis, per quas triumphus victoriae illorum significatur.Il a été dit plus haut, à propos des Anciens, qu’ils avaient des couronnes d’or sur leurs têtes, par lesquelles est signifiée la victoire de leur triomphe.It was said above, concerning the Elders, that they had golden crowns upon their heads, by which the triumph of their victory is signified.
Isti autem non habent coronas, sed quasdam figuras tanquam coronas, nec sunt aureae sed similes auro, quasi scilicet quoddam falsitatis figmentum quia videlicet ipsi se victores simulant, et dignos remuneratione, sed nec coronas, nec ex auro habent, quia ut Apostolus ait: habentes formam pietatis, virtutem eius abnegant.Mais ceux-ci n’ont pas de véritables couronnes, seulement certaines figures comme des couronnes ; elles ne sont pas d’or, mais semblables à l’or, comme une sorte de fiction mensongère : ils se donnent en effet l’apparence de vainqueurs et de dignes de récompense, mais ils n’ont ni couronnes véritables ni or, car, comme le dit l’Apôtre, ils ont l’apparence de la piété, mais en renient la force.But these men do not have crowns, but only certain shapes like crowns; nor are they golden, but merely like gold, as if a fabrication of falsehood: for they pretend to be victors and worthy of reward, yet they have neither true crowns nor gold, because, as the Apostle says, they have the form of godliness but deny its power.
Et facies earum, subaudi locustarum, sicut facies hominum erant.Et leurs faces — à savoir celles des sauterelles — étaient comme des faces humaines.And their faces—that is, the faces of the locusts—were like human faces.
Quia homo est animal rationale, per faciem hominum rationabilitas eorum intelligitur, quia licet sint seductores eorum, tamen etiam multa vera dicunt et dialectici sunt caeteras artes liberales sciunt.Parce que l’homme est un animal raisonnable, par les faces humaines est comprise leur rationalité : car, bien qu’ils soient des séducteurs, ils disent néanmoins beaucoup de choses vraies, sont habiles en dialectique et connaissent les autres arts libéraux.Because man is a rational animal, by human faces their rationality is understood; for although they are deceivers, they nevertheless say many true things, are skilled in dialectic, and know the other liberal arts.
Et habebat capillos sicut capillos mulierum.Et ils avaient des cheveux comme des cheveux de femmes.And they had hair like the hair of women.
Fluxus mulierum in capillis esse dignoscitur.Le caractère flottant et abondant des femmes se reconnaît dans leurs cheveux.The flowing nature of women is recognized in their hair.
Unde Apostolus: Mulier si comam nutriat, gloria est illi (1. C. 9.).D’où cette parole de l’Apôtre : Si une femme laisse croître sa chevelure, c’est pour elle une gloire (1 Cor. 9).Hence the Apostle says: If a woman lets her hair grow, it is her glory (1 Cor. 9).
Per capillos ergo mulierum, foeminatos illorum animos intelligere debemus et lascivos, qua sunt homines sibi placentes, et suas voluptates sequentes.Par les cheveux des femmes, nous devons donc comprendre les âmes efféminées et lascives de ces hommes, qui se complaisent en eux-mêmes et suivent leurs propres voluptés.By the hair of women, therefore, we must understand their effeminate and lascivious minds, since they are men who please themselves and follow their own pleasures.
Sive per facie hominum et capillos mulierum, uterque sex intelligitur, quia illi non solum deceperunt viros, sed etiam mulieres.Ou bien, par les faces humaines et les cheveux de femmes, on comprend l’un et l’autre sexe, car ils n’ont pas seulement trompé des hommes, mais aussi des femmes.Or by the human faces and the hair of women, both sexes are understood, because they deceived not only men but also women.
Quia enim haeretici ad hoc ut locustae saliunt, utque discurrunt, et tamen omnibus veritati resistunt, recte illorum opinio faetor esse describitur.Car, puisque les hérétiques bondissent et courent comme des sauterelles, et qu’ils résistent pourtant à la vérité en tout, leur doctrine est à juste titre décrite comme une puanteur.For since the heretics leap and run about like locusts, yet resist the truth in all things, their doctrine is rightly described as a stench.
Verum et ipse mulieres defendebant eos sicut soror Constantini, Arrium revocavit ab exilio: et sicut Iustina quae eandem Arrianam doctrinam defendit contra Ambrosium, et aliae multae.Mais des femmes aussi les ont soutenus, comme la sœur de Constantin, qui rappela Arius de l’exil, et comme Justine, qui défendit la même doctrine arienne contre Ambroise, et bien d’autres encore.But women themselves also defended them, such as Constantine’s sister, who recalled Arius from exile, and Justina, who defended the same Arian doctrine against Ambrose, and many others as well.
Locustae ergo facies humanas, et capillos mulierum habent ut in haeretica perfidia uterque sexus sibi (ut ita dixerim) nequius applaudat, tueatur atque defendat.Les sauterelles ont donc des faces humaines et des cheveux de femmes afin que, dans la perfidie hérétique, l’un et l’autre sexe leur applaudisse plus pernicieusement, les protège et les défende.Therefore the locusts have human faces and women’s hair so that, in heretical perfidy, both sexes may (so to speak) applaud them more wickedly, protect them, and defend them.
Possunt etiam per capillos mulierum ipsi intelligi, quos haeretici deceperunt, animos suos habentes seducibiles, et mollitiae foeminarum flexibles.Par les cheveux des femmes peuvent aussi être compris ceux-là mêmes que les hérétiques ont trompés, ayant des esprits faciles à séduire et flexibles par une mollesse féminine.By the hair of women may also be understood those whom the heretics have deceived, who have minds that are easily led astray and flexible with a feminine softness.
Et dentes earum, subaudis locustarum, ut leonum erant.Et leurs dents — entends celles des sauterelles — étaient comme celles des lions.And their teeth—that is, of the locusts—were like those of lions.
Dentes leonum habent laniatum, et foetorem naturalem.Les dents des lions ont la capacité de déchirer et une puanteur naturelle.The teeth of lions have the power to tear and a natural stench.
Tales erant haeretici, qui animas hominum interficiebant, et malam famam de se emittebant.Tels étaient les hérétiques, qui faisaient périr les âmes des hommes et répandaient à leur sujet une mauvaise renommée.Such were the heretics, who destroyed the souls of men and spread a bad reputation about themselves.
Et sicut bonis Christi praedicatoribus convenit, Christi bonus odor sumus (2. Cor. 2.), sic econtrario istis erit pro suaui odore faetor.Et de même qu’il convient aux bons prédicateurs du Christ de dire : « Nous sommes la bonne odeur du Christ » (2 Cor. 2), ainsi, à l’inverse, pour ceux-là, au lieu d’une odeur suave, il y aura une puanteur.And just as it befits the good preachers of Christ to say, “We are the good fragrance of Christ” (2 Cor. 2), so conversely for these men there will be, in place of a sweet fragrance, a stench.
Et habebant loricas sicut loricas ferreas.Et ils avaient des cuirasses comme des cuirasses de fer.And they had breastplates like iron breastplates.
Per loricas obfirmata et dura perversorum hominum corda monstrantur, quia sicut homo lorica munitur, ne ictibus telorum vulneretur, ita illi sua obstinatione muniuntur, ne sagitta veritatis ad corda illorum veniat, et ita defendunt perfidiam, sicut fideles veritatem, sicque mendacio dediti, contemnunt obedire veritati.Par les cuirasses sont montrés les cœurs endurcis et durs des hommes pervers : de même que l’homme est protégé par une cuirasse afin de ne pas être blessé par les coups des traits, de même ceux-là se fortifient par leur obstination afin que la flèche de la vérité n’atteigne pas leurs cœurs ; ainsi ils défendent leur perfidie comme les fidèles défendent la vérité, et, livrés au mensonge, ils méprisent d’obéir à la vérité.By the breastplates are shown the hardened and stubborn hearts of perverse men; for just as a man is protected by a breastplate so as not to be wounded by the blows of missiles, so they are fortified by their obstinacy lest the arrow of truth reach their hearts; thus they defend their perfidy as the faithful defend the truth, and being given over to falsehood, they disdain to obey the truth.
Et notandum quam apta sit haereticorum in singulis speciebus comparatio qui et in locustis elati et vani, et in caudis scorpionum venenati, et in equis lascivi ac vani, et in humana facie simulatione callidi, et in capillis mulierum, moribus incompositi, et in dentibus leonum foetidi, et in loricis ferreis corde notantur perfidi.Et il faut noter combien la comparaison des hérétiques est appropriée en chacune de ces figures : ils sont orgueilleux et vains comme les sauterelles, venimeux comme les queues des scorpions, lascifs et frivoles comme les chevaux, rusés par la dissimulation du visage humain, déréglés dans leurs mœurs par les cheveux de femmes, fétides par les dents des lions, et marqués par la perfidie du cœur par les cuirasses de fer.And it should be noted how fitting the comparison of the heretics is in each of these forms: they are proud and vain in the locusts, venomous in the tails of scorpions, lascivious and vain in the horses, crafty in the simulation of a human face, disordered in morals in the hair of women, foul-smelling in the teeth of lions, and marked as perfidious in heart by the iron breastplates.
Et vox alarum earum sicut vox curruum equorum multorum currentium ad bellum.Et le bruit de leurs ailes était comme le bruit de chars tirés par de nombreux chevaux courant au combat.And the sound of their wings was like the sound of chariots with many horses running to battle.
Quod superius per caudas, hoc designatur hic per alas locustarum id est, potentia haereticorum, vel doctrina electa, quam ipsi eligunt.Ce qui a été désigné plus haut par les queues est ici désigné par les ailes des sauterelles, c’est-à-dire la puissance des hérétiques, ou bien la doctrine choisie qu’ils adoptent eux-mêmes.What was designated above by the tails is here designated by the wings of the locusts, that is, the power of the heretics, or the doctrine they choose for themselves.
Quarum vox etiam bene similis dicitur curribus equorum currentium in bellum.Leur voix est aussi justement dite semblable au bruit de chars de chevaux courant au combat.Their sound is also rightly said to be like the noise of chariots of horses running into battle.
Nam currus quando a stabulis prodeunt, divisi ab invicem et seiuncti incedere solent usquequo ad locum certaminis venientes conjungantur, et pari voto pugnent: ita et haeretici semetipsos dividunt, et contrarios sibi errores proferunt verbi gratia.Car lorsque les chars sortent des écuries, ils ont coutume d’avancer séparés et disjoints les uns des autres, jusqu’à ce qu’arrivés au lieu du combat ils se rejoignent et combattent d’un même élan ; ainsi les hérétiques se divisent entre eux et produisent des erreurs contraires les unes aux autres, par exemple :For when chariots come out of the stables, they are accustomed to proceed divided and separated from one another until, arriving at the place of battle, they join together and fight with one purpose; so also the heretics divide among themselves and put forward errors contrary to one another, for example:
Photinus negat Christum ante Mariam fuisse, sed ex ipsa initium dicit eum sumpsisse, et verum corpus habuisse.Photin nie que le Christ ait existé avant Marie, mais il affirme qu’il a pris son commencement d’elle et qu’il a eu un véritable corps.Photinus denies that Christ existed before Mary, but says that he took his beginning from her and had a true body.
Econtra, Arrius dicit eum ante saecula natum, et creaturam esse.À l’inverse, Arius dit qu’il est né avant les siècles, mais qu’il est une créature.On the contrary, Arius says that he was born before the ages, and that he is a creature.
Similiter et caeteri varios mendacis inueniunt errores valde sibi contrarios: sed quamvis inter se dissideant, tamen unanimiter contra unitatem ecclesiae pugnant.De même, les autres inventent diverses erreurs mensongères très opposées entre elles ; mais bien qu’ils soient en désaccord entre eux, ils combattent néanmoins d’un commun accord contre l’unité de l’Église.Likewise the others devise various false errors greatly opposed to one another; but although they disagree among themselves, they nevertheless fight with one accord against the unity of the Church.
Et habent caudas similes scorpionum, et aculei erant in caudis earum, et potestas earum nocere hominibus mensibus quinque.Et elles ont des queues semblables à celles des scorpions, et il y avait des aiguillons dans leurs queues, et leur pouvoir de nuire aux hommes dura cinq mois.And they have tails like scorpions, and there were stings in their tails, and their power to harm men was for five months.
Per caudas, ut supradictum est, potentia temporalis intelligitur per quam nocent coniungentes suo errori principes huius saeculi.Par les queues, comme il a été dit plus haut, on entend la puissance temporelle par laquelle ils nuisent, en associant à leur erreur les princes de ce siècle.By the tails, as has been said above, temporal power is understood, by which they do harm by joining to their error the rulers of this age.
Verum quod superius fuerat praetermissum de caudis scorpionum, hic adiungitur cum dicitur: Et aculei in caudis earum.Mais ce qui avait été omis plus haut à propos des queues des scorpions est ici ajouté, lorsqu’il est dit : Et des aiguillons étaient dans leurs queues.But what had previously been omitted concerning the tails of scorpions is here added, when it is said: And there were stings in their tails.
Quid sit aculeus in caudis locustarum, Paulus exponit cum dicit: Ubi est mors victoria tua, ubi est aculeus tuus? Stimulus autem mortis peccatum est (1 Cor. 15.).Ce qu’est l’aiguillon dans les queues des sauterelles, Paul l’explique lorsqu’il dit : « Ô mort, où est ta victoire ? Où est ton aiguillon ? » Or l’aiguillon de la mort, c’est le péché (1 Cor. 15).What the sting in the tails of the locusts is, Paul explains when he says: “O death, where is your victory? Where is your sting?” Now the sting of death is sin (1 Cor. 15).
Constat ergo quia omnis illorum potentia et error et peccatum est.Il est donc manifeste que toute leur puissance n’est que erreur et péché.It is therefore evident that all their power is error and sin.
Quod sequitur: potestas earum nocere hominibus mensibus quinque, repetita sententia est, per quam praesens vita iterato exprimitur.Ce qui suit : leur pouvoir de nuire aux hommes pendant cinq mois est une répétition de la pensée par laquelle la vie présente est à nouveau exprimée.What follows: their power to harm men for five months is a repeated statement, by which the present life is expressed once again.
Et supra quidem potestatem locustae accepisse referuntur ut mensibus quinque homines cruciarent, nec eos occiderent.Et plus haut il est rapporté que les sauterelles ont reçu le pouvoir de tourmenter les hommes pendant cinq mois, sans les tuer.And above it is reported that the locusts received power to torment men for five months, but not to kill them.
Hic vero eorumdem mensium numero nocere hominibus facultatem habere praebetur.Ici, en revanche, il leur est accordé, pour le même nombre de mois, la faculté de nuire aux hommes.Here, however, for the same number of months, the ability to harm men is granted to them.
Quod utique ibi de bonis, hic vero de malis intelligendum est, quia et illos cruciant, sed non occidunt: istos vero non cruciant, sed nocendo perimunt.Ce passage doit certes être compris là des bons, ici des mauvais : car ceux-là, ils les tourmentent mais ne les tuent pas ; ceux-ci, en revanche, ils ne les tourmentent pas, mais les font périr en leur nuisant.This must indeed be understood there of the good, but here of the wicked: for the former they torment but do not kill; the latter they do not torment, but destroy by harming them.
Et habebant super se regem angelorum abyssi, id est diabolum, qui est princeps omnium reproborum.Et elles avaient au-dessus d’elles un roi, l’ange de l’abîme, c’est-à-dire le diable, qui est le prince de tous les réprouvés.And they had over them a king, the angel of the abyss, that is, the devil, who is the prince of all the reprobate.
Ipse est rex super omnes filios superbiae, non quo ipse hominem creaverit aut regat, sed quo super eos dominatione exerceat, quos sibi per peccatum servos addicit.Il est roi sur tous les fils de l’orgueil, non parce qu’il aurait créé l’homme ou le gouvernerait, mais parce qu’il exerce sur eux sa domination, les ayant asservis par le péché.He is king over all the sons of pride, not because he created man or rules him as creator, but because he exercises dominion over them, having bound them to himself as slaves through sin.
cui nomen Hebraice Labbadon, Graece autem Apollyon, Latine autem habet nomen Exterminans.Son nom est, en hébreu, Labbadon, en grec Apollyon, et en latin Exterminans.Whose name in Hebrew is Labbadon, in Greek Apollyon, and in Latin Exterminans.
Quod in quibusdam codicibus invenitur scriptum Abado, ubi scilicet primum est A, sed falso scriptum est, et vitio scriptoris factum, sed primum ibi ponendum L, et Labbado dicendum, sicut beatus Hieronymus dicit in Hebraicis interpretationibus.Ce qui, dans certains manuscrits, se trouve écrit Abado, avec un A initial ; mais cela est écrit à tort, par une faute de copiste : il faut y mettre un L au commencement et dire Labbado, comme le dit le bienheureux Jérôme dans ses Interprétations hébraïques.Which in some manuscripts is found written Abado, with an initial A; but this is written falsely, through a scribal error: the letter L must be placed at the beginning and Labbado said, as blessed Jerome says in his Hebrew Interpretations.
Quid sit autem Hebraice Labbado Graece Apollyon exprimitur, cum subditur, Latine habet nomen Exterminans.Ce que signifie en hébreu Labbado et en grec Apollyon est expliqué lorsqu’il est ajouté : en latin, il a pour nom Exterminans.What Labbado means in Hebrew and Apollyon in Greek is explained when it is added: in Latin it has the name Exterminans.
In his quippe nominibus diabolus intelligitur, qui homines exterminat, id est, extra patriam caelestem mittit, qui audituri sunt, discedite a me maledicti in ignem aeternum (Mat. 25.)En effet, dans ces noms est compris le diable, qui extermine les hommes, c’est-à-dire les chasse hors de la patrie céleste, eux qui entendront : « Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel » (Mt 25).For in these names the devil is understood, who exterminates men, that is, sends them outside the heavenly homeland, those who will hear: “Depart from me, you cursed, into eternal fire” (Matt. 25).
Exterminabuntur enim iniusti, quibus hoc dicetur, id est, ejicientur ab omni societate sanctorum.Car les injustes seront exterminés, ceux à qui cela sera dit, c’est-à-dire qu’ils seront rejetés de toute la communauté des saints.For the unjust will be exterminated, those to whom this will be said, that is, they will be cast out from all fellowship of the saints.
Legimus enim in evangelio qui super crucem domini scriptum fuerat Graece, Hebraice et Latine, quia iste tres linguae tunc vigebant: Hic est Iesus rex Iudaeorum.Nous lisons en effet dans l’Évangile que l’inscription placée sur la croix du Seigneur était écrite en grec, en hébreu et en latin, car ces trois langues étaient alors en usage : « Celui-ci est Jésus, roi des Juifs ».For we read in the Gospel that what was written over the Lord’s cross was in Greek, Hebrew, and Latin, because those three languages were then in use: “This is Jesus, the King of the Jews.”
Ita et hic nomen diaboli, quia novissimo tempore perditum hominem aggredietur quique Christum esse mentietur, tribus linguis exprimitur.Ainsi ici aussi le nom du diable, parce qu’au dernier temps il attaquera l’homme perdu et mentira en se disant le Christ, est exprimé dans les trois langues.So here too the name of the devil is expressed in three languages, because in the last time he will attack the lost man and will lie, claiming to be Christ.
Qui recte Exterminans dicitur, quia sicut Christo congregandi, sic diabolo congruit nomen exterminandi.Il est à juste titre appelé Exterminans, car de même qu’il convient au Christ de rassembler, ainsi convient-il au diable d’exterminer.He is rightly called Exterminans, because just as it befits Christ to gather, so it befits the devil to exterminate.
Verum est: Qui non colligit mecum, spargit (Mat. 22. et Luc. 12.).Il est vrai : « Celui qui ne rassemble pas avec moi disperse » (Mt 22 ; Lc 12).It is true: “He who does not gather with me scatters” (Matt. 22; Luke 12).
Vae unum abiit et ecce veniunt adhuc duo vae post haec.Un malheur est passé, et voici que deux autres malheurs viennent encore après cela.One woe has passed, and behold, two woes are still coming after these things.
Legimus supra quia aquila volans per medium caelum, tria vae praedixit futura, quorum unum abiisse describitur in narratione praecedenti, vel in tribulatione quae facta est temporibus sanctorum martyrum, adhuc vero duo restare dicuntur narranda, vel posteriore tempore sub Antichristo adimplenda.Nous lisons plus haut que l’aigle volant au milieu du ciel annonça trois malheurs à venir, dont l’un est décrit comme étant déjà passé dans le récit précédent, ou dans la tribulation survenue aux temps des saints martyrs ; quant aux deux autres, il est dit qu’ils restent encore à être racontés, ou qu’ils s’accompliront en un temps ultérieur sous l’Antichrist.We read above that the eagle flying through the midst of heaven foretold three woes to come, one of which is described as having passed in the preceding narrative, or in the tribulation that took place in the times of the holy martyrs; but two are said still to remain to be narrated, or to be fulfilled at a later time under the Antichrist.

Vers 900. Apocalypse enluminée

  • Bibliothèque nationale de France, NAL (Nouvelles Acquisitions Latines) 1132 (daté entre 890 et 910) folio 12 verso.

Vers 945. Beatus de Magius

  • Manuscrit illuminé du Commmentaire de l'Apocalypse par Beatus de Liébana appelé Beatus de Magius, ou de Morgan, ou encore Beatus de San Miguel de Escalada, dans l'actuelle province espagnole de León, composé vers 945 dans ce monastère sous la direction d'un certain Magius, et aujourd'hui conservé à New York dans la Pierpont Morgan Library sous la cote M.644.

Vers 950. Beatus de l'Escorial

  • Le Beatus de l'Escorial, manuscrit enluminé et peint à ce qu'il semble vers 950-/955 au monastère de San Millán de la Cogolla, et contenant notamment un commentaire de l'Apocalypse par Beatus de Liébana, est actuellement conservé à la bibliothèque de l'Escorial sous la cote Ms. &.II.5.

  • El Escorial, Real Biblioteca de San Lorenzo, Ms & II. 5, folio 96 verso.

970. Beatus de Valladolid

  • Oveco, moine du monastère Valcavado, a écrit et peint cette copie du Commentaire de l'Apocalypse par Beatus de Liebana entre le 8 juin et le 9 septembre 970, sous le règne de Ramire III de León et sous la houlette de son abbé Sempronio, dans le monastère aujourd'hui disparu de Valcavado, sur les bords de la rivière Carrión dans la province de Palencia.

975 env. Codex de Cambrai

  • Manuscrit n°386 (et autrefois 364) de la Bibliothèque municipale de Cambrai, daté de la 2e moitié du IXe siècle, folio 17.

  • Manuscrit n°386 (et autrefois 364) de la Bibliothèque municipale de Cambrai, daté de la 2e moitié du IXe siècle, folio 18.
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